CHAPITRE III
es discussions sut la demande de Mf-
Collins droient cependant à leur fin , et Elisabeth ne souffroit plus que de temps eu temps de quelques allusions un peu piquâmes de la pari de sa mère. Quant à lui, les semimens qu'il éprouvoit, se uianifesloieul, non par de Rembarras, de la tristesse ou par le soin qu'il prenoit de l'éviter; mais par encore plus de r.oideur dans ses manières, et une réserve pleine de ressentiment ; il lui parloit à peine ? et l'empressement dont il avoit voulu se faire un mérite auprès d'elle , se tourna pendant le reste de lu journée vers Miss Lucas qui, attentive à l'écouler, soulagea toute la famille, et surtout Elisabeth.
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OaGtJEIIi ET PUE JUGE.
Le le ode main n'apporta aucun changement dans la mauvaise humeur et la mauvaise santé de Mistriss Benne t. Mr.
Collins étoit dans le même état. Elisabeth a voit espeVé que son ressentie ment abrègeroit sa visite, mais ses plans n'en parurent pas ïe moins du monde déranges ; il n'a^oit dû partir que le samedi , et il vouloil rester jusqu'au samedi.
Après le déjeûner les jeunes-personnes
furent à Meriton s'informer si Mr, \Vïîtam étoit de retour; il les rencontra au moment oh elles entroient dans la ville et les accompagna chez leur tante, on ses regrets de n'avoir pas été an bal de ISetherfield, et le chagrin que tout ïe monde en avoit ressenti , furent encore le sujet de la conversation.
It avoua cependant à Elisabeth qu'il s'étoit absenté volontairement. — J'ai pensé, dit-il , lorsque le moment du bal s'ap-
ORGUEIL ET rKEJUGi,
procha , que je préférois ne pas reneon^ très Mr. Darcy , qu'il seroit peut-être au- dessus de mes forces de me trouver pendant plusieurs heures daus le même cercle dans îe même salon que lui, et que, les scènes qui en résull et oient peutêtre , poun oient être fâcheuses pour d'antres que pour moi seul. Elisabeth approuva fort sa modération, et ils eurent tout Je temps, après une longue conversation, de s'adresser beaucoup de complimens l'un à l'autre.
"Wikam et un autre officier accompagnèrent les jeunes Miss jusqu'à Longbourn. Pendant cette promenade Wikam continua à s'occuper particulièrement d'Elisabeth, elle le remarqua avec nn certain plaisir , et elle pensa que l'occasion e'toit favorable pour le présenter à son pire et à sa mère.
Peu de momens après leur retour, on remit à Miss Bennet une lettre de
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dKGUEIT, ET PKKJUGÉ.
Ketberfield. Elle l'ouvrît de suite, l'enveloppe conlenoit une feuille duo peut papier fort élégant et écrit dune main de femme. Elisabeth vît sa sœur changer de contenance en la lisant \ elle 3a vit aussi s'arrêter longtemps sur quelques passages. Cependant Jane se remit bientôt, et s'efforça de prendre part à la conversation générale avec sa gaieté ordinaire ; mais Elisabeth éprouvoit une inquiétude qui l'absorboit entièrement, et détournoit même son attention de Wilcam ; il n'eut pas plutôt pris congé ainsi que son camarade, qu'un coup-d'œil de Jane l'invita à la suivre.
Lorsqu'elles furent dans leur chambre, Jane, montrant la lettre, lui dit:
— Elle est de Caroline Bingley; son contenu m'a fait de la peine ; ils ont tous quitté Netherfield, et sont en route pour la ville, sans avoir l'intention de revenir * 7 vous allez entendre ce qu'elle m'écrit:
32 ORGUEIL ET PR^JUGÉt
La première partie de la lettre annon^ çoit qu'elles ven oient de se décider à suivre leur frère a la ville , et qu'elles -comptaient arriver le même jour à Grosvenor- Street > où Mistriss Hurst avoit tine maison La seconde partie était conçue en ces termes : « De tout ce que je quitte dans le Hertfordshire , je ne regrette que votre société, ma plus chère amie ; mais nous espérons qne dans l'avenir nous jouirons encore du retour des
ïitamens oeucieux que nous avons passés ensemble; jusqu'alors y compte que nous diminuerons les peines de l'absence par une correspondance active et sans reserve; je me fonde pour cela sur votre amitié. » Elisabeth écoutait toutes ces belles phrases avec la froideur de l'incrédulité; la promptitude de leur départ l'étonnoit , mais elle s'en affligeoit peu. Ou ne pouvoit pas supposer que leur absence de JNetherfield empêchât