VI PRÉFACE
employé les procédés d'évaluation de la fatigue humaine, si elles avaient existé. Il se plaint avec juste raison de n'avoir rien trouvé dans les travaux de ses devanciers. Espérons que le travail de M. J. Amar contribuera à lever cette difficulté.
Le reproche d'avoir négligé le rôle de la volonté dans la production du travail me semble également peu fondé. L'exemple de Rachel, donné à cette occasion est tout à fait typique. La volonté ne peut pas suppléer à la force physique ; elle permet seulement de travailler au delà de ses forces, de se surmener. Cela a bien été le cas de Hachel, morte à 37 ans. Ce n'est pas là un exemple à imiter. L'organisation scientifique du travail, telle que l'envisage F. Taylor vise à obtenir de l'ouvrier la somme de travail qu'il peut fournir normalement, mais ne le pousse pas à dépasser cette limite par un effort de volonté.
Ces réserves faites, je suis heureux de signaler l'utilité et l'intérêt que présente la lecture du livre de M. J. Amar sur l'organisation physiologique du travail. Cet ouvrage ne s'adresse pas seulement aux spécialistes : médecins, physiologistes ou ingénieurs ; tout esprit cultivé s'y instruira avec plaisir sur maints problèmes à Tordre du jour : mesure et enregistrement de la fatigue (les muscles ou du système nerveux ; relations psychophysiologiques ; alimentation normale; art du travail économique, physique ou intellectuel; main-d'œuvre et apprentissage; rééducation des mutilés, orthopédie, etc.
M. J. Amar décrit en détail les méthodes de mesure employées dans les laboratoires de physiologie pour la mesure du travail. Il est à souhaiter que de nombreuses études soient poursuivies à l'aide de ces méthodes de haute précision qui lui doivent beaucoup. Le problème