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Die sociologische Slaatsidee, N° partie

leur attribuer une valeur caractéristique absolue. Et surtout, ce qu’il faut remarquer, c’est que, chez tous les peuples supérieurs, ces types se mêlent en une unique société. Ainsi l'empire perse et l'empire romain renfermaient et les Etats de l’Europe moderne renferment à la fois des agriculteurs, des pasteurs, et des commerçants, sans compter ies guerriers. C'est qu’en effet le développement de la civilisation exige le concours de toutes es formes d’activités. Peut-être, il est vrai, pourrait-on chercher quelle est celle qui domine chez les sociétés supérieures, et ainsi continuer à appliquer le même principe de classification. : Mais il est certain que cetle recherche rencontrerait les plus grandes difficultés : vu l’intrication des divers actes et travaux nécessaires à la production des richesses, il nous semble presque impossible de définir lequel est le plus nécessaire, et partant le plus caractéristique. La classification économique des sociétés est donc bien loin d’être faite.

Si les phénomènes de nutrition nous ont paru plus près que tous autres d'être les phénomènes déterminants, caractéristiques des types sociaux, nous avons déjà vu que cela n’est pas admis universellement. Les opinions qui attribuent cette prédominance aux faits intellectuels ou politiques ont été plus haut examinées et repoussées. Mais reste à signalerune doctrine origi-. ginale, suivant laquelle l’ordre de faits dominateurs ne serait pas le même pour tous les peuples, mais varierait avec chacun d'eux. Ne pourrait-on pas dire, par exemple: tel peuple vit surtout de la vie nutritive, d’une existence toute végétative (comme les organismes inférieurs); tel autre, au contraire, a une vie politique fort intense ; ou bien une vie religieuse, une vie artistique, une vie intellectuelle très haute ? [Il y a quelque chose de séduisant dans cette idée que nous avons parfois entendu soutenir. Au fond pourtant, elle n’est pas acceptable. De ce qu'un ordre de faits est surtout apparent dans une société, il n’en résulle pas qu’il y soit réellement prédominant. Nous l’avons vu en ce qui concerne la vie politique. Cela n'est pas moins vrai pour la vic religieuse ou esthétique : elle aussi est condilionnée par des nécessités d'existence économiques, el les « his-

toriens de la civilisation » quise bornent à décrire la religion ou l'art d’un peuple, comme si c’étaient ses principales institutions, oublient simplement cette fonction primordiale dont l'exercice permet le jeu de toutes les autres !

Pour trouver le caraclère dominateur, celui qui permettra

d’assigner à la société considérée sa vraie place dans la classification des organismes sociaux, on ne peut donc errer d’un ordre de faits à l’autre. Mais ne pourrait-on chercher à tenir compte de tous ces ordres à la fois? M. Herbert Spencer l’a essayé. Et il a dégagé, de l’ensemble des phénomènes sociaux, un critérium général permettant de classer les sociétés en deux grands groupes. Ce critériumest celui qui résulte de la distinction entre le type industriel et le type militaire (1). Cette distinction se rattache à des considérations d'anatomie et d’embryologie sociales : les sociétés industrielles sont celles où la prédominance appartient à l'appareil nutritif, issu de l’endoderme ; les sociétés militaires sont celles où elle revient à l’ appareil de est à issu de l’exoderme. Elle donne, d’après son auteur, la clef de toutes les différences relevées entre les sociétés quant à leur fonctionnement : car elle peut se poursuivre dans tous les ordres de faits simultanément. Economiquement, les sociétés industrielles vivent de leur propre travail ; les sociétés militaires, de la rapine et du pillage qu’elles font des produits du travail d’autrui. Intellectuellement, les sociétés industrielles sont celles où fleurissent les sciences, les arts de la paix, les sentiments d'équité et de bienveillance ; les membres des sociétés militaires, à l’inverse, n'ont d'autre culte que,celui de la force, d’autres arts que ceux de la conquête. Politiquement, les sociétés industrielles sont démocratiques, égalitaires, les sociélés militaires sont despotiquement organisées. Enfin, cette distinction marque. son empreintedans la vie juridique des peuples : cela est tout naturel d'ailleurs, puisque les faits juridiques, comme nous venons de le voir, vu tout récemment, sont simplement «un aspect » de tous

les autres. Juridiquement donc, les sociétés militaires sont sou-

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