‹ Orientales et balladesChapitre 23 sur 58 · L'ENFANT · texte numérisé non relu

L'ENFANT

O harror / iArrer ! horror !

Les Turcs ont passé là : tout est ruine et deuil. Ghio , nie des vins , n^est plus qu'un sombre écueil ;

Chid, qu'ombrageaient les charmilles, Ghio, qui dans les flots reflétait ses grands bois, Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois

Un chœur dansant déjeunes filles.

Tout est désert : mais non, seul, près des murs noircis, Un enfant aux yeux bleus , un enfant grec , assis ,

Courbait sa tête humiliée.

Il avait pour asile , il avait pour appui

94 * LES ORÇBnTALBS.

Une blanche aubépine, une fleur, comme lui Dans le grand ravage oubliée.

— Ah ! pauvre enfant ! pieds nus sur les rocs anguleux; Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus

Comme le ciel et comme Tonde , Pour que dans leur azur de larmes orageux , Passe le vif éclair de la joie et des jeux,

Pour relever ta tête blonde ,

Que veux-tu ? bel enCpint, que te faut-il donner Pour rattacher gaiment et gaiment ramener

En boucles sur ta blanche épaule Ces cheveux qui du fer n*ont pas subi Tafiront, Et qui pleurent épars autour de ton beau front ,

Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ? Est-ce d^avoir ce lis, bleu comme tes yeux bleus ,

Qui dlran borde le puits sombre ?

Ou le fruit du tuba , de cet arbre si grand Qu'un cheval au galop met toujours en courant .

Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois. Qui chante avec un cHant plus doux que le haut-bois ,

Plus éclataiit que les cymbales ?

Que veux-tu? fleur, beau fruit, ou Toiseau merveilleux? — r Ami , dit Tenfant grec , dit Tenfant aux yeux bleus,

Je veux de la poudre et des balles.

Jain z8a8.

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