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Dans linvestigation de l’état des maladies chroniques, il est nécessaire de considérer et d'examiner soigneusement les relations dans lesquelles se trouve le malade à l'égard de ses occupations régulières, de son régime ordinaire et de sa vie domestique, etc. etc., pour trouver si elles ne contiennent pas des causes qui excitent ou entretiennent la maladie, afin de pouvoir aider au rétablissement en les éloignant du malade !).
1) Dans les maladies chroniques des femmes il faut avoir égard principalement à la grossesse, à la stérilité, à l’inclination au coit, aux couches, aux avortemens, à l'allaitement et aux évacuations menstruelles. Pour ce qui est des dernières, il est surtout nécessaire de demander, si elles ont lieu dans des périodes trop courtes, ou si elles tardent à venir au delà du terme régulier? Combien de temps elles durent? Si c'est avec continuité, ou par intervalles! En général avec quelle
abondance? Si la couleur du sang est foncée? Si la leucor-
rho& (les fleurs blanches) se manifeste en même temps avec le
flux de sang
g, avant le commencement, ou après qu'il à cessé?
Quelles sont les souffrances du corps et de lame, quelles sont les sensations et les douleurs que la femme éprouve avant le commencement des menstrues, où pendant leur durée, ou après qu’elles ont cessé? La leucorrhoë est-elle abondante, et quelles sont les conditions sous lesquelles elle se montre?
Il est indispensable que dans les maladies chroniques linvestigation des symptômes susdits ainsi que celle de tous les autres, soit aussi soigneuse et aussi exacte que possible, et qu'on entre même dans les plus petits détails. Car premièrement ces symptômes sont très-marquans dans ces genres de maladies, et différent extrêmement de ceux des maladies aiguës, et l'on ne saurait les considérer assez attentivement, si l'on veut, que la cure ait du succès. En second lieu les malades chroniques s’accoutument tellement à leurs longues souffrances, qu'ils ne font aucun cas de plusieurs petits symptômes inférieurs, qui souvent sont très- caractéristiques et décisifs dans le choix du remede. Ces malades les regardent comme une partie nécessaire de leur état physique et presque comme la santé même, dont ils ont oublié le véritable sentiment pendant une série de quinze à vingt années de souffrances. Il ne leur vient presque pas en idée de croire, que ces symptômes inférieurs, ces différences plus ou moins grandes de l’état d’une bonne santé, soient cohérentes avec leur mal principal.
D’ailleurs les malades eux-meines sont d’une humeur tellement differente, que quelques-uns, principalement les hypocondriaques et d’autres personnes trèssensibles et très-impatientes, depeignent leurs maux
avec des couleurs trop vives et se servent d’expressions exagérées, pour exciter le médecin à les secourir promptement !).
1) Les hypocondriaques, même les plus impatiens, ne feindront pas des accidens et des incommodités qui n'existent pas du tout. Cela se prouve évidemment par la comparaison des maux dont ils se plaignent en différens temps, quoique le médecin ne leur ait donné rien du tout, ou du moins rien de médicinal. Il faut seulement retrancher quelque chose de leurs exagérations, ou il faut mettre la force de leurs expressions sur le compte de leur extrême sensibilité. A cet égard même cette exagtration de leurs termes devient une circonstance importante dans la série des autres symptômes. Pour ce qui est des maniaques et de ceux qui feisnent malignement des maladies, le cas est tout différent.
D'autres personnes au contraire, soit par paresse, soit par une pudeur mal enteudue, soit par uue certaine douceur du caractère, gardent le silence sur une quantité de maux, ou ne les désignent que par des expressions obscures, ou les indiquent comme peu importans,
Il est donc vrai d’un côté, qu'il faut surtout faire attention à ce que le malade lui-même dit de ses maux et de ses sensations, et qu'il faut principalement ajouter foi à ses propres expressions, parce que celles-ci sont altérées et falsifiées pour l'ordinaire par les personnes de la famille et par les gardes-malades. Mais d'un autre côté il est vrai aussi par rapport à toutes les maladies et surtout par rapport aux: maladies chroniques, que linvestigation de l’image fidèle et parfaite du total de la maladie, comme de ses détails, demande une grande circonspection, beaucoup de tact,
une connaissance particuliere des hommes, une grande prudence en prenant des renseignemens, et un haut degré de patience.
