‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 15 sur 123 · Epreuves successives · texte numérisé non relu

Epreuves successives

Le vice radical de l'origénisme est l'hypothèse des épreuves successives avec ses ramifications : préexistence et égalité primitive dos intelligences créées, fluctuations sans fin du libre arbitre et rêve de restauration universelle.

Depuis Heraclite, Pylhagore et Platon, l'éternité de la matière était un dogme intangible de la i^hilosophic grecque. Philon l'avait admise d'emblée, sans même la purger de son dualisme. Clément et son disciple se flattèrent de l'accorder avec la foi chrétienne en faisant intervenir à l'origine le Créateur; mais, par une malheureuse concession aux idées reçues, ils maintinrent la création ab {vterno; je parle de la création des esprits, car, à leurs yeux, la matière n'étant que pour l'esprit et n'ayant qu'en lui sa raison d'être, est créée par concomitance. A vrai dire, la création ab œtenio n'est qu'une illusion de la pensée qui s'imagine produire une durée éternelle en multipliant le temps par le temps et sui)i)rimer le point de dé[)art en le reculant au delà de toute perspective. Origène n'en est point dupe. Il parle souvent du commencement des choses, comme si des choses éternelles pouvaient avoir un commencement ; il lui arrive de poser en axiome que tout ce qui a reçu l'être

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