‹ Organon de l'art de guérirChapitre 35 sur 52 · LE · texte numérisé non relu

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De même une cure allopathique, qui n’est pas trop violente, füt-elle. même continuée pendant plusieurs années, ne peut guérir un vieux mal chronique. La maladie reste la même, car on la traite avec des médicamens qui ne peuvent pas exciter dans un corps sain une affection semblable à la souffrance naturelle. On voit cela tous les jours dans la pratique, et il n’est pas nécessaire de confirmer cette vérité par des exemples.

II. Le second cas est celui, où la nouvelle maladie dissemblabie se trouve plus forte que l’ancienne maladie. Dans ce cas la maladie antérieure est suspendue par la maladie survenue, jusqu'à ce que celle-ci soit passée ou guérie; mais alors elle reparait de nouveau. — Deux enfans sujets à l’épilepsie étant, infectés de la teigne, furent exempts des attaques épileptiques; mais aussitôt que la föigne fut passée, l’épilepsie reparut, ainsi que Zulpius *) Ya observé. — La gale, comme Schoepf ?) l'a vu, disparut pendant tout le temps que le malade fut infecté du scorbut, mais elle se montra de nouveau après que le scorbut eut été guéri — Une pulmonie ulcéreuse s’arreta, lorsque le malade fut accablé d’un violent typhus, mais elle continua son cours dès que le temps du typhus fut écoulé). — Quand la manie survient à la pulmonie ulcéreuse, cette dernière semble être anéantie avec tous ses symptômes; mais dès que la manie est passée, la pulmonie reparait et tue le malade #). — Quand la rougeole et la petite vérole régnent ensemble, et

quand toutes les deux ont attaqué le même enfant, la rougeole, étant déjà sortie, se trouve pour l’ordipaire arrêtée dans son cours, lorsque la petite vérole vient d’eclater, et ne le reprend qu'après que celle-ci est guérie. Mais souvent aussi, comme Manget °) le remarque, la petite vérole ayant été inoculée et: étant déjà Sortie, fut suspendue pendant quatre jours par l’eruption de la rougeole, et ne continua son cours qu'après que celle-ci se fut écaillée. Dans le cas même où l’inoculation de la petite vérole avait déjà opéré depuis six jours, l’inflammation, qui en était resultée, s’arrêta, lorsque la rougeole eut éclaté, et la petite vérole ne reparut pas avant que celle-ci n’eut termine son: cours de sept jours). Dans un autre cas, où l’on avait inoculé la petite vérole à plusieurs personnes, pendant que la rougeole régnait dans le même endroit, quatre ou cinq jours après linoculation la rougeole éclata chez ‘plusieurs de ces personnes, et empêcha l’éruption de la petite vérole jusqu’à ce qu’elle eut terminé son cours; alors la petite verole se montra et fut benigne’). — La véritable fièvre scarlatine ®), lisse, érysipélateuse et jointe à l’angine, fut arrêtée le quatrième jour par l'éruption de la vaccine, et ce ne fut qu'après que celle-ci fut passée, que la fièvre scarlatine reparut de nouveau. Mais de méme la vaccine fut suspendue le huitième jour par l’eruption de la véritable fièvre scarlatiné, de facon que son aréole rouge disparut, jusqu’à ce que la fievre scarlatine se fut écoulée; puis la vaccine termina son cours régulier °); (il parait donc que ces deux maladies sont de même force). — La rougeole suspendit aussi la vaccine; le huitième jour après que

la vaccine eut atteint sa perfection, la rougeole éclata; la vaccine s'arrêta dès ce moment, et ce ne fut qu'après la desquamation de la rougeole, que la vaccine acheva son cours, de facon que ses pustules avaient le seixième jour l'air que dans la règle elles ont le dixième, ainsi que Kortum l'a observé LR — L'inoculation de la vaccine fut encore efficace après que la rougeole avait déjà éclaté, mais ce ne fut que lorsque la rougeole fut passée, que la vaccine réprit son cours, comme le même ÆKortum 1) nous latteste. — J’ai vu disparaitre moi-même une angine des parotides (angina parotidea) aussitôt que l’inoculation de la vaccine eut opéré et se fut ‚approchee de sa perfection; ce ne fut que lorsque la vaccine eut fini tout son cours et que l’aréole de ses pustules eut disparu, que cette tumeur des: oreilles, des parotides et des glandes maxillaires inférieures, qui repose sur un miasme: particulier, revint et fit son cours régulier de sept jours. —

Il en est ainsi de toutes les maladies denen bles; la plus forte suspend la ınoins forte, (à moins qu’elles ne se compliquent pas ensemble, chose rare ‚dans les maladies aiguës), mais elles ne se guerissent jamais l’une l’autre.

1) Observ., lib. L, obs. 8

2) Hufeland’s Journal, XV., n.

3) Chevalier, dans: Hufeland’s neueste Annalen der französischen Heilkunde, IL, p. 192.

4) „Mania phthisi superveniens eam cum omnibus suis phae- „nomenis auffert, verum mox redit phthisis et occidit, abeunte „mania.” Voy. Reil, Memorabil. Fascic. IIL, v., p. 177.

