‹ Orientations étrangères chez Honoré de BalzacChapitre 7 sur 129 · Les grands événements de ma vie sont mes œuvres · texte numérisé non relu

Les grands événements de ma vie sont mes œuvres

AVANT-PROPOS

phie — et à faire apparaître ainsi l’insuffisance de sa méthode dès qu’il aborde des ouvrages qui dépassent la simple confession ou la transcription moyenne. « Amaury, dit Heine malicieusement, n’est pas le critique des grands écrivains, mais celui des petits auteurs : les baleines n’ont pas de place sous sa loupe, où se trouvent à l’aise, par contre, des puces intéressantes ». Et, de même, un livre vivant à souhait, comme celui où René Benjamin retrace la vie prodigieuse de Balzac et nous présente en dialogues ou monologues assez vraisemblables la mobilité éblouissante d’imagination et la savoureuse cordialité d’un être à la fois égoïste, ingénu et avisé, perd de vue la juste remarque de son grand camarade George Sand : « Balzac ne dépensait en paroles que de la folie. Il jetait là son trop-plein et gardait sa sagesse profonde pour son œuvre ». C’est de son œuvre, encore une fois, qu’il s’agit dans les pages qui suivent.

Un des rites les plus aimables du culte de Balzac veut qu’on ne termine guère la préface d’un livre consacré à l’auteur de la Comédie humaine sans adresser son remerciement à M. Marcel Bouteron, parfait annaliste de la destinée balzacienne. L’homme du monde qui connaît le mieux le détail quotidien d’une existence agitée entre toutes est aussi constant dans sa bonne grâce qu’inépuisable dans son information : grâce à lui, ceux qui s’efforcent de forcer surtout les régions de la vie spirituelle et de la création artistique peuvent alléguer avec moins de témérité la boutade d’un aventureux auteur que Balzac connaissait bien : « Les pieds de l’échelle sur laquelle on grimpe dans des régions supérieures doivent être assujetties à la réalité, si l’on veut faire son ascension en sécurité... »

Paris, juin 1926.

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