‹ Organon de l'art de guérirChapitre 31 sur 52 · Chapitre JT · texte numérisé non relu

Chapitre JT

Des maladies, des médicamens et des trois méthodes curatives possibles.

Saal:

L. premiere et unique vocation du medecin est de rétablir la santé des personnes malades; c'est ce que l'on nomme guérir ').

1) Mais non pas (comme tant de médecins avides de gloire ont fait jusqu'à présent, en prodiguant inutilement leur temps et leurs forces) à bâtir des systèmes sur des idées et des hypothèses vaines de l’essence intérieure du procédé vital et sur la pathogénésie, ou à faire d'innombrables essais d'expliquer les symptômes des maladies et leur dernière cause, qui nous resta toujours cachée etc. etc., en enveloppant tout cela dans des paroles inintelligibles et dans un fatras de phrases abstraites, qui doivent paraître savantes, pour étonner lignorant, tandis que le monde malade soupire euvain après des secours. Pour ces reveries savantes, que l’on nomme médecine théorique et pour lesquelles on a même établi des chaires particulières, nous en avons justement assez à présent, et il est bien temps, que tous ceux qui se disent médecins, finissent une fois de tromper les pauvres mortels par de tels radotages, et qu’ils commencent d’agir, c. à d. de secourir et de guérir réellement les hommes.

Le dernier idéal de la guérison consiste à rétablir la santé d’une manière rapide, douce et durable, ou d'enlever et d’anéantir la maladie dans toute son étendue par la voie la plus courte, la plus sûre et la plus innocente, d’après des raisons claires et intelligibles.

Pour agir raisonnablement et conformément à son but, et pour être un véritable artiste dans l’art de guérir, il y a quatre choses nécessaires au médecin, savoir: 1) d'entendre clairement ce qu’il y a à guérir dans chaque cas de maladie (connaissance de la maladie, indication); 2) de connaitre les qualités curatives des différens remèdes (connaissance des vertus médicinales); 3) de savoir appliquer d’après des raisons claires le remède à l’objet de la guérison, de facon que le rétablissement s’ensuive nécessairement, application qui exige autant un juste choix des médicamens euxmêmes, qu'une juste mesure de la dose et du temps de sa répétition; enfin 4) de connaître dans chaque cas les obstacles de la guérison, et de savoir les écarter, pour que le rétablissement soit durable.

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