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De la division du travail social, Ile partie, chap.Il

Le

seconde, plus importante encore peut-être, c’est l'accroissement de ce que l’auteur précité appelle « la densité morale de la société », c’est-à-dire le degré de cohésion de ses membres. Les facteurs qui amènent cette plus grande cohésion, ce sont : la concentration des individus, qui de nomades deviennent sédentaires ; la formation et l’extension des villes ; enfin le développement des voies de communication. Dans toutes ces causes qui amènent la différenciation des fonctions entre membres d’une même société, rien qui ressemble à un inlérêt économique des individus, compris et cherché par eux. Quoi d'étonnant dès lors, si, ce qu'ils n’ont pas poursuivi, ils ne l’obtiennent pas ? Car ce serait une singulière erreur de croire, selon les marxistes, que la division du travail ait servi en quoi que ce soit les intérêts des travailleurs. Au contraire, elle a rendu leur existence de plus en plus précaire. En s’étendant, la différenciation des fonctions a réduit au minimum, malgré les affirmations gratuites des optimistes, les . fonctions indifférenciées. L’atelier a tué la vie de famille ; les progrès du capitalisme ont réduit à la misère l'ouvrier. Suivant la fameuse « loi d’airain » imaginée par Lassalle, joique les marxisles avaient admise d’abord, qu’ils ont rejetée ensuite pour complaire à leur maître, brouillé avecson inventeur, mais loi qui fait logiquement corps avec leur doctrine, le salaire de l’ouvrier tend nécessairement à tomber au chiffre strictement indispensable pour empêcher cet ouvrier de mourir de faim : car, dès qu’il dépasse ce chiffre, il y a surproduclion d'hommes, et, les travailleurs se trouvant en excès, la concurrence entre eux ramène le salaire au niveau fatal. Aussi, dit-on, malgré tous les progrès réalisés par l’industrie, la condition de l’ouvrier ne s’est-elle pas améliorée. Il faut même certainement reconnaître qu’elle a empiré. Sans doule, le travailleur ne vit pas plus mal, absolument parlant, aujourd’hui qu'il y à un siècle. Il ne faut pas dire non plus, que, absolument parlant, il vit mieux : car, s’il a de meilleurs, aliments et un linge plus fin, c'est simplement parce que le « minimum, de vie », les exigences minimæ de. la vie se sont élevées depuis: un siècle,

et il ne jouit pas plus aujourd’hui de ce qu’il a, que son bisaïeul ne jouissait il y a un siècle de ce qu’il pouvait posséder ; Îles salisfactions sont restées égales, voilà tout. Mais, relativement parlant, c’est-à-dire comparativement au patron, et surtout au rentier, la siluation de l'ouvrier est devenue bien plus mauvaise que jadis. Sans invoquer des chiffres (on en trouve toujours dans les deux sens), n’est-il pas évident, toujours, bien entendu, d’après les marxistes, qu’un abîme s’est creusé entre l'employeur et l'employé? Avec la petite industrie de jadis, le maître travaillait au milieu de ses compagnons et de ses apprentis, qui souvent logeaient sous son toit, Avec la grande industrie d’aujourd’hui, qu'y a-t-il de commun entre un ouvrier minier et son directeur, et surtout entre lui et l’actionnaire qui touche chaque année une partie du fruit de ses labeurs? Loin d’aller en se comblant, le fossé qui sépare le riche du pauvre s’élargit et s'approfondit chaque jour. Les inégalités sociales paraissent d’aulant plus criantes que les inégalités politiques sont tombées. On se demande s’il ne faudra pas bientôt faire, contre ceux qui opérèrent la Révolution de 1789, contre l’ancien Tiers- État, une Révolution plus sanglante et plus décisive encore. Et cependant la société continue sa marche, portant chaque jour plus loin la division du travail entre ses membres, sans souci des maux qu’elle engendre et des ruines qu’elle accumule, poussée qu'elle est par la vitesse acquise et par la nécessité d’obéir aux lois inflexibles que sa nature lui impose.

