Voir chap.Ill
mes pas réduits à comparer les sociétés humaines aux seuls protozvaires. Non-seulement nous avons pu constater chez les sociélés une reproduction par fusion, mais nous pouvons même découvrir dans leur union une sexualité véritable. En effet, si les deux sociétés qui entrent en contact présentent une sensible différence d'organisation (comme c’estle cas ordinaire), elles joueront forcément, dans la production de l'être nouveau qui résultera de leur concours, des rôles différents. Si cette fusion s'opère à la suite d’une conquête, ce qui est l'hypothèse la plus fréquente, nous dirions volontiers que c’est la société soumise qui joue le rôle féminin. Car c’est elle qui est pénétrée par l'élément étranger, et vivifiée par lui, exactement comme l'ovule par le spermatozoïle. D'ailleurs, quand s’opèrent des unions entre vainqueurs et vaincus, n’esl-il pas remarquable que le mâle soit issu d'ordinaire de la société conquérante, et la femme de la sociélé conquise ? « Dans le croisement entre races humaines inégales » écrit M. de Quatrefages (1), « le père appartient à peu près toujours à la race supérieure. Partout, surtoui dans des amours passagères, la femme répugne à descendre ; l’homme est moins délicat ». Aux Antilles, où le mélange des sangs s'opère sans cesse, accompagné ici d'une vraie fusion des sociétés qui produit une civilisation originale, ce phénomène s’observe constamment. La raison en est simple : dans ces régions, la race détermine la situation sociale ; aussi la femme, qui tend toujours à s'élever, cherche-t-elle à s’unir à l’homme d’une race plus haute que la sienne propre. « La femme négresse ou indienne » dit le même anthropologiste (2) « se croise aisément avec le blanc. La métisse, issue de ces unions, fière du sang de son père, croirait déchoir en se livrant à un individu de race colorée et réserve tou'es ses faveurs à ceux dont le croisement l’a rapprochée. La lierceronne, la quarteronne, raisonnent et agissent de même. Cest toujours à de plus blancs qu’elles, et par dessus tout au