‹ Orientales et balladesChapitre 10 sur 58 · LA CAPTIVE · texte numérisé non relu

LA CAPTIVE

On entendait le chant des olieaax aiusi harmonieux que la poëale.

Si je n^étais captive , Taimerais ce pays , Et cette mer plaintive , Et ces champs de maïs , Et ces astres sans nombre , Si le long du mm* sombre N*étincelait dans Tombre Le sabre des spahis.

Je ne suis point Tartare Pour qu^un eunuque noir

50 ^Es oiishtales.

Comme Talgue des eaux qu'apportent les marées, Sur la grève noircie expirent échoués.

Ah ! c'est une victoire ! — Oui , l'Afrique défaite, Le vrai Dieu sous ses pieds foulant le faux prophète , Les tyrans , les bourreaux , criant g^râce ! à leur tour ; Ceux qui meurent enfin sauvés par ceux qui régnent 3

Hellé lavant ses (lancs qui saignent ,

£t six ans vengés dans un jour!

Depuis assez long-temps les peuples disaient : — « Grèce ! « Grèce ! Grèce ! tu meurs. Pauvre peuple en détresse , « A rhorizon en feu chaque jour ti> décrois.

«1 En vain, pour te sauver, patrie illustre et chère, « Nous réveillons le prêtre endormi dans sa chaire, « En vain nous mendions une armée à nos rois.

« Mais les rois restent sourds , les chaires sont muettes. « Ton nom n'échauffe ici que des cœurs de poètes. « A la gloire, à la vie, on demande tes droits. « A la croix grecque, Hellé, ta valeur se confie.., —

« C'est un peuple qu'on crucifie!

tt Qu'importç, hélas! sur quelle croix?

h Tes dieux s'en vont aussi. Parthénon, Propylées, « Murs de Grèce, ossemensdes villes mutilées, « Vous devenez une arme aux mains des mécréans. « Pour battre ses vaisseaux du haut des Dardanelles ,

VATAIIH. 51

« Chacun de vos débris, ruines solennelles ,

« Donne un boulet de marbre à leurs canons géants! »

Qu^on change cette plainte en joyeuse fanfare ! Une rumeur surgit de llsthme jusqu'au Phare.

Regardez ce ciel noir plus beau qu'un ciel serein. Le vieux colosse turc sur TOrient retombe.

La Grèce est libre , et dans la tombe

Byron applaudit Navarin.

Salut donc, Albion, vieille reine des ondes!

Salut, aigle des czars, qui planes sur deux mondes! Gloire à nos fleurs-de-lys , dont Téclat est si beau! L'Angleterre aujourd'hui reconnaît sa rivale. Navarin la lui rend. Notre gloire navale A cet embrasement rallume son flambeau.

Je te retrouve, Autriche ! -^ Oui la voilà , c'est elle ! Non pas ici , mais là, — dans la flotte infidèle. Parmi les rangs chrétiens en vain on te chercha. Nous surprenons, honteuse et la tête penchée.

Ton aigle au double front cachée

Sous les crinières d'un pacha !

C'est bien ta' place, Aiitriche ! — On te voyait naguère BrDler près dlbrahim , ce Tamerlan vulgaire ; Tu dépouillais les morts qu'il foulait en passant j Tu l'admirais, mêlée aux eunuques serviles ,

66 l'Es OIIBIITALKS.

Font Ummoyer kur ro&de Sous un tond paMsol.

' Mais surtout, quand la brise

Me touche en voltigeant, La nuit, j^aime être assise, ttre assise en songeant , , L'œil sur la mer profonde, Tandis que, pftle et blonde, La lune ouvre dans Tonde Son éventail d^irgent.

Juillet x8a8.

Page 1