QUATORZIÈME LEÇON
Le Livre des principes ou le Periarehon, — Autorité de la version latine de Hufin. — CoQtroverse entre le prêtre d*Aquilée et saint Jérôme. — Aveux de Rufln touchant les infidélités qu*il s'est permises dans sa traduction. — Raisons qui Tout porté à remanier le Periarehon. ~ Sa thè^e sur l'adultération des écrits d*Origène. — Motifs qnll fait valoir à l'appui de son sentiment. — Examen de ses preuves. — Précautions dont il faut user à l'égard de la version de Rufin. — Documents qui {lermettent de contrôler cette traduction.
Messieurs,
La question préliminaire que soulève le PermrcAon d'Origène, c'est de savoir quel degré de confiance mérite la traduction qu'en a donnée Rufin. Gomme je ledisais la dernière fois, à part quelques fragments peu considérables, nous ne possédons plus le texte grec de ce livre, objet de tant de contestations; une version latine, qui elle-même a subi bien des attaques, est le seul document sur lequel nous puissions asseoir notre jugement. Or, Thistoire de cette version se rattache aux controverses qu'avait excitées Torthodoxie d'Origène après sa mort. Si vous vous rappelez certaines expressions peu exactes dont le catéchiste alexandrin s'était servi, au sujet de la Trinité, dans sa polémique avec les sectes de son temps, vous ne devez pas vous étonner qu*elles aient pu fournir matière à des accusations plus ou moins fondées. Lorsqu'Arius mit en question la consubstantialité du Verbe, ses partisans ne manquèrent pas de s'abriter derrière le grand nom d'Origène. Saint Athanase, de son côté, ne négligea rien pour leur démontrer que la doctrine de