Tome II
fères (46) , les capparîdées (47) , les fumariacées (48) , et quelques papaveracées (49) , que les bords des carpelles qui ne rentrent pas à l’intérieur ou qui n’y rentrent que par une lame très-mince, sont cependant tellement soudés ensemble , qu’ils ne peuvent se séparer à la maturité. Ces bords soudés joints aux placentas forment des espèces de nervures épaisses et consistantes *, la rupture, dans ce cas, s’opère d’un et d’autre côté, le long de cette nervure, toute la partie intermédiaire du carpelle se détache et reçoit le nom de valve ^ et le filet composé des deux placentas , soudés aux bords des carpelles , reçoit le nom de placenta intervalvulaire. Un phénomène analogue a lieu dans les orchidées.
3.° Il arrive dans quelques genres à placenta dit central , que les carpelles tendent à s’alonger après la fécondation au-delà du placenta, et qu’en même-temps les cloisons intérieures sont très-minces et faciles à rompre, tandis que les parties extérieures des carpelles sont fortement soudées ensemble et par leur base et par lei^r sommet ; dans ces circonstances compliquées, et dont la réunion est par-conséquent rare, la rupture s’opère transversalement ^ dans le milieu des carpelles: c’est ce qu’on nomme la déhiscence transversale (circumscissa) , ou en boîte à savonnette ^ dont le pourpier, le mouron , etc. (5o), offrent des exemples. On la retrouve dans les lécythidées (5i), avec une combinaison particulière.
(46) DC. , Mém. crue. , pl. 2.
(47) Gærlu. fr. i, t, 76. Cleome.
(43) Ibid. fr. 2 , t II 5. Capnoides.
(49) Ibid. , t. ii5. Chclidonium.
(50) Grci;v. Anat. , pl. 71, f. i, 2. Anagallis Gartn, fr. pl. 128.
(51) Turp. Dict. sc. nat. allas. Couroupila.
ORGANES REPRODUCTEURS. o5
4. *^ Parmi les genres à placenta central, dont la capsule s’alonge après la fécondation , et qui par là semble uniloculaire, au-moîns vers le sommet, il arrive encore souvent que les parties extérieures des carpelles restent soudées ensemble dans la plus grande partie de leur longueur, mais que par leur extrémité supérieure, elles tendent, soit à se séparer les unes des autres , soit à se fendre le long de leur nervure moyenne: c’est ce qui constitue la déhiscence apicilaire. On l’observe dans un grand nombre de caryophyllées (5^) : le nombre des dents est égal à celui des carpelles , quand chacun de ceux-ci reste entier , double de ce nombre quand il y a fissure de la nervure moyenne. La même sorte de déhiscence est produite dans les pavots (53) par une cause différente : l’existence du torus qui à l’état de membrane, enceint les carpelles.
5. ° L’inverse a aussi quelquefois lieu, comme dans les cuscutes (54) par exemple, où les carpelles sontplus soudés par le sommet que par la base , et se séparent à la maturité par leur extrémité inférieure ; c’est ce qui constitue la déhiscence basilaire^ qui est presque toujours un peu irrégulière, et se confond presque avec la déhiscence en boîte à savonnette.
6.0 Enfin , il arrive quelquefois , même dans les fruits secs et polyspermes , que les carpelles sont tellement soudés entre ejix , que par aucune partie de leur surface ils ne peuvent se désunir ni se fendre régulièrement ; alors il se détermine ordinairement vers le haut de chaque carpelle des espèces de pores ou de ruptures irrégulières
(52) Gærtn . fr. 2 , pl. 1 3o , f. i , 2 , 4 > 5,6, 7, 8 , 9.
CSS) DC., Mém. nymph. , pl. 2.
(54) Gærtn. fr. t, pl. 62.
36 OUGANES REPRODUCTEURS,
qui donnent passage aux graines , mais qu’on ne pourrait placer parmi les déhiscences qu’en l’appelant déhiscence irrégulière \ c’est ce qu’on voit dans le linarla (55), par exemple, et dans quelques autres personnées.
Dans les fruits indéhiscens, la vraie nature des carpelles est masquée par des causes différentes des précédentes : tantôt les fruits ne s’entrouvent point , parce que les péricarpes sont membraneux ou comme desséchés , et alors il y a d’ordinaire avortement de plusieurs parties ; tantôt les fruits sont indéhiscens parce qu’ils sont charnus, et ici nous retrouverons les mêmes distinctions que parmi les fruits à carpelles isolés: la chair, qui n’est que le développement du mésocarpe, sc trouve en dehors des loges ; la pulpe se trouve dans l’intérieur des loges : il est des fruits , comme le coing, qui ont à-la-foîs de la chair et de la pulpe. En général , dans les fruits charnus , ou ne peut pas facilement reconnaître la position et la place originaire des carpelles , parce que les soudures y sont beaucoup plus intimes.
Une cause fréquente d’erreur dans la manière d’apprécier la symétrie des fruits à carpelles soudés, est l’avortement de certains carpelles en tout ou en partie. Ainsi tel fruit qui , comme le coco des Maldives (56), devrait avoir six lobes , se trouve n’en avoir plus que deux ou trois par l’avortement habituel des autres. Tel fruit de rubiacée , qui devrait avoir deux loges égales et un style partant du centre, se trouve avoir, comme le pleurogaster, une seule loge avec un style latéral. Tel fruit qui devrait avoir trois loges complètes , se trouve, comme dans la pistache, avoir
(55) Gærtn. fr. i, pl. 53. Antirhinum.
(5G) Sonner. Yoy. à la Nouv.-Guin. , pl. 3— 7.
IühSéi
ORGANES REPRODUCTEURS. Sy
une seule loge fertile et deux autres à demi ou complète* ment avortées (57), etc., etc. Le nombre de pareils exemples pourrait être immense-, car il est peu de familles chez lesquelles on n’en puisse rencontrer.
La manière dont les carpelles sont placés relativement à l’axe , mérite encore de nous occuper un instant ; l’axe qui supporte les carpelles, tel que celui qu’on observe dans les raagnoliacées ou les anonacées (58) , ne devient partie intégrante du fruit que lorsque les carpelles se soudent après la fleuraison ; l’axe des malvacées (59) , qui est en général très-visible , porte les carpelles adhérens par leur bord interne, et les styles carpellaires sont ou libres ou appliqués contre lui ; c’est ce qu’on voit aussi dans les géraniacées (60) , et en général dans tous les fruits qui ont un véritable axe. Mais il arrive quelquefois que les carpelles sont articulés sur un corps qui fait partie intégrante du style, et au travers duquel doivent nécessairement passer les vaisseaux qui apportent la matière fécondante -, c’est ce qu’on observe dans les ocbnacées (61), par exemple, et c’est ce renflement de la base du style que j’ai appelé Quelques naturalistes ont tenté de le
confondre avec l’axe proprement dit ; mais il y a entre ces deux organes cette différence importante , que le cordon pistillaire ne traverse point l’axe que je considère comme un prolongement du pédicelle destiné à soutenir v
(Sy) DC., Mém. légum. , pl. 2, f. 7.
(58) Gœrln. fr. 2 , pl. i 78, f. s. c. 5 pl. i38, f. 5, 6.
(5o) lôid. ,pl. 1 36.
