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ORIGINE ET FORMATION DES CORPS DE SANTÉ DES COLONIES

Le service de santé des colonies a toujours été assuré par des médecins de l'État. C'est là une caractéristique fondamentale de l'œuvre coloniale. Elle ne s'est pas altérée avec le temps, et nous la retrouvons aujourd'hui intacte dans l'organisation administrative de nos possessions d'outre-mer.

Même dans celles qui sont arrivées au plein développement de leur existence, si nous y rencontrons aujourd'hui la profession médicale sons sa forme indépendante, nous voyons cependant encore des médecins relevant de l'État, qui assurent en son nom et sous son autorité directe les plus importants services publics.

Mais particulièrement c'est dans les colonies récentes, en Extrême- Orient, en Afrique occidentale et à Madagascar, que l'organisation sanitaire de l'État atteint le plus haut développement. Là elle domine, elle y est pour ainsi dire seule encore, et il est certain que, pour de nombreuses années sinon pour une durée indéfinie, c'est elle qui assumera sans partage la charge et la responsabilité de la santé publique.

Le corps médical à qui incombe cette tache, souvent périlleuse et toujours infiniment honorable, c'est aujourd'hui le corps de santé des troupes coloniales. Il a pour mission d'assurer tout à la fois le service de l'hygiène publique, et celui des militaires, des fonctionnaires civils et des colons.

La nature variée des milieux, les différences de situations, les traditions et les usages souvent si peu comparables d'une colonie à l'autre, c 4

de l'Afrique à l'Asie, des Antilles aux îles du Pacifique et de l'Océan Indien, donnent à la fonction du médecin colonial un caractère tout particulier qu'on ne retrouve dans aucune carrière similaire de la métropole. Étant donné que le personnel médical de nos colonies constitue un corps hiérarchisé dont les unités peuvent être indifféremment affectées à une région ou à une autre, il lui faut en même temps qu'une très grande cohésion dans sa structure organique une non moindre élasticité dans ses cadres, pour parer aux multiples besoins et aux destinations les plus opposées d'un vaste empire colonial.

C'est la raison première qui avait conduit à donner à ce corps de santé des colonies la forme militaire, la seule qui pût s'adapter aux exigences des colonies naissantes et satisfaire aux conditions d'imprévu et d'urgent qu'y présentent toujours les questions sanitaires. Cette forme, cependant, n'impliquait pas la spécialisation militaire. Conservée au corps de santé par reconduction de ses origines, la forme militaire couvrait des attributions plus générales et plus civiles. En d'autres termes, ce corps de santé était véritablement le corps des colonies, et non, comme aujourd'hui, le corps de santé des troupes coloniales. C'était le tout, non la partie.

Mais pour comprendre l'organisation actuelle du service de santé colonial, qui ne s'est pas faite toute seule, il faut nécessairement remonter aux origines. Car non seulement on ne pourrait sans cette étude se rendre compte de ce qui existe, mais encore sans elle, sans la connaissance des difficultés et vaincues, on ne saurait utilement procéder aux améliorations que l'avenir exigera peut-être et qu'il est sage de prévoir dès maintenant.

Avant 1890, le service de santé des colonies était assuré par les Médecins de la Marine. C'était la conséquence logique de la fusion administrative qui existait alors entre la Marine et les Colonies, dont ces dernières n'étaient ou qu'une direction ou qu'un sous-secrétariat. Il était naturel que le ministère de la Marine n'entretînt alors qu'un seul corps médical pour la généralité de ses services, tant à bord des

vaisseaux de la flotte, que dans les hôpitaux militaires des colonies. Mais lorsque l'administration de ces dernières devint une charge trop lourde pour la Marine, lorsque l'opinion publique en vint à réclamer leur autonomie budgétaire et politique, et que fut décidée la création d'un sous- secrétariat d'État rattaché au ministère du commerce en attendant son érection prochaine au ministère spécial, on fut dès lors amené à étudier l'organisation des corps administratifs que ces mesures comportaient inévitablement.

Dès le cours de l'année 1889, la création d'un service de santé était devenue une des principales préoccupations de l'Administration. On prévoyait que, la séparation des Colonies d'avec la Marine étant devenue un fait accompli, le corps de santé de la marine ne pourrait conserver plus longtemps les attributions qu'il avait dans le service colonial .

