AUTORITÉ DE LA VERSION DE RL'FIN
Vous comprenez, Messieurs, combien la version de Rufln prêtait le flanc à Tatlaque. Aussi saint Jérôme ne manquat-il pas de Taccabler sous le poids de ses invectives. Dans une lettre adressée à ses amis Pammachius et Océanus, il se défend d*avoir jamais été origéniste, tout en ne retirant aucun des éloges qu'il avait donnés précédemment au grand Alexandrin. Puis il enveloppe Origène et son traducteur dans un commun anathème. Rufln ne se tint pas pour battu : il écrivit une apologie en deux livres, dans laquelle, non content de justifler son orthodoxie et sa méthode, il se répandit en injures contre saint Jérôme. Celui-ci lui répliqua sur le môme ton, dans trois livres qui ne le cèdent à ceux de Rufln ni en violence ni en personnalités regrettables. Tandis que le prêtre d*Aquilée menace son adversaire de le citer devant les tribunaux civils, Tàpre Dalmate ne craint pas d'appeler Rufln un scorpion, un épicurien, un Néron sous l'enveloppe d'un Caton, intusNero^forisCato(i]. Évidemment l'un et l'autre s'étaient laissé entraîner à des extrémités peu dignes de leur caractère, celui-ci par son zèle pour la foi, celui-là par son admiration pour Origène. Mais ce débat, resté célèbre dans l'histoire ecclésiastique, n'appartient à notre sujet qu'autant qu'il concerne le catéchiste alexandrin. Ce qu'il importe donc de noter, c'est que saint Jérôme à son tour avait donné une traduction du Periarchon^ mais strictement littérale et sans se permettre aucune des licences de Rufln. Malheureusement elle n'est pas arrivée jusqu'à nous, pas plus que le texte original, de sorte que nous en sommes réduits à la version du prêlre d'Aquilée. Or, nous venons de voir, d'après les propres aveux du traducteur, quelle conflance elle doit nousinspi-
(l) Ep. IS5, ad Bustieum, n* 18. — Item I. 1, contra Buf^.c, 30 (Epicoreus); Ëp. iS7, a<i Prineipiam, n« 10 (scorpias); Comm, in Jerem,, lY, 24 (miserabilis Grunnins) ; Prjrf. in Ub. II Comm. in Osée (hydra et scorpias), etc.
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rer dans plusieurs de ses parties. Toutefois, Messieurs, il ne faut rien exagérer. Sur la question de la Trinité, nul doute qu'on ne puisse Tadmettre qu*ayec beaucoup de réserve ; mais nous avons, pour la rectifier à cet égard, les fragments de la version de saint Jérôme, TÉpitre de Justinlen à Menna, et quelques extraits de la Philocalie composée par saint Basile et par saint Grégoire de Naziance. Quant au reste, elle est fidèle : ce qui le prouve, ce sont les erreurs que Hufin y a laissé subsister avec une grande franchise. On peut donc dire, sans crainte de se tromper, que nous possédons le Livre des principes intégralement, sauf à user, pour certains détails, des précautions que nous venons d'indiquer. Dès lors il nous sera possible d'observer avec quelle hardiesse et quelle largeur de vues Origène a parcouru le vaste champ de la théologie, depuis le dogme de la création jusqu'à celui des fins dernières. Nous commencerons par exposer Tidée et le plan du PeriarcAon.