‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 17 sur 123 · Denis, Philin^opliic d'Origène, 1884, p · texte numérisé non relu

Denis, Philin^opliic d'Origène, 1884, p

INTllODLCTlOiN XXXIII

liypotlièses, dont il a bien soin de marquer le caractère conjectural. Lorsqu'il en propose une, il se réserve toujours le droit d'en préférer une autre plus tard ; à moins — ce ({ui est l'ordinaire — ({u'il ne s'en désintéresse et n'en abandonne le cboix au lecteur.

Ce n'est pas un double mais un triple courant que suit simultanément sa pensée. Il y a en lui le polémiste, si jaloux de sauvegarder le libre arbitre qu'il en oublie la distinction entre la possibilité abstraite et le pouvoir actuel d'osciller du bien au mal et du mal au bien ; il y a le philosophe — j'allais dire le rêveur — qui songe d'une réhabilitation finale de toutes les créatures raisonnables ; et il y a le penseur chrétien qui sait que l'épreuve a un terme, que le feu des damnés brûlera à jamais, qu'une couronne immarcessible est promise à la vertu, qu'une béatitude destinée à finir n'assouvirait pas les aspirations de l'homme. Rien de plus aisé que d'extraire de ses œuvres, comme l'ont fait entre autres llalloix etVincenzi, d'interminables files de textes orthodoxes. Les apologistes à outrance auraient raison peut-être, si l'on pouvait supprimer quatre ou cinq chapitres du Periarchon. !Mais ces chapitres existent : le devoir du critique est d'en tenir compte, en faisant valoir, s'il veut, les ch'constances atténuantes et en recherchant au besoin si les opinions d'Adamance ne se sont pas modifiées peu à peu dans le sens de la tradition catholique.

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