(Go) Il/ûl. fr. 1, pl. 7Q, f. s. 6G.
(61) DC. , Mou. oclin, , pl. 1 , 3 , 4 , 5 , 8 , 9, lo, 12, i3, 17, 18, 20.
les carpelles, taudis qu’il traverse le gynobase, qui n’est autre chose qu’un renflement extraordinaire de la base des styles carpellaires , soudés ensemble. Le véritable axe est ordinairement alongé; mais il est presque globuleux dans plusieurs anonacées (62) *, il prend cette même forme et une consistance charnue dans la fraise (63), où il offre de plus la bizarrerie de se détacher d’une espèce de base plus solide qui est dans son centre*, les carpelles de la fraise sont les petits corps granuleux et stylifères , dispersés à la surface du corps charnu qui sert d’aliment , et celui-ci n’est autre qu’un axe arrondi, auquel quelques auteurs ont donné le nom à^polypTiore. Il ne faut point confondre ces axes avec les thécaphores ; ceux-ci font partie des carpelles , dont ils sont comme les pétioles: les axes sont au contraire des prolongemens du pédicelle de la fleur.
Jusque-ici j’ai toujours parlé des carpelles comme étant ^ des feuilles pliées en dedans, ou sur leur face supérieure*, mais il semblerait que l’organisation inverse a lieu dans les cucurbitacées; quand on coupe eu travers les jeunes fruits de cette famille , on trouve les carpelles dont le dos regarde le centre du fruit , et dont les ovules sont dirigées du côté du calice adhérent. Ces carpelles seraient - ils courbés en sens inverse de tous les autres végétaux, ou se tordraient-ils sur eux-mêmes avant leur développement, de manière à avoir la face supérieure de la feuille carpellalre dirigée du côté externe du fruit ? C’est ce que j’ignore. J’oserai ajouter ici une observation au moins singulière : M, Seringe a trouvé des fleurs de courge dont
(62) Gærtu. fr. 2, pl. 1 1 4, f. 3.
(63; Ibid, f. I , pl. 73.
ORGANES REPRODUCTEURS. Sq
les anthères portaient accidenleliernent des ovules j ces ovules étaient dirigés à l’extérieur, puisque les anthères sont extrorses. Y aurait-il un rapport entre la direction extrorse des anthères et des carpelles des cucurbitacées ? Ce rapport existerait-il dans d’autres familles ? Y a-t-il quelque relation entre cette position extrorse des anthères et des carpelles et la disposition de certaines feuilles à rouler en dehors les bords de leur limbe ? Ce sont des questions que je livre aux botanistes accoutumés à l’étude des analogies, mais sur lesquelles je n’ose encore hasarder une opinion.
ARTICLE IV
Des carpelles considérés dans leur rapport avec les parties de la fleur qui persistent ou se soudent autour d'eua:.
Nous venons de voir, dans l’article précédent, ce qui résulte de la soudure naturelle des carpelles entre eux; mais cela ne suffit point pour prendre une idée complète des modifications du fruit ; il faut encore étudier les pièces de la fleur qui font partie ou semblent faire partie du fruit à sa maturité ; savoir : le torus , le calice ou le périgone.
Le torus, avons nous dit , est la base des parties mâles - et corollaires des fleurs. Il se prolonge quelquefois autour du fruit , ou sous forme d’écailles pétaloïdes distinctes , comme dansl’ancolie (i) ; ou de filets piliformes, comme dans plusieurs cypéracées (2) , et alors il ne peut produire aucune illusion; ou sous la forme d’un godet raem-
(1) Barr. ic. , pl. 617, 619, 620, 621, 623, G26, 63o.
(2) Schkuhr. bot. Iiandb. , pl. 7. Schœnus, pl. 8. Scirpus et. Eriophoruni.
4o ORGANES REPRODUCTEURS.
braneux qui entoure les carpelles , sans adhérer ou en adhérant avec eux. Ainsi, dans le pœonia moutan var. papaveracea (3) , ce godet est mince , membraneux ; il enveloppe les carpelles sans y adhérer ; il est ouvert à son extrémité, pour donner passage aux stigmates, et tant qu’on ne l’ouvre point , il semble faire partie du fruit dont il est cependant bien distinct.* Dans les carex (4)? on trouve un semblable godet , ouvert au sommet et renfermant le carpelle unique sans y adhérer, quoiqu’il le serre de prés.
Dans les nuphars, ou nénuphars à fleurs jaunes (5) , on trouve un godet épais, vert et lisse à l’extérieur, clos au sommet, et qui entoure les carpelles membraneux polyspermes et verticillés, lesquels forment le véritable fruit. Pendant lafleuraison et la maturation, il semble adhérer strictement aux carpelles ; mais il s’en détache par la base à la mat-urité , et alors on voit clairement la distinction de ces organes.
Il en est à-peu-près de même du pavot (6) : ici le torus se présente sous la forme d’une lame mince qui entoure les carpelles et adhère strictement avec eux , mais qui ne parvient pas tout-à-fait jusqu’au sommet de l’ovaire*, les valves du fruit , lorsqu’elles tendent à s’ouvrir par leur sommet , sont retenues en place par cette gaine adhérente du torus ,
(3) DC., Mém. soc. h. nat. Gen. i, p.234» pl* f- 2.
(4) Schkuhr. handb. f. 286. A. a. ssss.
(5) DC., Mém. soc. h. nat. Gen. i, p. 224, pl- i, Cg. 5. Voyez surtout pl. 43, f. I et 2 de cet ouvrage, qui représente ce fruit à sa maturité.
(6) Grew. Anat. , pl. 70, f. i, 2. DC., Mém. soc. h. nat. Gen, I, p. 324, pl. 2, f. 9.
et c’est ce qui détermine cette déhiscence du pavot sous forme de dents ou valvules très-courtes , et non dans toute la longueur des valves , comme chez les autres papaveracées.
L’orange (y) ne semble différer des exemples précédons qu’en ce que le torus , qui est épais et glanduleux à l’extérieur, entoure complètement les carpelles jusques à l’origine du style , et adhère avec eux au moyen d’un tissu cellulaire très-lâche ; enlevez ce torus continu de toutes parts, et vous trouvez les carpelles verticillés autour d’un axe fictif , séparables sans déchirement , de consistance membraneuse , et étiolée comme tous les organes abrités, remplis à l’intérieur d’une espèce particulière de pulpe , qui diffère de celle de tous les autres fruits, en ce qu’elle est renfermée en des espèces d’utricules qui prennent naissance des parois des carpelles.
Dans les capparidées, les passiflorées et quelques légumineuses , le torus n’adhère qu’au thécaphore , et le fruit lui-même est complètement à nu.
Tels sont les principaux exemples où l’on voit le torus adhérer ou entourer le fruit, sans que le calice ou le périgone suive le même sort. Dans les nymphœa (8) ou nénuphars à fleurs blanches, les étamines et les pétales sont soudés par leur base avec le torus, d’où résulte qu’ils semblent être adhérens à l’ovaire -, ils se détruisent après la fleuraison , et le torus qui enveloppe le fruit se trouve marqué de leurs cicatrices. Je ne connais pas d’autre exemple où l’on puisse trouver ces organes adhérens au fruit. Mais souvent ils persistent sans tomber et entourent la base du fruit ,
(7) Grcw. Anat. , pl. 66, f. i, 2.
