‹ Organographie vegetaleChapitre 12 sur 62 · GG · texte numérisé non relu

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fucus, de ceramiurri et (S^ulva, et qui sont habitantes delà mer. Pour faire comprendre leur système reproducteur, je prendrai quelques exemples choisis dans divers groupes.

Le fucus vesiculosus (i) présente, à l’extrémité de ses ramifications, des espèces de renflemens ovoïdes; ce ne sont point des tubercules saillans, mais de simples dilatations du tissu : la superficie de cette partie ainsi dilatée, offre des espèces de pores ronds, disposés avec quelque régularité. Lorsqu’à l’époque de la fructification on coupe cette partie dilatée de la fronde, on voit quelle est formée à l’intérieur d’un tissu cellulaire très-gonflé par un mucus aqueux fort abondant, et d’une consistance différente du suc du reste de la plante. Sous chacun des pores de la surface, on trouve une masse arrondie (2) qui semble formée de filets cloisonnés , transparens (3) et entrecroisés les uns dans les autres , comme une espèce de feutre grossier : ces masses, vues à l’œil simple, ne ressemblent pas / mal, en miniature, à la coque hérissée d’une châtaigne. Si on les coupe en travers , on trouve dans leur intérieur un grand nombre de corps ovoïdes (4), membraneux, qui, à la maturité, paraissent isolés du reste du tissu, et destinés à sortir d’eux-mêmes hors de la coque par les pores de la surface. Ces corps ovoïdes , placés sous le microscope , paraissent ponctués, et cette apparence est due à ce qu’ils renferment un grand nombre de petits globules; plusieurs fois , en observant cette plante fraîche (5) sous le micros-

(1) Siacldi. ner brit. , pl. 2 , 6. Lyiigb. liycîr. dan. . pl. i, f. i.

(2) Voy. pl. 2 , f. 5. e.

(3) ibiiL , i‘. r>. /.

(4) IbuL , f. 5. .

(5} Ibul , f. 5. h, {.

ORGANES REPRODL CTEURS. 1G7

€ope, j’ai vu ces sporanges s’ouvrir par une île leurs extrémités : il en sort un mucus visqueux plus pesant que l’eau, qui tombe au fond du porte-objet, et entraîne avec lui les grains qui y sont noyés , et qui, à cause de leur opacité, étaient visibles dans le sporange avant son ouverture. Il a été évident pour moi, dès i8o5, époque où j’ai présenté mes observations à l’Institut (6;, que ces grains étaient des spores ou des graines; et il me paraît hors de doute que les jeunes plantes de ce fucus, dontM. Martius a fait connaître le développement (7) , provenaient de ces grains, quoiqu’il ne les distingue pas clairement des sporanges ovoïdes qui les renferment.

Mais ces grains reproducteurs ont-ils été fécondés? Cette question est encore très-obscure. Réaumur a- pris pour les étamines des fucus certains filets (8) cloisonnés, diaphanes, qui naissent par petites houpes sur les fucus serratus f vesiculosus , etc.; mais ces filets me paraissent de simples productions analogues à des poils; en effet, i.®leur texture n’annonce rien qui rappelle la structure d’une anthère, et l’on n’y aperçoit ni pollen ni fovilla; 2.° on ne les trouve que sur un petit nombre d’espèces , et 3 .0 dans celles même qui en sont douées, ils sont épars sur la surface presqu’enlière et durent pendant toute l’année, deux cir-

(6) Ce mémoire n’a jamais été imprimé, parce que j’avais toujours espéré le compléter, en allant de nouveau séjourner quelques mois sur les côtes de l’Océan ; mais j’en ai inséré quelques résultats très-abrégés dans les descriptions de la Flore française, et l’Inslilut avait ordonné son impression dans les mémoires des savans étrangers.

