CHAPITRE VU
JLiNViRON huit jours après que Bingîdy eut demandé la main de Jane, an matin qu'il étoil avec les dames de la famille dans la salle à manger, ils furent attirés à la fenêtre par le bruit d'un équipage, et vireut une chaise de poste à quatre chevaux qui entroil dans l'avenue: c'éioti trop tôt pour une visite j d'ailleurs c'étaient des chevaux de poste, et ni le carosse, ni la livrée du domestique qui le précedoit, ne leur e'toienl connus. Cependant comme il étoit bien sûr que c'éloil quelqu'un qu'il faudroil recevoir, Single? engagea Miss Beunet à se soustraire à cet ennui en allant se promener avec lui dans le verger ; ils s'échappèrent tous les deux , laissant les autres faire des conjectures
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sur celle visite inconnue , jusqu'au moment où îa porte s'ouvrit et où l'on annonça Lady Catherine de Bourgh.
La surprise que causa cette apparition soudaine ne peut se décrire , et celle d'Elisabeth fut encore plus grande que celle de sa mère et de Kilty.
Lady Catherine entra dans la chambre avec un air encore moins gracieux qu'à l'ordinaire ; elle ne répondit à l'accueil d'Elisabeth que par un simple signe de tête , et s'assit sans dire un mot ; Elisabeth l'a voit nommée à sa mère, quoique sa Seigneurie n'eût point demandé à loi être présentée.
Mistriss Bennet , extrêmement flattée de la visite d'une aussi grande dame , s'efforcoil de la recevoir avec toute la politesse imaginable. Après avoir gardé le silence quelques inslans, Lady Catherine dit fort sèchement à Elisabeth :
— J'espère que vous êtes bien , Miss
Bennel? Celte dame est votre mère , je suppose ?
Elisabeth répondit un oui fort bref.
— Et celle-ci , une de vos sœurs , je pense ?
"Oui, Madame, repondit Mistriss Bennct , qui étoit ravie de parler à Lady Catherine, c'est une des cadettes; la plus jeune de toutes s'est mariée dernièrernenf, et l'aînée se promène dans ce moment avec un jeune hom.ae qui sera bientôt son époux.
— Vous avez un tjès-p£tit parc ici , reprit Lady Catherine après une légère pause.
Ce n'est nen en comparaison de celui de Rosing , dit Mistriss Bennet ; cependant je vous assure, Milady, qu'il est encore beaucoup plu* grand que celui de sir Williams Lucas.
— Cette chambre doit être bien incommode en été, car les fenêtres sont au couchant, 5*
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Mislriss Bennet l'assura qu'on ne s'y tenoit jamais après le dîner.
— Puis-je prendre , ajouta-t-elle , la liberté de demander à votre Seigneurie si elle a laissé Mr. et Mistriss Collins en bonne santé ?
-r- Oui, très-bonne; je les vis avanthier au soir.
Elisabeth croyoit qu'elle alloit lui remeilre une lettre de Charlotte; il lui sembloit que ce pouvoit être le seul motif de sa visite ; mais Lady Catherine n'en parlant point, sa curiosité commença a être vivement excitée.
Mistriss Bennet offrit quelques rafraîchisse mens à sa Seigneurie ; mais Lady Catherine refusa très - nettement, sinon très-poliment , de rien prendre; et, se levant tout-à-coup , elle dit à Elisabeth :
— Miss Bennet, il me semble qu'il y y a quelque chose d'assez joli , d'assez sauvage vers ce côté de votre prairie ;
je serois bien aise d'y aller faire un lour, si vous voulez m'accompogner.
— Allez, ma chère , s'écria sa mère , et faites voir louies les promenades à sa Seigneurie ; je pense que l'hermitage lui
plaira. Elisabeth obéit, et sortit avec
sa noble visite. En traversant le vestibule, Lady Catherine ouvrit toutes les portes du salon et de la salle à manger \ et après un Ip'ger examen , elle prononça que c'étoient d'assez bonnes thambres.
Son carosse étoil à la porte, Elisabeth en passant y vit sa femme de chambre.
Elles suivirent en silrnce le chemin qui conduisoitanpetilbois;Elisabetheioii fort décidée à ne faire aucun eiforl pour entretenir la conversation avec une femme qui etoit encore plus insolente et plus désagréable qu'à l'ordin; Dès qu'elles
furent entrées dans le. petn bois,' Lady Catherine commença à parler de la manière suivante :
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— Vous devez comprendre , Miss Ben* net, le motif de ma visite; votre cœur et votre conscience doivent vous dire pourquoi je suis venue.
Elisabeth e'toit très-étonnée.
— En vérité , Madame , vous vous trompez, je ne sais pas du tout à quelle cause attribuer l'honneur que j'ai de vous voir ici.
___ Miss Benuet, répliqua sa Seigneurie , vous devez savoir qu'on ne doit point plaisanter avec moi. Mais &i vous ne voulez pas être sincère , vous ne me trouverez pas de même ; mon caractère a toujours été renommé par sa franchisse, et dans ce moment- ci je ne m'en 'écarterai certainement pas. Un bruit de la nature la plus alarmante, est parvenu jusqu'à moi depruVdeux jours. Ou m'a dit que non-seulemsaî une de vos sœurs éioit sur le poiut de se marier très-avantageusement j mais encore que vous, que Miss
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Elisa Bennei. seroit , selon toute probabilité, bientôt unie à mon neveu, mon propre neveu, Mr. Daicv! Quoique je sache fort bien que c'est une scandaleuse calomnie, et que je ne lui fasse point l'injure de supposer qu'un pareil bruit puisse avoir jamais le moindre fondement, je me suis décidée à partir à l'instant même pour venir ici vous faire connoître mes sentimens.
— Si vous croyez à l'impossibilité de la chose, dit Elisabeth en rougissant de surprise et d'indignation , je suis étonnée que vous ayez pris la peine de venir de si loin.
Que se proposoil donc votre Seigneurie ?
D'insister pour que ce conte fût
réfuté.
— Votre voyage à Longbourn, pour nie voir ainsi que ma famille , répondit froidement Elisabeth , confirmeroit plutôt un pareil bruit, s'il existe.
b=» S'il existe ! Ainsi, vous prétende*: