‹ Organisation provinciale du nord-ouest [microforme]Chapitre 3 sur 7 · M. "BOURASSA · texte numérisé non relu

M. "BOURASSA

trompe, ur groupe d’alliés dans la province de Québec. Dès longtemps, i] existe chez

Continuez d'en tasser.

Coustant ? C’est d’abattregie drapeau de l'Angleterre. Leur principal grief contre ies évêques, c'est qu’ils nous empêrhèrent de nous allier aux Etats-Unis en 1774 et en 1812; c’est qu'ils combattirent le soulèvement de 1837 ; c'est qu'ils restèrent fidèles au régime britannique en 1849 et qu’ils nous persuadèrent d'accepter la Confédération.

Et lorsque les Journaux d’Ontario couvrent leurs colonnes d'attaques insultantes contre la *“* hiérarchie ”, ils Calomnient les hommes qui pendant un siècle ont été la plus grande force morale du gouvernement britannique au Canada. S'il existe la moindre sincérité dans IA pensée de ceux qui, ici même, se constituent les apôtres et les prophètes qu loyalisme, ils devraient rougir des coups qu'ils portent en ce Moment aux évêques et

protection de ce qui fait le fondement de notre vie nationale,

Je termine cette trop longue digression et, revenant au point où j'étais lorsque je m'y suis porté, je répète qu'il est urgent de rous rendre un compte exact de la situation religieuse, tholiques sont libres de se servir des écoles non cConfessionnelles, vous inéconnaissez un fait essentiel : c'est ce que cette liberté n'existe pas pour eux. Sans doute, si Ja lof les obligent d'envoyer leurs enfants À ces écoles Ils se soumettront peut-être À la loi; mais “ous violentez leur liberté religieuse, Lorsque par une loi fédérale ou par les lois d'une l1ovince vous forcez les catholiques d'en voyer leurs enfants aux écoles non-confessionnelles, vous commettez un acte d’injustice aussi absolu, aussi opposé aux droits de l conscience catholique que si vous forciez | les protestants de Québec à Payer l'impôt | aux écoles nettement Catholiques de la md- |jorité. Telle est le situation qui s'impose à noire considération.

| identique à celle que lord Watson, lord Morris et lord Herschell ont définie avec tant de justesse, Me permettra-t-on d'exprimer le vœu que cet esprit de tolérance des An-

les sentiments et la pensée d'un nombre considérable de Canadiens, peut-être se donnera-t-on la peine au moins de chercher à comprendre ces sentiments et cette pensée,

11 ne reste aucun argument sérieux à ceux qui combattent le principe d'éducation que ce projet de loi renferme. Je ne leur en connais qu’un sen] et peut-être, À certains Yeux, a-t-il beaucoup de valeur ; mais À tout prendre, il ne peut avoir un effet durable :

c'est le droit de la force. Sans doute, si l’on veut décréter qu'une loi protégera la minorité protestante de la province de Québec, mais que les minorités catholiques des autres provinces ne pourront invoquer la même loi, très bien! Mais alors, qu'il s'élève un homme assez hardi pour venir dire ici même:

“ Non, les catholiques de l’ouest ne peuvent réclamer le même traitement, le même régime que celui dont jouissent les protestunts de Québec, et cela parce que les uns sont catholiques et que les autres sont protestants.” S'il se trouve ici une homme assez fort pour prendre cette attitude 11 aura pénétré jusqu'au cœur même de l'agitation qui se fait autour de ia question qui nous occupe. Je n'ai entendu jusqu'ici qu’une parole qui ressemblât à celle que je viens d'exprimer, et j'en reconnais volontiers la sincérité : c'est celle du député de Brandon, l’ancien ministre de l'Intérieur, (M.

Sifton.)

Quelques VOIX : Oh, oh!

M. BOURASSA : Je sais que mes parolesseront vaæines. Je sais que je n’exprime

l'opinion que d'un nombre probablement très restreint le mes collègues. I] est pourtant

dans cinquante ans? Que sera la Population d'alors? Quels sentiments domineront . ja

veaux habitants de ces territoires viendront de la république voisine, d’un pays où domine le principe de l'école non confessionnelle ou plutôt de l'école sans Dieu ? Qui

Une VOIX : Absurde !

