‹ Organon de l'art de guérirChapitre 37 sur 52 · PP ET · texte numérisé non relu

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autre tumeur semblable sous les yeux d’un autre observateur °).

Parmi les effets de la petite vérole se trouve aussi un ténesme dissentérique; elle vainquit donc aussi une dyssenterie selon l'observation de Fr. Wendt’).

Quand apres la vaccine survient la petite verole, elle anéantit celle-ci à l'instant et ne la laisse pas atteindre sa perfection, tant parce quelle est plus forte, que parce qu’elle lui est tres-semblable. Mais quand la vaccine est déjà près de sa maturité, et quand la petite vérole vient alors à éclater, la première diminue et adoucit pourtant homéopathiquement la dernière, ainsi que Mühry $) et beaucoup d’autres nous lattestent.

La lymphe de la vaccine a, outre la qualité de produire ces pustules qui nous garantissent de la petite vérole, encore celle d’exciter un exanthème général d’une autre nature. Ce dernier consiste dans des boutons coniques, qui rarement sont grands et suppurans, mais petits, secs et posés sur de petites taches rouges, entremélés d’autres taches rouges et rondes de la peau. Cet exanthème, accompagné parfois d’une démangeaison violente, se montre chez beaucoup d’enfans plusieurs jours avant, et plus souvent encore après que la vaccine a recu son aréole rouge, et disparait en quelques jours, ne laissant que de petites taches rouges et dures sur la peau. C'est à cause de cet autre miasme, que la vaccine guérit chez les enfans d’une manière parfaite et durable des exanthemes tres-anciens et tres-incommodes, dès que l'inoculation a opéré, ainsi qu'une quantité d’observateurs °) l'ont remarqué.

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La vaccine, qui a le symptöme propre de causer une tumeur au bras!°), a aussi guéri après son éruption un bras enflé et à demi paralysé !!).

La fièvre de la vaccine, qui commence lorsque l’aréole rouge n'ait autour des boutons, a guéri homéopathiquement une fièvre intermittente chez deux personnes, comme ÄHardege le cadet '?) nous le rapporte, pour confirmer ce que J. Hunter 3) avait déjà remarqué, que deux fièvres (semblables) ne peuvent exister ensemble dans le même corps !#).

La rougeole a beaucoup de ressemblance avec la coqueluche, par rapport à la fièvre et à la toux qui lui est propre. C’est pourquoi Dosguil- Jon 5) vit du temps d’une épidémie, où ces deux maladies régnaient ensemble, que beaucoup d’enfans, qui alors avaient eu la rougeole, demeurerent exempts de la coqueluche. Ils en auraient tous été exempts et pour toujours, si la coqueluche n’était pas une maladie qui ne ressemble qu’en partie à la rougeole, c. à d. qui n’est pas accompagnée d'un exanthème semblable à celui de cette dernière maladie. La rougeole ne put donc garantir que plusieurs enfans de la coqueluche et seulement pour la durée de cette épidémie, — Mais quand la rougeole trouve dans le corps une maladie qui lui res-

semble dans son symptôme principal, c. à d. dans l’exanthème, elle peut sans doute l’anéantir et la guérir homéopathiquement. C’est ainsi que des dartres chroniques furent guéries à l'instant d’une manière parfaite et durable par l’eruption de la rougeole, ainsi que Korlum 15) Ya observé. Un exanthème miliaire et ardent au visage, au col et aux bras, qui avait duré pendant six ans et qui se trou-

vait renouvelé par chaque changement du temps, fut métamorphosé par la rougeole en une enflure générale de la peau; la rougeole étant passée, cet exanthème fut parfaitement guéri etne revint jamais !?).

1) Traité de linoculation, p. 189.

2) Heilkunde für Mütter, p. 384.

3) Interpres clinicus, p. 293.

4) Neue Heilart der Kinderpocken, Ulm 1769, p. 68, et Specim. Obs. No. 18.

