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FONCTIONNEMENT DE L'ASSISTANCE MÉDICALE

L'assistance médicale est placée dans les attributions du directeur du service de santé du corps d'occupation.

Dans chaque province un médecin militaire remplit les fonctions

d'inspecteur de l'assistance médicale et est chargé de la direction de tous les services d'assistance et d'hygiène, 11 inspecte, au moins une lois par mois, toutes les formations sanitaires, dirige, conseille et contrôle les

médecins indigènes, les sages-femmes et tout le personnel employé par

l'assistance.

Les médecins indigènes constituent l'instrument le plus important de l'assistance médicale. Ils forment un corps spécial «lit de médecin* de Cohuihaiton (i)* sont recrutés au concours parmi les élèves de l'Ecole de Tauanarive et portent une tenue qui augmente leur prestige auprès des populations, flatte leur amour-propre el facilite beaucoup le recrutement Ils sont placés sous la surveillance et le contrôle permanent du médecin militaire, inspecteur de la province OÙ Ils sont en service ; ils sont attachés

iéé pur ' novembre Mil*

aux hôpitaux et aux léproseries, font des tournées dans les villages, pratiquent des vaccinations, donnent des conseils et des consultations gratuites aux habitants, font des conférences publiques et s'efforcent de répandre, de toutes les façons, les principes généraux de l'hygiène et les régies élémentaires de la médecine domestique.

Cette création de médecins indigènes de colonisation est l'une des plus heureuses de l'assistance médicale ; c'est grâce à elle que l'assistance médicale a pu être répandue dans toutes les régions et est devenue si vite populaire ; l'organisation présente aurait été impossible avec des médecins européens ne connaissant ni la langue, ni les mœurs indigènes, souvent malades dans les régions paludéennes et malsaines qu'ils auraient dû parcourir et ne pouvant se contenter de la solde modique des médecins indigènes.

A côté de ces médecins, existent des sages-femmes indigènes de colonisation, formées aussi à l'Ecole de Tananarive et recrutées également au concours. Elles sont attachées aux maternités des hôpitaux, doivent donner leurs soins à toutes les femmes enceintes et les accoucher gratuitement ; elles font des vaccinations, donnent des conseils aux mères et surveillent les enfants dont elles sont responsables auprès des médecins-inspecteurs.

L'assistance médicale dispose actuellement, sur le plateau central, de ! 22 hôpitaux.

5 léproseries.

28 dispensaires.

1 école de médecine.

1 institut Pasteur.

Lis hôpitaux représentent un chiffre global de 1.220 lits, et les léproseries renferment 2.000 lépreux. Les consultations données en 1902, ont dépassé 1.000.000, et les vaccinations pratiquées, ont été de 145.000.

La dépense totale a atteint le chiffre de 1.039.116 fr. 38. Cet effort considérable s'est traduit, à peine en deux ans, par une augmentation très sensible des naissances et une diminution notable des décès, et cela .malgré des épidémies de grippe et de paludisme qui ont sévi avec intensité dans plusieurs provinces ; pas une seule épidémie de variole, à peine quelques cas isolés de cette maladie qui, au moment de notre occupation, ravageait le plateau central.

Telle est la création de M. le général Galliéni, et nous devons faire honneur à cet eminent gouverneur d'avoir su, avec un esprit de décision remarquable, remédier à un vice d'organisation qui a toujours été la plaie de nos gouvernements coloniaux. N'ayant pas reçu de la métropole le personnel médical qui lui eût été nécessaire pour donner

— Insatisfaction à des besoins évidents ; limité, sous ce rapport, aux seuls effectifs du corps de santé des troupes coloniales dont les cadres sont manifestement insuffisants sur tous les points de nos possessions d'Afrique et d'Asie, le général Galliéni a pensé pouvoir s'adresser aux indigènes pour combler les vides dans les services médicaux de la colonisation.

Mais nous regrettons qu'on n'ait pas fourni au général des médecins de France. Sans revenir sur les considérations que nous avons fait valoir déjà, nous croyons que l'assistance médicale ne doit être assurée que par nos nationaux, aussi longtemps du moins que nous n'aurons pas formé nous-mêmes, en France, nos futurs fonctionnaires indigènes destinés aux cadres supérieurs de l'administration.

Mais cette réserve, toute politique, ne diminue en rien le caractère humanitaire et social qui s'attache à la création d'aides et d'assistants du médecin européen. Car il faudra bien toujours utiliser les indigènes pour les fonctions subalternes, et nombre d'emplois utiles peuvent leur être confiés, sous notre contrôle et sous notre direction, notamment dans les cadres de l'assistance médicale indigène.

Si nous jugeons indispensable de ne laisser exercer la médecine qu'à des docteurs en médecine au titre français, et si nous ne voudrions voir les indigènes admis à ce bénéfice qu'à la condition seule d'être francisés par l'éducation dans la métropole , nous comprenons parfaitement que l'on peut, pour des emplois inférieurs et sans responsabilité comme sans influence sociale, se départir de ces conditions rigoureuses.

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