‹ Orientales et balladesChapitre 53 sur 58 · LA PÉRI · texte numérisé non relu

LA PÉRI

OÙ vas-tu donc , jeune ame ?... Écoute !

Mon palais pour toi veut s'ouvrir.

Suis-moi , des cieux quitte la route.

Hélas ! tu t*y perdrais sans doute , Nouveau-né , qui viens de mourir !

Tu pourras jouer à toute heure

Dans mes beaux jardins aux fruits d'or ;

Et de ma riante demeure ,

Tu verras ta mère qui pleure

Prèis de ton berceau , tiède encor.

Des Péris je suis la plus belle :

Mes sœurs régnent où naît le jour ^ Je brille en leur troupe immortelle , Gomme , entre les fleurs , brille celle Que Ton cueille en rêvant d*amour.

Mon front porte un turban de soie 5 Mes bras de rubis sont couverts ; Quand mon vol ardent se déploie,

t LA FÉE ET LA PÉRI. 245

L'aile de pourpre qiiî tournoie Roule trois yeux de flamme ouverts.

Plus blanc qu'une lointaine voile , Mon corps n'en a point la pâleur ; En quelque lieu qu'il se dévoile , Il réclaire comme une étoile , Il l'embaume comme une fleur !

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