‹ Organisme et SociétéChapitre 10 sur 68 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

Dans son beau livre sur la Science sociale contemporaine (1), M. Alfred Fouillée a ramené à trois les objections qu’on peut faire au rapprochement de l'organisme et de la société. On croit trouver entre ces deux sortes d'êtres, a-t-il dit, trois espèces de différences : différence de nature, différence d'origine, différence de fin. — A vrai dire, les distinctions que les auteurs hostiles à notre théorie ont voulu établir entre l'être vivant et l'être social, sont, en apparence du moins, bien plus nombreuses, et même presque innombrables. Mais un examen attentif montre qu’elles se ramènent toutes à une unique idée. Cette idée, c’est que l'organisme est un être réel, tandis que la société ne serait qu’un être de raison. L'individu seul existe ; le groupement social n’est qu'un produit de la libre activité des individus, et non pas une individualité luimême : voilà, si nous ne nous trompons, le principe qui est au fond de toutes Les objections qu’on fait au rapprochement tenté par nous. Partant de là, on déclare que ce rapprochement peut bien avoir quelque intérêt, et même donner lieu parfois à d’ingénieuses réflexions, mais qu’en somme il n’est qu'une simple métaphore, une vue de l'esprit sans grand appui dans les faits, et nullement une comparaison scientifique. Nous, au contraire, qui sommes porté à trouver dans le rapprochement de l’orga-

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