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LE TRADUCTEUR DE L’ORGANON

Avant- mot.

I: y a six ans que jai publié ma premiere traduction de l'Organon de l'art de guérir du Docteur Hahnemann. L'auteur ayant fait depuis de nouvelles découvertes, et les ayant proposées au monde médical dans son ouvrage sur les maladies chroniques, il est devenu désirable de voir paraître une édition revue et corrigée de l'Organon, qui joignit à l'ancienne doctrine ces acquisitions précieuses. Hahnemann satisfit à ce désir en 1829 de la manière la plus complète, et c'est cette dernière et quatrième édition de l'original que nous livrons dans la présente traduction à l'Europe non-germanique.

On peut bien dire que ce travail de l'auteur est, sous plusieurs rapports, un ouvrage presque neuf. Nous avons tâché de le rendre à nos lecteurs avec la plus grande exactitude. Le seul changement que nous nous soyons permis dans la forme, c'est de l'avoir distribué en livres, sections et chapitres, afin que

Sue

l'on puisse embrasser d'un coup d'oeil la charpente de l'édifice, et trouver des points de repos dans l'étude d'une doctrine qui veut être müûürement approfondie. Cet arrangement ne saurait être nommé une altération de l'original, car nous n'avons fait que signaler par des rubriques les divisions indiquées par l'auteur lui-même. Au reste nous avons scrupuleusement suivi la marche de Hahnemann, et l'ordre des paragraphes n'a été nullement changé. Si cependant les possesseurs de ma première traduction française remarquent que les numéro des paragraphes ne cadrent pas avec ceux de la présente, ce nest pas moi qui en suis la cause, mais l'auteur lui-même qui, dans sa quatrième édition, a réuni, divisé et transplanté plusieurs paragraphes qui occupaient une autre place dans les éditions précédentes. Nous avons jugé convenable d'introduire nos lecteurs dans l'étude de l'Organon par un précis historique et littéraire de la methode homéopathique. Ce traité aura trois chapitres, dont le premier renfermera l'histoire de l'homéopathie, le second ses principes élémentaires, et le troisième sa critique.

Dresde, le 30 Avril 1830.

Erneste George de Brunnow.

Précis historique et littéraire de la methode homéopathique.

| Chapitre I.

Notices historiques sur la vie du Docteur Hahnemann, ainsi que sur l'origine et la propagation de sa methode curative.

Samuel Hahnemann naquit à Meissen en Saxe, le 10 Avril 1755. Son père, peintre de porcelaines dans la celebre fabrique de cette ville, homme d’esprit, mais sans fortune, se chargea lui-même de sa premiere éducation. L'enfant fit des progrès étonnans, et développa bientôt un jugement et une intelligence supérieure à son âge. Cependant lindigence dans laquelle se trouvaient ses parens, ne leur permettant pas de destiner leur fils aux études, ils prirent la résolution de lui faire apprendre un métier lucratif et de l'envoyer en attendant à l'école de la ville. Le jeune Hahnemann s'y distingua par l’eminence de ses facultés, et ses maitres declarèrent unanimement qu'il serait bien dommage d’ensevelir de si beaux talens dans l'atelier obscure de quelque artisan. On s’aboucha avec le directeur du collége de Meissen, où les jeunes gens font leurs études

avant de passer à l’université de Leipsic, et il fut résolu de recevoir gratis dans l'institut un enfant qui donnait de si grandes espérances, Ses progrès dans le latin, le grec et l'hébreu furent si rapides et si marquans, qu'on le chargea bientôt d'instruire à son tour de jeunes condisciples moins avancés. A côté de ce zèle pour les connaissances classiques, il développa encore un talent et une inclination décidée pour les sciences physiques et tout ce qui regardait l’histoire naturelle. Souvent quand on faisait faire des promenades aux écoliers dans les alentours romantiques de la ville, on voyait le jeune homme s'échapper d’entre ses camarades, et on le retrouvait ordinairement gravissant quelque rochér escarpé ou s’enfoncant dans des bosquets touffus, pour chercher des plantes rares qu'il rangeait systématiquement dans son petit herbier. On lui demanda un jour s’il se sentait de goût pour l'étude de la médecine, et il déclara que c'était là le but de tous ses désirs. Ses maitres prirent les arrangemens nécessaires avec les professeurs de Leipsic, pour lui procurer des lecons gratuites, et à päques 1775 le jeune Hahnemann quitta le college de Meissen et se rendit à l’université, n’ayant pour toute fortune que vingt écus, dernière ressource de ses pauvres parens. Mais en revanche il avait la tète bien pourvue de moyens intellectuels qui suffirent pour lui procurer le nécessaire. Pendant les heures qu'il pouvait prendre sur ses études, il donnait des lecons de francais et d'allemand à un jeune et riche Grec, et la nuit il traduisait des ouvrages anglais et francais. Deux ans après il passa à l’université de Vienne, pour se perfectionner dans la médecine pratique. Ce

