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Chapitre II

Du juste emploi des médicamens et de la diète.

A) Règles de prudence par rapport à l’emploi des

remèdes.

Quand une maladie, soit aiguë, soit chronique, amende de facon que l’on s’en aperçoit, et que cet amendement continue toujours, soit aussi de peu de chose, il nous est absolument défendu d'employer un médicament quelconque tant que cet état dure; car chaque nouvelle dose, en füt-ce même une de ces

remèdes qui s'étaient montrés salutaires, troublerait l’amendement de la maladie.

Cette observation est d’autant plus importante, que nous ne pouvons pas encore définir exactement la durée de l’effet de presque aucun médicament, füt-il même pris en grandes doses et par des hommes sains !), et d'autant moins celle de très-petites doses, dont on fait un emploi homéopathique dans les maladies qui sont si différentes elles-mêmes ?) et qui varient encore suivant les diverses constitutions des malades.

1) Quelques médicamens cessent leur effet presque en 24 heures, même alors quand on les donne en grandes doses. Mais c’est là le temps le plus court de la durée de leffet à moi connu des substances médicinales végétales, et que l’on ne trouve que dans un petit nombre d’entr’elles. (Peut-être que Veau de laurier-cerise et les naphthes cessent d’operer encore en moins de temps.) D’autres médicamens cessent leur effet seulement au bout de quelques jours; d’autres dans plusieurs jours; quelques médicamens ne cessent même d'opérer qu'après plusieurs semaines.

2) La durée de leffet des médicamens se prolonge en général dans les maladies chroniques, et s’abrège dans les maladies aiguës.

Aussi longtemps que dure l'amendement progressif après une dose que l’on a fait prendre au malade, il faut supposer que le remède continue encore d’opérer, et dans ce cas chaque répétition d'un remède quelconque doit être exclue,

Ajoutez encore que le remède, ayant convenu homéopathiquement à la maladie, l’état amendé du malade reste encore perceptible après que le médicament

a cessé d'opérer. L'oeuvre salutaire n’est pas tout de I”

suite interrompue, meme quand pendant plusieurs heures et, pour ce qui est des maladies chroniques, quand pendant plusieurs jours apres que le medicament a cessé d’operer, on n’a pas donné une seconde dose. La partie de la maladie qui a déjà été anéantie, ne peut pas se renouveler dans cet intervalle, et l’amendement resterait encore évident pendant un temps considérable, quand même l’on ne donnerait pas une nouvelle dose au malade.

Quand l’amendement progressif qui suit la première dose d’un remède convenable, ne change pas en santé parfaite, (ce qui cependant n’est pas rare dans les maladies aiguës), il arrivera une époque stationnaire, qui pour l'ordinaire est aussi le terme de la duree de l'efficacité médicinale. Avant que cette époque commence, non-seulement on agirait inutilement et sans aucune raison suffisante, mais on ferait même quelque chose de contraire au but de la cure et de nuisible au malade, en lui donnant une nouvelle dose medicinale.

Même une dose du médicament qui jusqu’à present s’etait montré très-salutaire, ne ferait qu’empirer l'état de santé, si on la répétait avant que l’amendement ne se fût arrêté dans tous les points; ce serait une attaque faite mal à propos. Car la première dose d’un remède bien choisi produira pendant la durée de l'efficacité qui lui est propre, tous les changemens salutaires qu’en général elle a pu produire dans le cas présent, c. à d. elle ramenera le malade justement à ce degré de santé auquel elle a pu le ramener. Or,

une seconde dose de ce remede changera et empirera cet etat favorable, car elle produira dans le malade les autres symptômes non-bomeopathiques du medicament, c. à d. une maladie medicinale non-homéopathique, qui s’alliera au reste des ‘symptômes de la maladie naturelle et formera ainsi une)espece de maladie compliquée et augmentée. En un mot, en faisant prendre au malade une seconde dose d’un remede, (füt-il même d’abord bien choisi), avant que la premiere n’ait cessé d'opérer, on trouble l’amendement que celle-ci avait commencé, ou qu’on pouvait encore en attendre, et on retarde par là au moins le rétablissement. — En vérité, on ne saurait être assez attentif, pour se garder ici d'une précipitation inutile et nuisible.

Lorsque l'amendement progressif vient de s’arreter et quil est arrivé à son époque stationnaire, il faudra faire un nouvel examen exact du reste de la maladie. On trouvera alors, que le groupe des symptômes a diminué, mais on le trouvera aussi tellement changé, qu’une nouvelle dose du même remède ne serait plus homéopathique, et qu'il faut choisir un autre médicament qui convienne mieux à l'état actuel de la maladie.

