‹ Orgueil et Préjugé, Volume 3Chapitre 6 sur 19 · ORGUEIL ET PB. F JUGE · texte numérisé non relu

ORGUEIL ET PB. F JUGE

de voir ses parens heureux, pour l'empêcher de se livrer à des regrets, qui avoient déjà tellement nui à leur tranquillité' et à sa propre sanle'.

— Eh bien Lizzy ! dit un jour Mistriss Bennet, qu'elle est votre opinion sur cette triste affaire de Jane? Pour moi je suis bien de'cide'e à n'en reparler jamais à personne. Je l'ai déjà dit à votre tante Phillips. Mais je ne puis comprendre que Jane n'ait rien su et rien entendu de lui à Londres. C'est un jeune homme bien peu estimable , et je crois qu'il n'y a pas de chance qu'elle le retrouve jamais. Je ne cmis point qu'il veuille revenir à Netheifield cet été. Je m'en suis informée à tous ceux qui ponvoient le savoir.

— Oui, je ne crois pas qu'il revienne demeurera Netheifield!

— Ah bien! ce sera comme il le voudra , ou n'a pas besoin qu'il re-

vienne. Mais je dirai toujours qu'il s'est fort, mal conduit avec ma fille ; si jMtois elle, je ne l'aurois certainement pas souffert. Au reste ce qui me console, c'est que je suis s-ure que Jane mourra de chagrin, et qu'alors il sera fâché de ce qu'il a fait.

Elisabeth, qu'une pareille idée ne consoloit point du tout , ne répondit rien.

— Eh bien Lizzy! continua sa mère quelques momens après, les Collins vivent très-agréablement dit-on? Allons, il faut espérer que cela continuera ^ mais je ne le crois pas. Quelle espèce de maison lienn<*nt-iïs? Charlotte étoii une bonne ménagère, si elle est seulement la moitié autant avare que sa mère, elle économisera. 11 n'y a rien de bien extraordinaire, dans leur table, je pense?

— Noij rien du tout.

— Oh ouij ils auront bien soin de

ne pas dépenser plus que leurs revenus, ils ne manqueront jamais d'argent. Grand bien leur en fasse, et je pense aussi qu'ils parlent souvent de Longbourn, et de ce qu'ils y feront lorsque voue père sera mort. Je suis sure, qu'ils le regardent déjà comme à eux, quoiqu'il arrive !

— C'est un sujet, dont ils n'ont point parlé devant moi.

— Oh je le pense bien, cela auroit été trop malhonnête ; mais je ne doute pas qu'ils ne s'en entretiennent trèssouvent entre eux. Eh bien s'ils peuvent être heureux avec une terre qui ne leur appartient pas légitimement, tant mieux pour eux! Je serois honteuse moi, d'une substitution en ma faveur.

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