(j) De Fuci vcsicidosi ortu. i8î5, pi- i, f. 1 — 10. id) Voy. pl. Go, f. 5. cL

OI\GA^ES r.tPllODUCTliURS.

consiaiiccü i|ui ne sont pas coinpaiibles avec l’idée de les considérer comme des étamines. Corréa a présenté (9) une opinion beaucoup plus vraisemblable, en admettant que la fécondation de ces plantes est opérée par le mucus visqueux qui entoure les masses hérissées; mais cette opinion est peut: être impossible à démontrer d’une manière directe.

Quoi qu’il en soit, tous les fuciis dont la fronde se dilate à l’époque delà fructification, rentrent avec de légères nuances dans la description que je viens de donner. La germination d’une autre des espèces de ce groupe , \e fucus canaliculatus ^ a été observée par Stackliouse (10), mais sans désigner formellement le corps dont il a vu le développement.

11 est un autre ordre de fucus dans lesquels il naît, à l’époque de la fructification , des tubercules latéraux : ces tubercules se percent à leur sommet par un pore arrondi, et j’ai vu, dans \q fucus confervoides observé frais, les sporanges sortir par jets intermittcns hors de ce pore; ces sporanges ne diffèrent nullement de ceux du ficus vesiculosiis 'y mais on ne trouve dans le tubercule où ils sont nichés rien qui rappelle ni les masses hérissées ni même le mucus visqueux dont j’ai parlé plus haut. C’est là ma principale objection contre la théorie de Corréa; et si l’on voulait absolument admettre un liquide fécondateur, il faudrait dire que c’est celui qui se trouve avec les spores dans les sporanges; car c’est le seul qu’on observe dans toutes les thalassiophytes. Le fucus pinnatifldus ne diffère

(9) Trans. Lin. soc. Loinl.

(10) Kereïs brit. app., pî. E. 11.® 4*

ORüAISES REPRODUCTEURS. 169

de ceux que je viens de mentionner qu’en ce que les sporanges sont pyriformes au-lieu d’être ovoïdes. La fructification des ceramium offre peu de différence d’avec celle des fucus à lubercuJes latéraux; mais je ne l’ai pas assez étudiée pour oser la décrire. Quant aux ulves marines, elles ne m’ont paru différer des fucus qu’en ce que leurs sporanges, qui sont ovoïdes et parfaitement semblables à ceux des fucus vesiculosus et confervoides ^ naissent par paquets dans le tissu de la fronde (n), et que celle-ci n’étant point percée, ils ne peuvent en sortir que par la destruction même du tissu : c’est ainsi que se forment les trous assez réguliers qu’on observe fréquemment dans les vieilles espèces à^ulva (12).

Il résulte de ces descriptions que toutes les thalassiopbytes présentent des spores enfermés dans un sporange membraneux ; qu’elles y sont noyées dans un liquide visqueux qui, à la maturité, les entraîne au fond de.l’eau, et sert probablement à les fixer aux rochers. A leur germination , ces spores se développent en formant une petite coupe plus ou moins régulière qui disparaît dans la plupart, mais qu’on retrouve, par exemple, dans le fucus (i3), à un âge avancé. Les sporanges sont réunis plusieurs ensemble ou nichés dans le tissu de la feuille, comme chez les ulva et chez certains fucus, ou dans des tubercules latéraux, comme dans les autres fucus et les ceramium; ils sortent, ou par la destruction du tissu ( ulva ) , ou par des pores réguliers et préparés d’avance ( fucus ).

(11) Lyngb. hydr. dan. , pl. 6 , f. A. 2.

(12) Gmcl. hist. fuc. , pl. 3i, 33.

(13) Lyngb. bydr, dan., pl. 12. A.

Dans toutes ces plantes, il arrive fréquemment que les spores germent dans les sporanges ou dans les cavités qui renferment les sporanges; et l’on distingue assez bien, même à la vue simple, ces développemens des thalassiopliytes vivipares (i4) comparés à leurs ramifications ordinaires.