M. BOURASSA : Qu'arriverait-i] si un député, si le député de Grey-est lui-même (M. Sproule)—bien que pour lui, la grande diffcuité serait, sans doute, d'arriver à comprendre la question—qu'arriverait.il si le repré-

l'autorité absolue de la majorité qui domine Aujourd'hui dans l'ouest. Leurs intentions sont Consignées dans leurs lois et nous les avons sous les yeux. Si mes paroles peuvent atteindré quelques-uns d'entre eux, je voudrais jeter quelque lumière dans leur esprit—et j'espère en tout cas que mes efforts ne seront pas perdus Pour mes collègues protestants et anglais—en faisant une étude Comparative des lois scolaires du Nord-Ouest et de celles de la province de Québec. J'accepte d’avance et jr ne redoute nullement le

allait dire à ses électeurs : “ Voyez la situation de nos Co-religionnaires de Québec :;

Ces privilèges, les Canadiens-francais les

jouissent les protestants de l'Est. Nous

uavaient jamaig légiféré en matière d'instruction publique. Au point de vue légal le

Territoires n'ont jamais légiféré en toute

terminés par l’Acte des Territoires du Nord-

Ouest. Mais il en est ainsi porr le parleme celui-ci, exprimer Ja pensée étroite d’un

seul parti. J'ai toujours eu Jusqu'à ce jour

Corps législatifs du Canada, puisque la juridiction de Chacun d’entre eux est déterminée

chercher refuge dans le comté de Carleton après que l’Acte des Territoires du Nordafin de se faire rouvrir les portes du parle- | Ouest fut voté, la législature de ces ‘terriment. Je veux rendre justice à l'honorable toires, aussi libre dans sa sphère que nous député: par naissance, par instinct et par dans la nôtre, adopta des lois d'instruction Éducation, je le crois £énéreux. I] l’est Publique. Et quelles furent ces lois? L'an. même au point qu'il n’a Das eu le courage | cien ministre de l'Intérieur nous les a défd'arborer franchement ses nouvelles cou- | njes l’autre jour : elles étaient conformes, leurs ; et il s’est senti forcé de cacher son Par la lettre et par l'esprit, à l'article 11 de

de textes

ment, waajurité des Monsieur 1A pensée, avoir conl-fût posactuelle :

assez peu litions acpas varié 0pulation heront . Ja est-il pas des nouviendront s où donfessioneu ? Qui ème à la que nous tice sous i domine itentions nous les les peueux, je ins leur 8 efforts ollègues 2e étude rd-Ouest c. J’acment le tout esigement de celui onscien-

gratifñé lle afin d-Ouest > d'inslégal le que les | toute ont dé- 1 Nord-

parlerement es par

Nord.

Jus les -

a jurirminée britanvotées euvent popux ans Nord- ‘terrinous uction L’an- : défrmes, 11 de

la loi de 1875, Elles étaient identiques aux | public qui-tenait de si près au député de lois que nous avons à Québec ; elles jais- North-Simcoe (M. L, McCarthy) ; et certes, salut aux catholiques la direction de leurs | je respecte ce3 opinions, En faisant sa proécoles, le Choix des livres d'enseignement, et le droit de faire nommer des inspecteurs

, Le gouvernement nommait les inspecteurs ; mais c'est le département catholique du bureau d'instruction publique qui les désignait ;—tout comme dans la province de Québec le département protestant du bureau de l'instruction publique désigne les inspecteurs des écoles protestantes, Le même

supprimer l'enseignement cathoiïique et Ja langue française ; Ils ont supprimé Ja langue française, et, si l’on en peut croire le témoi- &nage du député de Brandon (M. Sifton), ils n’ont guère manqué leur Coup sur le terrain de l’enseignement.

Il est un autre point sur lequel je désire, en ce moment même, appeler l'attention de mes collègues de la droite. J'ai écouté avec Intérêt les belles Paroles du ministre des

séparées, suivant l'expression du député de Brandon (M. Sifton), fut balayeé.

M. Haultain, qui vient ici réclamer Ja liberté de son peuple, a exprimé dernièrement des opinions très larges À ce sujet :

“Dussé-je être dictateur demain, a-t-il déclaré, je ne Supprimerais pas les écoles séparées 5 tout ce que je de-

tiers à leurs sentiments de conciliation. Je m'accorde Particulièrement avec le ministre

d’npe preuve Concluante les principes que je soutiens. Peignant l'heureuse situation re ligieuse de Ja Nouvelle-Ecosse, du Nouveau Brunswick et de l'île du Prince-Edouard, il

muniquer au pays un incident de sa arrière d politique que je me permettrai de mettre en relief aujourd'hui. En 1892 et en 1894, M:

Dalton MeCarthy proposa, ici même, l’adoption d’un projet de loi visant l'abolition des écoles séparées et de la langue française dans les territoires du Nord-Ouest. Quelle était l'origine de ces mesures ? Une adresse au parlement fédéral que la législature des Territoires vota sur la proposition de M.

