ALGÉRIE
Le régime sanitaire de l'Algérie repose sur deux organisations conjointes. Dans Tune, réglée par le droit commun, nous trouvons un corps médical indépendant comme en France, exerçant la profession dans les conditions de la loi organique, et qui assure les besoins de la santé publique dans les grandes villes et dans les principaux centres de population.
A cette portion notable de l'organisation sanitaire, et qui est remarquable par le développement qu'elle a prise depuis trente ans. nous n'avons rien a dire puisque nos confrères d'Algérie vivent dans les mêmes conditions que nous en France, intimement mêlés au mouvement social, et, comme nous aussi, étroitement liés aux conditions économiques des populations et de la clientèle.
La prospérité du corps médical et l'efficacité de ses moyens d'action s'y trouvent donc naturellement, comme ailleurs, placées dans la dépendance du milieu. Plus ce milieu lui-même prospérera et se développera dans l'avenir, et plus s'accroîtront les ressources de clientèle et le crédit social des membres de la profession, récompense légitime de leurs éminents services.
L'autre branche du régime sanitaire algérien est constituée par la médecine de colonisation. Elle n'est pas toujours et sur tous les points séparable de la première, car en réalité les médecins de colonisation peuvent faire et font de la médecine de clientèle, partout où les conditions sociales le permettent. Par là elles ont un trait commun, et des intérêts de même ordre à défendre dans le domaine de la profession, envisagée dans ses caractères généraux. Mais comme la médecine de colonisation a été créée à l'origine et qu'elle existe surtout pour faire un service public et obligatoire, et que celte partie de ses attributions est en réalité prédominante, nous examinerons ici les conditions de son fonctionnement, ainsi que les modifications que le progrès du temps engage à y introduire.
Remarquons d'abord que l'organisation sanitaire de l'Algérie, et celle même de la Tunisie qui tend à s'en rapprocher, ne ressemblent
en rien i celte de l'Indo-Chine, de Madagascar et d*- l'Afrique Occidentale H Congolaise. L'Algérie et la Tunisie ont un corps médical
il et Indépendant et un corps de médecins de colonisation. Ni avons ru que le premier i = ■ ï t défaut dans les colonies tropicales, où il ne se trouverait pas une population européenne pour le filtre vivre, el que le second n'y a pas encore été organisé, sauf l'essai qui vient d'être tenté en Afrique Occidentale, par la création d'un petit nombre d'emplois, une vingtaine au plus, de médecins civils attachés a l'assistance médicale indigène.
Dans les véritables colonies d'exploitation, c'est Je corps de santé des troupes coloniales qui esl chargé de la généralité des services
médicaux. Les médecins de ce corps donnent leurs soins gratuits au personnel des fonctionnaires de leur résidence : mais ils n'ont aucune obligation à Pégard des indigènes de leur circonscription. Les habitants qui se trouvent à portée de l'infirmerie du poste militaire peuvent bénéficier de ce voisinage et recevoir les soins de la consultation. Mais en réalité, le service à domicile des indigènes n'existe pas. Il faut dire, d'ailleurs, que, vu rétendue de ces circonscriptions, il serait matériellement impossible aux médecins de troupes détachés à l'intérieur de taire ce service à domicile.
L'Algérie a donc un régime spécial el un^ organisation â part. Sous certains rapports elle esl mieux partagée que les possessions administrées par le ministère des colonies. En effet, les indigènes des territoires militaires ont la ressource du voisinage îles infirmeries des postes où des consultations peuvent leur être données par les médecins militaires ; et dans les territoires civils, ils peuvent s'adresser aux médecins de colonisation, soit pour des consultations de
cabinet, soit puur des visiles de douars, lorsque WS praticiens y
Tout leurs tournées. Ce système, excellent en principe, n'a qu'un tort, il de n'avoir été qu'ébauché et d'être demeuré à l'état pour ainsi dire rudimenlaire. II semble bien qu'en Algérie comme ailleurs, d les pays chauds, l'Etat ;ui reculé devant hs dépenses nécessaire
Il en résulte donc que. malgré l'existence d'un corps de médecins
de colonisation en territoires civils, ci la possibilité de recourir,
en territoire militaire, aux médecins des postes, les indigènes sont loin de bénéficier dei seCOUrS qui leur sont utiles en cas de maladies Quand les malades ne sont pas tninspoi tables, quand il s'agit de eus graves, «>n peut dire que, malgré tOUl le zèle qu'y pensent
lire les méà\ n, le service n'est pas assure, i
lions médicaJcsont une étendue trop vaste* II en « ropteol lÛÛel mi centres de population, t rodralt-*
le médecin d'un pareil groupement pût suffire â des J tant h Ia fois sur les points les plus éloignés el h opposés? Il y ,i la une difficulté matérielle el un obstacle physique Mible de n'être pas frapp An olti la situation dans laquelle se trouve actuellement le
sanitaire de la colonisation ne.
