‹ Orgueil et Préjugé, Volume 2Chapitre 3 sur 34 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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iVloNSiEUR (Miïns ne fat pas long-

temps seul à nieMiter sur l'heureux succès de sa déclaration, car Mislriss Bennet èmss'étoit arrêtée dans le vestibule, pour épier la fin de la conférence j n'eût pas plutôt vu Elisabeth sortir de la chambre, et monter l'escalier à pas précipité, qu'elle enlra dans le salon et le félicita vivement ainsi qu'elle-même , de la douce perspective, d'une alliance si intime. Mr.

Collins reçut ses félicitations, et les lui rendit avec une égale satisfaction , et lui raconta ensuite les particularités de son entretien avec Elisabeth, dont il croyoit avoir tonte raison d'être trèscontent, puisque disoit-il le refus que

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lui avoit prononcé sa cousine , provenoit tout naturellement de sa modeste timidité , et de la pureté de sa délicatesse. Ce récit cependant donna quelques inquiétudes à Mis tris s Benuet; elle auroit bien voulu que ce fût comme il le disoit , un encouragement , mais elle n'osou le croire, et se hâta de lui dire.

— Vous pouvez compter Mr. Coliins ?

que Lizzy reviendra prompt ement à la raison 5 je vais lui parler moi-même tout de suite; c'est une jeune personne trèsétourdie et très- entêtée,, qui ne connoît point ses intérêts , mais je les lui ferai Lien voir,

Pardonnez- moi , Madame ? de vous interrompre, s'écria Mr. Collins ; mais si elle est réellement si étourdie et si entêtée, je ne sais pas alors , si elle fcroit une femme très- désirable , pour un homme dans une position comme la mienne, qui cheiche le bonheur, dans

son intérieur. Si elle persiste toujours à rejeter mon offre, il seroit peut-être plus avaniagenx pour moi de ne pas la forcer à m'accepier? avec ces défauts là, ejle ne sauroit vraiment beaucoup contribuer à mon bonheur.

— Vous ne me comprenez point, répondit Miss Bennet allarmée. Lizzy n'est entêtée que sur des sujets comme ceuxci. Du reste c'est la meilleure fille qu'il y ait jamais eu ! Je vais tout de suile vers Mr. Bennet et je suis bien sûre que la chose sera bientôt arrangée,

— Sans lui laisser le temps de re'pondre, elle courut précipitaient a la chambre de son mari, et l'appelou déjà en ouvrant la porte : —Oh! Mr. Bennet!

il faut que vous veniez promptement; tout est en rumeur là-bas. il faut que vous forciez Lizzy à épouser Mr. Coîlins, elle proteste qu'elle ne le veut pas; et si vous ne vous dépêchez pas, il changera d'ide'e, et ne la voudra plus.

Mr. Bennet avoii levé les veux Je dessus son livre lorsqu'elle e'loit entrée, et les fixoit sur elle, avec un cuîrne^ qui ne fut point du tout troublé par ce qu'elle venoii lui apprendre.

en ai pas le boni] e m* de vous coin-

prendre, dit-il, lorsqu'elle eût fini son discours, de qui 'parlez-vous ?

— De Mr.Collins, et de Lizzy , Lizzy déclare qu'elle ne veut pas épouser Mr.

CoIHns, et Mr. Collins commence à dire qu'il ne veut pins épouser Lizzy !

— Et que dois- je faire là? Il me semble que c'est une affaire de'sespe'ree !

— Il faut que vous parliez à Lizzy, et que vous lui disiez que vous exigez qu'elle l'épouse.

— Mr. Bennet lira la sonneite, et l'on fit prier Miss Elisabeth de venir à la bibliothèque.

Venez ici , mon enfant , lui dit son père lorsqu'elle parut. Je vous aï

fait demander pour mie affaire importante. J'apprends que \Ir, Collins , vous a fait, de sérieuses propositions, est-ce vrai ? Elisabeth répondit affirmativement, — El celte offre de mariage, vous l'avez rejet ee ?

— Oui Monsieur: ;

— Très -bien. À présent venons aa

fait; votre mère insiste pour que vous

l'épousiez : n'est-ce pas vrai, Mistriss Ben net ?

Oui, ou bien je ne la reverrai jamais.

Vous avez une triste alternative devant vous Elisabeth \ dès ce jour vous devez devenir étrangère à l'un ou à l'autre

de nous deux, votre mère ne veut jamais vous revoir, si vous n'éponsez pas Mm Collins, et moi je ne vous reverrai jamais si vous l'épousez.

— Elisabeth ne put s'empêcher de rire à cette conclusion qui avoit si peu

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de rapporl avec le commencement de son interrogatoire. Mistriss Bennet qnk avoit crn que son mari envisageoit cetie affaire là. comme elle le desiroit, fut extrêmement de'sappointe'e.

— A quoi, pensez- vous donc, Monsieur Benne* , de parler ainsi? dit-elle ; vous m'aviez promis d'insister pour qu'elle l'épousât.

— Ma chère , répliqua son mari, j'ai deux faveurs à vous demander; la première, est que vous me permettiez dans cette occasion de faire un libre usage

de ma raison , la seconde est de sortir de mon cabinet ; je serai bien aise d'être seul le plutôt possible.

— Cependant , en dépit du mécontentement de son mari, Mistriss Bennet n'abandonna point la partie , elle parla encore Jon^-le m ps à Elisabeth là-dessus, l;t flattant et la menaçant tour- à-tour.

Elle voulut mettre Jane dans ses inté-

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