. § 3. Conferves.

Les conferves, et je prends ici ce terme dans le sens sous lequel M. Vaucher l’a employé, habitent toutes dans l’eau douce. Malgré leurs ressemblances extérieures, elles présentent beaucoup de diversités dans leur reproduction. Je vais les indiquer rapidement, en prenant pour guide l’excellent ouvrage de M. Vaucher ([) , qui le premier a fait connaître les divers modes de la reproduction de ces êtres singuliers. Il est impossible de leur assigner de caractères généraux, et nous ne pouvons les décrire, qu’en suivant successivement les principales formes de ce groupe.

Les vauclieries (2), ou ectospermes de Vaucher,

('ijf) Lyngb hydr. dan. , pl. 3 , f. B.

(1) Histoire des conferves d’eau douce, i vol. in-4°. Genève, i8o3.

(2) IM, Vaucher avait primitivement ( Journ. de Physique , i8oî ) établi ses groupes, sans leur donner de nom : appelé aies mentionner comme genres, en 1802 (bull, pbilen. ) , j’ai donné le nom de vauclieriak celui dans lequel il avait, pour la première fois, découvert les graines. L’année suivante, M. Vaucher, en publiant son grand ouvrage, crut devoir, par modestie sans doute, désigner ce genre sous le nom d'ectospenna les auteurs subséquens ont tous conservé le nom primitif qui rappelle celui de l’inventeur. Quelques-uns (Nees act. nat. cur. 1823) ayant divisé le genre en deux, ont donné à l’un le nom de vauchenay à l’autre celui d'eciospenna.

offrent, a l’époque de leur fructification, des tubercules sessiîes pédicellés, tantôt solitaires, tantôt géminés , quelquefois réunis plusieurs ensemble sur un pédoncule. Ces corps se séparent naturellement de la plante, et M. Vaucher(3) les a vus germer : à celte époque, ils poussent ordinairement un filet vert, et semblable à la plante qui leur a donné naissance; plus rarement un autre filet naît au côté opposé. On ne voit point le corps s’ouvrir pour donner naissance à ces filets •, de sorte qu’on peut aussi bien les considérer comme des bulbilles que comme des graines. M. Vaucher a encore observé, dans la plupart des espèces de ce genre, de petites massues (4) ou de petits crochets (5) , desquels il a vu sortir une poussière fine et verdâtre : il les considère comme des organes males; mais il reconnaît qu’on ne peut avoir à ce sujet aucune preuve bien directe.

Les zygnèmes (6) , ou conjuguées de Vaucher (7) , présentent une organisation beaucoup plus compliquée ; à l’époque de leur fructification, leurs filets se rapprochent deux à deux : -il s’établit d’un filet à l’autre des

(3) Vauch. 1. c. , pî. 3 et 3 , f. 4 et 8.

(4) liicl. , pl. 3 , f. 10.

(5) lùid. , pi. 3 , f. 2 , 6, 7.

(G) J’avais, dans la Flore française , conservé à ce genre le nom de confewa, parce qu’il est le seul auquel ce nom , par son étymologie, soit applicable , et que le mot de conjugata étant adjectif , ne peut être un nom de genre ; d’atitres ont appliqué le nom de conferi^a a une partie des polyspermes de Vaucher : pour évilcr toute ambiguïté , je pense qu'il convient de laisser le nom de cunferves à la tribu , et de donner aux conjuguées le nom de zj'gnenia, proposé par M. Agardh.

