DIX-HUITIÈME LEÇON
Théorie de la préexistence des âmes. — Sentiment de Platon sur ce point. ~ Sous quelle forme et dans quelle mesure Origène a-t-il pris pour son compte les idées du philosophe grec? — Il a recours à Thypothèse d*une ne antérieure pour réfuter les objections des gnostiques contre la Providence à propos de l'inégalité des conditions. — Faiblesse des raisons sur lesquelles il appuie ses conjectures. — La théorie de la préexistence des âmes est aussi contraire aux saines notions philosophiques qu'aux données de la révélation chrétienne.
Messieurs,
Pour bien comprendre comment Origène s'est vu amené à soutenir la préexistence des âmes» il importe d'examiner la forme que cette doctrine avait prise dans la philosophie de Platon. Déjà nous avons pu nous convaincre que mainte opinion admise par le catéchiste alexandrin dérive de cette source où le faux se mélangeait avec le vrai. En lisant dans le Periarchon que la création est éternelle, que les astres sont animés, que Fâme n'est jamais entièrement dépouillée de toute enveloppe corporelle, etc., il est difficile de ne pas se rappeler ce que l'auteur du Timée enseignait sur ces différents points. Sans doute, comme nous Pavons fait observer, le philosophe chrétien cherche à corriger, dans le sens du dogme cathoUque, les idées qu'il lui plaît de s'approprier ; mais l'analogie n'en reste pas moins évidente : bien des fois, l'on croirait entendre Platon lui-même, devenu chrétien, et s'efforçant de concilier ses spéculations avec la doctrine révélée. L'influence que je signale n'est nulle part plus sensible que dans les idées d'Origène sur la préexistence des âmes : il sufQt, pour s'en persuader, de
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parcourir les dialogues où le disciple de Socrate a formulé cette hypothèse.
Le sentiment de Platon sur l'existence d*une yie antérieure se rattache intimement à sa théorie de la connaissance. Avec cette profondeur de coup d*œil qui le distingue, ce grand esprit avait remarqué dans Tentendement humain un ensemble d*idées nécessaires et absolues, telles que les idées du vrai, du beau et du bien. Par quelle voie ces idées entrent-elles dans l'esprit de l'homme? Est-ce au monde extérieur que nous les devons? Non, puisque nous les appliquons aux objets qui nous entourent, aux actions dont nous sommes témoins, bien loin de les abstraire ou de les déduire de quoi que ce soit. Sont-elles le résultat de l'enseignement ? Pas davantage ; car, si nous ne les possédions déjà, nous ne serions pas même susceptibles d*être enseignés. Pour apprécier telle action qu'on nous présente comme bonne ou comme mauvaise, il faut que nous ayons au préalable l'idée du bien: sinon, à quelle mesure, à quelle règle pourrions-nous rapporter les actes d'autrui ou les nôtres? De ce double fait incontestable, Platon concluait avec raison qu'il y a dans notre intelligence tout un ordre d'idées qui ne sont le fruit ni de la perception sensible ni de l'enseignement. Encore une fois, d'où proviennent ces idées? A une pareille question, le philosophe grec ne croyait pouvoir répondre que par l'hypothèse d'une vie antérieure à celle-ci, vie dans laquelle Tàme aurait déjà connu ces vérités, qu'elle oublie en s'unissant au corps, sauf à s'en ressouvenir dans la suite et à mesure que ses facultés se développent. Partant de là, il disait que, pour l'homme, savoir c*est se souvenir : en d'autres termes, que la science humaine se réduit à une réminiscence. Telle est la théorie exposée dans le Phédon (1). Or, Messieurs, une analyse plus
(1) PhêdoH, xvii-xxtu. Edit. Pirmin Didot, p. M et 8S. ^ [Mr^mç oux
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attentive des lois de la connaissance montre combien cette supposition est arbitraire et mai fondée. Pour expliquer la présence des idées nécessaires dans l'entendement humain, nous n*avons nul besoin de recourir à Thypothèse d*une préexistence de Tâme. Par cela seul que Thomme est un être raisonnable, créé à Timage de Dieu, il reçoit en naissant l'impression de la lumière divine; et cet acte illuminateur éveille en lui la vie de Tintelligence. Ce n*est ni le monde extérieur, ni l'enseignement, c'est Dieu lui-même qui met en nous les idées du vrai, du beau et du bien : ces idées sont le reflet du Verbe divin dans notre âme ; elles constituent les formes nécessaires de l'entendement. Sans doute, aussi longtemps que la faiblesse de l'organisme et l'absence d'éducation metttent une entrave à l'essor de nos facultés, ces idées restent plus ou moins latentes et obscures; nous les appliquons spontanément, sans en avoir une conscience bien distincte. Mais, à mesure que ces obstacles disparaissent avec l'âge et la réflexion, nous per* cevons plus clairement les vérités que nous n'avions fait qu'entrevoir d'une manière confuse; elles prennent dans notre esprit un caractère plus ferme et plus explicite. Il y a là un présent qui se développe dans l'avenir, et non un passé qui revient; c'est un progrès dans la lumière, sans aucune trace de réminiscence. A moins de substituer le jeu de l'imagination au travail de l'analyse, il faut renoncer à vouloir chercher dans une vie précédente la source et l'origine de cette catégorie d'idées.