Comment résoudrait-on la question qui se posait? A quelle organisation le sous-secrétariat s'arréterait-il, pour assurer le service de santé de nos possessions? Ce fut d'abord une grande difficulté. Plusieurs opinions étaient en présence, auxquelles peut-être n'étaient pas étrangers, comme il arrive toujours en pareil cas, des conseillers venus d'ailleurs que de la marine et des colonies, par conséquent ignorants des éléments essentiels du problème. Ceux-ci croyaient pouvoir affirmer qu'on trouverait deux cents médecins civils dans les Facultés prêts à se rendre aux colonies, au moins pour y séjourner deux ou trois ans : « on en trouvera, disaient-ils, qui seront heureux de réaliser ainsi les économies indispensables à leur établissement ultérieur en France ». Ces conseillers supposaient même qu'un certain nombre de ces médecins coloniaux improvisés pourraient peut-être s'habituer à leurs résidences respectives et y demeurer comme médecins coloniaux définitifs. C'était une étrange illusion, que seule pouvait entretenir l'ignorance absolue des conditions de la vie coloniale au Soudan, au Congo, et ailleurs! Mais une opinion plus éclairée, celle des fonctionnaires et des colons, insistait pour que le service de santé continuât à être confié à un corps spécial, recruté normalement, ayant une carrière bien définie, et constitué, comme par le passé, sur les bases d'un service administratif régulier.

D'ailleurs, cette organisation d'une médecine d'État était la seule qui pût réussir. Elle s'était imposée de tout temps et sous différentes formes, tantôt représentée par des médecins du Roi sous l'ancienne monarchie, tantôt confiée à des chirurgiens de la marine comme sous

la Révolution et depuis lors jusqu'à 1889, Il eût été puéril de compter sur la liberté de la profession médicale aux colonies, si Ton entend par liberté, dans ce cas, la faculté illusoire pour les docteurs en médecine daller aux colonies el de s y établir pour y vivre des revenus de leur profession. Pour une demi-douzaine peut-être qui eussent pu trouver dans deux ou trois grands chefs-lieux une clientèle suffisante, combien qui, entraînés par les illusions qui naissent des conceptions erronées que Ton a des colonies en Europe, eussent couru aux déceptions, a la ruine et à la misère î C'eût été l'universalité, à supposer qu'il se lut créé un mouvement d émigration parmi médecins, mouvement fort improbable el, a dire tout notre sentiment, impossible.

Mais le Département des colonies, déjà rattaché au Ministère du Commerce el a la Présidence du Conseil avait alors la bonne fortune d'être dirigé par M. Etienne, sous-secrétaire d'État.

Entre les projets divers qui lui étaient soumis dès le mois d'octobre 1889, M, Elieune vit du premier coup, en homme au courant deschoses Coloniales, qu'il fallait absolument conserver au médecin le caractère de lonclionnaire dont il était investi, si Ton voulait» Comme î! était urgent de l'obtenir, assurer le service de santé outremer d'une manière suie et permanente.

Tant qu on avait à sa disposition les olïieicrs du corps de santé «ii* la marine, rien n'était a craindre, ni vides dans 1rs cadres, ni défaillances dans les temps d'épidémie. Toul entier recruté au concours, ce personnel sortait des écoles de plein-exercice que la marine avait eu le bonheur «le garder intactes depuis 1793 jusqu'en 18K6, el qu elle a eu le malheur de perdre depuis.

A &UCU0C époque, nul corps médical n'avait présenté une sélection aussi forte. Il avait fourni à la science générale des hommes dune haute notoriété, tels que Quoy, Marcellin Duval, Jules Houx, Rochard, celui-ci devenu un jour président de l'Académie de médecine. El dans la médecine navale et coloniale, comme dans la Science eu général, un grand nombre d'entre eux s'étaient brillamment distingua

En outre, les médtrins de la marine, entraînés dès les premières années de la jeunesse vers leur carrière, disciplinés aux idées de devoir, formés aux sentiments généreux du dévouement et de l'abnégation, constituaient un corps d'élite sur lequel on pouvait compter

en toute circonstance. Ils l'avaient prouvé, non seulement à la mer, dans le service périlleux de la flotte, en Crimée et au Mexique, en Chine et en Cochinchine, mais encore et plus peut-être parmi les épidémies meurtrières des Antilles, de la Guyane et du Sénégal. Dans Tépidémie de fièvre jaune qui dévasta cette colonie en 1878-79, vingtquatre des leurs étaient tombés en moins de quatre mois. Et les morts avaient été aussitôt remplacés, sans qu'il eût été pour ainsi dire besoin de procédera des désignations d'office. Jamais on avait vu plus de magnifiques dévouements, ni aussi plus d'obscurs sacrifices.

Certes oui, avec les médecins de la marine, le service colonial était assuré ; et pour renoncer à cette organisation qui avait l'épreuve d'un siècle, il fallait des considérations graves et des intérêts puissants. En réalité, il fallait s'y trouver contraint par une nécessité organique, par un besoin pressant de l'État.

Or l'un et l'autre découlaient d'un fait de politique générale et d'une nouvelle orientation des intérêts nationaux.

La France reprenait en effet le cours de ses destinées coloniales, si longtemps interrompues. En 1889, aux établissements fondés en Cochinchine depuis 1860 s'étaient joints ceux qui avaient suivi la conquête duTonkin en 1885 ; l'Annam, protégé, allait bientôt être absorbé. Le Cambodge, le haut Mékong, le Laos, complétaient ou allaient peu à peu compléter notre empire indo-chinois.

