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Les puissances ennemies, tant physiques que psychiques, qui nous attaquent dans cette vie terrestre et que l’on nomme influences nuisibles et morbifiques, ne possèdent pas une faculté absolue d’altérer !) notre santé. L'organisme humain ne peut tomber par elles dans l’état de maladie, que quand il se trouve, dans une disposition particulière à en être affecté; or, elles ne rendent malade ni tous les hommes, ni chaque individu en tout temps.
te & TL) Quand je dis, que la maladie altère l’état de santé, je ne prétends nullement donner par là une explication hyperphysique de la uature intérieure des maladies en général ou d'un cas individuel de maladie. Je veux seulement désigner par ce terme ce que les maladies (comme je l'ai prouvé) ne sont pas et ne peuvent être, c. à d. des changemens mécaniques ou chymiques de la substance matérielle du corps, et qu’elles ne dépendent pas d’une matière morbifique, mais qu'elles sont des modifications dynamiques de notre existence.
Mais il en est tout autremeut des puissances morbifiques, artificielles, que nous nommons medicamens. ‘Tout médicament véritable influe en
tout temps et dans toutes les circonstances sur chaque individu, et excite en lui les symptômes qui lui sont propres, (même clairement perceptibles aux sens, si la dose était assez grande), de facon que chaque organisme humain est absolument attaqué et pour ainsi dire infecté de la maladie medicinale, ce qui, comme je l'ai dit, n’est point du tout le cas dans les maladies naturelles.
Ge 28:
Il s'ensuit donc de toutes les expériences, que le corps humain est bien plus susceptible et bien plus enclin à être irrité et à éprouver une altération de santé de la part des medicamens que par d’autres influences nuisibles et par des miasmes infectans, ou, ce qui est la même chose, que les influences nuisibles non-medicinales ont un pouvoir morbifique subordonné et très-relatif, mais que les facultés médicinales ont un pouvoir morbifique absolu et bien supérieur à celui des premières.
Cependant la force supérieure des maladies artificielles, qu'il faut produire par des médicamens, n’est pas la seule condition de leur faculté de guérir les maladies naturelles. Il est également nécessaire que la maladie artilicielle soit aussi semblable que possible à la maladie naturelle; car ce n’est que par cette ressemblance jointe à la force supérieure, que la maladie artificielle peut se substituer à la maladie naturelle et l’anéantir de cette facon, Cela est si vrai, que la nature elle-même ne saurait pas plus guérir une maladie antérieure en y ajoutant une nouvelle maladie dissemblable, quelque forte quelle fût, qu'il n’est possible au médecin
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de guerir une maladie par des medicamens produisant une affection dissemblable dans un corps sain. $. 30.
Pour expliquer ceci, nous allons voir dans trois cas différens tant le procédé de la nature dans deux maladies naturelles dissemblables, en conflit dans le même corps, que l'effet ‘du traitement ordinaire des maladies par des remèdes allopathiques, c. à d. par des médicamens incapables de produire un état de maladie artificielle semblable à la maladie à guérir. Il s’ensuivra, que ni la nature elle-même, en produisant une autre maladie non-homéopathique, même plus forte, ni le médecin, en employant un remède non-homéopathique, quelque fort qu'il soit, ne pourront jamais guérir une maladie chronique ou très-violente.
t Sog].
J. Si les deux maladies dissemblables, qui concourent dans le même individu, ontune force égale, ou si la maladie antérieure est la plus forte, la maladie postérieure sera repoussée par la maladie antérieure; p. ex. ‘un homme qui souffre déjà d’une maladie grave chronique, ne sera pas infecté d’une dyssenterie automnale modique ou d’une autre épidemie pareille. La peste du Levant, d'après Larrey *), ne vient pas dans les endroits ou régne le scorbut, et les personnes qui ont des dartres, n’en sont non plus attaquées. Le rachitis, selon Jenner, empêche l'effet de la vaccination. Des personnes qui souffrent de la pulmonie ulcereuse, ne sont pas infectées par des fièvres épidémiques, quand elles ne sont pas trop violentes, d’après Hi/debrand.
1) Mémoires et observations, dans la description de l’E-
gypte, tom. I.