‹ Orientales et balladesChapitre 24 sur 58 · SARA LA BAIGNEUSE · texte numérisé non relu

SARA LA BAIGNEUSE

Le soleil H les rents , dans ces bocngcs sombres , Des feuilles sur «on front ^baient flotter les ombres.

•— Ai.¥aBD on VxavT.—

Sara, belle iTiiidolence,

Se balance Dans un hamac , au-dessus Du bassin d^une fontaine

Toute pleine D'eau puisée à Fllyssus ;

St la frêle escarpolette

Se reflète Dans le transparent miroir , Avec la biûçneuie blanche

96 LES omBNTALBS.

Qui se penche , Qui se penche pour se voir.

Cha<pie fois que la nacelle,

Qui chancelle , Passe à fleur d^eau dans son vol , On voit sur Peau qui s*agite

Sortir vite Son beau pied et son beau col.

Elle bat d*un pied timide

L^onde humide ' Qui ride son clair tableau ; Du beau pied rougit l'albâtre ;

La folâtre Rit de la fraîcheur de Teau.

Reste ici caché : demeure !

Dans une heure , D^un œil ardent en verras Sortir du bain Tingénue ,

Toute nue , Croisant ses mains sur ses bras !

Car c^est un astre qui brille

Qu*une fille Qui sort d'un bain au flot clair , Cherche s^il ne vient personne,

8AMA LA BAIGHBIISI. «7

Et frissonne, Toute mouillée au gprand air.

Elle est là , sous la feuillée,

ÉyeUlée Au moindre bruit de malheur ; Et rouge , pour une mouche

Qui la touche, Comme une grenade en fleur.

On voit tout ce que dérobe

Voile ou robe ; Dans ses yeux d'azur en feu , Son regard que rien ne ToUe

Est rétoile

Qui brille au fond d*iin ciel bleu.

L'eau sur son corps qu*elle essuie

Roule en pluie , Gomme sur un peuplier i Gomme si, gouttes i gouttei ,

Tombaient toutes Les perles de son collier.

Mais Sara la nonchalante

Est bien lente A finir ses doux ébats; Toujours elle se balance

106 LIS 01IM1ITAI.I8.

Un klephte a pour tous biens Tair du ciel, Peau des poits. Un bon fusil bronzé par la fumée, et pois La liberté sur la montagne.

Bfai x8aS.

VOBU.

Ainsi qa'on choblt nne rose Oant les gnirhndes d« Sârou, Choisisses une Yierge ëclose Panni les lis de tos Talions.

Si j^étais la feuille que roule L*aile tournoyante du yent.

Qui flotte sur Teau qui s'écoule , Et qu'on suit de Toeil en rêvant;

Je me livrerais, fraîche encore^ De la branche me détachant y

108 LES ORIKirTA.LIS.

Au zéphir qui souffle à Taurore, Au ruisseau qui vient du couchant.

Plus loin que le fleuve qui g^ronde , Plus loin que les vastes forêts , Plus loin que la gorge profonde , Je fuirais, je courrais, j'irais !

Plus loin que Tantre de la louve, Plus loin que le bois des ramiers, Plus loin que la plaine où Ton trouve Une fontaine et trois palmiers ' .

Par-delà ces rocs qui répandent L'orage en torrent dans les blés ; Par-delà ce lac morne où pendent Tant de buissons échevelés ;

Plus loin que les terres arides Du chef maure au large ataghan , Dont le front pâle a plus de rides Que la mer un jour d'ouragan.

Je franchirais comme la flèche L'étang d'Arta , mouvant miroir, Et le mont dont la cime empêche Gorinthe et Mykos de se voir.

Gomme par un charme attirée , Je m'arrêterais au matin

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Sur Mykos , la ville carrée , La Tille aux coapoles d étain.

J^irais chez la fille du prêtre , Chez la blanche fille â Toeil noir, Qui le jour chante i sa fenêtre , Et joue A sa porte le soir.

Enfin, pauvre feuUle envolée.

Je viendrais, au ^ré de mes vœux, Me poser sur son firont, mêlée Aux boucle^ de ses blonds cheveux;

Comme une perruche au pied leste Dans le blé jaune , ou bien encor Comme dans un jardin céleste Un firuit vert sur un arbre d*or.

Et lA , sur sa tête qui penche , Je serais , fût-ce peu d^instans'.

Plus fière que l'aigrette blanche Au front étoile des sultans.

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