‹ Orientales et balladesChapitre 26 sur 58 · ADIEUX DE L'HOTESSE ARABE · texte numérisé non relu

ADIEUX DE L'HOTESSE ARABE

lo. Habites a^ec noas : la terre est en votre puissance; cultive*«la, trafiquex-y, et la possèdes. — GKKà» , chap. zziv. —

Puisque rien ne t^arrête en cet heureux pays 9 Ni Tombre du palmier, ni le jaune maïs,

Ni le repos , ni Fabondance ; Ni de voir à ta voix battre le jeune sein De nos sœurs , dont , les soirs , le toumopnt essaim

Couronne un coteau de sa danse ;

Adieu! voyag;eur blanc. J^ai sellé de ma main^ * • De peur qu'il ne te jette aux pierres du chemin, Ton cheval à Tœil intrépide;

Ses pieds foulent le sol, sa croupe est belle à voir, Ferme , ronde et luisante , ainsi qu^un rocher noir Que polit une onde rapide.

Tu marches donc sans cesse ! Oh! que n'es-tu de ceux. Que donnent pour limite à leurs pieds paresseux

Leur toit de branches ou de toiles!

Qui, rêveurs , sans en faire , écoutent les récits , Et souhaitent , le soir , devant leur porte assis ,

De s'en aller dans les étoiles I

Si tu Tavais voulu, peut-être une de nous, jeune homme , eût aimé te servir à genoux

Dans nos huttes toujours ouvertes ; Elle eût fait , en berçant ton sommeil de ses chants , Pour chasser de ton front les moucherons méchans,

Un éventail de feuilles vertes.

Mais tu pars ! — Nuit et jour tu vas seul et jaloux. Le fer de ton cheval arrache aux durs cailloux

Une poussière d'étincelles ; A ta lance qui passe et dans Tombre reluit , Les aveugles démons qui volent dans la nuit

Souvent ont déchiré leurs ailes.

Si tu reviens , gravis , pour trouver ce hameau ,

Ce moltt noir qui de loin semble un dos de chanleau ;

Pour trouver ma hutte fidèle , Songe à son toit aigu comme une ruche à miel ,

ADIEUX DK l'hÔTBSSB AlABB. 115

Qu'elle n*a qu^ane porte et qu'elle s'ouvre au ciel Du côté d'où yient l'hirondelle.

Si tu ne reviens pas , songe un peu quelquefois Aux filles du désert , sœurs à la douce voix ,

Qui dansent pieds nus sur la dune j O beau jeune homme blanc , bel oiseau passager , Souviens-toi , car peut-être , ô rapide étranger ,

Ton souvenir reste à plus d'une !

Adieu donc ! — Yas tout droit. Garde-toi du soleil , Qui dore nos fronts bruns, mais brûle un teint vermeil j

De l'Arabie infranchissable ; De la vieille qui va seule et d'un pas tremblant^ Et de ceux qui le soir, avec un bâton blanc,

Tracent des cercles sur le sable !

Noranlure iSaS.

2Sl A. Y •

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