En Afrique, de vastes entreprises d'exploration, des expéditions nous rendaient maîtres d'immenses territoires qui allaient former quelques années plus tard l'Afrique occidentale française, en communication par l'hinterland, vers le Tchad, par la Sangha et l'Oubanghi, avec le Congo français. Madagascar enfin, sur laquelle nos droits deux fois séculaires, n'avaient jamais été périmés, déjà devenue le siège d'une résidence générale, ne devait plus tarder à se fondre dans notre domaine colonial.

Ce domaine, immense, pour être mis en valeur, avait pour premier besoin d'être administré par un ministère spécial et essentiellement civil. Régime fiscal, administration politique et civile, justice et instruction publique, travaux publics, tous ces rouages de l'économie sociale réclamaient une direction civile et une responsabilité compétente.

Les temps étaient venus où Ton ne pouvait plus demander à un ministère militaire de s'acquitter d'une tache aussi lourde et aussi étrangère à sa mission fondamentale.

Jusque-là, (Jurant là période de eonquèlc, alors qu'il ne pouvait s'agir que d'assurer lu pacification des nouvelles possessions, il avait été légitime de s'en remettre soit à la Marine, soit à la Guerre» pour maintenir Tordre et introduire les premiers éléments dune administration publique. Mais l'état de guerre cessant, le gouvernement Civil devait assumer à son lotir et définitivement ses chargés constitutionnelles.

C'est sous l'empire de eette évolution dans les idées que le Parlement avait* dès 1889, donné an sous-secrétariat des colonies une

base autonome* en séparant son budget de celui delà marine, EU le

Cabinet tonné par M. Tirant, avait suivi cette Indication en rattachant, d'autre part, le sous-secrétariat au ministère du Comme [•. avec mandat de préparer, par une refonte et une organisation autonome des services coloniaux, le ministère indispensable.

C'est à cette tâche que S'appliqua M, Etienne, Avec un bonheur de vues qui n'eut d'égal que la laborieuse activité qu'il déptQ pendant les trois ans qu'il demeura au pouvoir, il mit sur pied tous les services coloniaux.

L'un des premiers qui appela son attention, nous l'avons dit, l'ut le service médical. Comment allait-on procéder pour le constitue] l'état de service colonial ï L'administration axait d'abord pensé à fer un corps de médecins civils, et deux projets avaient été examines dans Ce sens. Dans le premier, les colonies étaient divisées en deux groupes ; celui des vieilles colonies, Antilles, Guyane, Bas-Sénégal, Réunion. Saint-Pierre-et-Miquelon ; celui des nom elles colon» Haut-Sénégal, Congo, Cochinrhinc, Tonkin. Pour les Antilles, la Guyane, le Bas-Sénégal, la Réunion, on faisait état de la présence des médecins civils qui y existent, et un leur confiait les hôpitaux. Le

rtee des troupes, dans les chefs-lieux et dans les postes détach< bien que payé et entretenu sur le budget colonial, demeurait aux médecins de la marine.

Dans les nouvelles colonies, en Indo-Chine par exemple, partout où il eût été possible dénommer des médecins ei\ils aux hôpitaux,

Saigon, a Choquan, à Mytho, à Hanoï, à Haiphong, on y eût

procédé progressivement. D'après ce premier projet, on constituait en réalité un véritable corps de médecins des hôpitaux coloniaux. Les médecins de la marine, titulaires d'emplois dans les hôpitaux, auraient été remis à la disposition de leur département, au fur et à

mesure des nominations civiles. Cette nouvelle organisation, applicable d'ailleurs immédiatement aux Antilles, à la Guyane et au Sénégal, aurait évidemment exigé un délai assez long pour l'Indo- Chine, pour le Sénégal et la Guinée, et plus tard pour Madagascar dont on ne pouvait pas encore prévoir, dès 1889, les besoins ultérieur», puisque à cette date elle n'était pas encore colonie. Or l'adoption de ce projet eût entraîné deux inconvénients sérieux. D'abord, le remplacement immédiat des médecins de la marine en service dans les hôpitaux des vieilles colonies aurait eu pour effet de mettre les cadres de ces officiers en surnombre dans la métropole. Leur avancement en eût considérablement souffert, et le budget des hôpitaux maritimes se fût trouvé immédiatement grevé d'une charge très lourde. D'autre part, on aboutissait à un dualisme d'attributions fâcheux à beaucoup d'égards, puisqu'on juxtaposait, dans un service qui doit concourir à un même objet, deux catégories distinctes de fonctionnaires. Séparés par leurs origines, ils étaient fatalement voués à l'antagonisme des fonctions.

