‹ Origène: cours d'éloquence sacrée ... 1867Chapitre 21 sur 54 · AUTORITÉ BB LA TSBSION DE RUFIN · texte numérisé non relu

AUTORITÉ BB LA TSBSION DE RUFIN

rillusire écrivain n'avait rien de commiin avec la leur: et le témoignage d'un homme, si rapproché de l'époque d*Origène et si sévère en fait d'orthodoxie, doit peser d*un graud poids dans la balauce de la critique. Toutefois, ce débat môme ne pouvait qu'ajouter à la défaveur où Tanteur do Periarchon était tombé auprès d'un certain nombre de catholiques. En vojant avec quelle arâeur les sectaires cherchaient un appui dans ses livres, ils devaient redoubler de défiance à son égard, et se montrer d'autant plus rigoureux envers lui qu'on abusait davantage de ses témérités.

Le premier qui semble avoir composé un ouvrage contre Origène, c'est Méthodius, évêque d'Olympe en Lycie. Saint Épiphane et saint Jérôme nous apprennent qu'il avait écrit un livre sur la Résurrection pour réfuter le sentiment du catéchiste alexandrin (i). Ce n'es! là d'ailleurs qu'ondes nombreux points sur lesquels portait le différend : depuis le premier article jusqu'au dernier, tout le symbole catho** liqœ était devenu un thème d'accusation à l'égard d'Origène. Mais telle avait été l'influence de cet homme célèbre, qu'aucune attaque contre sa mémoire ne restait sans réponse: ses adversaires eux-mêmes ne pouvaient se défendre d'une admiration qui allait quelquefois jusqu'à lui empninter ses idées (2). Déjà vers 307 parait une apologie d'Origène en six livres, rédigée par le martyr saint Pamphile et par Eusèbe de Gésarée. Hous ne possédons plus que le premier livre de cette apologie : encore ne nous est-41 parvenu que dans la traduction latine de Rufin; mais cette partie de l'ouvrage suffit pour juger du reste. La méthode de saiat Pamphile est excellente: il laisse parler les textes^

(1) s. Jérôme, de Seripi. eeclet., 94; S. Épiphane, contra Hkt,, 64.

(S^ C'est d^i. ce qo'Ëusèbe reprochait à Méthodius : « Comment Métho. dius a-t-il osé écrire contre Origèue, lui qui s'était exprimé de la sorte sur les doctrines de Tantear?... » (S. Jérôme, Ai^oX, contra ifu/InKi», LU

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qu'il place sous les yeux du lecteur, sans les développer autrement que pour tirer ses conclusions. Après avoir exposé la doctrine d'Origène sur la Trinité, sur le Père, le Fils et TEsprit-Saint, sur Tincarnation du Verbe, il ramène toutes les accusations à neuf chefs principaux, qu'il discute par la reproduction pure et simple d'un grand nombre de passages empruntés aux divers écrits du docteur alexandrin. Décisive sur plusieurs points, notamment sur la question de la Trinité, l'apologie de Pamphile laisse à désirer en d'autres endroits, où ces citations sont insuffisantes, comme nous le verrons bientôt. Mais, en ce moment, nous ne discutons pas les doctrines ; mon but unique est de vous montrer comment s'est engagée la querelle de saint Jérôme et de Ruûn au sujet du Periarchon.

L'apologie d'Origène par saint Pamphile et par Eusèbe de Césarée n'avait pas réussi à le disculper aux yeux de tous. Quand on vit les ariens s'emparer de ses ouvrages, afin d'y chercher des arguments à Tappui de leur opinion, quantité d'esprits zélés pour l'orthodoxie s'élevèrent contre un écrivain qui, par ses expressions peu mesurées, avait fourni aux hérétiques un prétexte plausible d'invoquer son patronage. Sans nul doute, nous sommes en droit de faire remonter à cette secte insidieuse l'origine des jugements trop défavorables qu'on a portés sur les doctrines du catéchiste alexandrin : c'est elle qui l'acompromisparsessyropathies bruyantes et intéressées. A force de le revendiquer comme leur précurseur, les ariens contribuèrent puissamment à le mettre en suspicion, d'autant plus que maint passage de ses écrits pouvait donner lieu à des interprétations malveillantes. Il en résulta que, pour plusieurs, attaquer Origène et défendre l'orthodoxie devint une seule et même chose. De là ce déchaînement contre l'auteur du Periarchon^ qu'on accusait d'avoir frayé les voies àl'arianisme. Il est vrai que beaucoup d'esprits fermes et judicieux, comme saint Athanase, résistèrent à un

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