On Comptai pour toute Téleudue de h* eolome de 120 a ISO médecins de colonisation créée en vertu d'un décret rendu en 1878, mais
qui a été entièrement refondu a la date du 83 mars ÎH&L
Les i territoires de colonisation » ont été alors divisés en circona*
Triplions médicalAS, i ■! une d'elles i été attache un nu k dc<
clal dit « de colonisation
s médecins de colonisation étaient chargés de l'assistance ,,i édleale gratuite des Indigents sur le territoire de leur circonscription, Us devaient visiter une fois par semaine les centres de leurs circonscriptions, déférer aux réquisitions judiciaires, donner deux lois par semaine à leur domicile des consultations gratuites pour 1rs indigents, payantes pour les autres, et visiter une fols par mois les écoles publiques ils devaient en outre fournir, suivant des modèles spéciaux, des rappoi ts bimestriels el annuels.
Ku dehors de la clientèle payante, le décret de 188ît accorde un itemenl fixe, une indemnité de logement, des rétributions *du Ai lentement pour les vaccinations rêu&sivs.
îns sont répartis eu cinq classes correspondant à cinq
traitements allant de 8ÛÛÛ à 60Û0 lianes.
La proportion dans chaque classe est de 1/1O de l'effectif pour la
première Classe ; de 2/10* pour chacune des autres classes,
Les médecins doivent rester au moins deux ans dans chaque
classe avant de pouvoir obtenir la classe supérieurs.
Un Comité départemental de l'assistance médicale est institué au chef-lieu de chaque département et se réunit tous les an
Il est ainsi Composé; Le Préfet ou son délégué, président; le médecin en chef de l'hôpital du chef-lieu ; le médecin en chef d'un d hôpitaux de l'intérieur; le chef du bureau de la Préfecture chargé de l'assistance publique ; l'inspecteur des enfants assistés: un médecin de colonisation désigné par ses collègues et nommé pour trois ans.
Ce Comité a pour mission de veiller à l'exécution du décret de 1883, et il propose les améliorations dont il est susceptible. Il donne son avis sur l'avancement des médecins de colonisation au point de vue professionnel ; il centralise, vérifie et contrôle la marche du service.
L'article 30 du décret rend applicables aux médecins de colonisation les mesures sur les congés des fonctionnaires et assure leur remplacement intérimaire.
Enfin la loi du 9 juin 1853 sur les pensions civiles, avec assimilation aux services actifs, est applicable à ces médecins. Au point de vue de la pharmacie, le médecin de colonisation doit avoir un approvisionnement de médicaments. Ceux-ci lui sont délivrés par les hôpitaux civils aux prix des marchés en cours, et les médecins peuvent les délivrer à leur tour au prix de cession majoré de 15 o/o.
Telles sont les lignes générales du décret qui régit la médecine de colonisation algérienne.
Il semble, h première vue, que l'organisation des décrets de 1878 et 1883, ait été inspirée par une juste notion des nécessités. L'administration algérienne, tant au Gouvernement général que dans les préfectures, a appliqué les dispositions de ces actes avec un esprit de justice auquel le plus grand nombre des intéressés rendent hommage. Les médecins de colonisation trouvent dans les hautes sphères la bonne considération qu'ils méritent très justement, et leur avancement, en particulier, est toujours l'objet d'un examen équitable de la part de l'autorité supérieure.
