‹ Orgueil et Préjugé, Volume 2Chapitre 16 sur 34 · TT · texte numérisé non relu

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J- out e'toit nouveau et inieVessant pour -Elisabeth dans son voyage de Londres k 'Hursford ; elle étoit disposée à jouir, car «lie avoit vu sa sœur assez bien pour n'avoir pins aucune inquiétude sur sa -santé, et la perspective d'un voyage dans le nord étoit pour elle une source mépuisabie de jouissances.

Lorsqu'ils eurent quitte' la grande route pour prendre le chemin de Huns-' ford, tous les yeux cherchoient à découvrir le presbytère $ on croyoit le voir à chaque pas ; les murs du p^arc de Rosing bordoientle chemin d'un coté, et Elisabeth sourioit en se rappelant tout C«

qu'elle avoit ^mendu dire de ses bal»*.

ORGUEIL El? PB-ÉJUGÉ.

Enfin l'on aperçut !e presbytère ; le jardin le long du chemin , la maison entourée de vertes palissades, et la haie de lauriers -, tout leur disoit que c'éloit bien là F humble demeure du pasteur»

Mr. Coîlins et Charlotte parurent sur îe seuil de leur maison* la \oiture s'arrêta devant la petite porte du jardin; ils descendirent au milieu des démonstrations de joie les plus sincères. Mistriss Col lins reçut son amie avec le plus vif plaisir, et Elisabeth fut charmée d'être venue 3 lorsqu'elle se vit accueillie avec tant d'affection. Elle s'aperçut tout de

suite que le mariage navoit opère au-

enn chaniiement ducs les manières

de

son cousin. Ses civilités etoient toujours les mêmes; il la retint quelques minutes à la porte pour lui demander des nouvelles de toute sa famille fort en détail* Il leur permit ensuite d'entrer dans la maison sans y mettre d'autre relard que

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ui de leur faire remarquer ïa propreté de l'entrée , et dès qu'ils furent dans le salon , il leur souhaita une seconde fois avec beaucoup d'ostentation la bienvenue dans son humble demeure, et répéta ponctuellement les offres de raffraîclnssemens qu'avait déjà faites sa f e ni me.

Elisabeth s'é-toit préparée à le voir dans tonte sa gloire; elle ne pouvoit s'empêcher de croire qu'en leur faisant remarquer la grandeur de son salon, ses belles proportions et son ameuble nient, il ne s'adressât particulièrement à elle, souhaitant de lui faire sentir tout ce qu'elle avoit perdu en le refusant- maïs ce fut en vain, quoique tout parut très-propre et très- confortable , il fut impossible à Elisabeth de le gratifier d'aucune apparence de regrets; elle etok

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même étonnée que son amie pût avoir tmt si gai avec un te] époux* et chaque Tom. II. £

ORGUEIL ET rREiUeÉ.

fois que M. Collins d;soil ou faisoit quelque chose dont sa femme pouvoit souffrir, ee qui certainement n'étoit pas rare, elle jetoil involontairement Jesyeus sur elle : une ou deux fois seulement elle crut distinguer une foible rougeur, mais en amiral , et c'étoil fort sage , Charlotte

n'entendoit et ne voyou point. Lorsqu'ils eurent admire tous les meubles de ïa chambre, depuis le buffet jusqu'au garde-feu, et raconté toutes les particularités do leur voyage et de leur sepur à Londres, M. Collinsles engagea à faire le tour du jardin , qui étoit grand,

i • . «. «n'îl rnïtîvoit lui-même»

bien tenu et qu u cuimun i«»

Travailler dans son jardin e'toit un de ses plus grands plaisirs, et Elisabeth admiroit l'air ds bonne foi av«c lequel Charlotte disoil que c'éioit un exercice très sain el qu'elle cloit la première à encourager 'son mari h s'y livrer. M.

Collips, en conduisant ses hôtes à travers

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orgueil et T&iatGh. Î25

tous les sentiers , et en leur donnant à peine Je temps d'achever les éloges qu'il leur deroandoit, leur désignoit chaque point de vue avec un détail si minutieux qu'il leur en faisoit oublier les beautés.

Il étoit capable de compter tous les champs que l'œil embrassoh, et pouvoit dire combien il v avoii d'arbres dans le

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bois le plus éloigné ; mais de tous les sites que son jardin , le comté même et peut-être le royaume pouvoit offrir, aucun, disoit-i] , n'étoit comparable à celui de Rosingg , ok l'on avoit ménagé une ouverture dans les arbres du parc, en face de la maison, beau bâtim-em moderne , bien situe -sur une peu us colline.

De son jardin, M. Colîins voulolt îcs conduire dans ses deux prairies , mais les dames qui n'a voient pas des chaussures capables de résister à l'humidité d'une

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blanche gelée , le quittèrent ; et pendant qu'il y conduisent sir Williams, Charlotie emmena sa sœur et son amie dans !a maison , charmée probablement de la leur montrer sans Paide de son mari. Elle etoii petite , mais bien bâtie , commode et tenue avec un ordre et une propreté dont Elisabeth attribua tout l'honneur à Charlotte ; on pouvoit réellement s'y trouver très-bien Jorsqu on parvenoit a oublier M. Collins , et Pair de contentement de Charlotte fît présumer à Elisabeth que c'ëtoit souvent le cas.