Kelly, appuyée par M. Haultain. Je crois | rait-elle traitée comme elle l’est aujourd’hui si sa force numérique ne s'était accrue aussi rapidement ? Je connais l’histoire de la Nouvelle-Ecoste et qu Nouveau-Brunswick. Je ne veuX pas réveiller de vieilles querelles : Mais la vérité me force à dire que si je par- Cours d’un regard les annales de chacune des provinces du Canada, j'y trouve que la

je réclame quelque liberté pour les catholiques de l'Ouest, que je n’ai nulle confiance en M. Haultain, I] se dit aujourd’hui notre ami, mais il fut, À la législature du Nord- Ouest, l'un des premiers fauteurs du mouvement d’abolition des écoles séparées.

- M. LEIGHTON McCARTHY: L'honorable député me permettra-t-il une interruption ?

Je crois qu’il commet une légère erreur lorsqu’il affirme que ces projets de loi avaient Pour objet l'abolition des écoles séparées.

que l’auteur de ces projets désirait obtenir c'était de remettre À: l'assemblée législative le droit de faire ce que bon Jui semblerait et même de conserver le régime des

versé, À tour de rôle, une Période où les passions violentes de la Majorité ont assailli et

faut donner aux représentants des majorités anglaises le droit de prendre l'attitude qui fut longtemps celle de sir. Oliver Mowat.

J'ai pris une Part active à deux élections générales dans la Provinces d’Onfario.

J'habitais alors sur les confins de cette province. Je n'étais qu'un enfant, un inconnu ; personne ne réclamait mon apput ;

le recouvre dun prétexte faux. Pcrsonne u'a jamais ignoré les opinions de l’homme

] Mais Avec quel bonheur, avec quelle fierté Je | de Ja « hiérarchie ” dont le député de B: | traversai l'Ottawa Pour aller prêter Mon fal- | don à cité les Paroies, Ces messieurs :

de Grey-cst. À ceUX qui attaquaient Je ré- | deniers Pour maintenir des écoles dont j’

É gime des écoles séparées d'Ontario, M. trée nous est interdite,” Mais le gouver: ! OWat répondait : « Je ne discute Pas les | ment d'Ottawa ;es repoussa, Ils n'étale Mérites relatifs des écoles séparées et des | Sans doute pas Assez nombreux Pour obte;

| 3 écoles Publiques. Je ne suis pas moi-mêrue | Justice, Ils s’adressèrent alors à l’assembi { favorable aux écoles séparées. Mais la cons- | de leur Province et firent tutendre leur pt

| titution Sarantit l'établissement de ces 6co- | testation à ceux qui Avisaient Ja courQ ji les dans notre Province ; j] est inutile de | ne’ dans ces régions : Mais 1à aussi, on | |! faire de l'agitation contre la loi”, | trouva trop faibles et trop peu nombreu

fil e que je désire, c’est de protéger les | Et Maintenant, parce qu'ils ne se sont pasr li hommes d'Etat qui Souverneront les NOU- | voltés, parce qu'ils ont subi les faits accon al velles provinces de l'Ouest contre l’entratne. | Dlis—des faits qui, au témoignage de # ! | ment des Passions et des préjugés que pour- | John Thompson et du député de Brandor | l'ont soulever des hommes tels qu'il s’en | constituaient une rupture du Contrat | trouve ici même, et des Journaux tels que 'et un attentat légal à leurs droits ;—pare

désire, c’est qu’en face de ces passions, trop | été fidèles aux préceptes de paix que 1:

toujours enseignés aux ca

Souvernants de l'Ouest Puissent dire : “A | tholiques du Canada, on leur lance aujour..