On comprendrait difficilement que Platon eût songé à construire sur une base aussi fragile la théorie de la préexistence des âmes, s'il n'avait cru trouver dans l'état moral de l'homme un appui pour ses observations psychologiques. L'école de Socrate avait trop médité sur les conditions de notre existence actuelle, pour ne pas reconnaître que l'âme humaine a des aspirations auxquelles la vie présente ne
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répond guère ; qa*eUe conçoit et ponrsoit an idéal dont la grandeur n*est pas en harmonie avec ses forces. Or, qu'estce qui nous arrête davantage dans cette ascension vers les hantes régions du monde intelligible ? La partie inférieure de notre être, le corps dans les liens duquel Tâme se trouve comme enchaînée. Ce vêtement matériel met obstacle au libre développement de Tesprit et la vie des sens vient contrarier à chaque instant la vie intellectuelle. Platon inférait de là que le corps est pour Fàme humaine un tombeau^ une prison, oh elle expie les fautes commises dans une vie antérieure (i). Par la même raison il appelait ce monde sensible» un antre, une caverne où n'arrivent plus que quelques faibles rayons du monde céleste, demeure primitive de nos Ames (2). Vous connaissez tous le mythe gracieux sous la forme duquel il exprime ses vues dans le Phèdre. Aussi longtemps, dit-il, que Tâme reste unie à son principe, die contemple les essences dans une vie bien meilleure que celle-ci ; elle parcourt toutes les régions célestes, soutenue dans son vol hardi par des ailes puissantes. Plus elle se nourrit du vrai et du divin, plus elle sent croître ses ailes. Au contraire, sitôt qu'elle vient à se relâcher de son application aux choses divines, par négligence ou par paresse^ à rinstant même son vol s'appesantit : elle voit ses ailes, diminuer, s'alourdir ; elle finit même par les perdre; et, alors, elle est emportée çà et là jusqu'à ce qu'elle rencontre quelque chose de solide où elle puisse séjourner; elle tombe sur la terre où elle s'unit à un corps pour former avec lui on animal mortel (3). Ici encore, Messieurs, nous trouvons une hypothèse toute gratuite bâtie sur un fait avéré. Qu'il y ait, à certains égards, un défaut d'harmonie entre les deux parties
(1) CratifU^ xvu, «Ifi* tflî 4*^^1(1 8ia(iOTi)plQv. ~~ Phêàon, xi, îvTm
(«) Hépublique, l. VII.
(S) Phèdre, zxv-xzYin.
dont se compose Fôtre humain; et que, par suite de ce manque d'équilibre, le corps, bien loin de n*ôtre pour Tâme qu*un instrument utile, devienne trop souvent un fardeau et une gône, cela est incontestable. Si Platon s*était borné à conclure de ce désaccord que la race humaine est déchue, il n'aurait pas dépassé les limites d'une induction légitime. Mais rien ne Tautorisaità reculer dans une vie antérieure la cause de cette déchéance, au lieu d'en chercher la source dans un fait terrestre appartenant à l'histoire primitive du genre humain. Évidemment, l'hypothèse de la chute des âmes, chez Platon, n'est autre chose que la doctrine du péché originel altérée à la longue et remplacée par un mythe philosophique. D'autre part, on ne saurait prétendre que le seul fait d'être uni à un corps ait nécessairement pour un esprit le caractère d'une punition. Il faudrait admettre dans ce cas que la matière est mauvaise par ellemême ; or, la matière possède des propriétés physiques,, mais elle n'a de soi aucune qualité morale. De même que Dieu peut créer des intelligences dégagées de tout lien corporel, il est libre d'en attacher d'autres à un organisme vivant; et, si l'on doit dire que les secondes sont inférieures aux premières, il faut ajouter également que Dieu n'est pas obligé de donner à toutes ses créatures un même degré de perfection. En montrant avec quel art admirable le Créateur a su disposer toutes choses, cette variété dans l'unité est précisément ce qui fait l'harmonie etlasplendeur du monde. Platon était mieux inspiré dans le Timée, où il disait que l'union de Tâme avec le corps contribue à la perfection del'univers; et Plotin n'a pas tort quand il reproche à son maître de n'être pas resté, sur ce point, d'accord avec luimême (4). Car, si l'incorporation des &mes a pour but de-
(1) Plotin, IV* Ennéade, 1. 8, § l.