Si la premiere dose d'un remède que l’on avait choisi aussi bien que possible, ne peut achever pendant la durée de son effet le rétablissement parfait de la santé, quoiqu'elle ait beaucoup amendé l'état du malade, il ne reste rien de mieux à faire pour anéantir le reste de la maladie, que de faire prendre au

malade une dose d’un autre remede qui convienne aussi homéopathiquement que possible au reste subsistant des symptômes.

Il n'y a-qu'un seul cas où il faille interrompre l'effet du remèdes: C’est celui où il est question d’un mal urgent que la dernière dose n’a pas fait amender en général, mais qu’elle a même fait empirer, (ne serait-ce que‘de peu de chose), en excitant de nouveaux symptômes. Le remède ne convenait pas alors homéopathiquement à la maladie, et il faut donc en donner un autre plus conforme à l'état actuel du malade, même avant que la dernière dose n'ait cessé d'opérer ').

1) D'après toutes les expériences presque aucune dose d’un médicameut homéopathique, qui convient spécifiquement à une maladie, ne saurait être tellement petite, qu'elle ne produise un amendement perceptible de la maladie ($. 155 et 277). Or, quand la première dose d’un médicament n’a pu faire amender un mal, ou qu’elle l'a même fait empirer, (ne füt-ce même que de peu de chose), ce serait un procédé absurde et nuisible que de répéter le même remède ou d’en renforcer la dose, supposant que le remède n’ait pu être utile à cause de la petitesse de sa dose. A moins que le malade n’ait pas commis de faute dans son régime physique ou psychique, chaque augmentation du mal avec de nouveaux symplômes nous prouve

seulement, que le remède choisi était incongru, mais non pas que sa dose ait été trop petite.

Cela sera d’autant plus necessaire, si dans un cas urgent le medecin remarque deja apres six, huit ou douze heures, qu'il s’est trompé dans le choix du remede, parce que l’état du malade empire d’une heure à l’autre (füt-ce même de peu de chose), et qu'il parait toujours de nouveaux symptômes. Alors il lui

ET

est non seulement permis, mais il est de son devoir de réparer sa faute en choisissant un autre remède qui convienne aussi parfaitement que possible à l’état actuel du malade. ($. 161.)

Même dans des maladies chroniques il sera bien rare, surtout au commencement, que le mieux soit de donner deux fois de suite le même remède, quoiqu’on ne donnät la dose suivante qu'après la fin de l’efficacité de la précédente. Car, supposé mème, que la première dose ait fait du bien au malade, il faut pourtant que l’amendement qu'elle a produit, continue pendant quelque temps, et il n’y a pour l'ordinaire aucune indication qui demande la répétition du même médicament; parce que ce qui na pu être amendé par la première dose, ne pourra non plus être guéri par une seconde également grande ou même plus grande *).

1) Il n'y a que le peu de médicamens dont lefficacité pure sur des hommes sains se manifeste pour la plupart en des effets alternans, tels que la fève de St. Ignace, la bryone, le rhus toxicodendron, et eu partie aussi la belladonne, qui font une exception de cette règle, et qui permettent en quelques cas une répétition de la dose, immédiatement après la fin de l'effet de la première. (Voyez ma Matière médicale pure, vol. IL, article: Ignatia amara, dans l’avant-propos.)

Observation du traducteur.

En comparant la quatrième édition de l'original allemand de l’Organon, d’après laquelle nous avons soigné la présente traduction française, avec la seconde édition de .1819 et avec la troisième de 1824, nous avons trouvé, que l’auteur a omis trois paragraphes qui devaient suivre le 8.250 (qui dans les éditions précédentes a le numéro 269), et qu'il a changé les $$. 251 et 252 qui dans les éditions antérieures avaient les numéro 273 et 274. Comme ces

ne

trois paragraphes 270, 271 et 272 contenaient des règles essentielles, reconnues comme tres-utiles et appliquables par tous ceux qui ont exercé depuis la méthode homéopathique, je ne veux pas les soustraire à la connaissance de mes lecteurs, mais je les copierai ici verbalement d’après ma traduction française de 1824, en y joignant les 88. 273 et 274 qui se trouvent avec eux dans une connexité intime.

($. 270 de l'édition de 1824.)

