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Tome

lOü ORGAiSES REPRODUCTEURS.

admettant cette dernière hypothèse, le fait ii’a point encore été observé dans les détails.

ARTICLE X

Algues»

, De même que dans l’article précédent j’ai parlé, sens le nom collectif de champignons, de toutes les cryptogames de nature fongueuse, de même ici je réunirai sous le nom d’algues toutes les plantes cellulaires et aquatiques : je ne prétends point donner cette définition comme une classification rigouréuse; mais les discussions qu’entraînerait tout essai de vraie classification me mèneraient beaucoup au-delà des bornes de cet ouvrage, et le sens dans lequel je prends ici les algues, quoique très-vague, suffit pour mon but actuel. En considérant ces plantes d’une manière collective, sous le rapport delà fécondation, on voit que si elles en sont douées, elles doivent avoir leurs appareils fécondateurs organisés d’une manière particulière -, ou bien il faut que leur pollen, ou tout au-moins leur fo villa, puisse parvenir aux ovules au travers de l’eau : c’est peut-être ce qui a lieu dans les cbaracées ; ou bien que la matière fécondante soit renfermée dans les mêmes cavités que les ovules, ou versée dans ces cavités par des canaux particuliers , ce qui, peut-être, est le cas des thalassiophytes et des conferves; et même, en admettant que plusieurs groupes d’algues sont doués d’organes fructificateurs diversement conformés, il en est d’autres dans lesquels la plus scrupuleuse investigation n’a pu faire découvrir aucun vestige d’organes sexuels, et qui ne paraissent se reproduire que par simple division : tels sont les batrachospermées et les diatomées.

ORGANES REPRODUCTEURS. lG5

Nous allons passer en revue ces divers groupes, sans prétendre, nous le répétons, donner ici une classification méthodique des algues.

Ceux qui désireront étudier ce sujet avec plus de détail, consulteront avec fruit les ouvrages de Muller, de Hedwig, et surtout ceux de Vauclier, de Bory-Saint-Vincent, d’Agardh, de Lymgbye et de Fries.

§ Characees.

Les characées, quoique composées du seul genre chara^ présentent une organisation si remarquable, qu’on ne peut encore affirmer quelle est leur véritable place dans l’ordre naturel. J’ai parlé ailleurs ( Liv. IÏ,Chap. IV, art. 6) de la structure de leur tige ; il me reste à faire connaître celle de leurs fleurs et de leurs fruits. Schmiedel (i), Hedwig (2), Martius (3) et Vaucher (4) les ont bien fait connaître, et, quoique différant d’opinion en quelques points, ils s’écartent fort peu les uns des autres sur les faits.

Sur le côté le plus intérieur des rameaux verticillés des cliara, on voit naître à chaque nœud deux petits corps qui paraissent être les organes sexuels j.l’un de ces corps, situé un peu au-dessous et latéralement, paraît l’appareil mâle, car il disparaît de bonne heure; l’autre, entouré à sa base de trois à quatre petits rameaux, paraît l’organe femelle, car il persiste assez long-temps après l’autre, et ‘reproduit un nouvel individu.

(1) Schmiedel icon. et anal. part. 1 , p. 53, t. 14.

(2) Theor. gener. cmend. , p. 208, pl. 34 et 35.

(3) Uber den bau und die nalur der charen. acad. wiss. zii mün chore 3 81 5. mit kupf. 2.

(4) Mém. sur les charagnes dans les mém. de la soc. de Genève, vol. I (1821), p. 170, avec i pl.

164 obgAiNbs reproducteurs.

L’appareil ipâle ou Tanlhère est un disque rouge , réticulé, bordé d’une membrane blanche, transparente, formée de cellules dont les cloisons sont distinctes. Lorsqu’on coupe ce corps en travers, on le voit rempli : i.® de filets cloisonnés et transparens, que Vaucher considère comme analogues aux corps adducteurs des mousses-, 2.® de corpuscules ovoïdes remplis de la matière rouge qui coloré le disque : cette matière en sort lorsqu’on presse la membrane qui la contient et s’étend sur l’eau. Hedwig et Vaucher considèrent ces corps comme les grains du pollen, et la matière qu’ils renferment comme \difovilla.

Les objections faites contre cette opinion, sont : i .® qu’on n’a point encore vu l’anthère s’ouvrir pour donner passage aux globules ; mais Hedwig répond que cette sortie, ou dumoins celle de la fovilla, peut avoir lieu par des pores imperceptibles-, 2.® que celte fleuraison ayant lieu dans l’eau, on ne conçoit pas comment la fovilla arrive à l’organe femelle: mais M. Vaucher explique cette anomalie par la nature de cette fovilla , qui est résineuse et non miscible à l’eau.

D’autres ont pensé : les uns, que cet appareil ou disque rouge était une espèce de vessie natatoire; les autres , qu’elle est un appareil renfermant un genre particulier de semences; mais la fugacité de cet organe, son apparition au moment où l’autre appareil se développe, ont engagé presque tous les naturalistes à regarder le disque rouge comme une véritable anthère, dans laquelle il resterait à découvrir la manière dont la fovilla peut s’échapper.

L’appareil femelle se composé : i.® de trois a quatre rameaux très-courts qui l’entourent à sa base et lui forment comme une espèce d’involucre; 2.® d’un corps ovoïde

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marqué de cinq à six stries disposées en spirales régitiiére.-^, renfermant un noyau vert et opaque, et surmonté de cinq à six lobes , dont chacun est situé au sommet d’une des stries. M. Vaucher considère ces lobes comme des stigmates. Hedwig les regarde comme les prolongemens d’un calice adhérent, et dit avoir remarqué vers leur centre un point saillant, qu’il considère comme le vrai stigmate. Cette dernière opinion me paraît plus vraisemblable , en ce quelle s’accorde, d’un côté avec la position des stries, de l’autre avec l’unité du noyau central.

Celui-ci est rempli d’une multitude de petits globules de grandeur différente, qu’Hedwig et Martius considèrent comme des spores ou des graines, mais que Vaucher nie être des graines, sans rien affirmer sur leur nature.

Cet observateur a vu et m’a fait voir que, lorsqu’on met dans l’eau l’appareil entier que nous venons de décrire, il s’ouvre à son sommet en cinq dents, et qu’il en sort un filet cylindrique qui est la tige d’un nouvel individu , et de la base duquel se prolonge une radicule entourée de petites fibrilles radicales (5); il n’est donc pas douteux que le noyau central de cet appareil ne soit un corps reproducteur. Mais est-ce un fruit monosperme, comme Vaucher semble le croire? est-ce un fruit qui renfermerait plusieurs graines, dont unq^ seulement se développerait à la germination? C’est ce qui reste à éclaircir par de nouvelles observations.

§ 2. Thalassiophytes.

Je désigne , avec Lamouroux, sous le nom de tbalassiopbytes toutes les algues marines décrites sous les noms de

de la soc. de Genève, p. 17^, pl. i, i — d.

O il G A N £ s R lî P R O D ü G T E U K S.

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