‹ Orgueil et Préjugé, Volume 4Chapitre 10 sur 21 · BÉ · texte numérisé non relu

BÉ

moi de savoir que ce que j'ai à dire fera tant de plaisir à toute rua chère famille !

Comment puis je supporter tant de bonheur !

Elisabeth fut rejointe, au bout de trèspeu de momens; par Bingley lui-même , dont la conférence avec son père avoit été très- courte et très-heureuse.

— Où est votre sœur? dit-il en entrant dans la chambre. \

— En haut , avec ma mère ; elle descendra bientôt, je suppose.

Alors il s'avança vers elle, et réclama les souhaits et la tendresse d'une sœur.

Elisabeth lui exprima franchement sa joie.

Celte soirée fut délicieuse pour tous. La Satisfaction qu'eprouvoit Jane répandoit une douce vivacité sur sa figure et la rendoit plus belle que jamais. Kitty minaudoit , sounoit et se beiçoit de l'espérance que sou tour viendroit bientôt. Mistiiss Beunet ne ttouvoit pas des termes

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assez vifs pour exprimer son bonheur, et cependant elle ne pouvoit parîercTautre chose. Lorsque Mr. Ben net les rejoignit à souper, on vit dans toutes ses manières combien il etoit heureux. Cependant il ne prononça pas un mot qui eût rapport à ce qui s'étoil passé, jusqu'à ce que Bingley se fût retiré; alors, se tournant du côté de sa fille , il lui dit :

Jane , vous serez une heureuse femme !

Jane lui baisa la main.

— Vous êtes une bonne fille, lui ditil, et j'ai un grand plaisir à penser que vous serez si bien établie; je ne doute pas que vous ne vous conveniez très-bien, vos caractères ne présentent pasde grands contrastes; vous êtes tous deux si complaisans, qu'il n'y aura jamais de discussions ; si faciles, que tous les domestiques vous tromperont ; et si généreux , que Tom. IF. 5

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q8 oiiGUF.ïr, et rnfauG'A.

vous dépenserez ion jours plus que voire

revenu.

— Dépenser plus que leur revenu !

mon cher Mr. Bennet } s'écria sa femme, Que dites- vous? il a quatre mille livres de rente et peut-être davantage! Puis, ^adressant à sa fille : — Je suis si heureuse , ma chère Jane ! Je suis sûre que je ne fermerai pas l'oeil de toute la nuit!

Je savois bien que cela arriveroit! J'ai toujours dit qu'il fallait que cela fui ainsi.

Jeiois sûre que le Ciel ne vous avoit pas fait si belle pour rien. Je me souviens ' que la première fois que je le vis, je pensois que probablement un jour vous suiez unie à lui ! Oh! c'est le plus beau jeune homme que j'aie jamais vu!

Wikam,Lvdie, tout éioit oublié ! Jane èioil son enfant bien aimé, et dans ce moment elle ne pensoit point aux autres.

Elle la vovoit déjà entourée de tout le luxe et l'élégance que peut donner la

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fortune. Kitty demandoit qu'on eût des bals à Neihetfield tous les hivers, et Mary qu'on lui permit de faire usage de la bibliothèque.

Depuis ce moment-là Bingley, comme on le pense bien , passoit ses journées à Lon<>houm , venant très-souvent avant îe déjeuner et restant toujours après le souper, à moins cependant que quelque crue! voisin , qu'on ne potuoil assez détester, ne l'invitât à dîner et qu'il ne se crût obligé d'accepter,

Elisabeth irouvoit rarement l'occasion de parler avec sa sœur; car tant que Bing'ey e'ioii présent, Jane ne s'occupoit que de lui ; mais elle leur étoit fort mile à tous deux dans les motneni de séparation, qu'il étoit impossible d'éviter. Lorsque hue étoit quelques instaus absente, Biogley parloit d'elle à Elisabeth • et quand Bingley n'y étoit pas, toe recouron aux mêmes moyens de consolation.

lôm oiujueil et préjugé.

— Que je suis heureuse ! disoii elle un soirjil m'a dil qu'il avoil absolument ignoré que je fusse à Londres le printemps dernier.

— Je le soupçonnois fort , dit Elisabeth; vous a-t-il expliqué comment cela avoit pu se faire ?

— Ses sœurs le lui avoient caché; il paroît bien ceriain qu'elles n'étoient pas satisfaites de notre liaison, et je n'en suis pas surprise, puisqu'elles avoient Fait un choix si avantageux pour lui sous tous les rapports. Mais j'espère que lorsqu'elles verront leur frère heureux, elles ne seront plus fâchées qu'il se soit attaché à moi , et que nous vivrons fort bien ensemble; cependant je ne crois pas que nous puissions jamais redevenir ce que nous avons été.

— Voilà le discours le plus rempli de ressentiment que je vous aie jamais entendu prononcer, dit Elisabeth. Excel- Lente personne ! je serois biep en colère

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si je vous voyois de nouveau la dupe de la prétendue amitié de Miss Bingley.

— Croirez-vous, Li?zy , que lorsqu'il partît pour Loudres au mois de Novembre , il m'aimoit véritablement, et que ce ne fut que la conviction de mon indifférence qui pût l'empêcher de revenir?

— Il est sûr qu'il s'est bien laissé tromper, mais cela même fait l'éloge de sa modestie.

Celle réflexion amena tout naturellement Jane à parler des bonnes qualités de Bingley.

Elisabeth fut charmée de voir qu'il n'avoit point inculpé son ami ; car, quoique Jnne eût le cœur le plus généreux du monde, il eût été bien difficile que les circonstances de cette affaire , si elle les eût connues, ne lui eussent pas donné de la prévention contre Mr. Darcy.

— Je suis la plus heureuse créature du monde ! s'éciïoit Jane. Oh Lizzy ! pour-

quoi ai- je été ainsi choisie et bénie entre toutes ! Ah ! si je pouvois vous voir aussi heureuse que moi ! S'il y avoit un autre Bingîey pour vous !

— *■ Je ne serai jamais aussi heureuse que vous ! Tant que je n'aurai pas votre excellent caractère , votre ange'lique bonté j je ne puis avoir votre bonheur!

Non, laissez-moi me changer moi même 5 et ensuite, si mon heureuse étoile le permet , je pourrai peut-être retrouver un autre Mis CdtUflâ.

On n @ pouvoil garder U tt-erti ?op^

temps h Longbourn sur le mariage de Jane ; on permit à Mistrîss Bennei d'en dire un mot à l'oreille à Mistriss Phillips, qui , sans permission , le dit à tous ses voisins , et bientôt les Bennet passèrent tout le voisinage pour une famille destinée au bonheur, quoique peu de semaines auparavant, lors de l'enlèvement de Lydie, on les avoit cru nés pour l'in- •Virtune.

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