„Si dans un tel cas le nombre limité des médicamens „connus selon leurs effets purs est cause, que l’on ne peut „pas trouver tout de suite un remede parfaitement conve- „nable, c. à d. spécifique, on trouvera pour l’ordinaire en- „core un ou deux medicamens qui conviendront assez bien „aux symptömes caracteristiques de la maladie, quoique pas „aussi bien que celui que l’on avait choisi d’abord. Il „faut alors alterner entre l’usage du premier médicament „qui était le remède principalement convenable, et entre „celui de l’un ou de l’autre de ces médicamens secondai- „res, selon que le demandera chaque fois l’état actuel de „la maladie. On verra qu’en alternant de cette façon l’u- „sage de deux remèdes différens, on accélérera bien mieux „le rétablissement du malade, qu'en employant exclusi- „vement le remède principal deux ou plusieurs fois de „suite,” |

„il est cependant possible que l’on trouve, que lu- »Sage non-interrompu du remède principal soit le procédé „le plus salutaire, ce qui suppose qu’il répond au mal »Chronique par une grande ressemblance de ses symptö- „mes. Mais dans ce cas l'expérience nous enseigne, qu'il „faut toujours diminuer la dose suivante, parce que le besoin que la maladie avait du remède, dimi-

„nue aussi successivement. Ce n’est qu'ainsi que »lon ne troublera pas l'amendement du mal et que l’on „achevera la guérison par la voie la plus directe et la plus conforme à la nature.” ($. 272.)

„Quand une maladie chronique de dix, quinze ou „vingt ans a cédé à un seul médicament homéopathique „qui a été pour elle le remède spécifique ou du moins „approchant du spécifique, il ne faut pas encore cesser „tout de suite l’usage des médicamens. Il faut au con- „traire continuer encore pendant trois ou six mois à donner toujours: dans de plus longs intervalles, et même à „la fin après des intervalles de plusieurs semaines, une dose „du remède principal, (peut-être aussi alternativement une „dose du remède secondaire, selon que les circonstances »lexigeront), en diminuant chaque fois la grandeur de la „dose. On continuera de cette manière jusqu'à ce que „toute inclination de l'organisme à la cachexie chronique sait disparue et soit anéantie. L’omission de cette précaution laisse même la meilleure cure imparfaite et peut „la mettre en mauvaise renommée.”

„L’observateur attentif reconnaitra le moment qui de- „mande la répétition du remède, quand quelques indices „de l’un ou de l’autre symptôme originaire de l’ancienne maladie viendront à reparaître légèrement.”

De ($. 274.)

„Mais si l’on trouve, qu’une telle dose toujours di- »minuée ne suffit pas pour préserver le malade d’une rechute, mais qu’il faut continuer de lui donner des doses de même grandeur ou des doses successivement „augmentees et plus fréquentes de ce remède ho-

„meopathique, qui lui fait toujonrs du bien, c’est une mar- „que certaine, que la cause excitative du mal continue d'exister et qu'il y a quelque chose dans la diète „ou dans les alentours du malade qu’il faut nécessairement écarter si on veut le guérir d’une manière durable.”

L’observateur attentif reconnaitra le moment qui demande un nouveau médicament, quand quelques indices de l’un ou de l’autre symptôme originaire de l’ancienne maladie viendront a reparaitre.

Si dans les maladies chroniques (psoriques) le remede homéopathique le plus convenable (antipsorique), que l’on a employé en juste dose, (ce. à d. dans une dose aussi petite que possible), n’opère point d’amendement du mal, c’est une marque certaine que la cause qui nourrit le mal, continue d'exister, ‘et qu'il y a quelque chose dans la diète ou dans les alentours du malade qu'il faut absolument écarter, si l’on veut effectuer une guérison durable.

Parmi les signes qui dans toutes les maladies, et surtout dans les maladies aiguës, nous indiquent un petit commencement de la diminution ou de l’augmentation du mal, chose qui n’est pas apercue de chacun, il faut surtout considérer l’état de l’humeur du malade et toute la manière dont il se comporte, comme une des marques les plus sûres et les plus évidentes. Si le mal commence à s’amender, quoique de peu de chose, le malade se sentira plus à son aise, il sera plus tranquille, et toute sa manière d'être redeviendra plus naturelle. Mais si la maladie empire, ne seraitce que de peu de chose, il s’ensuivra justement le

contraire; le malade se trouvera plus gene, plus lourd, et excitera davantage la pitié, tant par l'état de son humeur et de son esprit, que par toute sa maniere de se comporter, par toutes ses positions, tous ses gestes et toutes ses actions, choses qu'on apercoit facilement, mais qui sont difficiles à décrire *).

