TRENTE-CINQUIÈME LEÇON
Le christianisme et la philosophie païenne. — Efforts de Celse pour rabaisser la doctrine évangélique au-dessous de l'enseignement des écoles grecques. — Réponse d'Origène. — L'Église tient en haute estime tout ce qui peut faire progresser l'homme dans l'intelligence de la vérité. — Désaccord entre l'enseignement et la conduite des philosophes païens. — Défaut de popularité qui les empêche d'exercer une influence sérieuse sur la multitude, tandis que le christianisme sait se mettre au niveau des esprits les plus vulgaires, en même temps qu'il satisfait aux besoins des plus hautes intelligences. — Troisième défaut des doctrines philosophiques : leur manque d'efficacité. — Puissance merveilleuse de l'Évangile pour la guérison des âmes.
Messieurs,
L'Incarnation du Yerbe, fondement de la religion chrétienne, devait être l'objet principal des attaques de Celse. N(>us avons vu de quelle manière le philosophe païen cherchait à détruire ce fait capital. Envisageant d'abord la question par son côté historique, il s'attachait à travestir le récit de l'Evangile, pour présenter la vie de Jésus-Christ sous un. faux jour, et la dépouiller de tout caractère surnaturel. Puis il en venait au dogme lui-même ; et, après avoir critiqué le délai de l'Incarnation, il en combattait la possibilité, en s'appuyant, d'une part, sur l'immutabilité divine, de l'autre, sur les bassesses delà nature humaine. Gomme d'habitude, Origène le suit pas à pas, réfutant une proposition après l'autre, et s'efforçant de rétablir les faits ou d'expliquer la doctrine avec le môme soin que son adversaire mettait à les obscurcir et à les défigurer.
De la personne du Christ à son enseignement la transi-