(8} DC. , Mcm. soc. hisl. nal. Gen. i, pl. 2, f. 7. a.
comme on le voit dans les campauulacées , les éricinées^ plusieurs légumineuses , etc. Mais ces étamines ou pétales persistans n’entraînent pas de différences notables dans l’histoire du fruit.
Voyons maintenant ce qui a lieu quand le torus et le calice ou le périgone réunis se collent sur les carpelles, et forment ce qu’on a appelé ou un ovaire ou un calice adhérent. Dans tout ce qui va suivre, je ne parle, pour ^ abréger, que du calice ; mais tout cet article est également applicable au périgone. Ce phénomène suppose nécessairement, I .O que les pièces du calice ou du périgone sont soudées ensemble de manière à former un tube plus ou moins prolongé; 2.° que le torus est collé sur ce tube, et que par conséquent les pétales et les étamines sont périgynes ; 3.° que les carpelles sont ou cohérens ensemble ou réduits à l’unité. Toutes ces conditions se trouvent fréquemment réunies dans les familles calyciflores ou périgynes , les seules dans lesquelles le phénomène puisse se rencontrer. Il n’est pas tellement inhérent à la symétrie de ces plantes , qu’on ne trouve fréquemment dans la même famille tous les degrés intermédiaires entre le calice libre et adhérent. Ainsi, par exemple, on observe parmi les rosacées des genres à calices libres ouverts, et à carpelles djstincts , comme les potentilles et les spirées (9) : d’autres à calices libres et plus ou moins resserrés en godet à leur sommité, renfermant les carpelles tantôt multiples, tantôt solitaires, sans adhérer avec eux, comme les alchemilles et les rosiers (lo) : d’autres enfin où les carpelles sont
(9) Lam. ill., pl. 439, 441, 4^2, 443, 444.
(10) Ihid, , pl. 44®-
cohérens , et enveloppés par le calice qui fait corps avec eux, comme les poiriers et les néfliers (ii). Des transitions analogues se remarquent parmi les ficoïdes, les saxifragées , les caprifoliacées , etc. ; au contraire l’adhérence du calice à l’ovaire est constante parmi les myrtacées, les cucurbitacées , les ombellifères , etc. ; elle n’a jamais lieu chez les crassulacées , les salicaires , et peut-être chez les légumineuses. Celles-ci offrent cependant dans quelques cas un commencement d’adhérence ; ainsi dans Xarachis^ le jonesia et quelques hauJiinia (12) , le thécaphore ou pédicelle propre du carpelle est latéralement soudé avec le calice. D’après ce fait , il ne serait peut-être pas impospossible de trouver un jour une légumineuse à ovaire adhérent.
L’adhérence du calice a l’ovaire n’a lieu que par la partie où le torus est lui-même collé sur le tube du calice; parconséquent, si le tube est plus court que l’ovaire, l’adhérence n’aura lieu que jusqu’à une certaine hauteur, les étamines et les pétales naîtront au bord du tube, autour de l’ovaire, et la partie supérieure de celui-ci sera libre, comme dans plusieurs ficoïdes.
Si le tube est aussi long que l’ovaire , ce qui est le cas le plus fréquent, l’adhérence aura lieu dans toute la longueur des deux organes ; les pétales et les étamines naîtront de leur point de séparation, et le limbe seul du calice sera libre; si, enfin, le tube se prolonge au-delà de l’ovaire, et que le torus se prolonge aussi au-delà, alors l’ovaire est en entier adhérent , et surmonté d’un tube au
(n) Lam. îll., pl. 433, 434, 435, 436. fi2) DC., Mcm. lég. , p!. 70.
sommet duquel naissent les pétales et les étamines, comme dans les onagres (i 3) : dans presque tous les cas, on remarque au sommet de Tovaire adhérent et autour du style, un petit espace ordinairement arrondi ou à autant d’angles qu’il y a de sépales : c’est la portion supérieure de l’ovaire non recouverte par le calice ; quelquefois elle s’accroît après la fleuraison , et forme alors une marque prononcée sur le fruit : elle est très-grande dans plusieurs cucurbitacées, et notamment dans le cucurhita melopepo^ elle est encore très -remarquable dans la nèfle, dans plusieurs rubiacées , et quand on y regarde avec soin, on la retrouve dans presque tous ou peut-être tous les fruits adhérens. Cette portion de l’ovaire mise à nu, est ordinairement très-lisse, et se distingue par là du calice. Endehors de ce disque formé par l’ovaire, on trouve une petite zone circulaire, qui est la trace du point où se terminait le torus. Cette zone est très-facile à apercevoir lorsque, comme dans les pomacées, les étamines sont plus ou moins persistantes sur le fruit, ou, comme dans les campanulacées^ quand la corolle elle-même est persistante; elle est encore très- visible lorsque, comme dans plusieurs cucurbitacées, elle grandit après la fleuraison: je soupçonne que c’est peut-être le torus qui se prolonge un. peu après la fleuraison, et forme, dans les rubiacées? le petit godet qui se trouve entre le limbe du calice et la base du style. Dans la plupart des fruits adhérens, cette zone, produite parle torus, s’efface à la maturité.
Le disque, formé par la partie nue de l’ovaire, la zone, produite par le torus, et surtout les restes de la partie
(i3} Schkuhr. bot. handb. , 1)1. io5.
libre du calice qui persiste ou laisse du-moins une trace quelconque au sommet du fruit , forment par leur réunion ce qu’on appelle l’a?//, visible dans cette classe de fruits, par exemple, dans la poire (i4).
Le tube du calice, collé sur l’ovaire, peut, selon le degré de sa consistance , ou se mouler sur la forme du fruit, ou forcer celui-ci à recevoir la sienne ; mais plus ordinairement les deux corps se modifient un peu l’un l’autre dans leur forme générale. Sa consistance est aussi assez variable : tantôt il reste foliacé ou membraneux, et alors le fruit est sec ; tantôt il devient charnu avec les ovaires , et grandit quelquefois à un point considérable; le plus souvent il n’est pas possible, dans les fruits adhérens et charnus^ de distinguer quelle est la partie qui s’est transformée en chair; ainsi, dans une poire, par exemple, la chair peut être ou le développement du sarcocarpe des carpelles, ou du torus, ou du calice, ou, ce qui est plus probable, de toutes ces parties à-la-fois.
L’adhérence du tube calycinal avec l’ovaire est ordinairement intime et durable; mais il arrive dans quelques cas (tels que le cosmihuena (i5), genre de rubiacées voisin du quinquina), qu’à l’époque de la maturité le tube du calice se détache de l’ovaire et ne fait plus que le recouvrir sans y adhérer exactement.
(14) Voy. pl. 43, f. I. a. A cette même planche, je donne, fig. i c <Z, la représentation d’une singulière monstruosité de poire , dans laquelle on voit le calice charnu à sa base , et divisé en un grand nombre de lobes foliacés , porter à l’intérieur, au-lieu de fruit , un second et un troisième calices charnus ; il paraît que cette monstruosité est due à la transformation de tous les organes floraux en feuilles calycinales.
(15) Fl. peruy. 2, pb 198.
46 ORGA>'ES REPRODUCTEURS.
La partie libre du calice se présente sous des formes très-différentes, et qui influent sur l’aspect du fruit et souvent sur son histoire; elle est tantôt scarieuse, tantôt membraneuse, et manque quelquefois complètement, soit dès l’époque de la fleuraison , soit au moment de la maturité.
