‹ Orgueil et Préjugé, Volume 2Chapitre 24 sur 34 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

M-Jass ses promenades autour dn parc, Elisabeth a voit plusieurs fois rencontré Mr. Darcy, i] est. vrai, totu-à -fait inopinément ; pour prévenir ïe malheureux hasard dut Pavait amené dans des lieux si solitaires, elle prit soin de l'avenir que c'éfoit sa promenade fa von le ; maintenant qu'il ie sait, pensoû-elle , ne seroit bien étrange qu'il y revînt : c'est cependant ce qu'il fit. On ne pouvoit plus en accuser un mauvais sort; il sembîoit que ce fût un châtiment volontaire qu'il smfligeoit pour expier quelque pe'ehë secret; car, dans ces cas- là, il ne se contentait pas de prononcer simplement quelques phrases de politesse et puis de passer outre, comme il auroil pu le

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faire, mais il se cro> oit oblige de se promener avec elle , el quelquefois de retourner sur ses pas; il parloit peu, et la conversation était souvent languissante , car Elisabeth ne se donnoit pas non plus beaucoup de peine pour la soutenir. Elle fut frappée de quelques questions qu'il lui fit dans une de ces promenades, sur le plaisir qu'elle avait d'être à Hunsford ; sur sou goût pour les promenades solitaires ; sur ce qu'elle pensoit du bonheur de Mislrîss Collins; sur Rosing; et comme elle dit qu'elle ne cormoissoit pas tr4g~ bien la maison, il parut croire que, lorsqu'elle reviendroit dans le comté de Kent, elle y demeureroit:... Tout cela éloit bien étrange ! Youloit-il faire quelque allusion à son mariage avec le colonel Fitz Williams? Elle commençok à eue fort embarrassée, et fut bien aise, dans ce moment, de se trouvera la porte du parc, qui étoilenface du Presbytère.

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0u autre jour que, pendant sa promenade, elle éloit occupée à relire une lettre de Jane , et qu'elle méditoit quelques passades qui lui prouvolent qu'elle n'étoît pas dans une heureuse disposition d'esprit en lui écrivant, elle rencontra le colonel Fitz- Williams ; fermant sa lettre précipitamment, et s'efforça ni de sourire, elle lui dit

— Je ne crovois pas que vous vinssiez jamais ici.

— J'ai fait le tour entier du parc, ditil; je le fais une fois toutes les années, et je me proposois de le terminer par une visite au Preshytèie. Allez \ous loin?

— Non , j'y retournais j et ils revinrent ensemble à H uns forci.

Est- il h*en décidé que vous quittiez

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g samedi , dit elle?

— Oui, si Daicy ne renvoie pas encore; je suis à sa disposition j il arrange les choses comme i! lui plaît.

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— S'il n'est pas capable de prendre plaisir à quelque chose , an moins a-t-il Ja grande satisfaction de n'eue ïïêné par personne; je ne connois aucun homme qui paroisse jouir davantage que lui du plaisir de ne faire que ce qui lui confient.

— Il aime à faire ses volontés, répliqua ie colonel , mais nous sommes tous de même ; seulement i! en a plus les moyens que bien d'autres, parce qu'il est riche et que d'autres sont pauvres; j'en parle avec conuoissance de cause.

Un fils cadet doit être accoutumé comme vous le savez aux privations et à la dépendance.

— J'aurois cru que le fils cadet d'un comte auroit dû en être à l'abri.

Avez- vous vraiment connu la dépendance et les privations? Quand le manque d'argent vous a-t il empêché d'aller où vous vouliez, et de faire ce que vous désiriez?

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— Ce sont des questions bien positives ! Je ne puis pas dire que j'aie éprouve des peines de cette espèce ; mais je puis souffrir du manque de for lune dans des choses d'une plus haute importance. Far exemple , les fils cadets ne peuvent pas se marier, comme ils le veulent.

— A moins qu'ils ne veuillent des femmes riches, et je crois qu'ils ie veulent souvent.

L habitude que nous avons de dépenser, nous rend très-de'peudans , et, dans le rang ou je suis, il y a peu d'hommes qui puissent se marier sans avoir égard à la fortune.

Voilà pour moi, pensa Elisabeth, et elle rougit à cette idée- mais, se remettant promptement, elle dil , d'un ton anime : — Et, je vous prie, quel est le prix courant d'un fils c;tdet de comte? A moins que le frère aine ne fin fort malade, je pense qu'on ne de-

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manderoit pas plus de cinquante mille livres?

îje colonel lni répondit sur le même ton de plaisanterie, et le sujet tomba.

Elisabeth reprit cependant la conve*.salion peu de moments après, craignant qu'il n'attribuât son silence à ce qu'elle auioit été affectée de ce qu'il avoit. dit.

— J'imagine que votre cousin vous a amené ici pour avoir quelqu'un à sa disposition ? Je suis étonnée qu'il ne se marie pas ; il auioit toujours ce plaisirlà; mais, peut-être sa sœur lui suffit-elle dans ce moment; comme elle est absolument sous sa garde, il peut faire ce qu'il vent avec elle.

— Non, dit Fitz- Williams ; c'est un droit qu'il faut qu'il partage avec moi ; je lui ai été adjoint pour la tutelle de

Miss Darcy.

— Vraiment ! et , je vous prie ? quelle espèce de tuteur êtes-vous? Votre charge

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