‹ Organisation physiologique du travailChapitre 26 sur 42 · LXVI. — Lo dispositif ex))érimeiiial est complété, dans · texte numérisé non relu

LXVI. — Lo dispositif ex))érimeiiial est complété, dans

le cas des ani|)utés, par une goiiltière métallique qui se visse

à la place de la manivelle et fait le même office, avec cet

Fie. 'îî. — UééJuvJilion de» moignons.

avantage que le moignon peu! y être serré au moyen de courroies entourant la gouttière. Clelle-ci se déplace, en outre, devant un cadran (J gradué de à 180" de pari et d'autre de la verticale ; elle entiaînc une aiguille indicalrice,

ce qui fournit Tamplitude des mouvements articulaires, dans l'abduction et Tadduction.

Pour que le centre de l'articulation de l'épaule se trouve sur l'axe môme de la gouttière brachiale, on fait asseoir le sujet sur le tabouret à vis dont on règle la hauteur suivant la taille [fig. 53). Les muscles du moignon entretiennent son oscillation, et on pourra Taider, au début, en agissant doucement sur le volant. Un amputé de bras, par exemple, actionnant les pédales, dirigera les mouvements du moignon. Rythme des oscillations et résistance au frein seront modérés ; on se guidera sur la longueur utile et la force actuelle du moignon, plus grandes évidemment chez les amputés d*avanl-bras.

Dans le cas des amputés de jambes, l'articulation du genou étant conservée, un appareil prolhélique d'expériences assurera l'exercice du moignon ; la jambe saine soutiendra l'effort strictement nécessaire pour le rééducjuer et solliciter son activité la plus régulière. Mais, à la vérité, le membre inférieur se rééducjue mieux [)ar l'usage d'un simple pilon rigide, ou par l'emploi d'une gouttière jambière (p. 246).

Dans ces diverses circonstances, ce n'est pas seulement la gradation des exercices qu'il faut surveiller, c'est aussi leur continuité, en jirogressanl jusqu'aux limites de l'entraînement physiologicpie.

Enfin, on a fixé sur la jante du volant une lamelle élasli(pie F en métal (jui, en passant devant la fourche, prend contact avec une lamelle semblable. Il en résulte wn tic-tac i\wG l'on demande au sujet de faire coïncider avec celui du métronome. On relève au chronomètre le temps nécessaire pour obtenir celte coïncidence; il sera la mesure pratique de Véquation personnelle. Toutes les fois que ce temps ne dépasse pas /;ï secondes, la personne est rapide ; eï\e a une faible équation personnelle, et convient aux métiers de vitesse. Au delà de 25 secondes, c'est une personne lente. Un classement des hommes ainsi effectué guidera la rééducation professionnelle des blessés et leur placement.

l'art de travailler 153

La fourche du cycle présente deux bornes B, réunies à une pile dans le circuit de laquelle se trouve un signal inscripteur de Déprez. A chaque tour de roue, on a la fermeture du circuit et une encoche sur le papier enregistreur; toutes ces encoches doivent êlre à intervalles égaux quand le sujet est -en marche normale; sinon, il faudra soupçonner soit un défaut de coordination des mouvements, soit un peu de raideur tendineuse, soit encore de la rétraction musculaire et des lésions secondaires. Le cycle, avec ses accessoires, constitue le principal appareil d'éducation physique.

LXVn. — 2" Chirographe. — Je donne ce nom à un modèle d'ergographe de la main, considérée dans la gamme infinie de ses mouvements, ceux du poignet comme ceux des •doigts. L'ergographe digital de Mosso, dont c'est ici une transformation et un perfectionnement, sert uniquement à enregistrer les flexions du médius droit. Son rôle est donc très limité, de plus il présente divers inconvénients que nous avons déjà signalés en le décrivant [Le Moteur humainyp. 391). Au contraire, le chirographe possède un excellent organe fixateur de Favant-bras, qui laisse libre toute la main, y <*ompris le poignet, et en permet les flexions, extensions, abductions et inclinaisons latérales. L'organe inscripteur est le chariot habituel de Mosso, construit avec le minimum de frottements (voir /î^. 40).

