‹ Orgueil et Préjugé, Volume 2Chapitre 23 sur 34 · OR6XJETL ET PRÉJUGÉ · texte numérisé non relu

OR6XJETL ET PRÉJUGÉ

réponse, et, après un moment de silence, elle ajouta :

— Je crois avoir ouï dire que Mr. Bingley n'a pas l'intention de retourner à Netherfield?

* — Je ne lui ai point entendu dire cela. Mais à l'avenir il est probable qu'il y passera peu de temps. 11 a beaucoup d'amis, et il est dans l'âge ou le nombre des relations et les engagemens, qui en sont la conséquence j vont toujours en croissant.

— S'il perse ne pouvoir habiter Nellierfield que rarement , il seroit plus avantageux , pour le voisinage » qu'il quittât tout-à- fait cette maison; car alors nous pounionses pérer de voir quelque autre famille s'y établir ; cependant , comme Mt\ Bingley ne l'a pas louée pour les convenances du voisinage, mais probablement pour les siennes, nous devons nous attendre qu'il la gardera ou la quittera d'après le même ->r -

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— Je ne serois point étonne qu'il la sous- louât, dit Darcy, si on lui faisait une offre convenable.

Elisabeth ne répondit pas ; eïle craignit j en lui parlant trop long-temps de son ami, qu'il ne s'aperçût de l'intérêt qu'elle y mettoit. N'ayant rien à lui dire , elle se décida à lui laisser la peine de trouver un autre sujet de conversation,

— Cette maison, dit~iî, me semble commode et agréable; je crois que Lsdy Catherine y fit beaucoup de réparations îorsque Mr. Coliins arriva à Hunsford.

— Je Je crois aussi; elle ne pouvait faire un meilleur emploi de sa bonté.

— ■ Mr. Coîlins paraît avoir été fort iieurem dans le choix d'une épouse?

■ — Oui, en veriie. Ses amis doivent être fort contens qu'il ait rencontre une des femmes les plus sensées, d'entre celles qui pouvaient se résoudre à accepter sa

main. Mon amie a un jugement parfait, quoique je ne puisse pas citer son mariage comme une preuve de la vérité de cet éloge; elle paraît cependant parfaitement heureuse. Il est vrai que, sous le rapport des convenances, c'est un très-bon mariage.

— H doit être fort agréable pour elle d'être établie à une si petite dislance de sa famille et de ses amis.

— Vous appelez cela une petite distance ? il y a presqae cinquante milles.

Oui j j'appelle cela une très- petite distance. Qu'est-ce que cinquante milles avec de bons chemins? c'est un peu plus d'une demi journée de route.

Eh bien! je n 'a urpis jamais consîdéré cela comme un des avantages de es mariage ; je n 'au rois jamais imaginé que Mr. Collins fût elabli près de sa famille !

— C'est uue preuve de rattachement que vous avez pour la vôtre, et pour le

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Herfordshire. Tout ce qui n'est pas positivement dans le voisinage de Longfoourn vous paroît éloigne', je suppose?

IJ avoit une espèce de sourire en disant cela, qu'Elisabeth crut comprendre; elle s'imagina qu'il pensait à Jane et à NelherQeld , et rongit en répondant : — Je ne veux pas dire qu'une femme ne puisse s'établir loin de sa famille ; mais l'élnignemeut est presque toujours relalif, et peut dépendre de beaucoup de circonstances différentes. Lorsque ïa fortune permet de voyager souvent , l'éioignement n'est plus \\u mal ; mais ce n'est pas le cas-ci. Quoique Mr. et Mistriss Collins jouissent d'un honnête revenu , il ne leur permeuroit cependant pas de faire de fréquens voyages, et je suis persuadée que Charlotte ne se croiroit établie pies de sa famille, que lorsqu'elle seroit à moitié de cette distance.

Mr. Daiey approcha alors sa chaise de

la sienne, et lui dit ; —Vous oWz pas de droits , je pense , à prétendre à un aiUehement aussi fort* car vous n'avez sûrement pas toujours vécu à Longbouru?

Elisabeth parut un peu surprise. Darcy retirant sa chaise à l'instant, saisit une gazette sur ia table, et eut l'air de la parcourir ;

— Le comte' de Kent vous plait-il?

ajouia-t-il ensuite d'un ton plus calme,

Elisabeth répondit quelques mots , mais l'entretien fut bientôt interrompu par le retour de Charlotte et de sa soeur.

