Tome II
ainsi que dans plusieurs apocinées, malvacées, etc., la graine est teruîinée ( 1 7), ou entourée(i 8), ou enfermée(i 9) par une aile membraneuse qui, comme la chevelure, contribue à faciliter sa sortie et sa dissémination. Mais il faut observer ici que cette aile ressemble à plusieurs organes îrès-différens d’elle, ou plutôt que des expansions analogues peuvent se développer sur presque tous les organes du fruit : ainsi, quoique je sois porté à croire que le plus grand nombre des graines ailées doivent cette organisation à l’épiderme, cependant il est possible que quelquefois la peau même de la graine s’épanouisse en aile : c’est ce qui semble avoir lieu dans les bignones à graines ailées (îîo); et j’avoue que, vu l’adhérence et la finesse de certains épidermes, je connais peu de moyens (sauf l’analogie) pour reconnaître si l’aile d’une graine tient à sa propre enveloppe ou à son épiderme. Les carpelles eux-mêmes s’épanouissent en ailes, comme on le voit dans les carpelles solitaires du nissolia , etc. j ou dans les carpelles soudés en un seul fruit de l’ormeau j les calices adhérons à l’ovaire, •et devenus parties du fruit, forment des ailes membraneuses, soit par l’expansion de leur limbe, comme dans plusieurs dipsacées et composées, soit par l’expansion de leurs angles, comme dans plusieurs ombellifêres; et ce qui est remarquable dans cette dégénérescence comme dans la précédente, c’est que le rôle physiologique de ces expansions est absolument le même dans tous les cas,
(17) Par exemple, dans le fabncia.
(18) Gœrln. fr. t, t. 52, f. i. c.
(19) Comme dans le philadelphus Gccrtn. fr, , t. 35 , f. 3; le
nepenihes, etc. •
(20) Yoy. pl. 42, f* 4-
quelle que soit leur origine anatomique. Les ailes servent toujours à la dissémination, soit des graines proprement dites, soit des carpelles ou des fruits qui ne renferment qu’une ou deux graines ; car elles ne se forment presque jamais sur des fruits polyspermes. Ainsi elles servent toujours en définitive, où qu’elles soient placées, à isoler les graines les unes des autres pour leur dissémination naturelle.
Je crois que c’est encore à la présence d’un épiderme très-mince, mais très-hygroscopique, qu’il faut attribuer un phénomène assez curieux 5 savoir : la faculté de certaines graines de pomper l’humidité, et de se trouver ainsi, lorsqu’on les plonge dans l’eau ou la terre imbibée d’eau, entourées d’une espèce de pulpe aqueuse, retenue autour d’elles par un réseau membraneux très-fin *, le îepidîum sativum , le lin commun , et plusieurs autres graines , offrent ce phénomène, qui doit tendre à faciliter leur germination (21).
Parmi les divers exemples de tégumens accessoires de graines que je viens de citer, l’origine de l’arille , comme prolongement du funicule, est très-évidente; mais l’origine de l’épiderme l’est beaucoup moins : on la considère comme provenant aussi du funicule à cause de sa position autour de la graine, et parce qu’il est évidemment un organe surnuméraire à ceux qui composent essentiellement la graine; mais l’analogie stricte de ces divers organes a besoin d’étre de nouveau étudiée. •
(31) DC. , Mém. sur les crucifères, p. S'g.