ÉPILOGUE
nimité se soit j amais faite entre des « moyennes » étrangères et les réalisations de l’esprit français : des adhésions limitées ont pu être plus intenses, assurément, ou plus hautes — elles ne représentent qu’un découpage fort partiel de la carte. Victor Hugo soulevant des espoirs illimités de démocratie irréligieuse, Zola offrant 1 explication des sociétés par la névrose et Maupassant une forme brève et significative d évocations, Vigny proclamé par Benedetto Croce le plus grand poète français du XIXe siècle, le Cyrano de Rostand triomphant sur toutes les scènes, le J e an-Christophe de R. Rolland accueilli avec reconnaissance par des bonnes volontés peu clairvoyantes, Anatole France faisant quelque temps figure de Voltaire contemporain : ces influences françaises ont eu leur heure éclatante ou leur public particulier.
Il en fut de même de certaines variétés, plus communes, de littérature romanesque ou théâtrale : le succès apparent d’un vaudeville ou d un volume à couverture jaune a pu souvent faire croire que c était là une action profonde qui s’exerçait. Il n’en était rien, et 1 expérience a démonti é que « tout se passait » ensuite, comme disent les hommes de science, de la même façon que si ces triomphes ne s étaient point produits. Pourquoi ? Parce que nulle base de résonnance durable ne s était établie entre le sujet et l’objet ; parce que, passée 1 heure de la surprise, de l’agrément, du scandale même, nulle fibre sympathique n’était mise en l’action permanente qu’il faudrait, pour susciter une activité qui s' exerce dans le même sens d’une façon continue.
C est surtout dans 1 ordre du mouvement naturaliste que des mécomptes de ce genre ont pu être signalés : au lieu d’offrir une base acceptée sur laquelle construire, en Amérique ou en Scandinavie, en Italie ou en Russie, des monuments analogues aux Rougon-Macquart, l’étranger a le plus souvent inscrit cette synthèse aux profits et pertes de la littérature française ; après quoi — abstraction faite d œuvres exceptionnelles et faiblement intégrées dans un ensemble national, celles d'un G. Moore, d’unH.Mann — ona passé à 1 ordre du jour. Combien plus sage était le programme avoué de la Comédie humaine, qu’on ne donnait point pour une vérité scientifique absolue, établie selon les règles de l’expérimentation des naturalistes ! La fameuse Introduction, écrite en 1835 sous l’inspiration de Balzac par Félix Davin, pour les Études de mœurs au XIX* siècle, caractérisait fort discrètement le mérite de l’écrivain à cet égard :