Ce tête-à-tête les surprit, Mr. Darcy leur raconta par quelle erreur il éloit entré

auprès de Miss Bennet, et, après être resté encore quelquesminules, il se relira.

Que signifie cela? dit Charlotte 7 aussitôt qu'il fut sorti* il est sûrement amoureux de vous , ma chère Elisabeth, autrement il ne vîetidroit point chez nous d'une manière aussi familière ;

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ORGUEIL ET PRKJUGÉ.

mais Elisabeth la dissuada bientôt en lui

racontant combien sa viâte avait été si-

leneieuse, el elles s'accordèrent toutes

les deux à l'attribuer au désœuvrement

où il étoit, et à l'embarras de trouver

quelque chose à faire. Dans cette saison

tous les travaux de la campagne étofènt

finis; il y avoit, au château, un billard,

des livres, et Lady Catherine elle-même 3

mais les hommes ne peuvent pas rester

toujours à la maison, et, à la distance

où était le Presbytère, les deux cousins

pouvoient trouver, dans la promenade,

et 3e plaisir de voir ceux c|ui y demeu-

roient, une distraction suffisante pour

îes y attirer presque tous les jours.

Ils venoient quelquefois le matin, quelquefois le soir, ensemble ou séparément, et, quelquefois aussi, accompagnés de leur tante. II e'tort clair que le colonel Fitz- Williams veuoit, pat ce •juil se plaisoii dana leur société; ce qui

i 7 8 OR & If El L ET FKB J tfGÉ .

le faisoit paroi! re encore pins aimable.

Le plaisir qu'Elisabeth trouvait h être avec lui, l'admiration qu'il avai* pour elle , lui rappeloiem son premier favori Georges Wikam ; et, quoiqu'elle ne trouvât pas* dans les manières du colonel, une donceur aussi séduisante, elle reconnoisson cependant qn'il avoit l'esprit plus cultive.

Il étoît beaucoup pîns difficile de devmer pourquoi M. Darcy venoit si souvent au Presbytère. Il n'était pas probable que ce fût pour la société , car il restoit fréquemment dix minutes sans ouvrir Ja bouche, et, lorsqu'il parlait, ii sembloit que ce fin plutôt par devoir que par plaisir. Il s'auimoit rarement ; Mislriss Collins , comme maîtresse de maison , en eloil souvent embarrassée.

Le colonel, tout en riant de la taciturnite de son cousin, assuroit qu'il etoît souvent très- différent, ce qu'elle n'a u roi t ja-

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maisdevÎBe, et ce qu'elle avait même de la peine à croire ; elle auroit voulu pouvoir attribuer ce changement à l'amour qu'elle auroit tant désire qu'il ressentît pour son amie; elle ï'étudioit sérieusement, et l'observoit avec soin chaque fois qu'elles alioient à Rosing, ou qu'il venoit luimême à Hunsford; cependant, le résultat de ses observations «eflattoit point ses vœux ; sûrement les yeux de Mr.

Darcy étoient souvent tournés sur Elisabeth, mais on pou voit coni ester l'expression de ce regard 5 c'étoit un regard scrutateur, et quelquefois l'observateur Je plus impartial aurait cru y voir autant de distraction que d'admiration.

Deux Ou trois fois MistrissCollins avait insinué à Elisabeth que Mr. Darcy étoii prévenu en sa faveur, mais celle ci avoit tonjours ri de cette idée , et Chariot »e n avoit pas voulu s'appesantir sur ce sujet , dans la ci aime de faire naître des espérances

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qui pouvoient êire trompées parla suite; car, clans son opinion, elle ne mettait pas en doute que l'aversion de sou amie pour Mr. Darey, ne s'évanouît du moment où elle se croirait aimée. Dans ses plans de bonheur pour Elisabeth , Mistriss Collins auroit bien désire de lui voir e'pouser le colonel Fitz Williams :

iléloit, sans contredit le plus aimable, sa position dans le monde était digne d'envie , et il e'toit rempli d'admiration pour elle; mais d'un antre côté Mr, Darcv a voit Je droit de conférer plusieurs bénéfices ^ et sou cousin n'en avoit point à donner»

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