‹ Organographie vegetaleChapitre 14 sur 62 · CHAPITRE r · texte numérisé non relu

CHAPITRE r

Des Piquans.

J E désigne ici sous le nom général de piquajis (arma) tous les organes ou parties d’organes qui dégénèrent en pointe dure et plus ou moins aiguë, et qui deviennent ainsi des espèces d’armes défensives pour les plantes qui en sont douées. On a coutume de distinguer parmi ces défenses végétales les épines et les aiguillons; mais cette distinction, comme je l’ai jadis fait remarquer (i), est moins facile qu’on ne l’avait cru d’abord. On a dit long-temps que les épines tenaient au bois et les aiguillons à l’écorce; mais, d’après cette définition, il aurait fallu admettre qu’il n’existait que l’un de ces organes dans les monocotylédones, où le bois et l’écorce ne peuvent se distinguer, et on aurait même été embarrassé de dire s’il appartenait aux épines ou aux aiguillons; dans les dicotylédones ellesmêmes on était bien incertain pour savoir à quelle classe on devait rapporter les piquans de plusieurs feuilles, et ceux qui naissent sur les organes de la fleur et du fruit.

Dans cet état de la science, j’ai fait remarquer que tous les organes des plantes étaient susceptibles de prendre à leur extrémité un dégré d’endurcissement quilles irans^ forme en piquans, et il a été facile de voir que ceux qui,

(i) DC, , Fl. fr. , éd. 3 , vol. I, p. n4.

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