{n) Hist. conf. , pl. 4 — 8.

espèces de tubercules creux, qui forment des passages transversaux. Une matière fine de couleur verte, disposée en étoile, en spirale, ou en masse, passe des cellules de l’un des filets dans celles de l’autre : on voit alors ou cette matière s’agglomérer dans chaque loge en globule, ou, ce qui est plus probable, un globule inaperçu auparavant, grossit à la suite de cette opération peut-être prolifique; ce globule se transforme en un corps ovoïde qui sort de la loge pnr la rupture de ses cloisons. Ce corps, observé avec soin par M. Vaucher (8), s’ouvre, à l’époque de la germination , en deux valves, et il en sort un filet déjà très-semblable à la plante qui lui a donné naissance. Au récit de ce phénomène remarquable, déjà observé par Muller (9) et Coquebert (10) dans quelques espèces, mais que M. Vaucher a étendu au genre entier et mieux anal^^sé; au récit, dis-je, de ce singulier phénomène, il est difficile de ne pas croire que ces corps reproducteurs sont de véritables graines , et que la naatière verte a joué le rôle de pollen; cet accouplement de deux filets est même si remarquable, que, bien qu’on n’ait pu observer encore dans ces êtres aucun mouvement, on serait facilement tenté de les placer dans le règne animal.

Les chantransies (i i),oupolyspermesde Vaucher (12) , présentent un troisième mode de fructification; les entre-

(8) Hist. conf. , pl. 4» 5; pl. 6, f. /j*

(9) Nov. act. pelropol. '1785 , part. 3.

(10) Bull, philoiu. , n.o 3o.

(11) Je prends ce mot dans le meme sens que je l’ai employé dans la Flore française , c’est-à-dire en considérant le conferva /liii'ialilis de Linné, comme type du genre.

( i >) IILt. conf. , pl. 10.

ÜÈCÀNES REPRODÜCTEUr.S. lyS

k iiceuds des ces conferves se renfleut légèrement à l’époque de la fructification; et par la destruction du tissu, il sort de I chacun d’eux une multitude de globules ovoïdes. M. Vau- I cher les a vu pousser ou par une de leurs extrémités, ou plus rarement par les deux (i3),un filet cloisonné semblable à la plante-mère; quelquefois cette sorte de germination s’opère sans que les globules sortent de leur loge; il et c’est ce qui me fait penser que les prolifères de Vaucher ne diffèrent pas essentiellement de ses polyspermes.

Ces trois modes de reproduction de conferves sont les seuls où l’on puisse reconnaître un appareil analogue à une véritable fructification. Dans les autres genres, on ne voit, ce me semble, qu’une simple division, mais qui se I présente sous des formes très-variées, et que je ne ferai qu’indiquer.

Ainsi, dans l’hydrodyction (i4)î chaque filet partiel, qui forme un des côtés des aréoles pentagones dont le sac entier se compose; chaque filet partiel, dis-je, se sépare, se renfle, et forme un sac semblable à celui dont il faisait partie, sans qu’on puisse y distinguer rien qui puisse être assimilé à une graine.

Dans les batrachospermes (i5), de petits bourgeons formés dès leur première apparition , comme les nœuds de la plante-mère , se détachent , se développent et reproduisent un nouvel individu d’une manière plus analogue à la reproduction par bulbille qu’à toute autre.

Dans les diatomes (i6) , le filet se rompt sans cesse en

(13) Vo3^ pl. 10, f. 3.

(14) Vauch. , Hist. conf, , pl. 9.

(15) Ibid. , pl. 1 1.

(16) Lyngb. hydr. dan. , pl. 61, 6?..

travers par des déhiscences rectilignes-, et chaque fragment, qui d’abord semblait simple, apparaît double ou multiple, et se sous-divise de même par des ruptures transversales.

Les oscillatoires de Vaucber (17) ne diffèrent peutêtre pas de ce mode de division ^ et comme elles offrent une sorte de mouvement qui paraît indépendant des causes externes, elles ont été placées par la plupart des naturalistes dans le règne animal. Nous touchons donc ici à la limite des deux règnes organisés, et nous n’y apercevons plus d’autre mode de reproduction qu’une simple division.

(17) Hist. conf. , pl. i5.

ORGANES ACCESSOIRES

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