Telles sont les deux doctrines. Leur débat est sans doute le plus grand qu’ait vu ce siècle. C'est certainement le plus redoutable, puisque de sa solution peuvent dépendre, à la lettre, la vie, la mort ou la transformation de nos sociétés.

Malgré le caractère exclusivement scientifique que nous voulons maintenir à notre étude, malgré notre intention bien arrê— tée de ne point transformer cette esquisse de sociologie en un livre de politique ou d’art social, nous n’avons pas pu ne pas poser la question, tant elle se relie naturellement à la conception qu'il faut se faire de la physiologie de la société; puisque son point de départ est la divergence de deux doctrines, l’une

-qui réduit la vie de l’ensemble à la vie des éléments, l’autre qui croit à une subordination totale des existences individuelles à l'existence collective. Et nous ne pouvons pas non plus, par là même, nous refuser à indiquer, au moins sommairement, la solution qu'il convient, selon nous, de donner à ce grand problème.

Il y a du vrai dans les deux thèses opposées, cela nous semble indiscutable. Mais il faut le bien entendre. Hegel nous a donné l'exemple du procédé de conciliation à employer. Admettre à la fois la thèse et l’antithèse, en reconnaissant que chacune exprime parfaitement une des faces de la réalité, mais reconnaître aussi que chacune de ces faces est incomplète sans l’autre, et qu'il faut les accolér pour avoir la synthèse, telle est la méthode qu'il nous a léguée. Il a seulement eu le tort de croire que celte conciliation des contraires ne peut se faire que dans l'absolu, c’est-à-dire dans un domaine pratiquement inaccessible à l’effort humain. En réalilé, cet accord se réalise chaque jour dans la vie même : la vie n’est pas autre chose qu’une perpétuelle conciliation des contraires, une synthèse qui se fait sans cesse entre des éléments et des impulsions contradictoires. C'est ce que nous semble avoir compris M. Alfred Fouillée, qui a perfectionné, sur ce point, la dialectique hégélienne. Le duel de la thèse et de l’antithèse n'est plus, avec lui, un combat purement logique, un simple contraste d'idées, c’est un duel réel, c’est une lutte de forces: chaque idée étant active et vivante, et tendant à modeler le monde à son image. La synthèse dès lors n’est plus quelque chose de « divin », qu’il faut attendre de la Providence Inconsciente ou du développement à la fois libre et fatal de l’Idée; cette synthèse, c'est nous-mêmes qui sommes appelés à la faire, par notre activité personnelle, en harmonisant par l'emploi de notre raison et de notre volonté les forces opposées.

Teile est, croyons-nous, la méthode synthétique de M. Fouillée, et nous en acceptons pleinement le principe. Seulement, l'application qu’il en a faite dans son étude, d’ailleurs remarquable, sur la Science Sociale contemporaine, ne nous paraît

par exempte d’imperfection. M. Fouillée estime que les deux théories principales qui s’opposent en sociologie sont celles du contrat social et de l'organisme social, et il propose de les concilier par l’idée de « l'organisme contractuel ». Il identifie la ‘théorie mdividualiste avec celle du contrat social, et la théorie socialiste avec celle de l’organisme social. — A vrai dire, une seule de ces deux assimilations est exacte, la première. En effet, quelque effort que fassent les individualistes pour ne pas paraître entichés de l’utopie de Jean-Jacques Rousseau, c'est toujours à la théorie contractuelle de l'Etat qu'ils sont obligés de revenir. Suivant eux, les attributions de l’Etat doivent être réduites au minimum ; il ne peut utilement être chargé que des fonctions que l'individu ou FPassociation libre ne sauraient accomplir. Mais sur quoi appuie-t-on cette proposition ? Sur celte idée que l'individu doit être présumé n'avoir abandonné à la société, en échange de la sécurité garantie par celle-ci, que le minimun de ses droits : c’est là la réponse uniforme de tous les individualistes. N’est-il pas évident qu’elle suppose l'existence d’un contrat, tacite si l’on veut, mais enfin toujours réel, entre chaque individu et le corps social ? Il est donc vrai que la théorie individualiste et la théorie contractuelle (dont aucun partisan ne parle plus de contrat exprès), sont une seule et même chose. — Mais il est inexact d’assimiler la théorie socialiste à la théorie organique. Pour le socialisme marxiste, qui est la plus rigoureuse, et peut-être la seule rigoureuse de toutes les théories socialistes, l'Etat n’est pas un organisme dont les individus seraient les cellules, mais une machine dont ils seraient les rouages. Son développement fatal n’est pas comparable à l'évolution des corps vivants, dont le fonctionnement présente toujours une latitude plus ou moins grande, très grande même pour le jeu de certains organes, mais à la marche à peu près uniforme des astres, ou peut-être plus exactement encore à celle des mécanismes pres que automatiques que l’industrie moderne a multipliés. Le caractère de nécessité absolue qu’on reconnait aux lois sociales ne saurait s'expliquer autrement. — Or, ces deux points de vue sont vrais chacun en un certain sens. Il y a une part de liberté,