5) Ibidem.

6) Nov. Act. Nat. Cur., vol. I., obs. 22.

7) Nachricht von dem Krankeninstitut zu Erlangen, 1783.

8) Dans: Robert Willan, über die Kuhpockenimpfung.

9) Surtout Clavier, Hurel et Desormeaux, dans le Bulletin des sciences médicales, publié par les membres du comité central de la société de médecine du Département de l'Eure, 1808; et: dans le Journal de Médecine continué, volume XV. p. 206.

10) Balhorn, dans: Hufeland’s Journal, X., 11.

11) Stevenson, dans: Duncans Annales of Medicine, lustr. IE, vol. L, sect. 2, No. 9.

12) Hufeland’s Journal der prakt. Arzneik., XXIU.

13) Voy. Hunter, sur les maladies vénériennes.

14) lei suivait dans les éditions précédentes de mon Organon une série d'exemples de cachexies chroniques guéries par la gale. Après les découvertes que j'ai nouvellement publiées dans mon ouvrage sur les maladies chroniques, livr. I, je ne puis plus regarder ces cas comme de véritables guérisons homéopathiques. Car toutes ces souffrances chroniques et pernicieuses, p. ex. un asthme suffoquant, une pulmonie ulcereuse, etc. etc., étaient déjà d’une origine psorique, ce n'étaient, dis-je, que des symptômes ménaçans d’une vieille psore intérieure, parfaitement développée. Or, cette psore dangereuse ayant été reduite par une nouvelle infection à la forme simple et primitive de la gale, les symptômes terribles

qui menagaient l’existence, disparurent aussitôt. Une telle métamorphose des symptômes ne peut donc être nommée au juste une guérison homéopathique, mais elle revient sans doute au profit du malade qui se trouve à présent dans une position bien plus favorable et bien plus propre à permetire un anéantissement véritable et facile de la maladie psorique entière par les remèdes antipsoriques.

15) Elémens de médec. prat. de Mr. Cullen traduits, P. IL L. 3, Ch. 7;

16) Dans le Journal de Hufeland, XX., ım., p. 50. 17) Rau, über den Werth des homöopath. Heilverf., Heidelberg 1824, p. 85.

Il est impossible que le médecin puisse être instruit d'une manière plus claire et plus persuasive, que par ces guérisons naturelles, sur le choix des puissances morbifiques artificielles, propres à anéantir les maladies d’une manière certaine, rapide et durable.

La nature elle-même, comme nous le voyons par les exemples cités, ne peut jamais guérir une souffrance par une puissance morbifique dissemblable, quelque forte qu'elle soit; mais elle le peut uniquement et comme par miracle, avec une puissance majeure et analogue, c. à d. dont les symptömes ressemblent à ceux de la maladie à guérir. La cause en est dans les lois éternelles et irrévocables de la nature, que l’on a méconnues jusqu’à présent.

Nous trouverions un bien plus grand nombre de ces guerisons homeopathiques naturelles, si d’un cöte les observateurs y avaient fait plus d’attention, et si de l’autre la nature n’avait pas si peu de maladies auxiliaires propres à guérir homéopathiquement.

La nature ne peut se servir pour ce but que de ce peu de maladies a miasme stable ci-dessus mentionnées (voy. $. 41). Mais ces puissances morbifiques, qui servent de remèdes à la nature, sont en partie plus dangereuses pour la vie et plus terribles que le mal qu’elles guerissent, et en partie elles ont besoin elles-mêmes de remède pour être anéanties à leur tour. La nature ne peut donc guérir que peu de maladies avec ces remèdes homéopathiques hazardeux, et elle ne le peut qu'avec grand péril et grande incommodité pour le malade; car ne pouvant modifier selon les circonstances les doses de ces puissances morbifiques, il faut qu'elle porte toute leur charge sur la personne souffrante. Cependant nous avons, comme on a vu, de beaux exemples de guérisons homeopathiques opérées par la nature elle-même, qui sont autant de preuves de la grande loi des guérisons: Guerissez les maladies par des remèdes, qui produisent des symptômes semblables aux leurs!

