BR
une épidémie où la petite verole et la rougeole regnaient ensemble, il y eut bien 300 cas, où ces maladies s’eviterent ou se suspendirent l’une l’autre, et où la rougeole n’attaqua les hommes que 20 jours après l’eruption de la petite vérole, et la petite vérole que 17 à 18 jours après l’eruption de la rougeole, de facon que la première maladie était tout à fait écoulée, lorsque la seconde se montrait. Mais parmi 300 cas pareils il y en eut pourtant un seul, où P. Russel ?) remarqua ces deux maladies dissemblables simultanément dans la même personne. Raïney 3) observa sur deux filles la complication de la petite vérole avec la rougeole. Jean Maurice *) dit n'avoir remarqué que deux cas pareils dans toute sa pratique. On trouve aussi de tels cas dans Eitmüller >) et quelques autres — Zencker 5) vit, que la vaccine continuait son cours régulier conjointement avec la rougeole et la fièvre miliaire pourpree. La vaccine continua aussi son cours pendant une cure mercurielle, ainsi que Jenner
l'a observé.
1) J'ai été entièrement persuadé par des essais et des guérisons exactes, que j'ai faites de cette espèce de maladies compliquées, que ce n’est pas une amalgamation de deux maladies, mais que l’une existe simultanément avec l’autre dans l’organisme, chacune dans les parties qui Jui conviennent particulièrement. Car la guérison de celte maladie compliquée est parfaitement effectuée quand on alterne, suivant les circonstances, avec les meilleures préparations mercurielles et les remèdes antipsoriques convenables, en donnant chaque remède dans les doses et dans les préparations les plus conformes au cas existant.
2) Transactions of a society for the improvement of medie. and chirurg. knowl., I.
3) Dans: Medie. Commentar. von Edinburgh, IE, p. 480.
4) Dans: Medie. and phys. journ., 1805.
5) Opera, IL, P. L, cap. 10.
6) Dans: Hufeland’s Journal, XV.
Les complications de maladies qui résultent du long usage de médicamens non-convenables, sont encore bien plus fréquentes que les complications de maladies naturelles. Car, en répétant continuellement de pareilles remèdes, on produit à la fin un état de maladie artificiel qui répond aux qualités propres et spécifiques de ces remèdes. Mais ces souffrances artificielles, ne pouvant guérir la maladie chronique dissemblable par une irritation homéopathique, elles se joignent à elle et ajoutent une nouvelle maladie chronique artificielle à l’ancienne affection naturelle, de facon que la personne souffrante, qui jusqu'alors n'était que simplement malade, le devient doublement et que la guérison est bien plus difficile. On peut ici appliquer plusieurs cas exposés dans des journaux de médecine pour servir à des consultations, ainsi que d’autres récits de maladie que l’on trouve dans les écrits des médecins. De cette espèce sont encore les cas fréquens où la maladie venerienne, (surtout la maladie vénérienne compliquée avec la psore ou avec la sycosis), ayant été traitée longtemps et à plusieurs reprises avec des préparations mercurielles inconvenantes, n’est nullement guérie, mais existe simultanément avec la cachexie chronique artificielle, produite par le mercure !), et forme avec elle une maladie compliquée monstrueuse, (nommée pour l'ordinaire maladie vénérienne masquée), qui ne peut être changée en état de santé qu'avec la plus
mr sms
grande difficulté, quand même elle ne serait pas toutà-fait incurable.
1) Car le mercure, outre les symptômes qui ressemblent à la maladie vénérienne et qui la peuvent guérir homéopathiquement, en produit encore bien d’autres qui diffèrent des effets syphilitiques, et qui, le mercure étant administré en grandes doses, font les ravages les plus terribles, surtout dans les maladies compliquées avec la psore.