Grâce à cet appareil, la main, ce segment délicat du membre supérieur, si propre aux exercices d'adresse et de vitesse, est soumise à une éducation fonctionnelle dont les effets — nous nous en sommes assuré — ne se font pas beaucoup attendre.

L'organe fixateur du chirographe, monté sur un bâti lourd, s'incline à droite ou à gauche pour soutenir Tavantbras droit ou gauche; il est muni à cet effet d'un axe de rotation et d'un bouton de serrage latéral B' l/ïg. 5i). L'avant-bras est saisi solidement et apj)uyé dans les demi-bracelels6", s', convenablement disposés. La main vient alors reposer sur

es

es

fi

l'art de travailler 155

une plaline amovible P où les doigts prennent toute leur extension.

Au-dessus, se trouve placé un arc portant (piatre tiges oii sont enfilées des cupules métalliques D ; des vis et manettes commandent leurs déplacements. Amenées sur la plaline, ces cupules coifTenl les phalanges et maintiennent les doigts immobiles. On est donc maître de libérer tel ou tel doigt à volonté, de le faire travailler, les autres restant immobiles.

D'ailleurs, la main est appuyée contre la platine, grâce à une pince immobilisante P', qui agit au milieu du métacarpe. Enfin, sur le coté, se trouve un mécanisme à poulie de renvoi P' qui transmet au chariot inscripteur les mouvements du pouce. On sait que cette transmission s'effectue au moyen d'un cordonnet qui s'attache à une petite bague de cuir serrant la deuxième phalange, et va rejoindre, d'autre part, Torgane inscripteur.

Platine et couronnes de cupules, ainsi que la poulie, peuvent être rejetées latéralement, et laisser un espace creux où la main et le poignet dévelojjperont leurs mouvements de flexion, d'extension et de latéralité. Dans ce but, le fil s'attache à une pince analogue à P", dans laquelle la main est engagée et ensuite termée, le poignet demeurant parfaitement libre.

Tous les mouvements possibles se ramènent, en définitive, à une traction sur le fil (jui, au bout du chariot, supporte un poids variable au gré de l'opérateur. L'enregistrement est donc toujours de même sens, mais d'amplitude diverse. Il faut veiller à ce que la position initiale soit réglée par la vis et ne laisse pas de jeu au cordonnet, sans quoi les tracés ne seraient plus comparables.

Si l'on prend ces précautions, et si l'on fait soulever des poids appropriés — de 200 à 1.500 grammes pourles doigts, en observant le rythme volontaire du patient, et en augmentant ce rythme jus(|u'à 60 contractions par minute, — bien vite on s'aperçoit à quel point de tels exercices sont salutaires. Les séances seront de 3 ci 10 minutes.

1S6 ORr.ANISATIOX PHYSIOLOGIQUE DU TRAVAIL

Sur les Iracés recueillis, on |)OUiTa suivre les progrès de l'amitliludo des courbes. «|ui témoiffuero du degré de Hexion el de mobililé des arliculalioiis, lii graphique obtenu avec un même poids, à des iiériodos éloignées les unes des autres, rendra coinjilc fidèlcuitMil ti<' l'état rouctionncl de la main, et ]>erniellra les coni[>araisons ultérieures. Ce sont surtout les exercices de vitesse (dactylographie, sténographie, escrime), et les raideurs articulair<\s ijui retirent un grand profit de cet entraînement.

LXVIII. — 3° Pnire lii/namographiqiie. — En vue de poursuivre l'entradiemeiit de la main, quant à son elTort total de

■e dynaiiKigrapliiquc

pression ou de serreineiit, nous avons fait usage d'un dispositif sjjécial très simple : la poire dynamograpliiijue.

C'est une poire de caoulchouc. tort, ayant une capacité de

l'art de travailler 157

125 centimètres cubes, où l'on comprime l'airaii moyeu d'une petite pompe à bicyclelle, à la pression voulue. On la met en

Fio. 36. — Rntrninaiiient et fallgLie à la poire dyanmographique.

communication avec un manomètre à mercure dont l'une des branches est assez large pour contenir au moins 500 cenli-

mètres ciibes de ce liquide, et l'autre plus longue, environ 30 centimètres. Celle-ci reçoit un flotteur inscrivant, et de la sorte tous les déplacements du mercure, sous la pression des doigts, et en parlant d'une tension connue de la poire, se trouvent recueillis sur un cylindre enregistreur (/!^. 55). On amortit les oscillations du mercure en ménageant un étranglement sur le tube de raccord des deux branches.