Il y a lieu toutefois de remarquer que les notes de service émanent de trop de sources différentes, et, disons-le aussi, d'autorités locales dont la compétence est, en bien des cas, insuffisante pour juger les mérites respectifs des médecins de colonisation. Enfin, peut-être vaudrait-il mieux soustraire dans la mesure du possible à la politique, à ses conséquences toujours passionnées et souvent injustes, des hommes dont l'unique mission est de soulager les malades et dont la seule attitude doit être l'absolue neutralité entre les partis.
Mais sous ces réserves, que formulent en Algérie beaucoup de bons esprits, on peut dire que la conception même de l'organisation des médecins de colonisation fut habile et bien venue en son temps.
Mais depuis 1878, et surtout depuis 1883, les choses ont marché. Disons tout de suite que, tandis que l'Algérie se développait rapide-
ment, a tous les points de vue, agricole. Industriel, eommercii que administratif* et publies détendaient en u
nombre «les médecins de colonisation demeurai! à peu de chos
anl à luire (née à «les Im soins nouveaux et non moins urgents que ceux pour lesquels il avait été primitivement calculé. En une, l'organisation d<- 1883 est débordée de tous côtés et elle ne répond plus à la situation présente- Les circonscriptions médicales se sont enflées, absorbant de nou- SUX territoires indigènes fort étendus et tus peuplés. Première cause ibk d'insulbsiu
En outre, les soins dûs originellement par les médecins aux indigents ont été étendus aux gendarmes et à leurs familles, aux g forestiers, aux cantonniers, enWn a tous les agents communaux et départementaux et de l'Etat dont les appointements annuels ne dépassent pas 1 .200 franc
On doit même dire qu'en pratique ces soins ont fini par être donnés à d'autres fonctionnaires mieux rétribués, et qu ainsi le champ la clientèle rémunérante s'est trouvé de plus en plus réduit pour les médecins de colonisation.
tns estimons, certes, que les agents dont il s'agit doivent être,
en effet, soignés gratuitement, et l'administration s bien rail en leur concédant ce droit. Mais on iw devrait pas perdre de vue l'accroisse-*
ment di* charges qui en est résulté pour les médecins, et il no
paraîtrait juste d'accueillir les doléances qu'ils font entendi sujet. Certainement leurs appointements doivent être relevés, en proportion de l'augmentation des obligations qui leur incombent
Il y a encore une amélioration qu'il nous paraîtrait équitable d porter a leur situation. Lorsqu'ils obtiennent un congé, ils peuvent bien
remplacés par un intérimaire — un médecin ou uji interne — mais ce remplacement esl à leurs îr;iis Cette disposition est sans analogue dans l'administration sanitaire, et probablement fort rare dans hs autres brandies des services publics. Il sufiira sans doute d'en naler l'anomalie pour qu'on y remédie.
Le décret de 1883 s donc besoin d'être revisé. Nous croyons qn < st déjà préoccupé en haut lieu, avec le désir de donner satisfaction, dans la mesure possible, aux principaux desiderata exprimés par les inti [/opinion publique approuvera certainement toute
réorganisation dans ce sens. Mais nous pensons que cette réorgani-
sation de* \<\ nécessairement comprendre une augmentation des cadi des médecins de colonisation* Les effectifs de im^ ne sonl plus rapport avec les besoins actuels. Ils le sonl si peu que l'Administration supérieure, guidée par les vues libérales el humanitaires de M. le Gouverneur général Jonnart, qui a pris A cceur t 9 asaiataiice médicale des indigènes, s'ist préoccupé de créer un cadre de médecins auxiliaires arabes.
L T ue commission nommée à la lin de H)[)4 t fl reçu pour mission d'étudier les conditions du recrutement et les attributions de ces :tuxi- Jiaires. Au moment où nous écri\ avril 1905) nous ne
connaissons pus encore les décisions auxquelles on s'tsl arrêté. Nous devons toutefois constater que W projet, s'il Irouve des |i:nt isans enthousiastes, rencontre aussi des adversaires non moins résolus. Divers articles, publiés récemment par le Bulletin médical
l'Algérie, rendent compte de la diversité îles opinions à cet égard.