Sr 92,
En général la recherche des maladies aiguës et de celles qui sont nées depuis peu, devient plus facile au médecin, que celle des maladies chroniques, parce que le malade ainsi que les personnes qui l'entourent, ont encore un souvenir récent de tous les accidens de la maladie, et voient encore clairement les différences qui ont lieu entre l’état actuel du malade et l’état de santé dont il jouissait auparavant; car tous les symptômes leur sont encore nouveaux et marquans. Il est vrai que le médecin doit aussi tout savoir ici, de même que dans les maladies chroniques; mais il a moins à scruter, car on lui dit presque tout spontanement.
Pour ce qui est de la recherche de la totalité des symptômes des maladies épidémiques et sporadiques, il est fort indifférent, si quelque chose de semblable, portant telle et telle dénomination, a déjà une fois existé, ou non. La nouveauté et la particularité d’une telle maladie contagieuse n'apporte aucune différence, ni à son examen, ni à son traitement. Car le médecin doit toujours supposer, que l’image pure de chaque maladie qui domine présentement, est quelque chose d’inconnu et de nouveau pour lui, et il doit toujours rechercher cette image de la manière la plus exacte et la plus radicale, s'il veut être un médecin véritable et solide. Or un tel médecin ne doit jamais mettre la conjecture à la place de l’observation, ni regarder un certain cas de maladie comme connu
en entier ou en partie, sans lavoir auparavant épié soigneusement dans tous ses symptômes. Un tel procédé est ici d'autant plus nécessaire, que chaque maladie contagieuse est, sous plusieurs rapports, un phénomène d'une espece particulière, qui, si on l’examine avec exactitude, diffère beaucoup des autres maladies contagieuses du temps passé, auxquelles on avait faussement imposé le même nom. J’en excepte cependant les épidémies qui naissent d'un miasme toujours égal, comme la petite vérole, la rougeole, etc. etc. SE 9%
Il se peut que le médecin, en traitant le premier cas d’une nouvelle maladie épidémique, ne trouve pas tout de suite l’image parfaite de cette maladie; car on ne peut découvrir la totalité des symptômes de ces maladies collectives, qu’en observant plusieurs cas semblables. Cependant un médecin soigneux dans ses recherches, peut déjà en traitant le premier et le second malade, se procurer une telle connaissance du véritable état de la maladie, qu'il en concoive une image caractéristique, et qu'il puisse bientôt trouver contre elle un remède homeopathique convenable.
En mettant par écrit les symptômes de plusieurs cas de cette espèce, l’image que l’on a projetée de la maladie, devient toujours plus complète, c. à d. elle ne devient pas plus grande et plus riche en mots, mais elle devient plus marquante et plus caractéristique, car elle embrasse davantage les particularités de cette maladie collective. D'un côté les symptômes géneraux, (p. ex. le manque d’appétit, le manque de sommeil), reçoivent leurs définitions propres et plus exactes; de l’autre côté, les symptômes plus marquans, plus
speciaux, ou du moins plus rares dans cette combinaison et propres seulement ä peu de maladies, rejaillissent mieux des autres et forment le caractere de cette épidémie contagieuse !). Il est vrai, que toutes les personnes attaquées d’une pareille épidémie, ont une maladie émanée de la même source, et par conséquent une maladie égale. Mais toute l'étendue d'une telle maladie épidémique et l’ensemble de ses symptômes, (dont la connaissance est nécessaire pour se procurer une image complète de la maladie, et pour pouvoir choisir le remède homéopathique le plus conforme à cette totalité de symptômes); ne peut être observé dans un seul malade, mais seulement abstrait des maux de plusieurs malades de différentes constitutions.
1) C’est alors que l'observation des cas suivans montrera au médecin, qui a déjà trouvé par les premiers cas un remède approximatif du spécilique, que son choix était juste, ou “elle lui indiquera un remède encore plus convenable, ou même le plus homéopathique possible.
