ORGUE IX ET PU É JUGÉ
rets ; mais celle-ci , refusa son in ter cession avec toute la douceur possible, et Elisabeth repondoit à ses attaques, tantôt avec nu sérieux réel, tantôt eti plaisantant; mais quoiquesa manière variât, sa détermination étoit toujours la même.
Pendant ce temps- là, Mr. Collins, mcditoit dans la solitude sur tout ce qui s'étoit passe' 5 ii avoit trop bonne opinion de lui , pour imaginer que sa cousine eût de véritables motifs pour le refuser. Si son orgueil etoit blesse', il n a voit pas d'autres souffrances, car son penchant pour elle , ëtoit tout-à-fait imaginaire, et la possibilité qu'elle pût mériter les reproches de sa mère, pre'venoît chez lui tome espèce de regrets.
La famille ëtoù encore dans ce trouble, lorsque Charlotte Lucas, arriva pour passer la journée à Longbourn.
Lydie la rencontra dans le vestibule , et s'élauçant vers elle 3 lui dit à demi
voix, je siuV bien ai>e do vons voir ! K y a de quoi rire ici ! vous n'imagineriez pas c<* qui s'est passe ce malin !" Mr.
Cnihns demande Elisabeth, et elle ne veut pas l'accepter.
Charlotte , avoit à peine en le temps de lui répond *e que Kitty survint, qui lui apportohîes mêmes nouvelles , et dès qu'elles furent entrées daus le salon à manger ; Misiriss Beimei, qui y etoit seule , entama aussi le même sujet , implorant le secours de Miss Lucas pour persuader à son amie Lizzy de céder au désir de toute la 'famille. Je vons en supplie, ma chère Miss Lucas, lui disoitelle d'un ton chagrin , personne n'est de mon côté, personne «e s'intéresse à moi ! Je suis cruellement traitée ! on n'a aucune pitié de mes pauvres nerfs !
L'arrivée de Jane et d'Elisabeth évita à Charlotte la peine de répondre.
Ah! la voilà qu'elle revient, dit Mis-
IrissBennei, el!e n'a point l'air embarassee., et ne s'occupe pas plus de nous que si nous étions au bout du monde; pourvu qu'elle lasse sa volonté, c'est tout ce qu'il lui faut.
JVlais je \ous avertis, Miss Lizzy, que si vous vous mettez en tète de refuser ainsi toutes les propositions qu'on vous fera, vous finirez par n'avoir point de mari. Certainement je ne sais pas
qui vous entretiendra après la mort de voire père! Pour moi je ne pourrai pas vous garder, je vous en avertis, j'ai rompu avec vous dès aujourd'hui ; je vous J'ai dit dans la bibliothèque; vous savez que je ne vous reparlerai jamais, et je tiendrai parole; je n'ai aucun plaisir à parler à des enfans désobeissans; au reste je n'ai pas grand plaisir à parler à personne; les gens qui souffrent des nerfs
comme moi, ne désirent que le calme ?
ORGUEIL ET rREJUGE.
la tranquillité, ou ne peut savoir ce que je souffre! mais c'est toujours ainsi, on n'a jamais pitié des gens qui ne se plaignent pas.
Ses filles écouioient en silence cette sortie, persuadées que tous leurs efforts ne feroient que l'irriter d'avantage.
Elle continua donc à se plaindre, jusqu'à l'anive'e de Mr. Col lins. Il entra dans la chambre avec un air encore plus soiemnel qu'à l'ordinaire: en le voyant elle dit à ses filles.
Maintenant je vous prie de vous taire toutes, et de nous laisser Monsieur Collins et ruoi avoir une petite conversation ensemble,
Elisabeih sortit de ' la chambre, Jane et Kitty la suivirent; Lydie resta à sa place, bien décidée à tout entendre; et Charlotte, qui avoit été arrêtée par Mr. Collins, qui lui avoit demande de ses nouvelles et de celles