1) Mais ces signes d’amendement qu’offrent l'esprit et l’humeur, bientôt après que le malade a pris le remède, ne se montrent que quand la dose a eu la petitesse nécessaire. Car une dose d’uue grandeur inutile agit avec trop de violence et cause au commencement des troubles si grands et si longs dans l'esprit et dans l'humeur du malade, qu'il est impossible de remarquer les changemens susdits, quand même le médicament aurait été aussi homéopathique que possible.

Si le médecin, doué d’un esprit observateur et pénétrant, ajoute encore à ceci l'apparition de nouveaux symptômes et l’augmentation de ceux qui existaient déjà, ou bien la diminution des derniers sans qu'il en paraisse de nouveaux, il ne pourra plus douter que l’état du malade ne soit amendé ou n'ait empiré. Il y a cependant parmi les malades des personnes qui sont incapables d'indiquer l’amendement et l’aggravement du mal, ou qui n'ont pas la volonté d’avouer l’un et l’autre.

Cependant on peut parvenir à une conviction certaine, même avec des personnes de cette espèce, en parcourant avec elles tous les symptômes que l’on a notés dans le tableau de la maladie. Or, quand elles ne peuvent pas se plaindre de nouvelles incommodités extraordinaires, et que l'augmentation des vieux accidens n’est non plus signifiante, mais que l’on a remarqué un amendement dans l’état de l'esprit et de

l'humeur, il faut que le médicament ait produit une diminution essentielle de la maladie, ou qu'il la produise encore, si le temps a été trop court pour sen être déjà apercu. Si lamendemert visible tarde néanmoins trop longtemps à se manifester, quoique le remede ait été convenable, la cause de ce retard est dans là trop longue durée de l’aggravement homéopathique ($. 151) produit par le médicament, et par conséquent en ce que la dose n’était pas encore assez petite. | 8. 256.

De l’autre côté, si le malade se plaint de tels et tels symptômes importans, récemment nés, c’est une marque que le médicament choisi ne convenait pas homéopathiquement à la maladie. Soit que le malade ait même la bonhommie d’assurer, que sa santé s’amende, il ne faut pas le croire alors en ceci, mais son état doit être regardé comme empire, chose que le médecin verra aussi bientôt par ses propres yeux.

Observation du traducteur.

Dans cet endroit de l’Organon manquent deux paragraphes intéressans ($. 279 et 280), qui se trouvent dans la seconde et troisième édition. Nous n’hesitons pas à les suppléer.

I. . „Comme quelques symptômes de leffet primitif „des médicamens sur un corps sain se manifestent plus „tard de plusieurs jours que d’autres, il s’ensuit aussi dans : „les maladies, que ceux de leurs symptômes, qui répon- „dent à de pareils symptômes médicinaux, ne peuvent être „aneantis avant que le temps de ceux-ci ne soit venu, „quoique les autres symptômes de la maladie aient déjà „ete guéris par le médicament. P. ex. le mercure a la

“faculté de produire des ulcères ronds à bords élevés, en- „flammes et douloureux, mais il ne peut manifester ce „symptöme qu'après plusieurs jours, et même chez quel- “ques personnes après plusieurs semaines. De là vient „que l'usage intérieur du mercure dans la maladie vé- „nerienne ne peut guérir les chancres qu'après un es- OD . BE „ „pace de plusieurs jours.

II. „Si l’on a le choix parmi plusieurs medicamens, »il faut préférer pour la guérison des maladies chroniques „ceux qui opèrent longuement, et au contraire ceux qui „font leur effet en peu de temps pour la guérison des ma- „ladies aiguës, lesquelles, suivant leur nature, inclinent à „des changemens frequens.”

Le véritable artiste dans l’art de guérir se gardera de prendre en affection particulière certains remedes que par hazard il a eu occasion de trouver souvent convenables et d'employer avec un heureux succès. Une telle prédilection fait que l’on néglige de se servir des autres remèdes qu'on a employés plus rarement, et qui pourraient pourtant être plus homéopathiques pour le cas en question et par conséquent plus salutaires.

Un sage médecin se gardera de même de negliger par une méfiance déplacée ou par d’autres fausses raisons, l'usage de certains remèdes qu'il a employés dans tel et tel cas avec un succès malheureux, parce qu'il les avait mal choisis. Il se souviendra toujours de cette vérité, que, parmi tous les médicamens, celui dont les symptômes ressemblent davantage à ceux de la maladie en question, mérite uniquement la pré-

férence: il se souviendra toujours, dis-je, qu'aucune petite passion ne doit influer sur un choix aussi sé-

rieux.