Quoi bon ? Les droits de Ja minorité sont | d'hui ces paroles: Vous êtes satisfaits :

certes pas | ne demandez rien de plus, car vous n'obtienn” ke

ee & à ê & œ © = " oi Fa ® £ & œ S Ê œæ =

= & Le w à œ a Ë à œ £ S | J L 2 Hi œ “ œ ES A

a. Publics de mon pays n! douter de la Jar. | Quelques-uns de nos collègues nous geur de ses vues ; mais je ne crois pas at- | disent : Soyez conciliants : séparons en deux tenter à Ja &randeur de mon Pays ni menacer | parts e qui reste, A cenx-Ià, je me perla paix Publique lorsque je demande qu'on | mettrai d'adresser un apologue qui leur fera Ivette ces hommes d'Etat, g-‘le qne soit la | peut-être saisir le côté réel de Ia situation, force ou la faiblesse de leur !..tère, quelle | Figurez-vous Je Canada sous Jes traits d’un que soit leur influence ou 1e :- ; ‘Popularité, | père ayant deux fils, je 8rand Pierre et le à l'abri des préjugés nationau.… où religieux | petit Paul. I] donne quatre Diastres à

qui peuvent aveugler le Peuple. Je veux et deux Diastres À Paul, et les envoie, leur qu'aux jours d'orage nos BOuveruants trou- disant : « Maintenant, mes enfants, aCCorvent un solide Point d'appui dans la consti- dez-vous ; travaillez enseinble et tirez le tution elle-même et qu'ils Puissent invoquer meilleur parti Possible de l'argent que je

. Mais, me dira-t-on, Pourquoi tous ces ef- | rannisez Pas le grand Pierre : forcez le forts ? La minorité de l'ouest est Satisfai- | tit Pau] À donner à Pierre le demi-dotlar qui te; ce n'est Que la hiérarchie, ce ne sont | Jui reste.” Et les députés de Ja droite d1que les hordes de uébec qui cherchent à | sent à leur tour: « Soyez Conciliants ; preimposer Jeur volonté aux Territoires. En |nez les Cinquante cents qui restent à Paul vérité, cet argument est l’un des plus cyni- et séparez-les entre Pierre et lui, car après ques que j'ai entendu invoquer AU Cours de | tont, ce gros Pierre est bon garcon.”

M. W.F. MACLEAN : Le petit Paul vient de la Nouvelle-Ecosse.

M. BOURASS A : Je n'ai pas l'intention de fair des distinctions provinciales en ce é

a rendu témoignage AUX Catholiques qui ont Protesté contre lez ordonnances abolissant les écoles séparées an Nord-Ouest. L'honorable député a-t-1] eu un moment d’oubli, OU s'est-il laissé efitraîner Jui AUSSI dans les

| abîmes dangereux où l'opposition se délecte EX . autre aspect de cette question,

Î en ce moment ? Je ne sais ; Mais l’honora- Mon: . Président, dont la presse s’est {11 éputé a prétendu que c'était le clergé beau, -cupée. La discussion parlemenil catholique qui avait protesté t à l'appui taire ne s'est &uère portée de ce côte. mais : Immédiat de Son assertion, i] a cité les pa- | 1] me semble à Propos qu’une voix se fasse

| roles de deux laïques les Plus éminents entendre ici même Pour protester Contre ce des territoires de l'ouest, eux pères de genre de discussion. Of? nous dit : “ En gup-

Dosant que la Constitution vous permit d’'ac- - | Corder des écoles séparées à Ja minorité de

l'ouest, vous ne devriez pas imposer à ces de la cour Suprême, Tels sont les membres Populations un Mauvais système d’enseigne-

uté de Branessieurs vinuvernement :

s Nous som-

nos enfants clence nous

e gouverne- 18 n'étaient Jour obten!r l'assemblée re leur prola cotron- 188i, on les nombreux.

sont pas réits accomge de sir

S AUX Ca- ‘e Aujouratisfaits ; n'obtien-

es nous s en deux me perleur fera ituation, its d’un re et le à

ofe, leur

En er = —————<——<7 7 = a — a LE es = =

ment, un système qui a fait de l'Espagne, de l'Italie, de Ja France, dé tous les pays çcatholiques, l'écume de ja terre”, Et l'on ajoute : « 0yez la province de Québec, voyez le sud de l'Irlande : une population dégra-

, Ignorante et sans intelligence”, Je me

Mais là n'est Pas la question véritable.

