‹ Orientales et balladesChapitre 8 sur 58 · NAVARIN · texte numérisé non relu

NAVARIN

La felouque à six rames , La polacre a deux' mâts!

Chaloupes canomiières , Et lanches marinières , Où ffoitaient les bannières Du pacha souverain !

Bombardes que la houle, Sur son front qui s*écroule, Soulève, emporte et roule Avec un bruit d'airain !

Adieu , ces nefs bizarres , Garaques et ^barres, Qui de leurs cris barbares ïroublaient Chypre et Délos!

Que sont donc devenues Ces galères chenues?

La mer les jette aux nues , Le ciel les rend au]( flots !

Silence ! Tout est fait : tout retombe à Tabime. L'écume des hauts mâts a recouvert la cime.

Des vaisseaux du sultan les flots se sont joués. Quelques-uns, bricks rompus, prames désemparées.

M ^E8 OUSIITALES.

€oinme Falgue des ewx qu'apportent les marées , Sur la grève noircie expirent échoués.

Ah ! c^est une victoire ! — Oui , TAfrique défaite, Le vrai Dieu sous ses pieds foulant le faux prophète, Les tyrans, Jies bourreaux, criant grâce f à leur toiirj Ceux qui meurent enfin sauvés par ceux qui régnent 3

Hellé lavant ses ilancs qui saignent ,

Et six ans vengés dans un jour !

Depuis assez long-temps les peuples disaient : — « Grèce ! « Grèce ! Grèce ! tu meurs. Pauvre peuple en détresse , « A rhorizon en feu chaque jour ti> décrois.

tt En vain, pour te sauver, patrie illustre et chère, « Nous réveillons le prêtre endormi dans sa chaire , « En vain nous mendions une armée à nos rois.

tt Mais les rois restent sourds , les chaires sont muettes. tt Ton nom n^échauffe ici que des cœurs de poètes. « A la gloire, à la vie, on demande tes droits. « A la croix grecque, Hellé, ta valeur se confie.. , —

« G^est un peuple qu'on crucifie!

tt Qu^importç, hélas! sur quelle croix?

& Tes dieux s'en vont aussi. Parthénon, Prepylées, « Murs de Grèce, ossemensdes villes mutilées, tt Vous devenez une arme aux mains des mécréans. tt Pour battre ses vaisseaux du haut des Dardanelles ,

RAYABIir. 51

« Chacun de yos débris, mines solennelles,

« Donne on boulet de marbre i leurs canons géants! »

Qu'on change cette plainte en joyeuse fan£ajre ! Une rumeur surgit de Tlsthme jusqu^au Phare.

Regardez ce ciel noir plus beau qu'un ciel serein. Le vieux colosse turc sur TOrient retombe.

La Grèce est libre , et dans la tombe

Byron applaudit Navarin.

Salut donc, Albion, yieiUe reine des ondes!

Salut, aigle des czars, qui planes sur deux mondes ! Gloire à nos fleurs-de-lys , dont Téclat est si beau! L'Angleterre aujourd'hui reconnaît sa rivale. Navarin la lui rend. Notre gloire navale A cet embrasement rallume son flambeau.

Je te retrouve, Autriche ! -^ Oui la voilà , c'est elle ! Non pas ici , mais là, — dans la flotte infidèle. Parnd les rangs chréliens en vain on te chercha. Nous surprenons, honteuse et la tête penchée ,

Ton aigle au double front cachée

Sous les crinières d'un pacha !

C'est bien ta place, AiAriche ! — On te voyait naguère Briller près d'Ibrahim , ce Tamerlan vulgaire ; Tu dépouillais les morts qu'il foulait en passant^ Tu l'admirais, mêlée aux eunuques serviles ,

52 LES OBnilTAUS.

Promenant an hasard sa torche dans les villes. Horrible, et n'éteignant le fea qu^avec da sang.

Ta préférais ces feux aux clartés de l'aurore. Aujourd'hui qu'à leur tour la flamme enfin dévore Ses noirs vaisseaux, vomis des ports ég^tiens. Rouvre les yeux , regarde , Autriche abâtardie !

Que dis-tu de cet incendie?

Est-il aussi beafei que les siens?

NoTembijp 18x7.

YI.

CRI DE GUERRE Ot MUFTI.

Hùpro, êêipitrtm u!

Fer, rérdlle-tol!

— Cai BB «VBBBB BBf AXilMMATiJlBS.-

En ^exre les g^uerriers ! jttahomet ! Mahomet ! Les chieQS mordent les' pieds du lion qui dormait;

- Ils relèvent leur tête infâme !

£crasez , ô croyans du prophète divin , Ces chancelans soldats qui s'enivrent de vin, Ces hommes qui n^ont qu'une femme !

Meure la race franque et ses rois détestés !- Spahis, timariots, allez, courez, jetez, A travers les somhres mêlées,

54 LIS ORIBVTTALBS.

Vos sabres , vos turbans , le bruit de votre cor, Vos tranchans étriers, larges triangles d'or, Vos cavales échevelées î

Qu'Othman, fils d''Ortognil, vive en chacun de vous ; Que Tun ait son regard et Tautre son courroux.

Allez , allez , ô capitaines !

Et nous te reprendrons , ville aux dômes d*azur, Molle Setiniah , qu'en leur langage impur

Les barbares nomment Athènes !

OctobN i8a8.

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