de raison, d’activité intelligente et contractuelle dans la société. Il y a aussi une part de fatalité. Ces deux éléments sont constamment en lutte, c’est-à-dire qu’ils sont constamment (comme deux corps d'armée qui s’attaquent) distincts et mêlés à la fois. Si l’on s’attache uniquement à l’activité libre, on construira une théorie contractuelle de la société. Si l’on est porté à ne voir que le fonctionnement fatal, on aboutira à une théorie du mécanisme social. Mais que, au lieu de les considérer isolément, on les envisage simultanément, on verra que le résultat de leur lutte est d'imprimer à la société la forme organique. L’organisme, en effet, est la vraie synthèse du mécanisme et du contrat. Son développement n'est pas arbitraire, comme le serait celui d’un être totalement libre ; mais il n’est pas non plus fatal, il est spontané. Comme l'être inorganique, l’organisme a des lois ; seulement ces lois sont le produit de l'activité interne de ses éléments, et d’une sorte d'accord, de consensus entre ces aclivilés, consensus qui n’est pas pleinement conscient ni volontaire, mais qu’on ne peut pourtant considérer comme s'établissant sans un rudiment de conscience et de volonté. Le conflit de la‘liberté et de la fatalité a précisément donné à la société cette constitution ; et c’est pourquoi nous pouvons et devons dire qu’elle est construite comme un organisme.

Si l’on part de ce point de vue, l’antinomie qui existait entre le principe de l’individualisme et celui du socialisme disparaît. La société et l'individu sont aussi réels lun que l’autre ; et leur opposition apparente se transforme en un lien indissoluble. Car, dans un organisme, le tout n’existe pas sans les parties, ni les parties sans le tout. La vie de l’ensemble résulte de celle de chacun des éléments composants, et la vie de ceux-ci, à son tour, résulle de celle de l'ensemble. En biologie, tout le monde admet que l'être total est à la fois, en un certain sens, la simple somme de ses cellules, et en un autre sens un être nouveau et distinct; et tout le monde comprend que ces deux concéptions ne peuvent être exclusives l’une de l’autre, mais doivent être au contraire incessamment associées. Maintenant, si la société est un organisme, les mêmes principes vont s'appliquer à elle. Elie

aussi est, en un sens, une simple somme d'indivi lus, et, en un autre sens, un être distinct et supérieur à eux. Comment cela ? c’est que d’un côté il n’y aen elle que.des êtres humains sentant et voulant, mais que d’autre part cependant leur accord se fait généralement sans sentiment ni volonté expresse, et que l’individualité nouvelle qui en résulte, dépassant singulièrement les êtres qui la composent, les modèle suivant ses propres lois, : les transforme, et leur survit. Il y a sans doute quelque chose de contradictoire daus ces deux propositions, mais c’est justement le propre de la vie de synthétiser les thèses opposées. En un mot donc, les éléments sociaux et le tout social ne sont que deux aspects d'une même réalité, et chacun de ces aspects est incomplet sans l’autre. Le lécislateur, telle est la conclusion pratique qui découle de notre théorie, ne peut faire une réforme destinée à assurer le bien-être des individus (c’est-à-dire, en général, d’une certaine classe d’individus) sans avoir müûrement pesé au préalable les conséquences qui en découleront pour la cohésion de la société, pour la vie de l'être total; et il ne peut prendre une mesure destinée à fortifier l'être total (en développant tel ou tel de ses rouages), sans avoir songé aux répercussions que cette mesure produira sur le sort de chacune des espèces d'éléments composants qui entrent dans la société. Le même point de vue nous explique le phénomène, constaté

