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II. — Sociologie abstraite et comparée

À, — Anatomie sociale comparée : Le milieu. La race. La population : son chiffre et ses divisions.

B. — Physiologie sociale comparée : L'organisation et l’évolution économique, familiale, religieuse, artistique, morale, scientifique, juridique, politique.

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modèle. Quelle est la méthode fondamentale des sciences naturelles? L'observation. C’est à elle aussi qu’il faut essentiellement recourir en science sociale. Qu'on ne s’y trompe pas : la déduction est bien la méthode de la morale appliquée, du droit, de

l’économique et de la politique pratiques; mais c'est que toutes celles-ci constituent, non pas des sciences étudiant ce qui est, mais des arts cherchant à organiser ce qui doit être. Quant à la science, quant à l'étude du réel, son premier moyen d'investigation ne peut évidemment être autre que l'observation. Cette observation devrait être pratiquée sur la plus large échelle. Sans sortir de nos contrées, les recherches des bureaux de stalistique, les enquêtes de l'Office du Travail, les monographies de villes ou de familles, constituent pour le sociologue des documents extrêmement précieux qu’il faudrait encore mulliplier. Les récits de voyages dans les pays lointains, les descriptions des peuples barbares ou sauvages, lorsqu'ils sont faits avec quelque critique ou même simplement avec une sincère naïveté, fournissent aussi d'utiles données; et il serait fort à souhaiter que les expéditions scientifiques envoyées par les gouvernements européens dans des terres lointaines ne se bornassent pas à recueillir des faits météorologiques, géographiques ou biologiques, mais examinassent aussi d’un peu près la constitution et la vie sociale des peuples qu’elles traversent. Enfin, l’histoire du passé, aidée de l’archéologie, de l’épigraphie, de la numismatique, etc., et aussi la préhistoire, fondée sur l'étude des débris humains quaternairus et des restes de l’art et de l’industrie de nos précurseurs, offrent aux recherches du sociologue un champ illimité. Voilà pour l'observation directe ou indirecte, du passé et du présent, des sociétés au milieu desquelles nous vivons et des sociétés éloignées. Mais ce n’est pas tout. L’expérimentation peut aussi avoir sa place en sociologie. C’est ainsi que le législateur prend parfois des mesures temporaires destinées dans sa pensée à essayer un principe qu'il veut appliquer ensuite plus complètement si l'expérience réussit. Nous savons que, au point de vue de l'art social lui-même, ce procédé est excellent. Ce qui est certain, c’est qu’il fournit à la science sociale des données pré-

cieuses : les faits physiques obtenus par expérimentation ont de grands avantages sur ceux que ia simple observation fournit — l'avantage notamment d’être à la fois plus clairs et plus probants — et il est évident que, ce qui est vrai pour les faits physiques doit ici l’être également pour les faits sociaux. Il y a donc là une nouvelle sourcé d'informations, et des plus riches, pour le sociologue. Maintenant, les faits recueillis, comment les élaborer? Les procédés à employer sont les mêmes qu’en sciences naturelles : les principaux sont la classification, qui permet de former des types en réunissant les faits analogues ; l'induction qui érige en lois universelles les rapports de coexistence et de succession qui impliquent un lien causal ; la déduction, qui d’une loi une fois posée tire les conséquences nécessaires (1). Sans avoir à donner sur ces procédés, bien connus, de plus longues explications, nous pouvons conclure que la sociologie ne saurait faire mieux qu’emprunter à la biologie — en Paccommodant pour les détails à son objet propre — la méthode d'investigation qui a donné aux naturalistes de ce siècle de si brillants résultats. | Mais ce ne sont pas seulement des procédés de travail, des méthodes, que le sociologue peut emprunter utilement au biologiste. Il lui est permis aussi de se servir des résultats que ce dernier a établis, et cela de deux manières. D’abord il ya des faits sociaux qui peuvent s'expliquer par la biologie. Le point de départ des faits économiques et aussi des faits moraux se trouve dans le besoin qu’éprouve l’homme de satisfaire certains appétits inhérents à sa nature individuelle. La connaissance de la physiologie et de la psychologie de l'être humain, laquelle rentre dans la connaissance des faits biologiques, entendus lato

1. La déduction a sa place dans toutes les sciences, puisque les conséquences d’un principe vrai doivent être vraies. Mais il ne faut l'employer qu'avec une extrême réserve, en vérifiant toujours avec la plus grande attention l'exactitude du point de départ, et en recherchant si l'influence de causes différentes ne viendrait pas modifier ou cacher les effets de celle que l’on considère.

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