Lorsque le tube entier du calice est soudé avec l’ovaire et que ses lobes n’éprouveut pas de changement, ils persistent au sommet du fruit ou sous la forme de dents, comme dans Xœnanthe (i6), le conium (17), ou en formant une espèce d’œil, comme dans la poire ou la pomme.
Si le tube du calice se prolonge au-delà de l’ovaire et qu’il dure après la fleuraison , il en résulte que le fruit est couronné par une espèce de col particulier, comme on le voit dans la grenade (18) ou le fruit de quelques
Quelquefois ces lobes grandissent en restant foliacés, ou deviennent un peu charnus après la fleuraison.
Nous avons vu, en parlant des modifications des fleurs, qu’il arrive habituellement, dans celles qui sont réunies en tête serrée et quelquefois dans d’autres, que le limbe du calice a une consistance membraneuse et comme scarieuse ; dans ce cas, il persiste au sommet du fruits et on lui donne le nom ^aigrette (pappus).
Son rôle, qui est presque nul à l’époque de la fleuraison, commence à devenir important au moment de la dissémination des graines.
Ces calices scarieux ont quelquefois leurs lobes soudés en un seul corps entier ou denté, ce qui fait que le fruit est couronné par un godet scarieux, comme dans X^favo-
(16) Turp. Icon. , pl. 25, f. 12.
(17) Sciikuhr. handb., pl. i3i. h.
(18} Gærtn. fr. 1, pl. 22.
niurrif le chrysogonum , le scabiosa stellata{\^\ ailleurs chaque lobe reste distinct et prend ou la forme d’une petite écaille, par exemple, dans \apuleia , le centaurea crupina{p6)^ ou celle d’une arête alongée, par exemple, dans les pectis (ai). Le plus souvent chaque lobe du calice est comme remplacé par un nombre plus ou moins grand d’écailles en forme de poils, qu’on nomme poils de l’aigrette. Ces poils sont tantôt simples et libres entre eux, et l’on dit alors que l’aigrette est poilue , par exemple, dans les soncJius (22); tantôt soudés irrégulièrement ensemble, et l’on dit que l’aigrette est rameuse : par exemple, lestœ- Jielina (23); tantôt dentés sur les bords, comme dans \Jiieracium , le chondrilla (24) 5 tantôt munis latéralement de barbes alongées, comme dans le scorzonera (aS); et alors on dit l’aigrette plumeuse.
L’aigrette que l’on nomme stipîtée est produite parce que le calice, et peut-être un prolongement du péricarpe, se prolongent sensiblement au-dessus du point où s’arrête la longueur de la graine; comme cette portion est vide, elle reste mince, hliforme, et paraît plutôt à la première vue un support de l’aigrette qu’une partie du fruit : c’est ce qu’on voit dans les tragopogon (26), etc.
Il arrive quelquefois que l’aigrette est à deux rangs, et que ces deux rangs ne sont pas semblables entre eux. Dans
(19) Gærtn. tr. 2, pl. 184, f. i et 8^ pl. 8G, f. 2.
(20) Ibid. , pl. 1 7 I , f. I. DC. , Choix mcm. , pl. i, f. 2,
(21) Ibid. , f. 2.
(22) Ibid.,\A. i58. Turp. Icon., pl. 25, f. 10,
(23) DC., Choix mém. , pl. i, f. 28, 29, 3o.
(24) Gærtn. fr. 2 , pl. i58.
(25) Ibid , pl. I 59.
(26) Ibid, 'l'urp. Icon., pl. 2.5, f. 1 1.
/{8 O R GA N E s REPRODUCTEURS.
ce cas le rang extérieur est bien sûrement le limbe du calice; mais je ne serais pas étonné qu’on vînt à prouver que le rang intérieur est un prolongement, soit du torus, soit du péricarpe : c’est ce qu’on observe dans quelques ^centaurées (2^).
Le limbe du calice des valérianes (28) est, pendant la fleuraison , roulé à l’intérieur, de manière à ne présenter qu’un petit bourrelet circulaire : il se déroule ensuite, et le fruit est couronné par une aigrette plumeuse; les protéacées présentent des espèces d’aigrette qui sont formées par le limbe de leur périgone.
Enfin le limbe du calice manque quelquefois complètement; ce phénomène peut avoir lieu pendant la durée même de la fleuraison, lorsque le calice tout entier est soudé avec l’ovaire , comme cela a lieu dans la plupart des ombellifères (29) , encore même dans ce cas les lobes du calice existent-ils presque toujours, mais réduits à de trèspetites dents. L’absence totale du limbe est plus visible dans les composées dépourvues d’aigrettes , telles que les pâquerettes (3o), etc., le limbe s’y trouve indiqué par un petit rebord circulaire, entier ou inégalement dentelé.
Ailleurs le limbe est visible à l’époque de la fleuraison; mais il se détruit ou se coupe et se détache naturellement a l’époque de la maturité : c’est ce qu’on observe dans les épilobes, etc.
Les nyctages ou belles-de-nuit (3i) offrent sous ce
(27) DC.^ Choix mém., pl. i, f. 25,20, 27. Gœrtu.fr., 1. 162, f. 5.
(28) Turp. Fl. paris. , pl. 4®»
(29) Gœrtn. fr. 2 , pl. 85 , f. i , 2 , 3,5,6, 7, 8.
(30) Ihid. , pl. 168, f. 1 , 2 , 3, 4> etc.
(31) Lam. ill. , pl. io5.
rapport uu phénomène digne d’être cité :1a base de leur périgone, soudée avec Tovaire, forme une espèce de noix ovoïde, et la partie supérieure du périgonese coupe immédiatement au-dessus, se détache de la base après lafleuraison, et lanoix reste enchâssée dans un involucre qui aïa forme d’un calice.
Il n’est pas nécessaire que le calice soit, strictement parlant, adhérent aux ovaires pour faire partie intégrante ou apparente du fruit; ainsi, par exemple, dans les rosiers (82) , les carpelles sont épars dans l’espèce de godet que forme le tube du calice ; ils sont adhérons avec celui-ci par leur base seulement; après la fleuraison , le calice et le torus soudés ensemble grandissent et deviennent très-charnus à leur face interne principalement. Le tissu cellulaire intérieur pénétre entre les carpelles qui sont osseux , indéhiscens et monospermes; ceux-ci semblent être de simples graines éparses dans un péricarpe pulpeux, tandis que ce sont des cariopses enchâssés dans un calice devenu charnu.
Dans un grand nombre de plantes, et surtout parmi les monochlamydées, le calice ou le périgone, sans adhérer avec l’ovaire , le recouvre de si près , qu’il semble absolument faire partie du fruit : dans ce cas , tantôt il reste membraneux, comme dans les arroches (33) , quelquefois il devient charnu, comme dans le hlitum (34).
Lorsque le calice, sans adhérer à l’ovaire, persiste autour du fruit d’une manière plus lâche que dans le cas précédent, on se contente de dire que le fruit est couvert, lorsque, comme dans les physalisQi^) ^ le calice tend à se
(3a) Gærtn. fr. i, pl. 73. Schkuhr. handb. , pl. i34*
(33) Ihid. , pl. 76.