fut ici où ıl fit son apprentissage de clinique dans

l'hôpital des frères de la charité, et où il devint l’écolier favorit du célèbre Docteur Quarin, médecin de

l'Empereur. Mais une année ne s'était pas encore écoulée que sa pauvreté ne lui permit plus d'exister dans une ville aussi chère. Ce fut alors que le Baron de Brukenthal, gouverneur de la province de Transylvanie, lui fit l'offre de l'accompagner à Hermannstadt comme médecin de sa maison et inspecteur de sa grande bibliothèque. Hahnemann ne demandait pas mieux, et le voilà donc campe au milieu d’une population hongroise dont il fallut étudier la langue et les moeurs. Ce fut ici que Hahnemann mit en pratique les connaissances qu'il s'était acquises à Leipsic et à Vienne, et quil amassa aussi un petit patrimoine qui le mit en état d'achever ses études. En 1778 il revint en Allemagne et se rendit à luniversité d’Erlangen, où il fut créé docteur en médecine le 10 Août 1779.

L'amour de la patrie le ramena en Saxe, où il s'établit d’abord dans une petite ville, puis à Dresde. Il fut heureux dans sa pratique, et même bien plus heureux que plusieurs médecins célèbres de ce temps; car son bon sens le portait toujours à la simplicité et à la prudence dans le choix et dans l’administration de ses remèdes. Il joignait à l'érudition la plus vaste une réflexion profonde et un esprit éminemment observateur. Son talent distingué pour la chymie lui fit faire plusieurs découvertes intéressantes; on connait bien son épreuve du vin et le mercurius solubilis Hahnemanni.

Cependant il se sentait mécontent de lui-même et de l’art médical: il reconnaissait l'insuffisance de toutes ses différentes méthodes curatives, adoptées par

mime

l'école, et voyait que les promesses de la théorie étaient désavouées par les succès de Ja pratique. Penétré de cette conviction, il lui parut impossible d’exercer plus longtemps son état de médecin avant d’avoir trouvé les véritables principes de l’art de guérir, et:il résolut fermement de renoncer plutôt à jamais à sa vocation, que d'agir contre les arrêts de sa conscience. Il quitta Dresde, et se retira à Leipsic, pour s’y livrer entièrement à ses recherches et ses méditations. Pour pouvoir subsister il fallut bien avoir recours en même temps à la traduction d'ouvrages francais et anglais. Ce fut en 1790 qu'il traduisit la matière médicale du célèbre Docteur Cullen. En lisant les diverses explications qui s’y trouvaient sur la vertu fébrifuge du quinquina, il se mit en colère contre toutes ces hypothèses bizarres qui lui faisaient tourner la tête. „Tranchons le noeud, secria-t-il, j’essaierai le quinquina sur moi-même, et j observerai l’effet qu’il me fera!“ Aussitöt il prit une forte dose de cette écorce, et le même jour il eut un acces completdefievre intermittente. Jamais homme n’a été si enchanté d’avoir échappé à une maladie que ne le fut alors Hahnemann de s’en être donné une. „Comment, se dit-il, le quinquina m'a donné „une fièvre intermittente à moi qui me portais bien, „et il la chasse aux malades qui en souffrent? N'y „aurait-il pas ici connexité de cause et d'effet? Mais „ne précipitons pas notre jugement, multiplions les „essais avec soin et persévérance!“ Une nouvelle carrière s'ouvre à ses recherches: la nature et l'expérience seront ses guides. Des obstacles et des difficultes innombrables lui disputent chaque pas qu'il fait tout seul sur cette route solitaire. Il s'élève d’un

degré de certitude à l’autre, perce la nuit des brouillards et voit enfin briller lastre de la vérité qui doit répandre ses rayons bienfaisans sur l'humanité souffrante !