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rendre Tanivers plus parfait, elle n^a pas le caractère d'un châtiment, elle cesse d*èlre le résultat d'une dégradation ; et dès lors Thypotèse d'une épreuve antérieure à cette vie sYcroule sur sa base.
Le troisième motif qui portait Platon à chercher dans une vie précédente Texplication de celle-ci, c'est le désir de répondre à Tobjection tirée de Tinégale répartition des biens et des maux. Il veut écarter de Dieu le reproche d*avoir agi arbitrairement en faisant naître leshommesdans différentes conditions. Craignant qu'on ne puisse voir dans ces diversités le jeu bizarre d'un destin aveugle, ou qu'on ne soit tenté d'incriminer la justice divine, il se croit obligé de soutenir qu'elles découlent uniquement du libre choix de chacun (t). C'est exactement la thèse que développera Origène lorsque, pour réfuter le même grief, il attribuera au libre mouvement des créatures raisonnables toutes les inégalités qui peuvent exister entre elles. Comme d'habitude, Platon avait voilé son sentiment sousl'écorce d'un mythe, qui se déroule au X* livre de la République. Le récit fort étrange, qull place dans la bouche d'Ër l'Arménien, nous montre chaque âme choisissant, avant de nattre à la vie humaine, le corps où elle veut descendre, et la condition qui a obtenu ses préférences. QuenuUedonc, conclut le philosophe, nese plaigne d'avoir reçu en partage la pauvreté ou la richesse, la maladie ou la santé : chacune demeure responsable de son choix ;
(I) Loit, livre X : < Dieu a laissé à la disposition de nos volontés les causes dont dépendent les qualités de chacnn de nous... Tons les êtres aidmés sont sujets à divers changements dont le principe est an-dedans d^enx-mémes. > — Origène ne fait qn^exprimer cette idée, et dans des termes analogues, lorsqn^ilditzUnicuiquesecundumdiversitatemmotunm pro merito su! decessns et commotionis occurrit (Periarchon, 1. I, c. e, n" f .) — Causa diversitatis et varietatis in singnlis quibnsque creaturis ostenditur ex ipsorum motibus, non ex di$peniantiê inœqualitatt (ibid., 1. I, c. 8, n* 2). — Unum iJludatque indiscretum natnr» sus bonumpro intentionis sus dirersitate in varia4 deduxerunt mentium qualitateê (ibid., 1. II. c. 1, n« i).
Dieu en est innocent (I). Si la conscience de ce fait nous échappe, c*est que nous avons perdu le souvenir de notreétat antérieur en passant à la vie actuelle : idée que Platon exprimait dans son langage toujours poétique, en disant que les âmes boivent Toubli au fleuve Léthé. Par là, il croyait avoir expliqué Tinégalité des conditions, de manière à sauver la justice divine sans laisser de place à la fatalité. Assurément, Messieurs, cette inégalité que la naissance établit entre les hommes est chose mystérieuse; et l'on conçoit que des esprits chagrinsou distraits cherchent à s*en prévaloir contre la Providence. Mais est-il nécessaire, pour éclaircir la difficulté, de supposer une vie antérieure à celle-ci? C*est une question que nous discuterons tout à Theure, après avoir montré sous quelle forme et dans quelle mesure Origène a repris pour son compte la théorie de Platon.
fiien qu'elle ne reposât sur aucun fondement sérieux, rhypothèse de la préexistence des âmes n'avait pas laissé de séduire beaucoup d'esprits dans Tantiquité païenne. Heraclite, Empédocle et Pythagore l'avaient soutenue avant Platon ; et il n'est pas difficile d'en retrouver la trace dans les Védas de l'Inde, ni dans les traditions de Tancienne
(1) République, 1. X. Le docteur Dœllinger a cm remarquer une différence assez sensible entre la doctrine du Phèdre et celle de la Répu" blique, lci« c*est un libre choix qni décide du sort de la condition des hommes; là les âmes tombent plus ou moins bas, suivant le degré denôgligencd qn*elles ont mis à contempler les essences, c*est-à-dlre TÉtre véritable on Dieu (Heidenthum und JudeniKum, p. fSS, Ratisbonne, 1857). Il m'est impossible départager Tavb du savant critique. Dans le Phèdre, comme dans la République, Platon parle du choix que chaque àme fait de son sort : « En revenant au bout de mille ans» les âmes choi> sissent la vie qu*elles préfèrent, » alpouvrat iv a v cOtXi) cxaaxn {Phèdre^ XXIX.) Seulement, et c'est là ce qui aura pu tromper M. Dœllinger, le Phèdre mentionne tout ensemble la chute primitive des Ames dans les corps, c'est-à-dire la première vie humaine (xxvni), et la rentrée des âmes dans de nouveaux corps, on la seconde vie humaine (xxix). Or, c*est en passant à cette seconde vie que les âmes font choix de leur condition (afpiaïc ToS 6fuWp6u ^(ou), dans le Phèdre (xxix) aussi bien que dans la République (1. X.) 11 n'y a, sur ce point, aucune diiférence entre les deux dialogues.