(3'|; Ibid. 2, pl. 126. Torp. Fl. pari.';. , pl. i.
' (35) Ibid. 2 , pl I 3 1 , f. 3.
7'ovie Ili ' 4
O R G A M- s R E P R 0 D II C T I< r R S*
fermer vers ie sommet, ei eDveloppc eu entier le fruit; on dit que celui-ci est voilé , lorsque le calice persistant ne l’entoure qu’en partie, comme dans le nicandra (36) ou la jusquiame (87). Les calices des labiées (38) sont tubuleux, persistans, et renferment quatre cariopses monpspermes (39); après la fleuraison, dans certains genres, leurs lobes se referment les uns sur les autres , et les fruits pourraient se dire couverts; dans d’autres, les lobes restent plus ou moins ouverts, et les fruits pourraient être dits voilés ; dans ce dernier cas, il arrive presque toujours que de petits poils, qu’on n’apercevait point auparavant sur la face interne du calice, se développent après la chute des parties sexuelles ou corollines , closent l’entrée du tube, et servent aux jeunes fruits de protection contre la pluie ou contre les insectes.
ARTICLE V
Des Organes situés hors des fleurs, et qui semblent quelquefois faire partie des fruits,
Cf ne sont pas seulement les organes de la fleur qui
(36) Gærtn. fr. 2 , pl. i3i.
(3y) Schkuhr. bot. handb. , pl. 44-
(38) /Aid. , pl. I à 167. Lam. ill. , pl. Soi à 5i6.
(3g) A l’ëpoque de la maturité, iesiabiées ont quatre cariopses distincts; mais il paraît, d’après l’observation de M. de Gingins, que ces quatre loges monospermes sont dues à deux carpelles dispermes; le nombre des stigmates confirme cette opiuion, qui est aussi fortement étayée par l’histoire des fruits des borraginées. M. de Gingins donnera les preuves de son opinion dans une Monographie des lavandes, qu'il va publier. Cette opinion est en particulier bien démontrée par la structure du salvia cretica , que je fais connaître en détail à la planche 25 des plantes rares du Jardin de Genève.
ORGANES REPRODUCTEURS. 5l
peuvent, dans certains cas, devenir parties intégrantes ou apparentes des fruits; il en est de même des bractées ou des involucres , ainsi que des pédicules et des réceptacles des fleurs.
Tout ce que j’ai dit du calice et du périgone, dans leurs rapports avec le fruit , pourrait presque s’appliquer aux bractées et aux involucres, en observant seulement que les exemples en sont beaucoup moins nombreux; ainsi l’on trouve quelquefois des bractées qui adhèrent au calice ou le recouvrent si intimement, qu’elles semblent partie du fruit : dans le scolymus hispanicus , les bractées à l’aisselle desquelles les fleurs se développent, et qu’on appelle vulgairement paillettes du réceptacle , entourent l’ovaire de si près et se soudent avec lui de manière à sembler partie intégrante de ce fruit : c’est ce qui avait engagé Gærtner à lui donner le nom de scolymus angiospermus (i).
Dans les échinops (2) , les bractéoles qui , par leur réunion , forment l’involucelle propre, jouent le rôle de calice, relativement à l’ovaire, se soudent avec lui, et font comme une sorte de fausse aigrette écailleuse.
Dans le lagasca (3), l’involucelle entoure l’akène sans adhérer avec lui, et semble être un calice en godet autour d’un péricarpe.
Dans toutes les composées et les dipsacées à double involucre, les bractées qui forment l’involucelle ou involucre propre des fleurs, présentent d’une manière plus ou moins marquée des phénomènes analogues.
(1) Gærtn. fr. a , pl, i5y.
(2) Ibid, y pl. 160.
(3) Desv. Journ. bot. , i8oi, vol. i, pl. i.
0 7 O R G A aN Ji S R £ P II O D ü C T £ G a S .
Enfin , pour citer d’autres familles , les bractées du pollic/iia deviennent charnues après la lleuraison , et on les prend facilement pour une partie intégrante du fruit qu’elles recouvrent ; l’involucre foliacé de la noisette (4) semble faire partie de ce fruit; la capule du ■ gland de chêne (5) est un vrai involucre formé par la soudure d’un grand nombre de petites bractées, et le gland, comme la noisette , est un fruit formé par un ovaire adhérent au calice (6). Ces deux exemples présentent une particularité assez rare dans le règne végétal, savoir : un fruit qui adhère à sa base par un espace fort ample, ce qui, au moment de sa séparation , y détermine une large cicatrice, ainsi qu’on le voit plus communément dans les graines. Cette cicatrice du fruit ou cicatrice carpique, doit être distinguée de la cicatrice des graines ou du hile, dont nous aurons à nous occuper plus tard.
Les pédoncules eux-mêmes semblent quelquefois faire partie du fruit; ainsi, dans le semecarpus et Xanacar^ dium (^), le pédoncule se dilate après la fleuraison, devient charnu et prend la forme d’une poire , tandis que le véritable fruit, qui est sec, est situé à son sommet et y semble une espèce d’excroissance.
Dans Xhovenia (8) , le pédoncule de la fleur devient aussi charnu après la fleuraison, et semble former le véritable fruit.
(4) Gærtn. fr. a, pl. 89.
(5) llid.i, pl. 40. Laui.ill., pl. ao8 et Saa. Turp. Iconog,', pl. 29 , f. 7 et 8.
(G) Ibid. , pl. 37.
(7) Ibid. , pl. 4©. Lam, ill., pl. ao8 et 822.
(8) Lara. ill. , pl. j3i.
ARTICLE VI
De t Aggrégation des fruits qui proviennent de fleurs différentes.
Les faits mentionnés dans l’article précédent nous conduisent à nous occuper des fruits qu’on a nommés aggrégés^ ces fruits sont formés par la réunion intime ou apparente des fruits provenant réellement de fleurs différentes. Ce phénomène n’a jamais lieu que dans les plantes où les carpelles sont devenus solitaires, et le plus souvent monospermes par avortement; il suppose aussi presque toujours, comme conditions nécessaires, d’un côté, que le carpelle unique est soudé avec le calice,' de l’autre que les fleurs sont placées très-près les unes des autres; c’est ce que je vais développer par quelques exemples tirés d’abord des fleurs en tête ou en ombelle, et ensuite des fleurs en épi.
Les chèvrefeuilles ont naturellement deux fleurs qui naissent de la même aisselle; ces deux fleurs ont fréquemment les pédicelles soudés en un , qui porte par-conséquent deux fleurs et deux baies : mais il arrive, dans plusieurs espèces, comme, par exemple, dans le xylosléon (i), que les deux fruits sont plus ou moins soudés en un seul bilobé, ou presque entier; dans ce dernier cas, la soudure se reconnaît, soit parce qu’à lafleuraison on voyait deux corolles naissant en apparence d’un seul ovaire, soit après cette époque, parce qu’on reconnaît encore les deux yeux qui sont l’indice de la chute des parties sexuelles et l’apanage des ovaires adhérons. Dans le symphoricarpos (2), genre si
(i) Gærtn. fr. i,y\. 27, sous le nom de captifoUum, (3) Dill, elili. fig, 36o.
voisin des chèvrefeuilles qu’il a long-temps été réuni avec eux, au-lieu de deux fleurs seulement, il y en a plusieurs soudées par les ovaires, d^où résulte un fruit composé de plusieurs soudés ensemble, et dont chacun offre encore son œil ou ombilic propre : le même phénomène a lieu dans les morinda (3); il se retrouve aussi dans les operculaîres (4), avec cette seule différence, que les fleurs qui, par leur rapprochement, forment une tête serrée, n’ont point le fruit charnu , mais leurs calices et leurs bractées sont toutes soudées ensemble : à la fleuraison, on voit toutes les corolles distinctes; à la maturité, le fruit est un composé un peu irrégulier de tous les fruits partiels soudés en tête. La même chose a lieu parmi les composées , dans le gundelia (5) ; les paillettes du réceptacle, soudées ensemble, y enveloppent les fruits partiels de telle sorte, qu’à la maturité il en résulte une masse composée du réceptacle, des paillettes et des akènes de toutes les fleurs dont la tête était composée.