Parmi les partisans du système des aides-médecins indigènes, MM. les docteurs Moreau et Claverie font valoir principalement le concours
qu'apporteront aUï médecins «le colonisation les auxiliaires indigènes, à un moment où la tâche des premiers devient pour ainsi dire impos sible eu raison de leur Faiblesse numérique el de retendue «les circonscriptions médicales. Ils invoquent donc uniquement, pour ju&tiller la création d f IUl corps auxiliaire de médecins indigènes. Tin-
suffisance d'effectif des médecins français décolonisation*
Os adversaires de cette création et, parmi eux M. le professeur Trolard, d'Alger, ainsi que M. le docteur Lestage, redoutent l'influence que ne manqueront pas de prendre sur leurs coreligionnaires, les nouveaux médecins indigènes, au point de vue politique el social. Il .ible de n'être pas de leur avis* Quant à nous, il nous parait bien que M. le professeur Trolard a, en particulier! signalé en termes ceHents les dangers de cette organisation, eu faisant remarquer ta force considérable, disons le mot, l'autorité, que puiseraient I
auxiliaires dans la pratique de la médecine chez les indigènes. M le docteur Claverie, dont nous connaissons toute la valeur professionnelle, et qui jouit parmi ses confrères algériens d'un crédit justili tous égards, propose bien, pour parer il ce péril, de subordonner
étroitement le médecin indigène au médecin «le colonisation. Il investit ce dernier du droit de diriger, de contrôler l'auxiliaire indigène (voir les annexes ci-après). Il donne au seul médecin français
l'autorité h la responsabilité «lu aen loc de l'assistance médicale de la circonscription. Kt cependant, maigre toute notreestime pour l'aufa
i ac projet, nous regrettons de ne pas parts de voir sur
ce point, et nous nous rangeons à l'avis de M. te professeur Trolard.
! a ides -hum Ici ins auxiliaires Iraient, par la force d la nature
des eboses, malgré nous, maigri toutes les précaulioai
aurions pri in pas seulement des concurrents professions
qui s'émanciperaient peu à peu de leurs ebels français, mais probablement des directeurs de tes pQUf leurs clients. Kt sciait I tfCe moral, organisée vraisemblablement a nos dépens, et peut-être, à l'occasion, contre nous.
On a mis en avant, en Àlgci i i a cité eoinme exemple les
créations si mi 1 n Indo-Chine et à Madagascar* Mais nous
cr oyons préc i sé m ent que ces créations lurent une bute qui ne doit
l'iiv Imitée, La pruavi eu est que l'École de médecine indi
qu'avait or.. M Donner et où Ton s'était prop.
Itabtes médecins et même «les savaari de laboratoire, vient d*é< refondue complètement Eés i\u SS octobre 1004). Le gouw
! de lïndo-CInii s'esl préctsémcnl aperçu ijuc c'était
i hop tarai que de donner a des indigènes le ins
nationaux, et que les avantages qu'on avait cru retirer de cette
ilion ne pouvaient pas élrc mis en balance avec les inconvénients
de toui ordre auxquels elle exposait la colonie. Au premier rang de énieufs, îl convient certainement de l'influence
politii|i ciale donner I des m su détriment de notre
autorité dira le uns Intel
La véritable solution du problème, le plus cou llntérél de
ins l'augmentation dis médecins français de colonisa-
bon. Qu on en porte !<• nombre ans gifcclîfe aéceasa rcu assurer
! l'assistance! Kt enfin, si Ton veut* comme
omettre des Aiabes d:ms e» vr\îee. ipie ceux ci I entrenl cpi'avee le double gage de la naturalisation et de l'instruction égntle du docteur en médecin IHus nos médecins ront la inass ne,
pins l'autorité I i en inlluencc morale H civilisa-
un peu différente sans le riullucnce purement admi-
ni peut-êlre [dus attachante et Gtoonri allais.