Un autre projet, mais qui ne prit aucune consistance sérieuse, avait également été envisagé. Il consistait h créer dans chaque colonie un service civil de la police sanitaire maritime, doublé d'un service des hôpitaux civils, auquel on eût adjoint un certain nombre de salles dans les hôpitaux militaires dans les colonies dépourvues d'hôpitaux civils. Il y eût eu, de la sorte, des hôpitaux civils aux Antilles, à la Guyane, au Sénégal, à la Réunion, et des hôpitaux mixtes partout ailleurs. Et dans toutes les colonies, sans exception, le service sanitaire maritime des ports et rades de commerce, celui des prisons, celui des fonctionnaires civils, eût été dévolu à des médecins civils.

Plus compliqué encore que le précédent, ce projet ne pouvait aboutir qu'au chaos ; il ne fut pas maintenu. Le premier seul fut l'objet d'une préparation administrative. Un directeur en retraite du service de santé de la marine, un médecin en chef et un médecin principal en retraite de même origine, tous les trois hommes de valeur et d'expérience coloniale, furent proposés pour constituer à Paris le Conseil supérieur de santé des colonies. Ce Conseil devait, être investi de toutes les attributions sanitaires.

Mais H. ICi if mie s'était rendu bien vik\ nous Privons dit, compte des défauts de colle organisation. Préoccupé i juste titre du trouble

qui ne pouvait manquer d'être apporté dans le service de santé i\<

marine par le rappel en France d'un nombre assez élevé d'officiers de ce service, ce qui eût engorgé les cadres métropolitains et paralysé l'avancement pour plusieurs années, le sous-secrétaire d'Etal s'était en Outre imposé comme condition essentielle d'une bonne organisation l'unité des cadres. Celle condition n'était pas remplie dès le moment où l'on instituait un portage qui ressemblait fort a delà confusion* El puis, autre aléa, était-on bien assuré de trouver dans la profession civile assez de volontaires pour remplir tous les emplois? Il les Fallait jeunes, au-dessous de 2u' ans, animés d'un esprit à la fois aventureux et discipliné* prêts à s'expatrier sans choix de résidence, disposés en lin à renoncer pour vingt-cinq ans de service extérieur, aux habi- Iodes déjà prises dans la métropole. Il n était pas non plus désirable die recruter un corps, dont on exigeail nécessairement de la vigueur morale et une activité inlassable, parmi les découragés de la vie d'Europe. Enfin M. Etienne et l'Administration avaient un désir bien légitime ; c'était, en créant un service autonome, unifié cl harmonique, de lui maintenir les qualités professionnelles qui avaient fait la supériorité du corps de santé de la marine. Aucune des combinaisons envisagées ne menaient à ce résultat.

C'est alors qu'on eut l'idée de former le nouveau corps de suinté colonial eu s adressant à la marine, et en lui demandant d'autoriser à y entrer les ofiiciers du corps de santé qui désireraient prendre part à cette Création. Déjà celle solution s'était présentée à l'esprit de quelques anciens de ce corps, qui se rappelaient le projet similaire ébauché par le médecin eu chef Senard. lors du rattachement des colonies au ministère de l'Algérie en 185&. Le Directeur du service de santé de la marine Dupïouy avait signalé, au cours de Cannée 1889, Dette combinaison comme très probable, sinon comme la seule qui Tût pratique, et la moins capable île léser les intérêts de son corps, Ella fui, en conséquence, mise à l'étude. Théoriquement, en effet, on pouvait concevoir et espérer l'option de tous tes médecins de la marine

en service & ce moment dans les colonies (octobre 1889). S'il eu eût été ainsi, l'opération était des plus simples, et se réduisait en quelque sorte, à Un changement de dénomination. Les médecins de la marine détaché* dans les colonies y seraient devenus médecins

définitifs, et auraient conservé entre eux leurs anciennetés respectives. Il n'en pouvait résulter aucun trouble ni aucune compétition. Aussi le ministre de la Marine, M. Barbey, sur l'avis favorable émis par le Directeur du service de santé Bérenger-Féraud, Président du conseil supérieur de santé et chef de corps, donna-t-il son approbation à ce projet qui conciliait tous les intérêts.

Bien naturellement, le projet de décret offrait une prime d'entrée dans le corps de santé des colonies aux médecins de marine optants. Elle consistait, suivant les traditions suivies en pareil cas, en des avantages de grade correspondant à des anciennetés de service régulièrement définies. Par exemple, à la formation, un médecin principal de la marine réunissant un quantum d'années de service dans son grade, pouvait être promu immédiatement en grade de médecin en chef de 2 e classe, grade qui n'existait pas alors dans la marine et qui n'y a été créé que quelques années plus tard. De même, un médecin de première classe pouvait, s'il avait six années au moins de grade, être promu dans les colonies au grade de médecin principal. Et ainsi pour tous les échelons de la hiérarchie. En ce qui concerne celui de l'entrée, le grade de médecin de 2 e classe, le recrutement continuait à en être assuré par les stagiaires provenant de l'Ecole de santé de la marine de Bordeaux. Une convention spéciale avec le ministre de la Marine, renouvelée par lui même à la tribune du Sénat sur interpellation du Vice-amiral Peyron, avait maintenu ce bénéfice h l'administration des colonies.