La même méthode, que je viens de recommander comme nécessaire dans la recherche de l’image complète d’une maladie épidémique, a été observée par moi dans l’investigation de la totalité des symptômes des maladies chroniques à miasme stable, et surtout dans celle de la psore. Les individus sujets à une pareille maladie chronique n’offrent que des fragmens de son ensemble. Il ma donc fallu observer une grande quantité de malades pour me procurer les tableaux complets de ces maladies miasmatiques, et principalement pour découvrir celui de la psore; car sans cela il m'eut été impossible de trouver
les remèdes spécifiques contre les formes variées de cette grande cachexie, remèdes qui guérissent d’une manière homéopathique les individus affectés. SAM OT
Si le tableau caractéristique d’une maladie quelconque est une fois exactement mis par écrit, la partie la plus difficile du travail est achevée. Le médecin aura alors toujours ce tableau sous ses yeux, il pourra le considérer dans toutes ses nuances, et il envisagera surtout les traits caractéristiques et marquans pour opposer au mal en question une puissance morbifique artificielle qui lui ressemble autant que possible dans ses effets primitifs, c. à d. un remède éminemment homéopathique, choisi parmi les séries des symptômes de tous les médicamens connus selon leurs effets purs. Or si, durant la cure, il s’est informé des succès du remède et des changemens dans l’état de santé du malade, il n’a qu'à consulter le tableau qu'il s’est fait du groupe originaire des symptômes, et en rayer ceux qui ont disparu, ou y ajouter les nouvelles incommodites qui sont peutêtre survenues.
Section II
De linvestigation des puissances médicinales.
Ch apitre 1.
Nature des effets medicinaux.
L. seconde partie de la charge du médecin consiste dans la recherche des instrumens destinés à guérir les maladies, c. à d. dans la recherche des puissances morbifiques des médicamens. Car, quand il s’agit de guérir une certaine maladie, il faut qu'il choisisse un médicament qui lui offre une série de symptômes dont on puisse composer une maladie artificielle aussi semblable que possible à la totalité des symptômes caractéristiques de la maladie naturelle.
Il faut que les puissances morbifiques des medicamens soient connues en entier, c. à d., il faut que tous les symptômes et tous les changemens de la santé, que chaque médicament en particulier peut opérer, soient observés autant que possible, avant que l’on
puisse se livrer à l’esperance de pouvoir trouver et choisir des remèdes homéopathiques contre la plupart des maladies naturelles.
Si, pour rechercher ces qualités, l’on ne donnait des médicamens qu'à des personnes malades, on ne verrait que peu de chose ou rien du tout de leurs effets purs, même en administrant des reme- des simples; parce que les symptômes propres, que les medicamens sont capables de produire de leur chef, se mêlant alors avec les symptômes de la maladie naturelle déjà existante, il est tresrare, que ceux-ci puissent être clairement remarqués.
Il n’y a donc aucun autre moyen plus sûr et plus naturel pour trouver les effets propres des médicamens sur la santé des hommes, que celui de donner les différens médicamens séparément et en doses modérées à des personnes saines, et d'observer quels changemens et quels symptômes en résultent dans l'état du corps et de l'ame, c. à d. quels élémens de maladies artificielles ces remedes sont capables de produire '). Or, toute la vertu curative des médicamens étant uniquement fondée sur leur puissance de changer l’état de santé des hommes, il est évident qu’on reconnailra cette vertu en obser-
vant les effets purs des médicamens sur l’homme sain. (Voy. $. 19— 22.)
1) Jignore, si pendant une série de 3500 ans un seul médecin, excepté le grand et immortel Albert de Haller, a jamais trouvé cette méthode si naturelle, si absolument nécessaire et si uniquement véritable d'examiner, quels effets purs
et propres chaque médicament exerce sur notre organisme et
par conséquent quelles maladies il peut aussi guérir. Ce n'est que Haller seul qui a compris la nécessité de ce procédé; mais personne ne fit» attention à ses remarques inestimables dans la préface de sa Pharmacopoea Helvetica, Basil. 1771, pag. 12, où il dit: „Nempe primum in corpore sano medela „tentanda est, sine peregrina ulla miscela; odoreque et „sapore ejus exploratis, exigua illius dosis ingerenda, et ad „omnes quae inde contingunt affectiones, quis pulsus, qui ca- „lor, quae respiratio, quaenam excretiones, attendendum. Inde „ad ductum phaenomenorum, in sano obviorum, trans- „eas ad experimenta in corpore aegroto etc. etc.
