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VI. La méthode homéopathique est la seule voie

curative reelle dans toute maladie dynamique. Elle ne: s'applique donc pas aux lésions purement mécaniques, qui sont du ressort de la chirurgie, ni aux souffrances qui ont une cause évidemment matérielle, comme p. ex. l’avalement de substances nuisibles et vénéneuses où il faut employer des remèdes évacuatifs, des réagens chymiques etc. etc.

VII. Toute maladie véritable est en dernier ressort d’une nature dynamique ou virtuelle, qui se manifeste par des troubles dans les fonctions et sensations des organes et systèmes du corps; c’est un désaccord des facultés vitales. On ne prétend pas donner par cette expression une explication positive de l’essence des maladies; mais on veut seulement indiquer par la ce que les maladies ne sont pas, c. à d. des matières morbifiques grossières qui coulent dans les canaux de notre organisme ou qui s’attachent à telle ou telle partie de préférence. Les matières vicieuses, les ulcères, les exanthèmes, etc. etc. existent sans doute, mais toutes ces choses ne sont pas les causes productives du mal, au contraire ce sont elles-mêmes des produits de cette disharmonie occulte des forces vitales qui préside à la maladie entière. Or, en purgeant ces matières vicieuses ou en détruisant ces formations anormales, on est bien loin d’avoir fait une cure réellement causale: car la véritable cause primitive restera néanmoins dans l'organisme, et engendrera toujours de nouveau les mêmes produits vicieux, ou bien elle les fera seulement changer de forme et de place. Cependant, quoique nous ne vins. sions jamais à bout de découvrir la nature primordiale et interne des maladies, nous voyons se réfléchir leur

côté perceptible dans la totalité des symptômes; ce sont eux, et sur-tout les symptômes caractéristiques, auxquels il faut nous tenir; en les touchant par le remède, nous touchons aussi les changemens intérieurs desquels ils derivent; en les anéantissant d’une manière durable, nous enlevons simultanément la cause du mal et nous opérons par conséquent une cure radicale.

VIII. De même quil est impossible de pénétrer l'essence interne des maladies, de même est-il impossible d'approfondir l'essence des medicamens par des spéculations métaphysiques, ou par la considération de leur extérieur, ou par le goût et l’odeur, ou par des analyses chymiques. Les relations qui ont lieu entre eux et les maladies ne sauraient être reconnues que par les effets qu'ils manifestent en agissant sur le corps de l’homme vivant.

IX. En employant les medicamens contre les maladies, nous voyons résulter parfois le rétablissement de la santé d'une manière si évidente, que l’on ne peut s'empêcher d'en chercher la cause dans ces remèdes mêmes. Il est donc d’abord naturel à l’homme, d’abstraire les vertus curatives des médicamens d’après les effets salutaires qu'il en voit résulter dans les maladies, et de vouloir les employer suivant ces résultats. Mais cette source de la connaissance des vertus médicinales est très-incertaine ; car, excepté quelques maladies à miasmes stables, toute maladie est un cas individuel et particulier qui doit être considéré comme nouveau et envisagé d’après la totalité de ses symptômes. Un remède trouvé salutaire dans une certaine maladie, ne pourra donc être employé contre telle autre qui lui ressemble dans quelques symptômes.

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X. Or, une telle manière d’essayer les medicamens, ne nous offrant qu'une multitude de cas et de eures individuelles, qui, à quelques exceptions pres, ne nous permettent aucune application analogique, et ne nous présentent nul principe général, il faut qu'il existe un autre moyen plus certain de parvenir à notre but. Mais il ne nous en reste qu'un seul, l’examen des médicamens sur des hommes sains.

XI. L'observation de ces essais nous présente le spectacle le’plus surprenant. ‘Toute substance médicinale produit des changemens particuliers dans l’organisme de la personne essayante; elle modifie, elle altère l’état du corps et de lesprit, elle excite des souffrances, accidens et phénomènes extraordinaires, et souvent en quantité prodigieuse; en un mot, nous voyons des maladies artificielles variées à l'infini. Dans ces maladies artificielles mêmes, nous remarquons derechef deux classes de symptômes différens: Les effets primitifs qui se montrent au commencement de l'influence du médicament, et les effets consécutifs ou secondaires qui se manifestent vers sa fin; ces derniers offrent un état contraire à celui des effets primitifs, si toutefois un tel état contraire peut exister dans un cas donné, Les elfets primitifs sont le résultat spécifique de l’action du médicament, quoique l'organisme y prenne aussi part; mais les effets secondaires appartiennent de préférence à la vitalité de l’orgahisme, qui réagit contre l’influence médicinale et tâche de ramener l'équilibre dans les fonctions et sensations du corps. Ce sont donc les symptômes primitifs qui nous offrent les effets positifs du médicament. — Ce ne sont que les essais des médicamens sur des hommes sains qui nous pré-

sentent les symptômes médicinaux dans toute leur pureté, au lieu que lemploi des remèdes dans les maladies ne nous offre qu'une combinaison des symptômes ‘du mal et de ceux du médicament.

XIT En résumant tout ce que nous avons observe des médicamens, nous voyons que ces puissances ont une tendance double: 1) de guérir les maladies auxquelles elles conviennent; et 2) d’exciter des maladies artificielles dans des corps sains. Car la même force médicinale qui, rétablit’la santé troublée de l’homme malade, dérange la santé régulière de l'homme sain. La droite raison se sent donc obligée de conclure, que les médicamens deviennent remèdes moyennant leur faculté de produire de leur chef-des altérations sur des corps sains, ou en d'autres termes: que la même force qui appert comme puissance morbifique dans le corps sain, se manifeste comme vertu curative dans la maladie à laquelle elle convient.

XIII. Comme les maladies ne nous permettent d'observer en elles que des sensations, accidens, phénomenes, en un mot des groupes de symptômes; comme l'activité primitive des médicamens se manifeste pareillement par lexcitation de symptômes artiliciels, et que ces derniers ne sauraient être reconnus clairement que dans des essais purs sur des hommes sains, il faut donc que ce soit dans le rapport entre les symptômes des maladies et les symptômes primitifs et purs des médicamens, que nous cherchions le principe général du traitement des maladies.

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