Multiplier les secours de la* si malgré tout des
-si -
germes de reconnaissance et créer des liens d'affection entre les indigènes et nous. Ne déléguons pas cette tâche à des agents qui, sans aucun doute, ne s'acquitteraient pas avec autant de rèle et de désintéressement que nous, et qui, par surcroît, nous en enlèveraient inévitablement les mérites sociaux.
C'est donc à une augmentation des médecins français ou naturalisés de colonisation que nous concluons, et aussi à une organisation plus complète et plus rationnelle de leurs cadres.
Ceci nous amène à étudier une question qui a été récemment posée en Algérie, et qui, comme tout ce qui touche à l'organisation sanitaire, a rencontré des partisans et des adversaires.
Ce qui a fait défaut jusqu'ici aux médecins de colonisation c'est une centralisation de leur service. Il n'existe, nulle part, croyons-nous, de corps de santé sans chef. On n'en conçoit pas sans direction technique effective. Et cependant c'est la situation du corps des médecins de colonisation algérienne, qui n'ont entre eux aucun lien, et qui représentent des unités livrées aux hasards et aux difficultés d'une carrière dont le premier besoin est d'avoir une direction professionnelle. S'il ne s'agissait que de la pratique médicale, le droit commun et la responsabilité individuelle suffiraient. Mais il s'agit ici d'assistance publique, de règlements à appliquer, de traditions. et d'usages administratifs sanitaires à observer également, sans variation, sans interprétation capricieuse, pour concourir à un but général et prévu. Il faut donc une organisation technique qui centralise, contrôle «t dirige toutes les parties du service.
C'est pourquoi on a proposé de placer auprès du Gouverneur général de l'Algérie, sous sa haute autorité et sous ses ordres, un directeur du corps de santé de la colonisation. MM. les docteurs Claverie et Lestage ont publié des notices et des articles à ce sujet, où ils invoquent d'excellentes raisons qui justifient cette création.
On trouvera plus loin, aux annexes, un document publié par M. le D r Claverie et où l'auteur développe les raisons qui lui semblent militer en faveur de sa proposition.
Pour nous, en nous fondant sur la règle uniformément adoptée et d'après laquelle tous les corps médicaux hiérarchisés en classes ou en grades ont une direction technique et centrale, nous concluons avec M» le docteur Claverie et les collègues qui l'appuient, à la nécessité de donner cette direction au corps des médecins de colonisation.
Nous avons la confiance que M. le Gouverneur général Jonnart, dont les vues de gouvernement sont inspirées par la volonté de doter l'Algérie d'une assistance médicale rationnelle et efficace, appréciera pleinement la nécessité de cette création. Un directeur du corps des médecins de colonisation placé sous ses ordres, recevant ses instructions, dirigeant le service technique d'après des vues d'ensemble et conformes au but que se propose le gouvernement général, c'est le rouage essentiel, et, par conséquent, indispensable.
Il est certain, d'ailleurs, que si les colonies de l'Afrique du Nord étaient rattachées au ministère des colonies, la nouvelle administration ne laisserait pas sans chef technique le corps des médecins de colonisation. Elle lui appliquerait sans doute possible les dispositions en vigueur dans les autres corps de santé.
En résumé, nous pensons que la question de la réorganisation du service médical de la colonisation, accru des charges nouvelles de l'assistance médicale indigène, sera prochainement abordée par le gouvernement général de l'Algérie. Nous croyons donc devoir indiquer ici, à titre documentaire, les bases d'après lesquelles cette réorganisation pourrait être faite. Elles nous ont été transmises par un groupe de médecins de colonisation, et communiquées comme l'expression d'un vœu à peu près général.
Le projet de décret présenté ci- après en résume les dispositions, qui pourraient être rendues applicables à la Tunisie, dont les besoins sont identiques.
Nous ferons toutefois remarquer que la création d'un corps de médecins indigènes, à titre auxiliaire ou autre, n'est pas désirable, et qu'il vaudrait mieux se borner à la création d'infirmiers placés sous les ordres des médecins français.
l'HQJET DE DECRET