La dilTérence de niveau du liquide dans celles-ci mesure la pression totale. Nous avons marqué, sur une lige verticale graduée, les valeurs en grammes par millimètre de déplacement (différence du niveau).

Le serrement des doigts fait osciller la valeur initiale, et ces oscillations fourniront un tracé qui est étalonné une fois |)our toutes. L'action musculaire sera éduquée dei)uis une pression de 100 grammes jusqu'à 5 kilogrammes, ce qui est une limite très élevée. Une centaine de contractions mettent la main en moiteur, et assou[>lissent le système (ibro-musculaire tout entier. Elles permettent de suivre la marche de la fatigue en lonction de l'effort de la main, et de la cadence des mouvements {fig. 56).

LXIX. — V" Arlhrodynamomètre , — Au fur et à mesure des progrès de Tentraînement, Yamplitude des mouvements et la force des muscles augmentent. Ces deux facteurs, qui donnent la mesure exacte des résultats, se déterminent grâce à Yarthrodynamomètre.

Cet instrument fournit, en effet, les râleurs des déplacements angulaires des membres ou segments de membres^ et les forces absolues des groupes de muscles qui les commandent^ pour tous les degrés de flexion à considérer (^).

11 se compose {fig. 57) de deux règles plates en acier, articulées en compas, et tournant à faible frottement autour de l'axe; il donne tous les angles de llexion j)ratiquement utiles, soit entre 180° et 30". L'usage de cet instrument en fera comprendre, ainsi que nous Talions voir, la disposition.

(*; Voir Comptes rendus Académie des Sciences^ du 7 juin 1915, t. GLX, p. 730.

LAHT DE TRAVAILLER 159

Mesure des déplacements angulaires des membres. — L'ar

Km. 57. — Plan de 'arlhroilynamomt'tre.

Uirodynamomttrc s'applique sur deux segments du membre, de part et d"autrc de l'arficulation, et dans un plan déterminé. II fïst muni de demi-bra- D^lets en acier mince et souple uux(|uels sont fixées ilos bretelles très résistantes.

On serre fortement ))Our que les attaches soient solides cl immobiles [fig. 58).

Pour effectuer une mesure angulaire, on desserre l'écrou central E de la lOfe articulaire, et l'on relève le cliquet C dont la pointe engrène avec une roue dentée D.

^ . . , Fio. 38. — Manii-re de placer rnrllhrotlyaaiiioiiiitr»

Puis, agissant sur le

bouton de réglage U situe sous des laines de ressort H,

on ramène aucontaclde la rotule sous-jacenle T. Si, alors, on vient à fléchir un segment de membre sur Tautre (pied, jambe, main, avant-bras), la branche P du compas entraîne une poulie placée sous le cadran Q el, par elle, commande la rotation de la petite aiguille — celle des angles de flexion, que l'on lit sur une circonférence du cadran. On évalue de même les mouvements de latéralité de la main et du pied.

Pour les déplacements du membre tout entier, soit dans un plan frontal, soit dans un plan sagittal, la manœuvre de Tinslrument consiste à serrer Técrou pour immobiliser Tarliculation. L'angle de déplacement es! donné par la position que prend Xaiginlle folle A du môme cadran, aiguille à contre-poids servant de fil à plomb. Elle indique l'écart angulaire du membre par rapport à la verticale, dans un sens ou dans le sens opposé.

I/amplitude des mouvements, dans tous les plans possibles, est ainsi correctement déterminée. On la compare à celle que nécessitent les exercices sportifs, ou les manœuvres des machines et des outils.