Je poursuivis le premier ce chemin avec une perseverance qui ne pouvait naître que de la conviction intime de la grande vérité, que l’emploi homeopathique des médicamens était la méthode unique de guérir les maladies des hommes d’une manière certaine et parfaite ?).
1) Je déposai les premiers fruits de mes efforts, aussi mürs qu'ils pouvaient l'être alors, dans mon ouvrage: Frag- menta de viribus medicamentorum positivis, Pars I. et IL, Lipsiae 1805, apud J. A. Barth. Des fruits plus mürs sont recueillis dans ma Matière médicale pure (Reine Arzneimittellehre), 6 vol., Dresde, chez Arnold, 1ère édition, dans les années 1811 — 1821, 2de édition, dans les années 1822 — 1827;
et dans mon livre sur les maladies chroniques, Partie II.
et Ill, Dresde, chez Arnold, 1928.
En lisant les remarques, faites par des écrivains antérieurs, sur les effets nuisibles de plusieurs substances médicinales qui (soit par négligence, soit par malice, soit par toute autre cause) étaient parvenues en grande quantité dans l'estomac de personnes saines, Je vis que ces remarques convenaient pour la plupart avec les observations que j'avais fai-
tes à l’occasion de mes essais des mêmes substances sur moi-même et sur d’autres personnes saines. Ces écrivains racontent ces faits comme des histoires d’empoisonnemens et comme des preuves des effets pernicieux de ces substances violentes. Leur but en nous faisant ces narrations, est principalement de nous prévenir contre le danger, et en partie aussi de se glorifier de leur savoir, quand les remèdes employés contre ces accidens dangereux avaient ramené peu à peu la convalescence des personnes affectées; en partie enfin, pour s’excuser par la malignité de ces substances, qu'ils nommaient alors poisons, quand les dites personnes mouraient pendant leur traitement. Aucun de ces observateurs n’a soupconné, que ces symptômes, énumérés par lui comme des preuves des qualités nuisibles et vénéneuses de ces substances, fussent des signes certains qui nous apprenaient les vertus de ces drogues, d’anéantir comme remèdes des souffrances semblables dans des maladies naturelles. Aucun d'eux n’a soupconné que les maux, excites par ces substances, fussent des déclarations pures de leurs effets homéopathiqnes salutaires. Aucun d'eux n’a compris, que c’elait uniquement par l'observation de tels changemens, produits par les médicamens sur des corps sains, que l'on pouvait reconnaitre les vertus médicinales de ces remèdes, comme il est au contraire impossible d'en trouver les qualités pures et spécifiques par des raisonnemens a priori, ou par l’odeur, le goût et la forme extérieure des médicamens, ou par leur analyse chymique, ou en mélant plusieurs ensemble et en les donnant dans cette mixture (recette)
aux
aux malades. On ne pressentait pas, dis-je, que ces narrations de maladies medicinales formeraient un jour les premiers élémens d’une matière médicale pure, doctrine qui, des son origine jusqu'à ce terme, a été remplie de conjectures et de fictions, et qui a manqué d’une base véritable et solide *).
1) Voyez ce que j'ai dit là-dessus dans mon traité: „Exa- „men des sources de la matière médicale ordinaire,” qui se trouve en tête de la troisième partie de ma Matière médicale pure.
Note du traducteur.
Ce traité a été traduit par moi en Latin, et se trouve dans le premier volume de la traduction Latine de la matière médicale de Hahnemann.
La conformité de mes observations sur les effets purs des médicamens avec les remarques faites par ces auteurs anciens, (quoique dans une intention bien différente), ainsi que la conformité de ces notices avec d'autres du même genre, qui se trouvent chez différens écrivains modernes, nous donne facilement la conviction, que les substances médicinales, en altérant l’état d’un corps sain, suivent des lois naturelles définies et éternelles, et produisent moyennant celles-ci des symptômes certains, positifs, et propres à l’individualité de chacune d'elles.