Catholique, de ce qu’il a fait pour l'humanité, de ses succès et des causes qui en sont enrayé le triomphe. Joi encore je suis tenté de demander : “ De quelle manière ensei- &ne-t-on l'histoire dans les écoles publi-

Je sais, comme tout le monde, et j'

que toutes les classes de la société y receappris dans ces écoles Catholiques où j'

vaient l’enseignement Catholique supériear et primaire, L'Espagne commeriça à dé- Cheoir lorsque, dans ses colonies, les Dillards remplacèrent les missionnaires, lorsque son

fourni au monde une si large part de lu-

Belgique. Je ne Sais trop dans quel manuel d'histoire l'honorable député a puisé ses-renselgnements ; mais si ce livre est en usage

$ gim let d'enseignement catholique, depuis l’écoe primaire jusqu’à l’université ; et c’est bien l'un des pays les plus Prospères du nde,

: Voyons Maintenant ce qui se passe dans un pays protestant, en Allemagne, 11

Ces mêmes collègues me permettront aussi dé leur faire observer qu’il y a trois cents ans, Venise et Gênes, “ écrasées sous

l’enseignement catholique et expulsèrent les Jésuites et les autres ordres religieux. Aujourd'hui, l'empereur d'Allemagne, frappé

le joug catholique = Possédaient le même des progrès que cet enseignement catholique système militaire, Jé même régime de COMP- | a faits, malgré tous les obstacles, au sein de tabilité et d'échange des valeurs commer- | ses tats, se tourne vers le clergé catholique Ciales, dont les Anglo-Saxons se servent au- | et ni demande de sauver son empire des jourd’hui avec tant de succès, et que Ces | dangers du socialisme, Je pourrais égalepetites républiques attelgnirent un dégré de ment signaler à l'attention de ces mêmes déprospérité et de Civilisation qu'aucun autre | putés les nombreux articles que publient Pays, si l’on tient Compte de l’époque et des chaque jour les journaux et les revues des moyens d'action, n’a jamnis dépassé. Etats-Unis et qui établissent que seule l’in- Je pourrais multiplier ces exemples” Je | flience de l'Eglise catholique sur les classes Pourrais, à l'aide de ces exemples, faire ouvrières pourra sauver la république amé- Un Cours d'histoire universelle et marcher | ricaine des maux dont souffre la société mosur les traces du député de Victoria-et-d'Ha- derne, écrasée sous le double poids du caplliburton (M, Sam, Hughes) qui, il Y a quel- | talisme et des armées permanentes, At ce

Sant à la création pour aboutir à la fin des les ; ce sont des protestants, des savants, temps. Je me Contenterai de résumer tout | des professeurs d’universités et même des

ont passé ; les Romains ont passé ; les Ita- Je n'ai pas rappelé ces faits historiques liens et les Espagnols ont Passé. Que l'An- | âans le but de porter ombrage À ceux qui glo-Saxon <ontemple un instant le Slave et professent une autre religion ; mais en face le Japonais avant de conclure qu’il possède | des assauts que depuis deux mois on fait lemonde à jamais. subir à la croyance de deux millions des su-

SR

jets de Sa Majesté au Canada, j'ai cru qu'il

était de mon devoir de faire entendre une parole de protestation et de proclamer ici

que les peuples catholiques et leur épiscopat n'ont pas lieu de redouter In comparaison u'on peut établir entre eux et toute autre glise ou secte.

Mais laissons de côté les pays étrangers.

Pénétrons dans ma pauvre province de Québec, et considérons un moment quelle a été l'influence de l'Eglise catholique sur le ré- &ime d'instruction publique de cette provin-

ce, On prétend volontiers dans les provinces |

anglaises—non pas que nous sommes une race inférieure : je ne crois pas que telle soit la pensée d’un grand nombre de nos concitoyens anglais ;—mais on répète sou-

vent que la province de Québec possède un | Mauvais système d'instruction publique et

renferme un plus grand nombre d'illettrés que toutes les autres provinces, Une courte

étude historique du développement de ce!

système jettera peut-être quelque lumière sur le sujet.

