‹ Organon de l'art de guérir (volume 2)Chapitre 2 sur 11 · Essai pour expliquer cette loi naturelle des guérisons · texte numérisé non relu

Essai pour expliquer cette loi naturelle des guérisons

24 — 27. Les médicamens rendent l’homme plus intensivement et plus certainement malade, que les causes excitatives naturelles des maladies.

28. Le corps de l’homme est bien plus disposé à laisser altérer son état de santé par des puissances médicinales, que par une maladie naturelle.

29. 30. La justesse de la loi homoeopathique se prouve aussi en ce que chaque cure non -homoeopathique ne réussit pas, et que deux maladies naturelles, qui se rencontrent dans le même corps, ne peu

vent s’anéantir et se guérir mutuellement, si elles sont dissemblables.

§.31. I. Une maladie, qui a déjà affecté le corps, en repousse une nouvelle maladie, qui lui est hétérogène, pourvu que celle-ci ait une intensité moindre ou égale.

32. Par la même raison des cures non-homoeopathiques, qui ne sont pas violentes, ne guérissent jamais une maladie.

33. II. Si l’homme déjà malade est attaqué par une nouvelle maladie hétérogène, mais plus forte, que la première, la maladie postérieure suspend, tant qu’elle dure, la maladie antérieure, mais ne la guérit jamais.

34. Par la même raison des cures violentes avec des médicamens allopathiques ne guérissent aucune maladie, mais la suspendent seulement aussi longtemps que dure l’attaque violente des médicamens qui ne peuvent produire des symptômes semblables à ceux de la maladie ; ensuite la maladie reparoît avec autant et plus de malignité qu’auparavant.

35. III. Il se peut aussi, que, quand la maladie nouvelle influe pendant longtemps sur le corps, qui souffre déjà d’une autre maladie hétérogène, la maladie postérieure s’allie à la maladie antérieure, de façon qu’il en résulte une maladie double (maladie compliquée); mais aucune de ces deux maladies hétérogènes ne se détruisent l’une l’autre.

36. Plus souvent encore, que dans la nature, il arrive par le trantran des cures ordinaires, qu’une maladie artificielle, produite par l’usage assidu d’une médecine violente et allopathique, (qui par cela même ne peut effectuer la guérison), s’allie à la maladie naturelle antérieure, de façon que le corps, sujet à un mal chronique, est alors doublement affecté.

§. 37. Les maladies, qui se compliquent de cette manière, occupent, à cause de leur hétérogénéité, chacune dans l’organisme, la place qui lui convient.

38. 39. Mais il en est bien autrement, lorsqu’il survient une maladie plus forte, semblable à la première; car alors celle-ci est anéantie et guérie par la maladie postérieure.

Page 1