Dans ces anciennes descriptions des suites, souvent funestes, qui résultèrent des médicamens avalés dans des doses immoderees, se trouvent aussi des symptômes qui ne se monirerent que vers la fin de ces tristes accidens, et qui furent d’une nature tout-àfait opposée à ceux qui eurent lieu au commence-
ment. Ces symptômes opposés à l’effet primitif ($. 59), ou à la véritable influence des médicamens sur le corps, sont l’effet sécondaire et réactif de l’organisme ($. 58—63). Cependant quand on a donné des doses modérées de pareilles substances à des personnes saines, pour en faire l'essai, on ne remarque que rarement quelque chose de cet effet réactif, et quand les doses sont très-petites, on n’en remarque rien du tout. Si l'on emploie ces petites doses dans une cure homéopathique, l'organisme leur oppose seulement une réaction telle qu'elle est justement nécessaire pour rétablir l’état régulier de la santé ($. 63). $. 196.
Ce ne sont que les médicamens narcotiques, qui font une exception à cet égard. Comme dans leur effet primitif ils enlèvent la sensibilité et la sensation ainsi que l’irritabilité, il arrive plus fréquemment, que même des doses modérées, administrées à des personnes saines pour en faire l’essai, occasionnent une sensibilité augmentée et une plus grande irritabilité dans l'effet secondaire.
Mais excepté ces substances narcotiques, les autres médicamens, que l’on donne en doses modérées à des personnes saines pour en faire l'essai, ne laissent voir que leurs effets primitifs, c. à d. ces symptômes propres au médicament, par lesquels il altere la santé de l'homme et produit en lui un état de maladie de plus longue ou de plus courte durée.
Parmi les effets primitifs de quelques medica-
mens il y en a plusieurs qui sont opposés en
ni.
parties, ou dans des circonstances accidentelles, à d’autres symptômes primitifs qui s'étaient déjà montrés, ou qui se montrent dans la suite. Cependant on ne saurait pour cela les prendre pour des réactions ou pour des effets sécondaires de l’organisme, mais ils forment seulement des états alternans parmi les divers paroxysmes de l'influence primitive du médicament; on les nomme donc effets alternatifs.
Quelques symptömes sont frequemment produits par les medicamens, d’autres plus rarement, d’autres enfin dans tres-peu de corps sains.
C’est à ces derniers qu'appartiennent les idiosyncrasies, par lesquelles on entend les qualités particulières de quelques corps d’ailleurs sains, de se laisser réduire à un état d’indisposition ou de maladie, plus ou moins grave, par de certaines choses qui ne semblent faire aucune impression sur beaucoup d’autres personnes !). Mais ce n’est qu’en apparence que les autres personnes n’en semblent jamais pouvoir être affectées. Chaque altération de l'état de santé par une substance externe suppose d'un côté, que cette substance ait la force d’influer sur le corps, et de l’autre, que le corps ait la faculté d’en être affectée. Or, les altérations frappantes de la santé qui ont lieu dans les idiosyncrasies, ne peuvent pas uniquement être mises sur le compte des constitutions particulieres des personnes affectées, mais elles doivent être dérivées encore de ces choses qui en ont fourni —TL'occasion. Il faut donc, que ces substances aient la faculté de faire la même impression sur chacun
sous des conditions données, mais qu'il n’y ait que peu de constitutions saines, qui soient disposées à se laisser toujours altérer par là d’une manière aussi frappante. Cette vérité est évidemment constatée par le fait, que ces substances guérissent homéopathiquement les symptômes de maladie semblables à ceux qu’elles peuvent exciter dans les personnes sujettes à des idiosyncrasies ?).
1) Quelque peu de personnes peuvent tomber en faiblesse par lodeur des roses; d’autres peuvent tomber en divers états de maladies, souvent très-dangereux, après avoir mangé des moules, ou des écrevisses, ou du frai de barbeau, ou après avoir touché les feuilles de quelques espèces de sumac, etc. etc.
2) Ce fut ainsi que la princesse Eudoxie fit revenir à elle par de l’eau de rose (öodoo«yu«) une persoune tombée en faiblesse, (voy. Histor. byzant. scriptor.), et Horstius vit aussi que le vinaigre de rose était un fort bon remède contre les défaillances (voy. Opera, IL, p. 59).