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Egypte (1). Da moment que les dogmes de la création et da péché originel se furent altérés dans Tesprit des peuples, la voie s'ouvrait tout naturellement à des suppositions de ce genre. Car si nos âmes n'ont pas été créées de Dieu, il faut bien qu'elles aient existé quelque part avant la vie actuelle ; sinon Ton retombe dans les négations d*un matérialisme grossier. Ajoutons que le genre humain s*est toujours senti sous le poids d'une culpabilité universelle : si hautque Ton remonte dans l'histoire, ce sentiment apparaît profond et invincible. Donc, à moins de placer sur la terre Torigine de cette déchéance, on est obligé d'en chercher la source dans une vie antécédente. Vous voyez comment l'oubli de la saine tradition a dû engendrer des spéculations fausses. Ce que l'on comprend moins, c'est que de pareilles erreurs aient pu s'Imposer à des esprits mieux placés pour connaître la vérité. Je ne veux point parler des néo-platoniciens, tels que Plolin, Porphyre et Jamblique : la chimère de la préexistence des âmes devait leur sourire ainsi que tantd'autres rêves empruntés à Platon (â). Mais il est permis de s'étonner davantage que Platon et les esséniens aient adopté une opinion qui s'accorde si peu avec la révélation mosaïque (3). Encore moins Origène aurait-il dû, ce semble, accepter une doctrine qui aboutit logiquement à la négation du péché originel. Pour lajustifler à ses propres yeux, il ne me parait guère s'être fondé sur l'observation psychologique, comme Platon. Non pas que la thèse platonicienne de la réminiscence n'ait laissé aucune trace dans ses écrits, témoin cette phrase assez signiBcative que j'emprunte à son Traité de la prière : « Quiconque pénètre les choses divines, se souvient plutôt qu'il n'apprend, bien qu'il lui semble avoir
(1) Plotin, IV* Ennéade, 1. s, § u
(2) PlotiQ, iiio Ennéade, 1. 9, § 3; iv' Biméade, 1. 8; Jambliqae, Traiié de Vàme,%xi.
(3) Josèphe, de Bello jud., li, s.
THÉORIE DE LA PRiBXlSTENCB DES AMES 383
appris d*un autre, ou trouvé par lui-môme les mystères de la piété (1). » Mais ces données sont trop vagues et trop incomplètes poumons permettre à cet égard une affirmation bien précise. Ce qui a préoccupé Origène, plus encore que Platon, ce sont les objections que le sophisme a coutume de soulever contre la Providence, à propos de Tinégalité des conditions. Voilà pourquoi lui aussi se croit obligé de recourir àrbypothèse d'une vie antécédente, afin d'expliquer les événements de celle-ci. Par là, il veut répondre aux gnostiques, qui se prévalaient d*une si grande diversité d'aptitudes et de penchants, pour soutenir que les hommes sont d'origines et de natures différentes, que les uns sont fatalement condamnés à mal faire, tandis que le bien est chose innée et nécessaire chez les autres. Voici l'objecUon des sectaires, telle qu'Origène la présente dans le II* livre du I*eriaTchon :
i( Passant en revue ce qui se passe sur la terre, ils nous disent : Voyez combien la naissance de l'un est plus heureuse que celle de l'autre. Tel naît d'Abraham ; c'est un enfant de la promesse. Tel naît d'Isaac et de Eébecca : encore dans le sein maternel, il supplante son frère ; avant même que de naître, il est aimé de Dieu. L'un vient au monde parmi les Hébreux, il a la ressource d'être instruit dans la loi divine ; l'autre voit le jour au milieu des Grecs, hommes sages et d'une érudilion non médiocre. Au contraire, cet enfant que voici naît parmi les Éthiopiens, qui ont l'habitude de se nourrir de chair humaine ; ou chez les Scythes, pour qui le parricide est comme une chose légale; soit enfin dans la Tauride où l'on immole les étrangers. Eh bien, d'où proviennent ces différences? nous disent-ils. Quelle peut être la cause des conditions si variées où la naissance nous établit? Assurément, l'on ne saurait prétendre que le libre arbitre y ait quelque part ; car nul ne (\) De orat,, xxiy.