Un dernier point, qui n'avait pas été sans nécessiter des négociations sérieuses et même délicates, avait dû entre temps être élucidé. Le projet maintenait aux futurs médecins des colonies, le bénéfice acquis de l'état d'officier. Il ne pouvait en être autrement, d'ailleurs, puisqu'aucun des médecins de la marine optants pour le service des colonies n'était démissionnaire, et que l'état d'officier ne peut se perdre que dans les formes édictées expressément par la loi. Or, aucune de ces formes n'apparaissait dans l'option.

En fait comme en droit, le ministre de la Marine ne faisait que mettre à la disposition de son collègue des colonies, par le projet de décret, les officiers de santé nécessaires pour assurer le nouveau service, en leur assurant lui-même , par son contreseing, des

bénéfices de grade et des avantages de carrière dans leur nouveau corps.

Mais, puisque les médecins des colonies demeuraient légalement en possession de l'état d'officier dunl aucun n'était appelé à donner sa démission, le minisire de la Mâtine avait la prétention bien légitime de rester le maître de la discipline du nouveau corps. Ce fut là le point sur lequel il y eut quelques difficultés entre les ministères intéressés. L'accord s'étant fait, le projet reçut une disposition aux termes de laquelle les médecins des colonies continueraient à relever île la justice maritime. Les peines disciplinaires prévues par les règlements et les conseils de guerre leur étaient applicables.

C'est dans ces conditions que parut à V Officiel du janvier 1890, le décret présidentiel du 7 constituant le corps de sauté des colonies et pays de protectorat. Cet acte était contresigné par le Président du Conseil, chargé des colonies, et par le ministre de la Marine, l'un et l'autre demeurent chargés de son exécution.

Le ministère des Colonies, se trouvait donc en possession de l'instrument indispensable à son administration. La création du service de santé colonial était, devenue en effet» comme on Ta vu, une nécessité de premier ordre. Les circonstances l'avaient imposée, car on ne pouvait certainement se faire l'illusion qu'un département ministériel aussi important que celui des colonies put continuer longtemps il emprunter le personnel médical d'un autre ministère* Si dévoué que fût ce personnel, — et nous avons vu qu'il l'était à un haut gré, — n 'allait-il pas devenir, parla force des choses, étranger à l'administration où il n'était que détaché pour des périodes variant de dix-huit mois A trois ans ? S'il prenait, avec le temps, les idées el les habitudes nouvelles qui se faisaient jour déjà aux coloni Comment se retrouverait-il dans la llotle *? El s'il advenait qu'il ne put se plier aux conditions de plus en plus changeantes du milieu colonial, où bientôt rien ne rappellerait plus les vieilles colonies de la marine, à quels froissements, à quelles difficultés n'était-on pas expos*' à se heurter un jour prochain ?

Le décret du 7*8 janvier 1890 arrivait au moment nécessaire. C'était un acte sage. Le ministre de la Marine, en s'y associant sur l'avis conforme du chef du service de santé de son département, avait tenu à en consacrer la portée utile et avantageuse : utile, parce que l'État, repu sente par les colonies, trouvait dans cette organi-

sation un service pour ainsi dire tout prêt pour la fonction publique qui le réclamait ; avantageuse, parce que les cadres du nouveau corps étant réservés exclusivement aux médecins de la marine optants, c'était un remploi de ceux-ci jusqu'à concurrence du nombre de leurs postes supprimés. En principe donc, il ne pouvait résulter aucun inconvénient du système adopté. Et, à moins d'admettre que les avantages accordés aux optants pussent constituer un dommage aux non-optants, — hypothèse invraisemblable puisque la hiérarchie du nouveau corps devenait radicalement et à jamais distincte de l'ancien, — aucune difficulté n'était à prévoir dans la mise en œuvre du décret.

Sur ce point, cependant, il y eut des mécomptes. Un délai de six mois avait été accordé à tous les officiers du corps de santé pour opter, car il avait fallu notifier le décret à toutes les colonies et à toutes les stations navales. Que se passa-t-il, au cours de ces six mois, dans les milieux intéressés ? Toujours est-il qu'après un premier mouvement très vivement dessiné dans le sens des options, celles-ci se ralentirent brusquement, et elles cessèrent même bien avant l'expiration du délai.