Ce fut ainsi qu'il essaya sur lui-même et quelques autres personnes saines un nombre considérable de médicamens efficaces connus comme specidques contre telle ou telle maladie; et toujours le résultat fut-il: „que le médicament produisit des symptômes semblables à ceux qu’il avait coutume d’anéantir dans le corps malade.“ Mais outre la souffrance contre laquelle le remède servait de spécifique, il trouvait encore une foule d’autres accidens et douleurs, et même une telle richesse d'effets médicinaux dont la matière médicale ordinaire n'avait eu aucun pressentiment. Il parcourut alors le vaste labyrinthe des meilleurs observateurs anciens et modernes sur les effets médicinaux des remèdes simples ainsi que les histoires des empoisonnemens avec des substances médicinales héroïques. Son attente ne fut pas frustrée, car il vit avec plaisir que les remarques de tous ces observateurs anciens et modernes confirmaient parfaitement les symptômes que lui avaient donnés ses propres essais. Alors il ne douta plus qu'il n’eüt découvert une nouvelle méthode curative, plus certaine et plus parfaite que celles que lui avaient transmises ses maitres, méthode dont le principe fondamental n'était autre que: „La maladie est guérie de la manière la plus directe et la plus parfaite par un remède capable de produire dans un corps sain une affection artificielle aussi semblable que possible à celle qu’il s’agit d’anéantir!* — Brülant du désir de réaliser

cette idée par le fait, il rentra aussitôt en pratique et les succès les plus brillans constaterent la vérité de son principe.

Ce fut en 1796 que Hahnemann publia pour la premiere fois sa decouverte dans le Journal de medecine du celebre Docteur Hufeland. En 1805 parurent les premices de sa matiere medicale sous le titre: Fragmenta de viribus medicamentorum positivis sive in corpore humano sano obvüs, Tom. I. et II. Cet ouvrage fut suivi en 1806 d’un traité: „La médecine fondée sur l'expérience,“ qui renfermait les principes élémentaires de la nouvelle méthode curative. (Cet écrit servit de base à la première édition de / Organon ?) de l’art de guérir, qui parut en 1810. Des éditions revues, corrigées et augmentées de l’Organon ont été publiées en 1819, 1824 et 1829. — Ce fut dans ce livre que Hahnemann employa pour la première fois le terme homéopathie, formé des mots grecs naÿog, affection, et öuoiov, semblable, car le principe fondamental de sa méthode curative repose sur la similitude entre l’affection artificielle ou médicinale et l’affection naturelle quil s’agit de guérir.

Depuis 1811 à 1821 parurent les six volumes de la Matière medicale de Hahnemann, autre ouvrage important et constitutif de la nouvelle doctrine. L’auteur la nomma Matière médicale pure (Reine Arzneimiltellehre), parce quelle était née des essais purs de médicamens simples sur des hommes sains, essais qui lui ont donné la connaissance des

1) Le mot grec organon désigne tout instrument propre à travailler une matière.

effets positifs des remèdes, au lieu que leur usage dans le corps malade nous offre une combinaison des symptômes médicinaux et des symptômes de la maladie. Au commencement Hahnemann avait été le seul qui s'était occupé de cette recherche des effets spécifiques des médicamens. Établi depuis 1812 à l’université de Leipsic et ayant ouvert un cours de médecine d’après son Organon, il fut environné d'un cercle de jeunes étudians qui se preterent avec enthousiasme à ces essais et dont les noms se trouvent inscrits dans la Matière médicale. Dans des temps postérieurs plusieurs médecins éclairés ont uni leurs efforts à ceux de Hahnemann pour compléter le magazin des médicamens à l’usage de la nouvelle méthode. La première édition de la Matière médicale pure fut à peine achevée, qu'il en fallut faire une seconde qui parut de 1822 à 1827, enrichie d’une infinité de nouvelles observations. La série des symptômes de chaque médicament est précédée d’une préface dans laquelle l’auteur indique la manière de préparer le reınede, la durée de son efficacité, les antidotes propres à modifier et anéantir les effets nuisibles d’une trop forte dose etc. etc. —

Comme personne ne peut exercer la méthode homéopathique sans avoir sous les yeux la Matière médicale pure, il était essentiel de mettre cet ouvrage à la portée des étrangers qui ne savent pas l'Allemand. En effet, on s’est occupé de réaliser ce projet depuis l'année 1824. Deux volumes ont été déjà traduits en Latin par les Docteurs Stapf, Gross, Trinks, Schönke et par moi-même; trois volumes ont été transmis en Italien par le Docteur Romano à Naples; enfin, un extrait français complet de tous les six volumes a été

donné par le Docteur Bigel, médecin du Grand-Duc Constantin à Varsovie.