Le fruit si connu sous le nom de figue (6), est un exemple remarquable d’aggrégation analogue aux cas précédons : la figue est ou un pédicelle creux, ou plutôt, si l’on fait attention à celles des espèces exotiques qui ont des écailles à l’extérieur, une espèce d’involucre charnu formé par un grand nombre de bractées épaisses et soudées intimement dans le bas, soit entre elles, soit avec le haut du pédicule , et à- peine libres à leur extrême sommité. Les fleurs sont en très-grand nombre dans cet
(3) Lam. ill. , pl. i53.
(4) Juss. in ann. mus. 4> pl- 70 > 71-
(5) Gærln. fr. 2 , pl. i63.
(6) Ibid,., pl. 91. Schkuhr. bot. haudb. , pl. 358.
ORGANES REPROpUCTEÜRS. 55
îrivolucre, dont le sommet est à-peine ouvert*, les fleurs femelles , qui sont les plus nombreuses et les plus centrales, se transforment en autant de pelils cariopses qui semblent des graines , et qui, à la maturité, sont comme noyés dans le centre de cet invoiucre devenu charnu ou pulpeux; ou pourrait dire, en se servant d’une image propre à se faire comprendre, qu’il n^’y a. d’autres différences entre le fruit du figuier et celui du rosier, sinon que la partie pulpeuse de la figue est un invoiucre, et celle du rosier un calice; que par-conséquent les grains de la figue sont des cariopses provenant de fleurs différentes, et ceux du rosier des cariopses provenant d’une même, fleur.
Tout ce que nous venons de dire du figuier devient plus clair encore quand on le compare avec les genres voisins ambora (^) et dorstenia, où le réceptacle est ouvert.
Les fleurs disposées en épis présentent quelquefois tous les mêmes phénomènes que je viens d’exposer ; ainsi, quand on suit le mûrier (8) depuis sa fleuraison jusqu’à sa maturité, on voit que les fleurs sont sessiles le long d’un axe articulé à sa base ; qu’aprês la fleuraison l’ovaire est recouvert par le périgone, et se transforme en un petit fruit pulpeux; que tous ces fruits rapprochés et très-mous se soudent incomplètement ensemble, et paraissent d’autant plus facilement former un fruit unique, que le pédicule général se désarticule à sa base, de manière que la mûre se détache de l’arbre comnm les fruits simples. Tout ce que je viens de dire de la mûre est exactement vrai de l’arbre à pain (9) , excepté que les fruits partiels y sont plus com-
(7) Lam. ill. , pl. *784.
(8; Ibid., pl. 762. Schkuhr, handb. , pl. 290.
(9) y6t^.,pl. 744,745.
56 CRGANKS F. KPRODUCTEURS.
plèteiiieiil soudés, et que le fi’uit total, qui résulte de l’ag-^ grégallon , y est plus gros et d’une cbair plus farineuse ; et quant à l’arbre à pain cultivé, on peut ajouter que les graines y avortent presque toujours en laissant leurs places vides, ce qui forme au centre de la masse des cavités irrégulières.
L’histoire de l’ananas (lo) diffère peu des exemples précédons : les fleurs sont disposées eu épi serré le long de la tige , à-peu-près comme dans ïeucomis\ après la fleuraison , les fleurs , qui ont leur périgone adhérent à l’or vaire , se transforment chacune en un fruit charnu et originairement Iriloculaire : ces fruits charnus se soudent d’ahord avec les bractées sitnées à leur base, puis les uns avec les autres •, le développement de la partie charnue et l’intensité de la soudure sont d’autant plus grands, qu’il ' avorte un plus grand nombre de graines; et, quand elles avortent toutes , comme dans l’ananas cultivé , il en résulte que la tête compacte et ovoïde, au centre de laquelle on voit, comme dans l’arbre à pain, les loges vides qui indiquent l’avortement des graines et à l’extérieur des espèces d’écailles qui sont les débris persistans des bractées et des lobes du périgone ; le tout est couronné par une houppe de feuilles qui ne sont autre chose que des bractées foliacées, mais dépourvues de fleurs qui s’épanouissent au sommet de l’épi, comme dans Veucomis (ii), et dont le développement est favorisé par l’avortement des graines des fleurs inférieures.
Les fruits des conifères présentent des phénomènes très-analogues aux précédens. Si l’on examine le cône
(10) Lam. ill. , pl. 2^3^
(11) o\x Basilœa. Lam. ill., pl. 239.
femelle d’un sapin (12), on trouve de petites fleurs sessiles à l’aisselle des bractées , et disposées en épi le long d’un axe : après la fleuraison , les fleurs qui ont le périgone adhérent à l’ovaire, se transforment chacune en une espèce de noix ou de samare, et la bractée, qui grandit beaucoup, recouvre complètement les fruits*, cet assemblage a reçu le nom de co/ie^ et pour peu qu’on l’examine, on voit clairement le rôle de toutes les parties, puisqu’elles ne sont soudées ensemble à aucune époque de leur vie : l’axe de ce cône se prolonge quelquefois, par accident , en branche feuillée (i3), comme celui de l’ananas le fait habituellement. Les cônes des protéacées (i4)î têtes folliculaires du houblon (i5), présentent une organisation analogue; ces sortes de cônes ne diffèrent de ceux des magnolia (16) ou du tulipier (17) qu’en ceci, qu’ils proviennent de l’aggrégalion des carpelles de plusieurs fleurs en épi, tandis que dans les magnoliacées ils sont formés par l’aggrégation de plusieurs carpelles en épi provenant d’une même fleur.
Mais il est des conifères où le phénomène se complique par suite de la forme ou de la consistance des organes. Ainsi, dans le pin (18), on retrouve la même disposition générale, mais les bractées, après la fleuraison, devien» neot en grandissant fort épaisses au sommet, de manière
(la) Duham. , Phys. arb. 3, pl. 5 , f . i5g. Lara. ill. , pl. 785.
(13) Voy. pl.36, f. 3.
(14) Lam. ill., pl. 53, S'j.
(15) Schkuhr. handb., pl. 826.
(16) //jûl. , pl. 148. Gœrtn. fr. , pl. 70.
(17) Ihid. J pl. 147. Gærtn. fr. , pl. 178.
(r8) Lam. ill., pl. 786.
58 organüs reproducteurs.