B) De la diète.

Comme il est aussi nécessaire que convenable au but du procédé homéopathique, que les doses des médicamens soient très-petites, il est facile à concevoir, que durant une telle cure il faut éloigner de la diète du malade toutes les choses qui pourraient avoir sur lui une influence médicinale quelconque, afin que l'effet d'une dose aussi mince ne soit surpassé et anéanti par une irritation médicinale hétérogène !).

1) Les sons les plus mélodieux d’une flûte qui, en se faisant entendre de loin pendant le silence de la nuit, pourraient élever une ame tendre à des sentimens sublimes, ne peuvent

être entendus et resonnent envain, quand l'oreille est assourdie par du bruit continuel.

C’est surtout dans les maladies chroniques qu'il est nécessaire de rechercher exactement de pareils obstacles à la guérison, comme ces maladies ont été très-souvent engendrées et nourries ou du moins empirées par de semblables choses nuisibles qui échappent à l'attention des malades ou qu'ils ne veulent pas reconnaitre pour telles !).

1) P. ex.: le café; le thé de la Chine et d’autres thés

d'herbes médicinales; de la bière mélangée de substances végétales altérantes; des liqueurs fines; du chocolat épicé; des eaux

de senteur et des parfumeries de diverses espèces; des poudres et des teintures médicinales pour les dents; des mets et

„des sauces fort assaisonnées; des pâtisseries et des glaces aux épices; des soupes mêlées d’herbes médicinales, ainsi que des légumes qui consistent en herbes et, racines semblables; du vieux fromage et des nourritures animales déjà putréfiées ou doutes d'effets médiciuaux accessoires, comme Ja chair et la graisse de porcs, de canards et d’oies, ou de veaux trop jeunes. Toutes ces choses doivent être soigneusement éloignées de la diète du malade. Il faut encore lui défendre l’usage immodéré des jouissances de la table, l’abus du sucre et du sel, ainsi que l'usage de toutes les boissons spiritueuses. De telles personnes doivent aussi éviter la trop grande chaleur des chambres, une vie sédentaire dans Pair enfermé des appartemens; le trop long sommeil après le dîner, les plaisirs nocturnes, la malpropreté, les voluptés contre nature, l’affaiblissement des nerfs par des livres lubriques; toute occasion à la colère, au chagrin ou au dépit; le jeu passionné; les travaux outrés de l'esprit et du corps; le séjour dans des contrées marécageuses, la demeure dans des appartemens qui sentent le remugle, ete. etc. Toutes ces choses doivent être éloignées pour que la guérison ne soit pas empêchée ou rendue impossible.

Le régime le plus convenable que l’on saurait prescrire au malade, consiste à lui faire éviter toutes ces choses nuisibles dont nous venons de parler, et de lui faire observer justement le contraire des fautes quil a coutume de commettre; p. ex. en lui ordonnant de s’egayer l'esprit, de se donner de l’exercice en plein air, de faire usage de mets et de boissons convenables, nourrissantes, et non - médicinales, etc. etc.

Pour ce qui est au contraire de la diète dans les maladies aiguës, — excepté le cas où le malade aurait l'esprit égaré, — l'instinct de la faculté vitale s’éveille ici avec tant de clarté et parle avec tant de précision, que le médecin n’a besoin que d’ordonner

aux personnes de la famille et aux gardes-malades de n’opposer aucun obstacle à ce guide de la nature, soit en refusant au malade des nourritures et des boissons qu'il demande avec instance, soit en le persuadant de prendre telle et telle chose qu'il ne demande pas et qui pourra lui être nuisible, |

Il est vrai que les boissons et les mets que la personne attaquée d’une maladie aiguë demande, sont pour la plupart des choses palliatives qui lui procurent un soulagement momentane; mais elles sont libres de qualités médicinales et sont, pour ainsi dire, conformes à une espèce de besoin du malade. Pourvu que le contentement de ce besoin soit renfermé dans de justes bornes, les obstacles que cela pourrait mettre à la destruction radicale de la maladie, ne sont qu'insignifians et sont infiniment compensés et surmontés par la puissance du remède homéopathique et par la faculté vitale mise en activité, connue aussi par la récréation que la jouissance de l’objet ardemment désiré procure au malade. Il faut aussi que la temperature de la chambre ainsi que les couvertures du malade soient tout-à-fait arrangées d’après ses désirs. Toutes les contensions de lesprit et toutes les émotions de l'ame doivent être soigneusement évitées.

Cha-

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