Le monde médical, ainsi que les laïques, ne prirent au commencement presqu’aucun intérêt à la grande découverte de Hahnemann. Le système de Brown qui venait alors d’être introduit dans la médecine allemande, s'était tellement emparé des esprits et avait tellement animé les factions, qu'on ne se donnait pas le temps de s'occuper d’autre chose. Mais à peine l’Organon fut-il publié, qu'il s’éleva un combat à mort contre la nouvelle doctrine, combat qui dure encore jusqu’à ce jour. Nous allons exposer dans le troisième chapitre de ce traité les objections principales qui ont été faites à la théorie homéopathique, car elles ne sauraient être bien comprises sans avoir lu auparavant les principes élémentaires de cette doctrine, auxquels sera consacré le deuxième chapitre.

Hahnemann resta à Leipsic jusqu’à l’année 1820 où les persécutions de ses ennemis l’obligerent de quitter la Saxe. Voici le fait qui le décida à s’expatrier. Le fondateur de l’homéopathie réclamait l’ancienne prérogative de sa profession, de préparer et d’administrer lui-même les remèdes destinés à ses malades. Il ne voulait pas permettre que des mains étrangéres se mélassent d’un acte qu'il regardait comme une attribution nécessaire et sacrée du médecin. La gloire de son art et la santé de ses malades lui tenaient trop à coeur, pour mettre l’une et l’autre à la discrétion d'un troisième, qui non seulement n’avait aucun intéret au succès de la nouvelle méthode, mais qui devait même la craindre, parce qu’elle diminue d’une manière incroyable la consommation des drogues. Cependant les lois de la Saxe, ainsi que celles des autres états

ren

d'Allemagne, ordonnent que le médecin se borne à écrire la recette et qu’il fasse préparer le remède par le pharmacien privilégié. Or les pharmaciens de Leipsic s'appuyant sur cette loi, et les médecins adversaires de l’homéopathie faisant cause commune avec eux, le gouvernement défendit au Docteur Hahnemann de préparer et d’administrer lui-même ses remèdes. Hahnemann obéit; mais ne pouvant continuer sa pratique sous les conditions données, il cessa entièrement de l'exercer et en avertit franchement le public. — Quelques mois après le Duc d’Anhalt-Köthen offrit un asyle au vénérable auteur de l’Organon, et lui permit le libre exercice de sa méthode curative. Hahnemann accepta aussitôt cette offre généreuse et se rendit à Köthen, résidence du Duc, qui en 1821 le nomma son Conseiller de Cour. — Arme d'un zèle infatigable, le fondateur de l’homéopathie n’a pas cessé depuis de travailler à la perfection de son art salutaire. Le fruit de ces travaux fut son ouvrage important sur les maladies chroniques, qui parut en 1828 sous le titre: „Die chronischen Krankheiten, ihre eigenthümliche Natur und homöopathische Heilung, Dresden bei Arnold, 1523 — 1830, IF Bände.“ Le premier volume developpe la nature des maladies chroniques et les regles generales de leur traitement homeopathique; les trois autres volumes renferment les remedes propres à combattre les dites souffrances.

L’exil volontaire de Habnemann, bien loin d’abattre le courage des adhérens de la nouvelle doctrine, ne fit que ranimer leur zèle et rallier leurs efforts En 1822 plusieurs de ses anciens disciples formerent le plan de publier un journal périodique, destiné à perfectionner et à propager la méthode curative ho-

méopathique. Le Docteur Stapf à Naumbourg, médecin distingué sous tous les rapports, en devint le rédacteur. Il a paru jusqu'à présent huit volumes dont chacun se compose de trois cahiers. Les Collaborateurs de ce journal y font le récit de cures remarquables opérées d’après les principes de la nouvelle doctrine ; ils y exposent leurs découvertes sur les effets spécifiques des médicamens, trouvées par des essais sur eux-mêmes et sur d’autres hommes sains; ils traitent divers objets concernant la theorie comme la pratique du nouvel art de guérir, et réfutent les écrits de ses adversaires etc. etc. — Les Archives du Docteur Stapf ont infiniment contribué à répandre la connaissance de la nouvelle méthode curative dans les pays étrangers, et on peut bien dire, que l’année 1822 ouvre une nouvelle ère pour l’homéopathie. Ce journal intéressant a des collaborateurs non seulement dans les différentes contrées de l'Allemagne, mais aussi en Pologne, en Prusse, en Russie, en Hongrie et en Italie,