Avant Ja conquête, le gouvernement français avait subventionné généreusement les maisons d'instruction publique de Ja Nouvelle France. La cession du pays à l'Angleterre causa nécessairement de grandes perturbations, Dix ans après le traité de Paris, le pape supprima l’ordre des Jésuites ; et dès l'instant où la décision du Saint Siège fut officiellement connue, le gouvernement britannique saisit les biens et les propriétés que les Jésuites possédaient au Canada. Chose étrange, personne, à cette

époque, ne reprocha au gouvernement de Sa |

Majesté ce genre d'obéissance à une bulle payale, Les Jésuites du roi de France à la condition expresse et légale d’en consacrer les revenus à la fonda-

tion de ‘collèges et d'écoles primaires et se- |

condaires ; et, avant la conquête, les Jésuites avaient établi deux collèges et de nombreuses.écoles, au point même que les colons de la Nouvelle-France furent mieux favgrisés sous ce rapport que les habitants des colo-

nies anglaises. Lorsque le gouvernement |

britannique eut saisi les biens des Jésuites, en consacra-t-il les revenus à l'instruction populaire ? Non. Le collège de Montréal fut rasé et remplacé par un Champ-de-Mars.

On s’empara du collège de Québec, on chas- . Sa les professeurs et les élèves et on y logea des soldats. Pendant trente ans, après que le régime constitutionnel eut été établi au Canada, nous adressâmes pétition sur pétition au gouxernement de Sa Majesté, lui demandant de nous rendre ces biens, non pour les restituer aux Jésuites. mais pour les employer au soutien de l'instruction publique : et cette demande était toujours rejetée. Pendant 27 ans, on nous priva de tout droit d'enseignement. En 1801, le Gouvernement nous imposa un régime qui plaçait l'éducation publique sous la direction de l'évêque anglican de Québec ét servait à disséminer dans les villes et les villages catholiques des étudiants en théologie protes-

avaient reçu ces biens |

tants dont le but avoué—car, À cette époque, On avait au moins le courage de jouer franc Jeu—était de transformer le jeunesse canadienne-française en une population anglaise et protestante. Le peuple refusa naturellement d'envoyer ses enfants À ces écoles.

L'assemblée législative votait des subsides destinés À subventionner l’enseignement, mais les gouverneurs anglais s'emparaient de ces deniers et, privant les catholiques de toute subvention, les employaient au sottien des écoles protestantes. Ce régime dura 24 ans. L'assemblée adopta alors une loi qui permettait aux marçuilliers des paroisses Catholiques de détourner une partie de leurs revenus, très minces du reste, afin de construire et d’entretenir des écoles catholiques, Et tout ce temps, les écoles catholites vivaient du produit des impôts que les catholiques payaient et que le gouvernement s'appropriait. Ce régime dura jusqu'à l'union du Haut et du Bas-Canada, en 1841.

La province de Québec réussit enfin à obtenir sa première loi scolaire, Mais qu'était cette loi? C'était l'exécution d'un projet que lord Sydenham avait réussi à imposer à ses ministres. Elle mettait tout le régime scolaire sous la direction immédiate des autorités municipales, lesquelles étaient ellesmêmes nommées par le gouverneur :; et le gouverneur eut grand soin de nommer des fonctionnaires dont la majorité se composait d’Anglhis protestants, qui se trouvaient ainsi à la tête du régime d'éducation d'une population dont les neuf dixièmes étaient Français et catholiques. Ce n'est qu’en 1846 que nous réussîmes enfin À obtenir des écoles que le peuple pût accepter.

Ainsi, pendant un siècle, on a privé les Canadiens-français du droit d'employer leurs propres deniers à l'éducation de leurs enfants. Est-il étonnant qu'il se trouve encore chez nous des gens qui ne savent ni lire ni écrire ? Les immigrants an- F4 et protestants trouvaient, en arrivant au pays, même dans la province catholique de Québec, un système d'enscignement qui convenait à 1eur conscience et qui leur permettait de consacrer leur part des deniers pubiics À l'entretien de leurs écoles. De plus, ces nouveaux venus arrivaient des Iles Britanniques -‘1 des Etats-Unis, où ils possédatent déjà in “Sgime d'instruction publique ; tandis que, pendant cent ans, on a privé la grande majorité des habitants de la province de Québec de l'avantage de faire instruire leurs enfants. Si vous voulez comparer les résultats de notre régime à ceux du régime des autres provinces, n'oubliez donc jamais que le nôtre n’a qu'un demisiècle d'existence, tandis que le vôtre n’a pour ainsi dire pas de commencement, puisqu'il n’est que la continuation des systèmes qui existaient en Angleterre et aux Etats- Unis.

Et n’ai-je pas raison d'ajouter que nous n’avons pas lieu de rougir de la comparaison ? S'il s'agit d'enseignement supérieur—et rappelez-vous que c'est précisé-

Page 1