Ce n'est pas ici le lieu d'examiner les causes, parfaitement connues, de cet arrêt, ni de dire comment et d'où naquirent les résistances. Ce sera l'objet d'une publication documentaire qui aura lieu plus tard, et qui embrassera les sept premières années de l'histoire du corps de santé des colonies. Disons seulement qu'il y eut des pressions exercées pour en faire avorter l'organisation. Il en résulta surtout un préjudice pour ceux qui avaient d'abord voulu entrer dans le nouveau corps, et qui, retenus ensuite par les suggestions de la crainte ou du doute, laissèrent s'écouler le délai imparti pour la première formation. Quand plus tard un certain nombre d'entre eux se ravisèrent, ils durent nécessairement prendre rang après ceux qui avaient été déjà admis. Cependant, malgré les obstacles tardifs autant qu'inattendus qui s'étaient dressés devant lui, le corps de santé des colonies et pays de protectorat, n'en était pas moins, en août 1890, dans la voie définitive de sa constitution. C'est de cette date, en effet, qu'il a pris forme et qu'il est entré, à sa place, dans les cadres réguliers des grands services publics.

Il est maintenant nécessaire d'exposer le caractère de la mission qui lui était confiée, et de déterminer la nature et le nombre des

vices coloniaux auxquels il était appelé à pourvoir. Aux termes de l'acte qui l'a constitué, le corps de sailté tles colonies avait l'origine, pour principale mission d'assurer le service des hôpitaux militaires coloniaux, îles postes sanitaires de l'intérieur, des fonction* n aires civils, de la police sanitaire maritime dans les porls et tades des colonies. Il était en outre à la disposition des gouverneurs pour fournir, suivant les besoins, des officiers aux services militaires proprement dits, colonnes expéditionnaires, postes avancés etc., en remplacement des médecins de troupes rapatriés, ou en cas d'insullisance de leurs cadres. Les médecins des colonies étaient chargés en outre de la vaccination des indigènes, des lazarets, prisons et généralement de lOUS lis services locaux non pourvus d'un service médical civil. Attributions larges et nombreuses, comme on le voit, et pour lesquelles il ne fallait rien moins qu'un corps régulier comportant un effectif d'au moins 860 unités.

A la tête du service, au Ministère, le décret plaçai! un Conseil supérieur de santé, présidé par un Médecin-Inspecteur relevant directement du Minisire Le conseil était composé comme suit :

MM. G, Treille, Médecin-Inspecteur, Président; A, Kermorgant, Médecin en chef, Membre; K. Raoul, Pharmacien principal» Membre.

Kn outre, pour organiser le Secrétariat de ce Conseil, pour fonder et gérer les Arcbives du nouveau service, le Ministre avait appelé- à Paris M. le l) r Auvray, professeur à l'École de Médecine navale de Brest, avec le grade de Médecin principal. Il importait, eu effet, i\v remettre ces délicates fonctions à un médecin préparé par renseignement à toutes les questions lechniipies, d'autant plus que le décret |f Taisait siégrr avec voix consultative au Conseil supérieur de sanlé.

Ainsi constitué, le service de sauté marcha avec une régularité parfaite. Ses cadres, d'abord insulïisants, s'accrurent de nouvelles options, et les promotions annuelles fournies par l'École principale du service de Santé de la marine achevèrent de porter les effectifs au chiffre indispensable pour assurer les besoins.

Mais, entre temps, une question nouvelle, celle de l'organisation de l'armée coloniale, - s'était posée dans les sphères gouvernementales. I>és 1891, un projet avait été étudié en vue du transfert des

troupes de la Marine à la Guerre, et une commission d'ofliciers généraux des deux ministères intéressés avait été chargée de préparer le rattachement de ces troupes, qui devait, semblait-il alors, être effectué à bref délai. Comme conséquence du passage des troupes de la Marine à la Guerre, l'affectation du corps de santé des colonies au service de l'armée coloniale avait été décidée en principe.

L'administration militaire demandait le rattachement pur et simple du corps de santé aux troupes. L'administration coloniale proposait, de son côté, de le laisser dans la forme où l'avait constitué le décret du 7 janvier 1890, mais de détacher au service des troupes les unités dont le commandement aurait eu besoin. En d'autres termes, le département des colonies, poursuivant la logique de la création à laquelle il avait procédé l'année d'avant, offrait, en 1891, de se charger, en outre de ses services civils généraux, d'assurer le service médical des troupes stationnées dans les colonies et payées sur son budget.

Mais le projet étudié sous ces deux aspects par le ministère de M. Tirard ne put aboutir. Près de huit années devaient s'écouler avant qu'il fût repris, et les choses restèrent en l'état jusqu'en 1899. Toutefois la question n'était qu'ajournée, et l'éventualité certaine de la création de l'armée coloniale ne laissait pas de faire peser des incertitudes regrettables sur l'organisation sanitaire des colonies.