- En 1824 parut ma première traduction francaise de l’Organon ainsi que celle d’un autre petit écrit de Hahnemann: Sur les effets nuisibles du café. Parmi les plus belles conquêtes que j'aie pu faire par mon travail, je compte l’acquisition du Docteur Bigel à Varsovie comme ami et défenseur du nouvel art de guérir. Il est nécessaire que je. m’arrete un peu à sa personne, car ses ouvrages étant écrits en langue francaise, intéresseront davantage tous ceux qui ne savent pas l'Allemand. Mr. Bigel, Francais d’origine et élève de l’université de Strasbourg, a pratiqué la médecine depuis 30 ans en Russie, où il a été élevé au rang

d’As-

d’Assesseur de college et choisi membre de l'académie de médecine de St. Petersbourg. Ayant été depuis nommé médecin du Grand Duc Constantin à Varsovie, il est devenu le fondateur de l’homéopathie dans cette capitale, et a contribué infiniment à sa propagation dans toute l’Europe par son Examen théorique et pratique de la méthode curative du Dr. Hahnemann, 3 volumes in Svo, à Varsovie, 1827, chez Glücksberg. Cet ouvrage intéressant contient dans son ler volume et dans la première moitié du 2ième huit Dissertations sur les matières les plus importantes de la nouvelle doctrine et plus de cent narrations de cures homéopathiques ; l’autre moitié du 2ième volume et le 3ieme tout entier renferment un extrait complet des médicamens contenus dans la matière médicale de Hahnemann et dans les Archives de Stapf. Tous les médecins étrangers qui ne savent pas l'Allemand, se trouvent donc à présent en état de faire des essais homéopathiques, et je les invite avec instance à acheter et à étudier l'excellent ouvrage du Dr. Bigel, qui unit l'élégance du style à la profondeur des conceptions et à l’évidence des applications pratiques. |

En Russie, ce fut sur-tout le Dr. et Conseiller d'état Mr. Stegemann, médecin de quarante ans de pratique, qui porta un vif intérêt à I’homeopathie et la fit connaitre et apprécier en Esthonie, Livonie ‘et Courlande. Il y a aussi plusieurs médecins homeopathiques à St. Petersbourg, où le gouvernement a fait essayer récemment la nouvelle méthode dans un des premiers hôpitaux de cette capitale.

En l’année 1820 le Docteur Necher, médecin alle-

mand, qui accompagnait le Général Koller avec les #%

armées d'Autriche à Naples, y. devint le fondateur d’une école homéopathique. Le Dr. Cosmo de; Horatiis, médecin du Roi, ainsi que les Docteurs Mauro, Romano, et quelques autres furent initiés par lui dans la pratique de la nouvelle méthode curative. Romano, comme nous avons dit précédemment, a déjà traduit trois volumes de la Matière médicale de Hahnemann: l’Organon a-été transmis en italien par le Professeur Bernardo Guaranta. Au commencement de l’année 1829 le Roi de Naples a décrété, qu'une commission de médecins homéopathiques fasse des essais continués dans un des plus grands hôpitaux de la résidence. Mr. Necher est actuellement attaché à la personne du Duc de Lucques, et ce Prince vient de fonder aussi dans sa capitale une clinique homéopathique.

Nous avons déjà dit que l’homéopathie avait de nombreux adhérens en Hongrie; elle en a même en Bosnie et en Macédoine. Les premiers médecins hongrois qui se rangerent parmi les collaborateurs des Archives de Stapf, furent M. M.les Docteurs de Sonnenberg et de Pleyel à Brood en Slavonie.

Il s'entend que l'Allemagne, pays natal de la nouvelle méthode curative, est celui où elle est le plus cultivée. La littérature de l’homéopathie s’enrichit de jour en jour, et il nous faudrait remplir une feuille entière, pour. citer tous. les grands et petits écrits qui s’y rapportent. Mais il n'entre pas dans notre plan d’ennuyer nos lecteurs par des citations accumulées; ceux qui savent l'Allemand et qui désirent connaitre toute la littérature homéopathique, pourront consulter les Archives du Dr. Stapf qui tiennent registre exact de tous les nouveaux ouvrages tant pour que contre la théorie de Hahnemann.

Nous finissons ici cet aperçu historique, pour passer à la seconde partie de notre traité qui présentera sous un cadre resserré les dogmes essentiels de la nouvelle doctrine.

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