Mesure de la force absolue des muscles. — Quant à la force des muscles, on peut en trouver \di valeur absolue on xndLxhnyxwi à tous les degrés de flexion. Dans ce but, l'écrou est desserré et le cliquet C rabattu sur la roue dentée où il est appuyé, tandis qu'on dévisse le bouton de réglage pour l'amener l\ loucher les lames de ressort. Gela engage bien l'extrémité du cliquet dans l'intervalle de deux dents, et sup[)rime tout jeu lors de l'entrée en action des muscles.

L'effort exercé sur le bras de levier du compas se transmet donc à la roue dentée, puis aux lames de ressort sur les- (|uelles fait pression le bouton de réglage B. La déformation, à peine sensible, du ressort, est amplifiée par un levier coudé L, terminé en crémaillère courbe à convexité externe, et celle-ci commande un pignon auquel obéit l'aiguille dynamométrique. Les indications sont relevées sur le cadran Q'.

Graduations. — Sur le cadran des angles de flexion, on a marqué les angles de 180'' à 30"; sur celui des déplacements

l'art de travailler 161

de tout le membre, on les a figurés de 0'' à 360**, mais il est bon de préciser le sens de Técart angulaire par les mois /aléral {droit ou gauche), ou .ça^ï7/fl/ (antérieur ou postérieur), afin de ne pas se tromper. Des explications plus détaillées sont nécessaires à l'endroit de ces mesures de force absotne. Les muscles, en tirant sur le segment mobile du membre, tandis que le ressort s'oppose à la flexion, agissent sur un bras de levier de moment variable (^). Leur force, mêine si elle était constante, produirait sur le dynamomètre un effet d'autant plus grand que le moment par rapport à l'axe est lui-même plus grand, ce qui a lieu à mesure de la flexion et jusqu'à une certaine limite. Or, la force absolue n'est pas constante, elle tend à s'épuiser dans le raccourcissement musculaire (loi de Schwann). Il est donc difficile de l'évaluer exactement, sur le vivant, à toutes les étapes de ce raccourcissement.

C'est pourquoi nous avons adopté une graduation conventionnelle : la force est supposée agir normalement à Textrémité de la branche de compas, au centre de l'attache, placé à huit centimètres du centre de l'articulation. Ce bras de levier étant connu une fois pour toutes, on s'est contenté d'inscrire les efforts en kilogrammes sur le petit cadran, au lieu des kilogrammes-centimètres qui expriment les moments. Si l'on se donne la position exacte de l'insertion musculaire sur l'os mobile, on en pourra déduire la composante efficace de l'effort, et calculer la puissance réelle des muscles actifs.

Ce genre de mesure permet de suivre la variation des forc€s au cours du mouvement, et d'apprécier les effets de l'entraînement. Il s'impose toutes les fois que l'on entreprend d'organiser scientifiquement la rééducation, tant fonctionnelle que professionnelle.

5° Enfin, pour rétablir les inouvements de rotation des bras, je fais usage d'un dispositif à came, dit gyrographe, qui exerce à la fois la force et le mouvement, et les mesure.

(') On appelle moment le produit d'une force par son bras de levier.

OHfJANlSAtlOX PHYSlOLOfilQUE nU TRAVAIL. li

LXX. — III. Applications. — Attitudes du corps, — L'éducation physique, conduite suivant les principes de la technique ci-dessus, produira des résultats rapides et durables ; elle mènera aisément aux confins de Vathlétisme le plus prestigieux, car les fonctions organiques ayant été surveillées e entraînées, il n'y aura place pour aucune défaillance (voir tout le chapitre Fatigue),

Mais la rééducation fonctionnelle^ s'adressant spécialement aux blessés, doit demeurer dans des limites de modération , et suivre une progression très lente, sous peine d'accidents.

L'une et l'autre procèdent, en définitive, de cette notion que le mouvement humain se règle physiologiquementy qu'il devient, par cela même, économique et hygiénique.

Attitudes, — Remarquons que, déjà, pour nous tenir couchés, ou assis, ou debout, nous ne procédons pas tous de la même façon, parce que nous ignorons les attitudes économiques et hygiéniques. C'est ce que les mesures d'énergie sont venues préciser.

Le repos complet du corps s'acquiert dans la position couchée, inclinée sur le ventre et non pas sur le dos ('), de préférence à droite ; l'économie est de 7 à 8 0/0 sur la position assise. Dans celle-ci, le buste doit être droit et symétrique, les jambes touchant terre sans effort, surtout elles ne seront pas pendantes.