- tout à l'heure, de la coexistence, en un même individu, de propriétés communes à tous les éléments sociaux et de propriélés différentielles. Car ce phénomène se présente aussi dans l’organisme, et là d’une manière très frappante et très claire. Dans l'être vivant, chaque cellule a un rôle spécial : l’une sert à telle fonction nulrilive, l’autre à telle fonction sensorielle, etc., c’està-dire que chaque cellule assume, dans la vie de l’ensemble, un rôle nutritif ou sensoriel déterminé. Mais, en outre, chacune garde pour elle-même un certain nombre de fonctions élémentaires, qui ne font l'objet d'aucune différenciation et que tous les éléments exercent individuellement. Chacune absorbe des aliments, a un rudiment de sensibilité et de motilité spontanée, se reproduit par division. Ces fonctions individuelles de la cel-

lule sont parfaitement distinctes de celles qu’elle remplit pour le compte de l'organisme entier, à tel point qu'elles sont parfois tout l'opposé. Ainsi un globule sanguin est destiné à nourrir des cellules appartenant à d’autres tissus, en leur cédant son oxygène; mais d'autre part il se nourrit pour lui-même. Socialement, c’est-à-dire au point de vue de l'être total, il est destiné à être absorbé ; mais individuellement, il est au contraire « absorbant ». De même, la fonction reproductrice est exercée très différemment par la cellule et par l’ensemble: pour l’ensemble, le rôle reproducteur est joué seulement par les cellulesmères des spermalozoïdes ou de l’ovule, car elles seules donnent naissance au germe qui continuera l'être total ; mais, individuellement, chaque cellule de l'organisme peut se reproduire en se divisant. Dira-t-on que chaque cellule contribue aussi à la reproduction de l’ensemble? C’est une idée qui tend à se répandre aujourd'hui : on admet volontiers que chaque cellule du corps parent transmet quelque chose d’elle-même — soit un élément matériel, soit un mode spécial de mouvement — à l’être engendré, ce qui expliquerait que les moindres particularités d’un être puissent passer à sa postérité. Mais, en fut-il ainsi, celte façon pour chaque cellule de collaborer à la reproduction générale resterait encore très distincte de son mode de reproduction propre et locale, le bourgeonnement ou la scissiparité. Concluons donc que la vie de la cellule se marque par deux sortes d’actions différentes : celles qu’elle accomplit pour elle-même, celles qu’elle accomplit pour tout l'organisme ; sans ‘oublier que les premières sont aussi conditionnées que les secondes par le « milieu interne » ambiant, par la vie de toutes Ies autres cellules. L'exemple de l’organisme nous fait ainsi saisir d’une manière frappante en quel sens il y a indépendance, en quel sens il y a interdépendance des éléments d’un même corps, et ce qui est vrai du corps vivant l’est aussi du corps social. Ce n’est pas d’ailleurs le seul point sur lequel la théorie organique de la société aide à comprendre le rapport existant entre la vie individuelle et la vie générale au sein de l'Etat. En voici plusieurs autres, non moins essentiels,