Ces guérisons naturelles suffisaient pour manifester à l'esprit ingénieux de l’homme la loi que je viens d’enoncer. Mais voyez quel avantage l’homme a ici sur la nature! Combien de milliers de puissances mor- : bifiques artificielles ne lui offrent pas les médicamens répandues par toute la création! Ces substances médicinales sont des créatrices de maladies artificielles qui ont la plus grande diversité par rapport à leurs effets, et qui peuvent servir de remèdes contre toutes les maladies naturelles que l’on puisse imaginer; ce sont des puissances morbifiques dont le médecin peut se servir en si petites doses, qu’elles ne sont juste-

ment qu’un peu plus fortes que la maladie analogue, qui doit en être anéantie; ce sont des puissances morbifiques, dis-je, dont la force s’évanouit d’ellememe, apres la guerison faite, et qui n’ont pas besoin d’autres remèdes pour être anéanties à leur tour. Il s’ensuit donc, qu'avec cette excellente méthode curative on n’a besoin d'aucune attaque violente sur l’organisme, mais qu'on ne fait sentir au malade qu'un passage doux, insensible et cependant rapide de la souffrance naturelle, qui le tourmentait, à la santé qu'il désire.

J’espere que par tout ceci j'ai suffisamment prouvé les grands avantages de la méthode homéopathique, ainsi que les inconvéniens de la méthode allopathique, méthode qui n’a aucun rapport direct avec la maladie chronique à guérir, mais qui attaque les parties les moins souffrantes de l'organisme par des remèdes évacuatifs, antagonistiques, révulsifs, etc. En employant ses fortes doses de médicamens composés, (dont les ingrédiens sont pour la plupart inconnues par rapport à leurs effets spécifiques), et en dissipant de cette maniere les forces du malade, elle produit une affection artificielle hétérogène et dissemblable à la maladie en question, affection qui, suivant les lois naturelles et les exemples ci-dessus proposés, ne peut jamais guérir une maladie chronique, mais ne fait que l’aggraver. (Voyez les $. 31— 36.)

La methode allopathique imite le procede de la faculte vitale rude et non-intelligente, qui, abandonnee à elle-même, cherche à se débarrasser de maladies en excitant des souffrances hétérogènes dans les

parties les moins affectées du corps. Quant aux maladies aiguës modiques, elle les fait cesser en causant de grandes incommodités et de grandes pertes de forccs au malade; quant aux fièvres violentes et dangereuses, elle les combat avec une énergie incroyable mais inconvenante, et, pour la plupart, ne les termine qu'avec la mort de l'individu; quant aux maladies chroniques, ses efforts sont toujours impuissans. — Imitons donc plutôt la nature dans ces guérisons salutaires, quoique rares, où elle anéantit la maladie d’une manière rapide en ajoutant à l'affection primitive une nouvelle souffrance analogue. (Voyez les &. 38 jusqu'à 41.) SF 449;

Ces guérisons se font, comme on voit, par la voie homéopathique, que nous avons aussi trouvée cidessus par des expériences et par des conclusions ($$. 9 — 19). Cette voie est donc la seule, par laquelle l’art peut détruire les maladies de la maniere la plus certaine, la plus rapide et la plus durable, parce quelle est fondee sur une loi eternelle et infaillible.

La methode homéopathique est la seule preferable de toutes les trois méthodes curatives possibles, parce qu’elle seule marche sur la voie directe qui mène vers une guérison douce, rapide et durable, sans affaiblir ou sans nuire d’un autre côté au malade.

Quant à la méthode allopathique ou hétéropathique, nous en avons parlé suffisamment dans le premier chapitre de l'introduction, et nous venons

de la comparer avec la methode homeopathique; il ne nous reste donc plus à traiter que de la méthode antipathique.

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