Elle savoit cme Lady Catherine etoîl dans le pays, et l'on en parla à dîner. — Oui , Miss Elisabeth, dit M. Collins, vous aurez l'honneur de voir Lady Catherine de Bout -h à l'Eglise, dimanche prochain, je n'ai pas besoin de vous dire que vous serez enchantée d'elle. Elle est remplie d'afiabilue et de condescendance,

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et je ne doute pas qu'elle ne vous honore de qnelqu'aUeulion lorsque le service sera fini \ je croîs nie 03e pouvoir vous assurer qu'elle vous comprendra vous et ma sœur Marie dans tontes îcs invitations dont elle nous honorera pendant votre séjour ici. Sa conduite vis-à-vis de ma chère Charlotte est trèsaimable. Nous dînons deux fois par semaine a Rosing, et l'on us uons permet jamais de revenir à pied. La voiture oe sa seigneurie est régulièrement commandée pour nous. Je voulois dire, une des voitures de sa seigneurie, car elle en a plusieurs.

— Lady Catherine est une femme

respectable et sensée, dit Charlotte, et

une voisine remplie d'attentions pour nous.

— C'est vrai, ma chère, c'est positivement ce que je dis, c'est une femme

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pour laquelle on ne saur Oit, avoir tropd'égards ei de déférence.

La soirée se passa à parier du Herifordsliire et de tout ce qui s'y éiok passe depuis le dépavt de Charlotte.

Lorsque chacun se fut retiré dans sa chambre , Elisabeth put méditer sur le Sè&Té de bouheur dont iouîssoit son.

amie , sur l'adresse avec laquelle elle couduisoh son mari, et sur le calme avec lequel elle ïe supportoit; elle anticipa- aussi sur la manière dont se passeroit le temps de son séjour à Hunsfordj sur la tranquillité de leurs occupations journalières, sur les ennuyeuses interruptions de Mr, Coîlins , et sur les diverlissemens de Rosiug. Son imagination un peu vive eut bientôt arrangé tout

cela.

Dans là matinée du lendemain ,. pendant qu'elle etoit remontée dans sa chambre pour se préparer à aller faire

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ORGCEII, ET PB.ÉJUGÈ

ihic promenade , elle entendit tont-à- «onp un tel bruit en bas, qu'on auroit pu croire que tome la maison éloU en confusion. Après avoir e conte quelques instans, elle s'aperçut qu'on monioit avec précipitation l'escalier et qu'on appelait fortement; elle ouvrit la porte et trouva Marie toute essauflce, qui lui cria :

— Ma chère Elisabeth , dépêcheztous et descendez dans la salle à manger ; il y a quelque chose qu'il faut que vous vovez, mais je ne veux pas vous dire ce que c'est; dépêchez- vous !

Elisabeth fit quelques questions,, mais ce fut inutile, Marie nVn voulut pas dire davantage , elles se précipitèrent dans la salle à manger qui donnoit sur le chemin,, et elles virent deux dames dans un petit phaëton, arrête a la porte du jardin-

— Ah c'est là tout? s'écria Elisabeth-

je croyots pour le moins que loule la

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basse-cour s'etoh échappée dans le \$pdm; i\ n'y a là que Lady Catherine et

sa fille.

— Non ma chère , reprit Marie, presqu" offensée de la méprise . ce n'est point Lady Catherine , la -vieille dame est Misiriss Jenkioson qui demeure chcs* elle ; l'autre est Miss de Bourgh. Mais regardez quelle pauvre créature c est !

Qui auroit devine qu'elle fût si maigre

et si petite ?

— Elle est bien impolie de tenir Charlotte dehors par le temps qu'il fait * pourquoi n'entre- t-elle- pas?

Oh! Charlotte dit qu'elle entre rarement dans la maison ; c'est la plus grande des faveurs lorsqu'elle vient faire ■visite.

Eh bien ! sa mine me plait , du Elisabeth , poursuivant une autre idée; elle a Fair maladif, elle est bossue , elle lui conviendra parfaitement et sera une excellente femme pour lui.

Mr. Coïlins et Charlotte eioicnt tous deux à la porte , faisant la conversation avec ces dames, et Sir Williams e'toit , au grand divertissement d'Elisabeth, placé au milieu du sentier qui contluisoit au chemin, dans une sérieuse contemplation des grandeurs qui eioîent devant ses yeux , il saluoit chaque fois que les regards de Miss de Bourgh se tournoient de son côté.

Enfin les deux dames partirent et les autres rentrèrent dans le salon. Mr.

Collins ne vit pas plutôiles jeunes Miss qu'il les félicita sur leur heureuse étoile,

et Charlotte leur communiqua que toute la famille étoit invitée à dîner à Ro.«ing le lendemain,

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