La nature elle-même, comme je l’ai dit, permet quelquefois la complication de deux maladies naturelles dans le même corps. Mais cette complication n’arrive que par la concurrence de deux maladies dissemblables, qui, d’après les lois éternelles de la nature, ne peuvent s’anéantir et se guérir réciproquement, et elle arrive, à ce qu'il paraît, de facon que ces deux maladies se partagent pour ainsi dire l'organisme, en occupant chacune les parties qui lui conviennent de préférence; ce qui peut bien se faire à cause de la dissemblance de ces maux, sans nuire à l'unité de notre existence.
Mais la maladie se montre tout autrement par rapport à deux maladies semblables, c. à d. quand à la maladie existante il en survient une autre plus forte, mais qui lui est analogue. C’est ici que la nature indique, comment elle peut guérir elle-même les maladies, et comment elle veut qu’elles soient guéries par nous.
Ces deux maladies semblables ne peuvent ni se repousser l’une l’autre, (comme il est dit des maladies dissemblables dans le cas No. I), ni se sus-
pendre réciproquement, (comme je lai demontré par rapport aux maladies dans le cas No. IL), ni exister l’une à côté de l’autre dans le même organisme et former une maladie compliquée (comme je l'ai indiqué des maladies dissemblables dans le cas No. IIT.).
Non, deux maladies, qui, bien que différentes par rapport à leur essence, (voy. $. 21. Note), se ressemblent extrêmement par rapport à leurs effets, c. à d, par rapport aux souffrances et aux symptômes qu’elles produisent, s’anéantissent toujours quand elles concourent dans le même organisme, savoir que la maladie la plus forte détruit la moins forte. La cause n’en est pas difficile à deviner. Deux maladies dissemblables pouvaient exister simultanément dans le même corps, parce que leur dissemblance leur permettait d'occuper des places différentes dans l'organisme. Mais ici la maladie plus forte qui survient, occupe les mêmes parties du corps et attaque les mêmes organes de l'activité et de la sensibilité, déjà attaqués par l’ancienne maladie. Il est donc impossible qu’elle existe à côté de celleci, mais il faut qu’elle la fasse taire et quelle la détruise, tel que l’image de la flamme d'une lampe est anéantie dans le nerf optique par le rayon du soleil, qui frappe l'oeil avec plus d'énergie. Des que la faculté vitale a été une fois saisie par la nouvelle puissance morbifique, semblable à la première mais plus forte, elle ne se donne plus en prise à l'affection originaire, mais elle reste uniquement affectée de la puis-
sance morbifique postérieure, de facon que la maladie antérieure cesse d'exister.
& Al
On pourrait citer beaucoup d’exemples de mala-
dies, que la nature a guéries homéopathiquement par des maladies qui produisent des maux semblables. Mais pour parler de faits certains et incontestables, il faut nous en tenir uniquement à ces maladies toujours égales, qui naissent d'un miasme stable et méritent par cette raison un nom particulier.
C'est principalement la petite vérole, si fameuse à cause de la quantité et de la violence de ses symptômes, qui a guéri homéopathiquement des maux nombreux par des symptômes semblables.
On sait qu'un des effets les plus communs de la petite vérole est de produire de violentes inflammations aux yeux, qui peuvent même causer la perte de la vue. Ce fut pourtant l'inoculation de la petite verole, qui guérit parfaitement une inflammation chronique des yeux d'après Dezo- Zeux *), et une autre d’après Lerey ?). — Une cécité, qui avait duré pendant deux ans et qui était née d'une suppression de la teigne, cèda toutà-fait à la petite vérole, ainsi que Klein ?) nous J'atteste.
Combien de fois la petite vérole ne produisit-elle pas la surdité et la dyspnée! Ces deux maux chroniques furent donc aussi anéantis par elle, lorsqu'elle eut atteint son plus haut degré, ainsi que J. Fr. Closs *) l'a remarqué.
La tumeur des testicules, même très-violente, est un symptôme fréquent de la petite vérole; c’est pourquoi elle put guérir une tumeur grande et dure du testicule gauche, provenue d’une meurtrissure, comme Klein >) Ya observé, et une