La période de 1896 à 1897 fut pénible sous ce rapport. On vit renaître des projets qu'on croyait enterrés depuis 1890 et que le bon sens avait condamnés. En vue de s'opposer au rattachement ultérieur du corps de santé aux troupes coloniales, des conseillers anonymes préconisaient une réforme de la hiérarchie militaire qui régissait le service médical. Et pour rompre cette hiérarchie établie par le décret constitutif, on songeait à transformer les grades en classes personnelles. C'était détruire la base des options, mettre les médecins des colonies en droit de réclamer leur retour à la marine, et, pour tout dire, c'était impraticable. D'autres, au contraire, escomptant comme un héritage le passage du corps de santé aux troupes et son transfert au ministère de la Guerre, recommandaient de constituer immédiatement, sans délai, un corps de médecins civils : « les Facultés, disaient-ils, regorgent d'élèves qui ne savent où s'établir ; c'est à ce trop plein qu'il faut s'adresser, et vous n'aurez qu'à y puiser largement pour alimenter vos cadres». Quant à savoir si cet appel

serait entendu réellement, et si les conditions de carrière offerte feraient Acceptées RV6C le même entrain que lorsqu'il s'agit d'entrer dans un corps régulier, solide, uni dans huiles ses purtics par un méttte esprit profesgiott&el, comme c'est le eus d'un corps recrute dans ui spéciale, c'est île quoi, manifestement, les auteurs de

réformes n'avaient cure ni souci, Il semblait bien qu'ils n'eussent pour unique mobile que de profiter des incertitudes causées par les

questions en suspens, pour prendre des situations ou en donm

L'échec deees combinaisons n'était pas douteux. Il fallut pourtant l'habile administration de M. GuiUain pour y mettre un terme définitif*

Au reste, le moment approchait où le Parlement allait avoir à délibérer sur les divers projets concernant Tannée coloniale. Il n'y avait qu'A attendre. Lorsque ta question du service de santé des troupes coloniales se poserait à cette occasion, il serait sans doute possible de trouver une solution qui salislit à la fois aux Intérêts du ministère des colonies et aux besoins nouveaux du ministère de la Guer

Au surplus, Porganisation sanitaire deseolonies allait si- retrouver

de nouveau à l'état <lr question ^mivernementak\ et non plus seulement administrative et arbitraire, comme elle n'avail MSSé de Pélre

pendant dix-huit mois, de 1896 à 1898. l'osée parla force des chos kla suite de cette période de désordre et de projets plus aventureux

les uns que les autres, le Parlement allait être appelé h ïes résoudre ;

et on devait s'attendre à le voir adopter îles mesures propres ;i

rantsr définitivement le Corps de santé des colonies contre les

tentatives de désorganisation qui s'étaient exercées contre lui. Puisque

le ministère des colonies semblait n'avoir pu s incommoder d'une

misation militaire de ce service, la première mesure qui s'imposait

était de rattacher le corps de santé colonial au ministère de la Guerre

qui allait avoir les troupes dé la marine. Le dessus tout le monde

Et d'accord.

Mais, d'un autre cédé, ce rattachement devait être bit dans des

conditions tétlei que les services généraux coloniaux relevant du

ministère des Colonies pussent continuera être assurés comme par le passé, el k cet égard, des arrangements devaient être prévus par la loi votée pS En \crtud rangements, le minis-

tère de la Guerre détacherait bore cadres le nombre de médecins des

troupes coloniales qui seraient demandés par le ministère des Colonies pour être affectés aux services civils.

Pour le reste, pour ce qui concernait la hiérarchie militaire du corps et le fonctionnement régulier des attributions dévolues au personnel, le corps de santé des colonies serait placé dans les mêmes conditions et sous les mêmes garanties légales que celles qui régissent le corps de santé de l'armée. Ainsi se trouveraient sauvegardés les principes d'après lesquels le corps de santé des colonies avait été organisé en 1890, et qui avaient été méconnus durant plusieurs mois, au point de mettre en péril l'existence même du service et de porter atteinte grave aux droits légitimes du personnel.

Mais si le rattachement du corps de santé des colonies aux troupes coloniales était ainsi devenu inévitable, il ne pouvait à lui seul suffire pour assurer à la fois le service de ces troupes et le service des emplois civils relevant du ministère des Colonies. Il fallait une extension immédiate des cadres. On devait nécessairement la trouver dans la fusion, en un seul corps, des médecins de la marine attachés déjà aux troupes avec des officiers du corps de santé des colonies. Cette fusion, la loi devait la faire. En effet, au moment où se préparait le rattachement des troupes de la marine au ministère de la Guerre, on se préoccupait de régler sur des bases nouvelles leur service de santé, tant dans les régiments stationnés en France que dans les effectifs répartis entre les diverses colonies. Jusque là, le cadre des médecins de la marine détachés aux troupes n'avait eu aucun personnel fixe. Les médecins-majors et aides-majors, après une période déterminée, reprenaient leurs rangs sur la liste du service à la mer. Ce système, on le conçoit, n'offrait aucun avantage et ne présentait que des inconvénients ; on y retrouvait les interruptions de service et les changements d'attributions et de milieu qu'on avait autrefois reprochés au roulement colonial et naval. Et l'état-major général des troupes coloniales jugeait avec raison qu'il était urgent de donner à ces troupes un corps de santé spécialisé et autonome, avec des attributions stables, identiques à celles du corps de santé de Tannée»