Si Ton est assis pour lire et écrire, il faut que les avantbras posent sur la table et que les épaules soient effacées; un bureau trop haut oblige à une attitude engoncée trèsfatigante, et qui contrarie les mouvements de la main dans l'écriture ; un bureau trop bas force à se pencher...

La station debout est plus intéressante encore ; elle concerne l'ouvrier comme l'ingénieur, surtout les surveillants; elle est celle du soldat, du garde, du sergent de ville, du conducteur d'omnibus. Elle comprend deux attitudes symétriques et une asymétrique ou hanchée, que la figure 59 explique clairement (de gauche à droite).

(>) LiLjsTKAXo et VVoLLiN, S.'cafu/. Arch. r. Vh'js,, l. XXX, p. 199; 1913.

l'art de travailler 163

Ualêiliide normale (Normal-Slellung des Allemands) est régulière ; elle place toutes les articulations dans un même plan vertical; mais elle est une source de fatigue. Uattitude commode (Bequeme-IIaltung) est plus stable et contracte moins les muscles; toutefois, elle ne réduit pas an minimum

Ji

FiG. 59. — Stations debout du corps.

la dépense d'énergie du corps, comme le fait Xatlitude hanchée^ celle dont nous avons tous une expérience instinctive. La maintien doit réaliser une attitude commode, symétrique, qui dégage la colonne vertébrale, creuse légèrement les reins, bombe la poitrine en effaçant le ventre et les épaules. Cet état de tension musculaire incontestable cause un peu de tatigue, mais il retentit fort heureusement sur toute Téconomie ; il conserve la force et la taille.

Comparons les prix de ces diverses attitudes, en égalant à

iOO la dépense (rénergie de riiomme couché ; nous aurons ('):

Allilude couchée (en pronation) 100

— assise 107

c. I- i Altitude hanclit''e 110

■ — commode i\3

debout / „^,,„.i,e 132

LXXl. — Locomotion. — Gt/mnaslique, — La locomotion ost, elle aussi, susceptible de perfectionnements; nous avons indiqué les facteurs économiques de la marche ; il faut ajouter qu'à partir de la cadence de i 70 pas à la minute, il est plus avantageux de courir; c'est ce que font d'ailleurs tous ceux dont les membres inférieurs sont courts. La fréquence et le peu d'amplitude des pas occasionnent une prompte fatigue: je hasarderai, à ce sujet, une critique légitime contre les jupes étroites des femmes; c'est moins grave qu'au sujet du corset; mais enfin l'hygiène mérite tout de même quelques égards: elle n'est pas l'ennemie de la modcy au contraire...

Certaines populations, comme les Arabes, obtiennent une économie de 2»J à 25 0/0 dans leur locomotion, et en général dans l'exercice des jambes. Leur rendement est ainsi supérieur de beaucoup à la moyenne. Or. ces gens pratiquent la marche dite en flenon dont j'ai dit le nécessaire ailleurs, laquelle avantage la progression et réduit les efforts de contraction. C'est, du reste, la démarche du laboureur fatigué, du terrassier qui revient du chantier, de l'homme de peine attelé à une lourde voiture à bras (^y. 60); elle diminue les oscillations du centre de gravité du corps et accroît la stabilité sur les jambes. Dans les circonstances ordinaires, l'éducateur combinera les exercices de marche et de course pour activer jusqu'au degré convenable les rythmes du cœur et des poumons; il les notera au bout de 20 à 30 minutes d'entraînement. Encore est-il qu'une progression

V) Voir Le Moteur humain^ p. 4ii.

sera ohscrvi'cciiii iir laisse (Mviiiidre auciini' forme de surii»'iiag;t'.

Noml>rcuscs enfin les applications relatives aux altitudes éconoiniijues, depuis la personne qui dessine ou écril, ou joue d'un inslruinenl de musique, jusqu'aux variélés sportives el militaires.

Fie. 60. — Type de marche en flexion.