à foraicr un ensemble clos de tomes parts dans sa jeunesse, et qui ne s’ouvre que tard par l’écartement des bractées ; les cyprès ( 19) et les thuyas (20) ont ces mêmes bractées peu nombreuses et tellement dilatées à leur sommet , qu’elles forment comme des espèces de disques convexes et pédicellés ; le cône, qui alors a très-improprement reçii le nom de noix j a une apparence globuleuse \ il est clos et à demi-charnu dans sa jeunesse ; à sa maturité il devient sec, elles écailles se séparent par dés espèces de fentes qui donnent passage aux cariopses ou akènes quelles renfermaient, et qu’on a coutume d’appeler faussement les graines. Le genévrier (21) diffère du cyprès uniquement sous ce point-de-vue, que les bractées épaissies au sommet sont charnues et beaucoup mieux soudées; d’où résulte qu’à leur maturité le fruit offre l'apparence d’une baie globuleuse , et en a reçu improprement le nom : les traces de la soudure de ces bractées sont peu sensibles, et les cariopses, renfermés dans l’intérieur, ont encore mieux l’apparence de simples graines. Ainsi la baie en apparence simple du genévrier, est formée parla soudure naturelle des fruits provenant de plusieurs fleurs, à-peu-près comme la baie de plusieurs annones et des dillenia est formée par la soudure naturelle, et postérieure à la fleuraison , des carpelles provenant d’une même fleur.
Ces rapports apparens entre des fruits de classes différentes, ont souvent déterminé des analogies de nomenclature populaire. Les fruits du châtaignier et ceux de Ykip-
;i9)Duham., Phys. arb. 2.,pl. 5, f. 161 . Lam. ill. , pl. 787. Gaertn. fr. , pl. 9» . •
(20) Lam. ili. , pl. 787. Gaercn. fr., pl. 9t.
(21} Schkuhr. bandb. , pl. 338. Gærtn. fr. , pl. 91.
pocastanum ou marronnier-d’Inde, ont une ressemblance extérieure assez grande ; mais leur analyse est bien différente : le châtaigner(22), vu à l’époque de sa fleuraison, offre plusieurs fleurs femelles, réunies dans un involucre qui grandit et devient fort épineux après la fleuraison ; chaque fleur a un ovaire enveloppé dans un calice adhérent; cet ovaire est formé de trois carpelles soudés qui ont chacun deux ovules : pendant et après la fleuraison, il avorte plusieurs graines , et ü n’en reste quelquefois qu’une seule; d’ancienne date on a appelé châtaignes les fruits où ii restait plus d’une graine et des traces de cloisons à la maturité, et l’on a réservé le nom de marron aux fruits dans lesquels une seule graine avait mûri, et où elle était par-conséquent plus grosse.
Dans le marronnier-d’Inde(33), au contraire, les fleurs sont complètement séparées entre elles, et leur calice n’est point adhérent : l’ovaire est formé de trois carpelles soudées en un corps hérissé à l’extérieur; chacun de ces carpelles renferme deux ovules; mais, pendant et après la fleuraison, plusieurs de ces ovules viennent h avorter, de sorte que la capsule n’offre souvent que deux loges et deux ou trois graines en tout.
Ainsi la coque épineuse du cliâtaigner est un involucre, celle du marronnier-d’Inde, une capsule. Les corps bruns, arrondis et lisses du châtaignier, sont des akènes munis à leur base d’une large cicatrice carpique, ceux du marronnier sont des graines à large cicatrice spermique : les corps
(22) Gærtn. fr. , pl. 3^. Lam. ill. , pl. 782, f. i. Turp. Iconogr., pl. 29, f. 2, 3, 4 , 5.
(23) Tourn. inst. , pl. 610. Lam. ill., pl. 273. Gærtn. fr. 2, pl. III. Schkuhr. haudb., pl. lo.'j. Tnrp. Iconogr., pl. 29, f. 1,
organes reproducteurs.
renfermés dans l’enveloppe brune du cbâtaignier, sont des graines distinctes; ceux qu’on peut quelquefois distinguer dans la peau brune du marron-d’Inde, sont les cotylédons ou portions de la graine. Quoique cet exemple soit trivial pour les botanistes, j’ai cru devoir le mentionner en détail pour les commençans, parce que, mieux que tous les raisonnemens, il prouve la nécessité de remonter à l’époque de la fleuraison pour*comprendre la structure des fruits.
ARTICLE VIL
Du Cordon ombilical et de ses expansions»
Nous avons déjà dit que le funîcüle ou cordon omhi- //ca/part du placenta et soutient la graine; qu’il se compose, pendant la fleuraison, d’un filet venant du style et apportant le fluide fécondateur , et d’une fibre venant du pédicelle et apportant la nourriture; qu’après cette époque le filet pistillaire s’oblitère, et le funicule reste formé par la fibre nourricière seule : on le considère comme faisant partie du péricarpe, soit à cause de sa texture analogue au placenta, soit parce qu’à la maturité il arrive ordinairement que le funicule reste adhérent au placenta et que la graine s’en détache ; mais ce dernier caractère est soumis à plusieurs exceptions, et nous verrons tout-à-l’heure qu’il est souvent difficile de fixer la ligne précise de démarcation entre le péricarpe et la graine.
Le funicule se présente d’ordinaire sous la forme d’un filet court et peu apparent; il est très-long, soit dans les fruits où les loges sont grandes, comme certaines mimosées (i), soit lorsqu’il est courbé ou replié, comme dans
(î) Roxb. corom. , pl.'aaS.
ces mêmes mîmosées, daDS quelques crucifères (2), etc., soit lorsqu’il est destiné à soutenir la graine même, lorsque celle-ci est hors de la loge : ainsi, dans les magnolia (3),
I les carpelles libres dont le fruit se compose, s’ouvrent le I long de leur suture dorsale, et la graine ou les deux I graines qu’ils renferment pendent au-dehors , soutenues par un funicule long , grêle , blanc , flexible et argenté. On a remarqué que ce funicule est un faisceau de trachées : je ne sache pas qu’on ait fait aucune observation analogue sur les funicules non extensibles de presque tous les autres végétaux.
Le funicule est ordinairement libre de toute adhérence; mais il est des plantes dans lesquelles les funictiles, étant très-rapprochés , se soudent constamment ensemble : c’est ce qu’on observe parmi les crucifères, dans le genre eunomia. Il arrive plus souvent que le cordon ombilical se ! trouve naturellement soudé avec les parois des loges : il ainsi, par exemple, dans quelques crucifères, telles que la i lunaire (4) ou le petrocallis ^ le funicule est collé, dans toute sa longueur, sur la cloison du milieu du fruit. Dans quelques mimosées, il est collé sur la valve de laquelle il a pris naissance ; dans ces cas , la graine , quoique naissant 1 réellement du bord du carpelle, semble sortir du milieu des cloisons ou des valves. 11 est possible que ce soient « des adhérences analogues du cordon ombilical et non du placenta, qui déterminent la position des graines des flacourtianées et des butomées (5), éparses sur les parois internes des valves du fruit.
I (2) DC. , Mém. crue. , pl. 2 , f. /jB.
(3) Gœrtn. fr. , pl. 70. Schkiihr. handb. , pl. 14B.
I (4) DC. , Mém. crue. , fig. 5ç).
(5) Gaerln. fr., pl, 19. Turp. Dict sc. nal. y pl. des hutoméc*.