La possibilité pour le corps total de survivre à ses éléments est une des caractéristiques qui, d’après M. Spencer, rapprochent la société de l’organisme. Ce trait en effet.est frappant. Tous les individus d’une nation peuvent périr (pourvu que ce ne soit pas simultanément) sans que l’ensemble meure. Comment s'expliquer cela avec les théories contractuelle ou mécanique? Une machine s'arrête dès qu’un de ses ressorts est brisé. Un contrat, du moins un contrat d’association, se trouve en principe rompu par la mort d’un seul des co-contraclants. Puisque l’Etat survit, au contraire, à la disparition d’un — ou même d’un grand nombre — de ses membres, c’est qu'il n’est ni une machine, ni le résultat d’un contrat. t)u’est-il donc? un organisme. Car l'organisme présente exactement le même phénomène. Il n’est pas anéanti par la destruction d’une de ses parties, sauf s’il s’agit d’un élément de première importance, cerveau, cœur ou poumon; au contraire, 1l sait d'ordinaire régénérer le membre perdu. Nous avons déjà vu que cette faculté de régénération est même très grande dans les organismes inférieurs et dans les sociétés les moins élevées. — Et cela tient à un autre caraclère, lequel est lui aussi commun au corps vivant et au corps social. Un rouage d’une machine vient-il à faire défaut? aucun autre rouage préexistant ne le remplacera : il faudra substituer au défaillant une partie nouvelle. Un associé d’une maison de commerce, chargé par le pacte social d’une fonction importante, s'en sépare-t-il? on doit modifier le pacte pour inveslir un autre associé du même rôle. Au contraire, dans la société humaine, dans la nation, dès qu’un individu disparaît, un autre prend sa place sans qu’il soit besoin de toucher à la constitution même de la société. Le jeu naturel des lois sociales produit ce résultat. Mais c’est exactement aussi ce que nous voyons se passer dans l'organisme, où la prolifération des cellules restantes donne un successeur à la partie supprimée, à moins qu'elles-mêmes ne puissent se charger de la suppléer. Voilà donc un trait caractéristique de la vie sociale qu’explique la théorie organique, et qu'elle peut seule expliquer.

Il en est peut-être d’autres encore. Nous n'’invoquerons pas

dci le consensus des faits sociaux et sa similitude avec le consensus des faits organiques. Car on pourrait nous dire qu'un semblable accord s’expliquerait, plus complètement encore, par un contrat; ou, s’il n’exige pas réflexion et volonté Jibre, qu'il peut alors s’expliquer par les simples lois du mécanisme. Mais ce que nous mettrons en lumière, c’est le fait singulier que ce consensus coexiste dans la société avec un ‘phénomène tout contraire : car il n’y a pas seulement accord des parties du corps social, il y a aussi, en même temps, lutte .de ces parties entre elles. Il ne s’agit plus ici des luttes entre groupements d'individus, sur lesquelles nous nous sommes expliqué précédemment ; il s’agit de luttes entre individus. appartenant à un même groupement. C’est un fait bien connu -que les membres d’une corporation mettent à peu près autant d’ardeur à se faire concurrence qu'à se réunir contre l'ennemi commun. « Les médecins », a dit l'un d’entre eux, «se traitent J'un l’autre d'empiriques devant le public ; mais ils s'associent pour donner la chasse à l’empirique qui n’est pas diplômé, et parfois ils se liguent contre le public lui-même ». Ce fait n’est pas propre au groupement corporatif, à celui que nous avons nommé physiologique. On le trouvait déjà dans les groupements plus anciens. Les membres d’une famille sont parfois en querelle incessante, et pourtant en public chacun tâche de mettre en évidence lès mérites de ses proches. De même, « dans le sein d’un conseil général, les diverses parties d’un département luttent entre elles pour obtenir, soit des diminutions de charges, soit des augmentations d'allocations ; tandis que tous s’allient au sein du Parlement central (1) ». Le même phénomène se rencontre encore dans les groupements plus récents que le groupement corporatif, dans les « tissus sociaux » des différentes espèces. Les ouvriers d’un même genre d'aptitude se disputent le travail, mais tous forment front au besoin contre le patronat. Les membres d’une. aristocratie sont souvent absorbé: par des querelles de préséance, mais ils s'unissent pour accabler de leurs dédains quiconque n’est pas de noble extraction.

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