De chaque médicament résulte des effets particuliers dans le corps de: l’homme, et jamais une substance médicinale d’une autre espèce n’en saurait produire de tout-à-fait pareils ').
1) Cette vérité fut déjà reconnue par le vénérable Albert de Haller, car il dit: ,, Latet immensa virium diversitas „in Jis ipsis plantis, quarum facies externas dudum novi- „mus, animas quasi et quodcunque caelestius habent, „nondum perspeximus.” Voyez la préface de son ouvrage: Historia stirp. Helvet.
De même que chaque espèce de plantes diffère de toute autre espèce et de tout autre genre de plantes dans sa forme extérieure, dans sa manière propre de végéter et de croître, dans son goût et dans son
odeur, que chaque mineral et chaque sel differe de tout autre par rapport à ses qualités, tant extérieures qu'intérieures, tant physiques que chymiques, (chose qui déjà seule aurait dû faire éviter toute confusion ), de même toutes ces substances médicinales diffèrent aussi entre elles par rapport à leurs effets morbifiques, et par conséquent aussi dans leurs effets curatifs 1). Chacune de ces substances opère des changemens dans l’état de santé d’une manière individuelle, mais certaine, qui nous défend de la confondre avec
une autre ?).
1) Celui qui sait, que les effets, que chaque substance produit sur la santé, diffèrent singulièrement de ceux de toute autre, et qui connaît l’importance de cette diversité, comprendra facilement, qu'il est impossible qu'il y ait des médicamens équivalens ou des surrogats médicinaux. Ce n'est que celui qui ne connaît pas les différens médicamens se-
lon leurs effets purs et positifs, qui peut être assez absurde pour vouloir nous faire accroire qu’un remède puisse remplacer l’autre et prêter les mêmes secours dans la même maladie. C’est ainsi que des enfans dans leur simplicité confondent les choses les plus essentiellement différentes, parce qu'ils les connaissent à peine d’après leur forme extérieure et point du tout selon leur véritable valeur.
2) Si ceci est la pure vérité, (et elle l’est en effet), aucun médecin qui ne veut passer pour déraisonnable ou qui ue veut blesser sa conscience, l'unique témoignage de la véritable dignité de l’homme, ne peut à l'avenir employer dans une cure aucun autre médicament, que celui qu'il connaît exactement et parfaitement dans sa véritable valeur, ec. à d. aucun dont on n’ait examiné les effets purs sur des hommes sains avec un tel soin, qu'il soit persuadé, que, de tous les médicamens connus, celui-ci puisse produire l’état de maladie le plus semblable à celui qu'il faut guérir; car, comme nous l'avons démontré plus haut, ni l’homme, ni la nature, ne peuvent guérir un mal d’une manière parfaite, rapide et durable, que par un re-
mède homéopathique. Aucun véritable médecin ne peut se soustraire à Yavenir à de tels essais, qui doivent lui procurer cette connaissance si absolument nécessaire à Part de guérir, . VA À 4 . LA . LA Fr r e
et qui a éié négligée jusqu'à présent des médecins de tous les CE mm [4 . Ey F4 . « .
siècles. Tous ces médecins, (la postérité aura peine à le croire), se sont contentés de donner aveuglément des remèdes dont ils isnoraient la véritable valeur et dont ils n'avaient jamais examind les effets dynamiques purs sur la santé des hommes, effets aussi importans et d’une si grande diversité. Ils melerent en outre ensemble dans leurs récettes plusieurs de ces puissances inconnues, et abandonnèrent au hazard ce qui en résulterait pour le malade.
Il faut donc distinguer le plus exactement quil est possible les différens médicamens, car c’est d'eux que dépend la vie et la mort, la santé et la maladie des hommes. C’est pourquoi il est nécessaire d’examiner leurs facultés et leurs véritables effets par des essais soigneux et purs sur des personnes salnes. (C’est ainsi que l’on se procurera une juste connaissance des remèdes, et que l’on se gardera de faire des méprises en les employant dans les maladies; car ce n’est qu'un juste choix du remède, qui peut rendre au malade d'une manière rapide et durable le plus grand des biens de la terre, la santé du corps et de l'ame.