Gy ORGANES REPRODUCTEURS
Quand le funicule d’un carpelle libre ou d’une loge d’un fruit naît verr, sa base , s’il est court , cette graine est nécessairement dressée , par exemple , dans toutes les composées (6); si le funicule est assez long pour atteindre la sommité de la loge , et qu’alors il se recourbe vers son extrémité, la graine, quoique née de la base , se trouve pendante, comme on le voit dans la loge supérieure du fruit du cramhe (j), dans le fruit du paronychia , etc. *
Supposons maintenant que le cordon nourricier soit long, ascendant et collé avec la paroi de la loge, la graine naîtra à son extrémité, et paraîtra pendante du sommet de la loge, comme , par exemple, dans les dipsacées (8); dans ce cas, comme dans le précédent, l’un des bords du fruit présentera une petite nervure : dans le premier, cette nervure, qui est très-fine, est produite par la trace du cordon pistillaire ; dans le second , par celle du cordon nourricier : ces deux ordres de vaisseaux sont toujours en raison inverse l’un de l’autre, et, comme on voit, ni l’un ni l’autre ne sont le funicule proprement dit, puisque celui-ci est la réunion des deux.
Lorsque les graines naissent des bords des carpelles ou de l’angle intérieur des loges , elles sont naturellement horizontales; mais lorsque le funicule est long, et surtout dans les fruits pulpeux , il arrive quelles prennent une position pendante ou vague, d’après le développement ou la position particulière du fruit, ou d’après leur propre poids. Ainsi la longueur, l’adhérence et les inflexions des cordons ombilicaux ou des cordons pistillaires et nourri-
(6; Gærtn. fr. , pl. 157.1 174.
(7) DC. , Mem. crue., Cg. 43-
(8J Gærtn. fr. , pl. 80 , f. 2,3,5.'
ciers, détermiiieui en général la position des graines dans les loges des fruits ou dans les carpelles, en combinant ces caractères avec ceux indiqués plus haut sur la position des placentas et le nombre de graines.
Le cordon ombilical .porte toujours la graine à son extrémité^ et la partie de la graine sur laquelle il adhère, est ce qu’on nomme ombilic, hile ou cicatricule ; mais ce cordon, tend dans plusieurs fruits, à s’épanouir un peu avant d’atteindre la graine ; ces épanouissemens du cordon ombilical ont reçu le nom ôlarille^ leur histoire est d’autant plus importante, que dans certains cas, on est tenté de les confondre, tantôt avec les parties du péricarpe, tantôt avec celles de la graine.
Les cas les plus simples sont ceux où le funicule s’épanouit latéralement, de manière à former une appendice sur la graine; ainsi, dans plusieurs polygalées, on trouve un arille latéral qui naît évidemnient du funicule. Dans ce cas, cet arille est ordinairement de consistance charnue ou membraneuse; c’est peut-être à cet ordre des arilles unilatéraux qu’il faut rapporter les crêtes ou caroncules qui se trouvent dans quelques dolichos, et dans la chelidoine^Dans le muscadier (9) , l’arille est grand , charnu, rameux, et forme une espèce d’enveloppe incomplète à la base de la graine : c’est ce qu’on nomme vulgairement le macis; dans le hlighia {10) ^ l’arille est assez grand et assez charnu pour qu’il vaille la peine de le recueillir pour servir d’aliment. Le même phénomène a lieu dans les les passiflorées (ii), où l’intérieur de cette tunique aril-
(9) Gærtn. fr. , pl, 4i-
( 10) Kœnig. in ann. boî,. 2 , pl. 1 f. 3 ^ 4 > ^ > 7;
(il) Gærln. fr. 2; pl. 177, f. i.
64 OÛGANES REPRODL'CïEUns.
laire est rempli de pulpe secrétée, à ce qu'il paraît, par les parois de l’arille; c’est cette pulpe arillaire qui, lorsqu’elle est abondante, fait placer quelques capsules de passiflores au rang des fruits comestibles (12).
Dans tous les exemples que je viens de citer, l’arille forme une enveloppe incomplette autour de la graine , et c’est là ce qui doit être considéré comme le caractère distinctif de ce genre d’expansion du funicule.
On donne, au contraire , avec Gærtner , le nom iSl épiderme à une bourse membraneuse, sèche, mince, bien appliquée sur la graine , et qui la recouvre toute entière; cet organe est bien visible dans les malvacées (i 3), les bombacées, etc.
11 est à remarquer que l’arille , quelle que soit sa consistance charnue membraneuse ou pulpeuse , ne porte jamais de poils; qu’au contraire, l’épiderme est tantôt glabre, comme dans, les courges (14)5 plus souvent chargé de poils; et comme la peau de la graine, proprement dite, n’a jamais de poils, toutes les fois qu’une graine en paraît couverte , c’est qu’elle est revêtue par un épiderme poilu et fort adhérent; ces poils sont ou trèscourts, comme dans la plupart des mauves, ou très-longs, comme dans le cotonnier (i5), chez lequel ils forment la matière si célèbre et si utile, appelée coton ^ tantôt on
(12) Passiflora edulis. Voy. Bot. reg. , pl. iSa. •
(13) L’épiderme des courges a plus de consistance que les autres, et a fait dire à Spallan/.ani (Opusc. 3, p . 332) , que la graine des courges est formée de deux substances j et à L.-C. Richard , que l’épiderme de cette graine était une loge du fruit.
(14) Gærln, fr. 2, pl. i35, f. 3. d.
(i53 Ibid., pl. i3i,f. 1. d.
OBGANES REPRODUCTEURS.
les trouve épars sur la surface entière de l’épiderme appliqué'Sur la graine, comme dans Xochroma; tantôt à des places déterminées, comme dans plusieurs variétés de cotonniers; tantôt situés en houppe à l’extrémité de la graine, comme dans plusieurs apocinées ( 1 6). Ces houppes, qu’on a nommées chevelures ressemblent tellement
aux aigrettes, qu’on a souvent confondu ces organes; mais ils offrent cette différence essentielle, que l’aigrette, qui est une dégénérescence du limbe du calice , est en-dehors du péricarpe , et la chevelure, qui est une expansion de l’épiderme, est en-dedans des loges du fruit et sur la graine même : malgré cette immense différence anatomique, leur nature et leurs propriétés ont une grande analogie. Ces deux sortes de houppes sont' formées de poils membraneux et fort hygroscopiques , doués de la faculté de se rapprocher quand ils sont humectés, et de diverger quand ils sont secs; d’où résulte que tant que la maturation n’est pas achevée, ces poils, étant humides, restent rapprochés; que devenant secs à la maturité, ils divergent, et tendent ainsi à favoriser la sortie hors de leurs enveloppes des corps auxquels ils adhèrent : l’aigrette tire l’akène hors del’involucre; la chevelure tire la graine hors du péricarpe; l’une et l’autre, étant épanouies, permettent au moindre vent d’emporter au loin ces petits porps, pour lesquels ils font l’office d’ailes, ou plutôt de parachutes. Je reviens aux modifications de l’épiderme.
Il arrive assez souvent que cette membrane s’épanouit autour de la graine, et au-lieu de porter des poils, se dilate en aile souvent très-développée et très-fine : c’est
(i6) Gœrtn. fr. 2, t. i34, f. i. d.