Mais un service de santé militaire a des hôpitaux. Aux colonies, ces établissements, qui avaient gardé leur caractère militaire, étaient dirigés par les officiers du corps de santé créé par le décret du 7 janvier 1890. Qu'allait-on faire ? Charger le ministère des Colonies

d'assurer le service des troupes ? Mais les cadres du corps de santé

colonial n'avaient pas été prévus pour celle extension. Ils étaient

Insuffisants. Prendre des salles militaires dans les hôpitaux coloniaux pour les remettre aux médecins des troupes ? On retombait dans le dualisme que l'administration coloniale avait si justement prévu et en 1890 comme une source intarissable de conflits. En outre pouvait-on, avec les seuls effectif de médecins de troupes provenant de la marine, assurer la généralité du service ? Celait évidemment impossible. Ou ne pouvait pas davantage improviser des cadres, et Ion retrouvait 1& enfin toutes les difficultés auxquelles l'administra*

lion supérieure s'était heurtée au moment de la création du service de sa nié colonial.

H y avait, certes, un moyen logique* qui eûl consisté à étendre

cadres du corps de santé des colonies, soit par des options de médecins de la marine, soit en forçant les promotions de sortie de l'Ecole principale de santé de la marine au profil îles cadres coloniaux. Mais l'épreuve traversée de 189t> à 1898 avait montré qu'il était difficile de maintenir un corps militaire sous l'administration civile du ministère des Colonies. 11 était inutile de pousser plus loin l'expérience. Accroître le corps de santé des colonies pour le mettre a même de faire lace aux besoins des troupes, et maintenir en même temps ce corps sous les ordres hiérarchiques d'un département ministériel ou les changements politiques pouvaient amener un ministre hostile il l:i réglementation militaire du service médical — comme cela s'était vu c'était compromettre le bon fonctionnement de l'organisation dis troupes coloniales sans, pour cela, assurer convenablement le service général.

D'un autre côté, il y avait lieu de faire une large place, dans celle organisation, aux médecins de la marine désireux de partager le sort des troupes auxquelles ils étaient attachés; et ceux-ci, rendus circonspects par les atteintes portées à l'organisation des médecins coloniaux dans les dernières années, ne voyaient de garanties et de sécurité de carrière que dans le passage à la Guerre. Finalement la seule solution possible consistait en la lusion de ces deux éléments — médecins des hôpitaux coloniaux et des troupes de la marine — avec rattachement du bloc aux nouvelles troupes coloniales pas< u la Guerre.

C'est cette solution, nous Ta vous dit, qui prévalut devant les

Chambres. Les événements l'avaient préparée ; les fautes d administration commises de 1896 à 1897 l'avaient rendue inévitable.

Ce passage du corps de santé des colonies au ministère de la Guerre, a eu d'ailleurs une conséquence que nous devons signaler. En l'ordonnant, la loi ne pouvait plus tenir compte des motifs qu'avait invoqués le ministère des Colonies, en 1890, pour avoir un corps médical sous sa dépendance immédiate. Elle le lui a donc retiré, mais les motifs n'en subsistent pas moins, par ce fait que le ministère des colonies n'a pas cessé d'avoir besoin des médecins de ce corps. Situation contradictoire, en vertu de laquelle le ministère des Colonies se retrouve exactement dans la situation où il était avant 1890. Avant cette époque, il empruntait son personnel médical à la marine; il le reçoit, maintenant, par des mises hors cadres, du ministère de la Guerre. Les provenances ont changé de source, mais la situation administrative du service de santé est redevenue exactement la même qu'il y a quinze ans. Tel est le fait curieux et en quelque manière anachronique qui résulte du rattachement du corps de santé aux troupes coloniales.

Il est juste toutefois de rappeler que ce retour à des combinaisons qu'on avait estimées pleines d'inconvénients en 1890, se trouve entouré de certaines garanties qui en atténuent sensiblement les mauvaises conséquences possibles. Des arrangements concertés entre les ministres des Colonies et de la Guerre, pris en conformité des dispositions de la loi de 1900 constituant les troupes coloniales, et du décret de 1901 portant rattachement du corps de santé au ministère de la Guerre, ont consacré un ensemble de mesures qui tendent à prévenir les conflits. Ceux-ci, d'ailleurs, n'ont guère plus de chances de naître, puisque tous les officiers en service aux colonies, soit aux troupes, soit aux hôpitaux, soit dans les services publics civils, appartiennent au même corps.

Il n'en subsiste pas moins ce fait que, des attributions directes du ministre des Colonies, le corps de santé devenu corps de santé des troupes coloniales a été en totalité transféré dans celles du ministre de la Guerre, de l'autorité duquel il relève aujourd'hui, et qui demeure chargé de pourvoir aux besoins généraux du service de santé du ministère des Colonies. C'est le point capital à retenir.

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