I.a marche, la course, le sanl, le grimppv, le ramper, et les modes d'activité tels (|ue la boxe et l'escrime ol>éissenl aux mêmes lois de rytliuu', de mesure et de réglage pliy.siologique. J'en îii dit le nécessaire dans le livre Vl du Moteur humain (p. 4(>y) auquel le lecteur voudra se référer.

La gyiimanfi'/tie devient, elle aussi, k une certaine période (le la rééducation, quand les articulations ont repris leur jeu normal, un procédé d'entraînement de grande valeur, 11 s'agit, surtout, desmcmyements des hras el des jambes ; j'y ajoute les exercices avec haltères de 1 à 3 kilogrammes^ pour finir à '•> kilogrammes, dans les meilleures conditions. Les mouvements se feront en pronation, puis en supination,, au rytiimt! de 80 à 100 iiar minute {fit/, fil et fî2}, toujours avec vigueur, el le cm-ps dans Viiililut/e normale.

Tous aulres exercices d'acrobatie ne font que mcUre en harmonie les mouvements du centre de gravité du corps et la force de contraction des muscles.

ïxa. 6i. — MnuvemenU gymnastiques en torce.

Le déi)ulé dorleur Lacliaud a insisté sur les exercices gyitinasliijucs simples, avec poids, cordes et poulies; il a recommandé ce qui a cic appelé, improprement, la mannihérapie. Je ne puis me rallier sans réserves aux vues du distingué parlemcnlairc, car les mouvemenfs doivent d'abord être dirigés, pour éviter qu'ils ne dévient et ne produisent <lcs déformations sur les organes, Jt un âge où, souvent, le

168 OnGANlSATlON PHYSIOLOGIQUE DU TRAVAIL

soldat n'a pas le squelette entièrement ossifié et les muscles à leur terme de développement.

La gymnastique convient aux sujets normaux, et les développe harmonieusement ; appliquée aux blessés, aux impotents, c'est un pur adjuvant; elle ne peut être une méthode absolue de rééducation fonctionnelle. En combinant l'éducation des mouvements et l'observation de la fatigue, nous avons réalisé l'entraînement de quelques jeunes gens et de plusieurs centaines d'impotents. Aux nombreuses attestations qui, dans un tel ouvrage, me paraîtraient déplacées, je préfère les vérifications personnelles. Chacun doit éprouver lui-môme ces procédés à la fois simples, rapides et peu coûteux. L'expérience, aidée d'un jugement éclairé, ne les utilisent jamais sans succès.

LXXII. — Résumé sur l'activité physique. — L'identité des méthodes, qui doivent diriger l'éducation physique et Taclivilé professionnelle, est évidente. Elle résulte des formes géométriques et harmoniques de la contraction des muscles; elle se révèle, enfin, dans les effets mêmes de cette contraction, puisque, en dernière analyse, la fatigue est toujours une intoxication.

Des principes de Vart de travailler, nous retiendrons surtout Vordre et la sélection des mouvements. Si, pour exécuter un acte physique quelconque, nous faisons les mouvements strictement nécessaires, seuls utiles à son exécution, si nous éliminons les mouvements inutiles et réglons la succession des autres, l'avantage sera grand et pour notre temps et pour notre fatigue. Le profit sera considérable pour notre éducation; une richesse morale viendra s'ajouter à l'amélioration de notre bien-être. — L'organisation que j'indique suppose donc Tart d'approprier les mouvements à un but, et d'y faire une sélection rigoureuse pour tendre à Véconomie de Cefforty en d'autres termes pour l'ordonner et l'utiliser au mieux.

Choix et ordre sont, à vrai dire, les caractéristiques de la méthode nouvelle qui, bientôt, opérera une révolution éco-

l'art de travailler 169

nomique incomparable à nulle autre. Elle n'est pas purement mécanique et ne fait pas de Tliomme un corps sans âme, une force aveugle et infatigable ; elle embrasse toutes les données physiologiques et psychologiques dont elle seule montre le parallélisme, et qu'elle harmonise avec sûreté. Elle semble avoir pris pour guide ce jugement de Montaigne : 1 « Ce n'est pas un corps, ce n'est pas une âme que Ton

L dresse, c'est un homme ; il n'en faut pas faire à deux. »

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