5) Dans: Edinb. medic. Comment., Th. IL, 1.

6) John Hunter, über die venerischen Krankheiten, p. 5.

7) Rainey, dans: Medic. comment. of Edinburgh, III., p. 480.

8) Cette fièvre scarlatine véritable a.été fort bien décrite par Sydenham, Witheri.g et Plencitz, et elle .est bien différente de la fièvre miliaire pourprée. que l’on a aussi coutume de nommer fièvre scarlatine.

9) Jenner, dans: Medie. Annalen, 1800, Aug. » p.747. 10) Hufeland’s Journal der praktischen eat IX, ur, p. 50.

11) Loe. cit.

L'art médical, pendant tant de siècles, a été spectateur de tout cela; il a vu, que la nature elle-même ne peut guérir une maladie, eu lui ajoutant une nouvelle, quelque forte qu’elle soit, si cette maladie survenue est dissemblable à celle qui a déjà saisi le corps. Que doit-on penser de: cet art, qui continua cependant de traiter les maladies chroniques. par des cures allopathiques, c. à d. avec des médicamens et des récettes qui, dans la règle, ne pouvaient produire de leur: chef qu'un état de maladie dissemblable de celui de la maladie naturelle? Quand méme les médecins n’observaient pas les effets purs des medicamens, ils auraient pourtant dû comprendre par les tristes effets de leurs procédés, qü'ils suivaient une route fausse et contraire au but. Ne voyaient-ils donc pas, qu’en employant une cure allopathique violente contre un mal chronique, ils ne faisaient que créer une maladie artificielle, qui ne pouvait appaiser le mal originaire qu’aussi longtemps qu’on la faisait durer? Ne voyaient-ils donc pas, que ce mal ‘originaire, qui n’avait été que suspendu et supprimé, revenait toujours dès que la défaillance des forces du malade ne permettait plus de continuer les attaques allopathiques sur sa vie. C’est ainsi que par des purgatifs violens et réitérés l’exantheme de la gale dispa-

rait

rait bientöt de la peau; mais quand le malade ne peut plus soutenir la maladie artificielle qu'on a produite violemment dans ses boyaux (maladie dissemblable à la gale) c. à d. quand il ne peut plus prendre les purgatifs, alors l’exantheme renait comme auparavant, ou bien la maladie psorique intérieure développe quelque autre symptôme malin, et l'infortuné malade souffre par dessus le marché d’un dérangement douloureux dans les organes de la digestion et d'un grand affaiblissement des forces. Il en est de même quand les médecins entretiennent des ulcères artificiels et des cautères à la surface du corps, pour anéantir une maladie chronique. Jamais ils ne pourront atteindre par là leur but; parce que de pareils ulcères artificiels à la peau sont des choses tout-àfait étrangères et allopathiques par rapport à la souffrance intérieure. Cependant, comme l'irritation produite par plusieurs cautères est souvent un mal plus fort que la maladie naturelle, celleci peut être parfois appaisée et suspendue par là; mais seulement suspendue, dis-je, et à la vérité en épuisant insensiblement les forces du malade. Une épilepsie supprimée pendant plusieurs années par des cautères, reparut toujours et pire encore, dès qu'on laissa les cauteres se fermer, ainsi que Pechlin‘) et d’autres nous lattestent. Mais les purgatifs, par rapport à la gale, et les cauteres, par rapport à l’épilepsie, ne sont pas des remèdes plus étrangers et plus allopathiques, que ces récettes composées dingrediens inconnus et ramassés au hazard, ne sont étrangères à toutes les autres maladies innom-

brables. Celles-ci ne font aussi qu'affaiblir, suspen-

dre et supprimer le mal pour quelque temps, sans pouvoir le guérir; souvent même il résulte de leur long usage une nouvelle maladie, qui s'allie à l’an-

cicnne.

1) Obs. phys. med., lib. 2., obs. 30.

| JII. Le troisième cas est celui, où la nouvelle maladie, après avoir longtemps influé sur l’organisme, s’allie enfin à l’ancienne maladie dissemblable, et forme avec elle une maladie compliquée, de facon que chacune d'elles occupe une partie isolée du corps, c. à d. les parties et les organes qui lui conviennent principalement, en abandonnant à l’autre maladie ceux qui, de son côté, lui sont propres. (C’est ainsi qu'un malade vénérien peut encore devenir galeux et vice versa. Au commencement, quand la gale domine, les symptômes vénériens sont suspendus, mais avec le temps, lorsque la maladie vénérienne est devenue au moins aussi forte que la gale, les deux maladies s’allient l’une à l’autre, c. à d. chacune occupe les parties de l'organisme qui lui sont propres !), et la personne infectée est donc devenue par là plus malade et plus difficile à guérir.

En cas de concurrence de deux maladies aiguës contagieuses, p. ex. de la petite verole et de la rougeole, l’une est pour l’ordinaire suspendue par l'autre, comme je l'ai déjà dit auparavant; mais il y a aussi des épidémies violentes de cette espèce, où, dans des cas rares, deux maladies dissemblables se montrent simultanément dans le même corps et se compliquent ainsi pour peu de temps. Dans

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